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Les oiseaux de Wassadou

Ah, Wassadou!! On a déjà parlé à quelques reprises du campement de Wassadou, site maintenant bien établi sur le circuit ornitho sénégalais, notamment ici et . Après avoir découvert trop brièvement ce coin fabuleux en février dernier, un long weekend en juin a été l’occasion d’y retourner en compagnie de Miguel puis de Gabriel qui nous a rejoint sur place. Que du bonheur! J’avais donc envie de vous présenter un peu plus ce petit coin de paradis et de partager quelques photos prises sur place.

Voici en vrac quelques espèces, à commencer par les rapaces. Il y a ici une incroyable diversité de rapaces diurnes, tous visibles depuis la terrasse naturelle du campement surplombant le fleuve Gambie. Dès le milieu de la matinée, vers 10-11h, il suffit de s’installer sur le promontoire, et le défilé commence: Aigles de Wahlberg, ravisseur et huppardPygargue vocifère, Buse d’AfriqueBusautour des sauterelles, Circaète brun, Autour unibandeEpervier shikra, Balbuzard pêcheur, Bateleur, bien sur les Gymnogènes et aussi cet autre rapace unique en son genre, le Vautour palmiste.

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Palm-nut Vulture / Vautour palmiste

Ainsi en juin nous avons pu observer pas moins de 14 rapaces différents. Sur les quelques 227 espèces contactées ces dernières années à Wassadou et dans les environs immédiats du campement, il y a pas moins de 28 rapaces, plus 4 faucons – impressionnant! Il y a d’ailleurs toujours de quoi voir lorsqu’on scrute le ciel: avec un peu de chance, on verra la Cigogne épiscopale ou un Jabiru, et parmi les nombreux martinets se cachent peut-etre quelques Martinets marbrés, espèce connue dans le pays uniquement du PNNK et dont nous avons pu voir plusieurs individus en juin.

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Wahlberg’s Eagle / Aigle de Wahlberg

Le Pluvian fluviatile est sans doute l’une des stars du site, et de plus il est généralement facile à voir ici, en train de parcourir les bancs de sable des abords du fleuve. J’imagine qu’au plus fort de la saison des pluies (août/septembre-octobre), lorsque la Gambie déborde parfois largement de ses berges pour inonder le campement même, ces oiseaux sont alors absents mais sinon le reste de l’année ils semblent bien fidèles au poste. Idem d’ailleurs pour le Grébifoulque, cet autre oiseau spectaculaire qu’on aura le plaisir de voir à Wassadou.

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Egyptian Plover / Pluvian fluviatile (A. Barbalat)

Autre spécialité locale, le Vanneau à tête blanche est plus difficile à voir et il faut parfois attendre un peu avant de le voir surgir de nulle part, lui aussi fréquentant les berges et zones exondés du fleuve. Comme le Pluvian, ce limicole s’observera le plus facilement lors d’une sortie en pirogue.

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White-crowned Lapwing / Vanneau à tête blanche

Les martin-pêcheurs sont particulièrement bien représentés à Wassadou, toutes les espèces régulières du Sénégal peuvent être vues ici. Le Martin-chasseur à poitrine bleue est commun, lançant son chant étonnant à longueur de journée. Toujours discret et imprévisible, le Martin-pêcheur azuré a été observé à plusieurs reprises ces dernières années et est à rechercher dans l’ombrage des buissons surpblombant la rivière aux alentours du campement, ou s’observera furtivement lors d’un déplacement d’une rive à une autre. Les Guêpiers à gorge rouge nichent dans les berges, et en saison sèche il est possible de voir des Guêpiers écarlates survolant la zone, parfois en effectifs impressionnants.

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Blue-breasted Kingfisher / Martin-chasseur à poitrine bleue

On continue avec une espèce phare d’un tout autre registre, la Tourterelle de l’Adamoua. Découverte en Gambie et au Sénégal il y a une trentaine d’années seulement (Baillon 1992), cette tourterelle est relativement facile à trouver lors des sorties en pirogue sur la Gambie, de préférence tôt le matin ou le soir lorsque les oiseaux viennent s’abreuver. Et avec un peu de chance on la croisera dans la ripisylve aux alentours du campement, comme l’oiseau ci-dessous:

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Adamawa Turtle-Dove / Tourterelle de l’Adamoua

Parmi les passereaux les plus remarquables, citons entre autres le Noircap loriot, l’Apalis à gorge jaune, Prinia à ailes rousses, Gobemouche des marais, Gobemouche drongo, Tchitrec bleuHyliote à ventre jauneSouimanga violet, Amarantes pointé et masqué (même celui de Kulikoro a été signalé non loin d’ici). Le Combassou de Wilson et la Veuve togolaise ont tous les deux été rapportés sur eBird. Du côté des hivernants, en février dernier on a eu entre autres le Rossignol philomèle, l’Hypolais obscure, le Phragmite des joncs, et de manière bien moins attendu un Pouillot ibérique chanteur – tous le long du fleuve. C’est là également qu’il faut rechercher la Bergeronnette pie, espèce très répandue en Afrique subsaharienne mais plutôt localisée au Sénégal, qui comme plusieurs autres espèces atteint ici sa limite septentrionale dans le pays.

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African Pied Wagtail / Bergeronnette pie

Des choucadors de toutes sortes font des va-et-vient continus en quête d’eau et de nourriture autour du campement, comme ce Choucador à queue violette photographié en juin dernier.

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Bronze-tailed Starling / Choucador a queue violette

On termine notre tour d’horizon trop rapide avec la fabuleuse Chouette-pêcheuse de Pel, phantome du fleuve qu’on pourra tenter de voir au crépuscule lors d’une sortie en pirogue, parfois à quelques centaines de mètres seulement du campement. En juin dernier, nous entendons un jeune crier chaque soir, et on a la chance de d’abord voir ce qu’on suppose être un adulte (photo d’en-tête), puis plus en aval le jeune vient se poser non loin de nous (photo ci-dessous): ces oiseaux sont présents depuis la fin de l’an dernier au moins et il donc probable qu’ils aient niché dans les environs immédiats du campement. Notons encore que parmi les nocturnes, on pourra entendre le Petit-duc africain, et à la tombée de la nuit il est parfois possible de voir des engoulevents chasser au-dessus de la rivière (à longue queue et à balanciers).

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Pel’s Fishing-Owl / Chouette-pêcheuse de Pel

Difficile de s’arrêter en fait… car comme si tout cela ne suffisait pas encore, il y a encore un autre oiseau tout aussi unique et au statut quasi-mythique au sein de l’avifaune africaine: le Bihoreau à dos blanc! Déja vu furtivement par mes amis genevois en février, il nous a fallu un peu de temps lors de notre visite la plus récente pour comprendre que les grognements et roucoulements parvenant de la végétation dense juste en bas du promontoire, là où se jette un ruisseau dans le fleuve, n’étaient rien d’autre que le cri (ou chant?) de ce héron nocturne si discret et si peu connu au Sénégal. Et dont ce cri n’est pas mentionné dans les guides de terrain (et on l’apprendra plus tard, cette vocalisation n’était pas encore disponible dans les principales banques de données de sons d’oiseaux). Je vous invite donc à découvrir deux enregistrements faits avec mon modeste Olympus LS-12, ici avec les Babouins en arrière-plan. On les attendra à la tombée de la nuit, et effectivement: trois bihoreaux quittent leur cachette en criant pour aller se nourrir au bord de la rivière – on en verra un dans la pénombre juste en face du campement, visiblement en train de pêcher à l’affût depuis une branche au bord de l’eau. Le lendemain au petit matin, les oiseaux ont déjà regagné leur “dortoir”, mais un dérangement (sans doute par des singes) fait décoller un adulte qui part alors vers l’amont. Jean-Francois Blanc et collègues ont d’ailleurs rapporté la présence du Bihoreau à dos blanc plus en aval de l’autre côté du PNNK, à Mako en mars 2016, suggérant – avec raison – que “cette espece discrète pourrait etre sous-détectée le long de la Gambie au Sénégal”. Et tout récemment, Gabriel l’a trouvé au bord de la Falémé dans la réserve du Boundou!

Et puisqu’on parle de nocturnes, voici les Mégadermes à ailes orangées vus en février dernier à deux pas du resto du campement.

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Yellow-winged Bat / Mégaderme à ailes orangées

Wassadou c’est donc bien plus que les oiseaux! Deux Hippopotames ont élu domicile devant le campement, tout comme quelques Crocodiles du Nil. A l’aube et au crépuscule, avec un peu de chance on verra le Guib harnaché, le Céphalophe à flancs roux voire d’autres ongulés venir boire. Les Singes verts sont omniprésents, deux troupes de bruyants Babouins de Guinée rôdent dans la ripisylve et passent la nuit dans les fromagers au bord de l’eau. Le Colobe de Temminck (Piliocolobus (badius) temminckii), taxon classé En Danger par l’UICN, endémique à la sous-région puisqu’il est restreint à la partie occidentale des forêts de la Haute-Guinée: le sud du Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et le nord de la Guinée. Au Sénégal, il y aurait “probablement moins de 400-500 individus dans le PN du Delta du Saloum, et probablement moins de 100 dans la population du PNNK et du nord-ouest de Guinée” (IUCN).

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Western Red Colobus / Colobe de Temminck

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Western Red Colobus / Colobe de Temminck

Où observer?

C’est simple: en vous posant sur la terrasse, une bière ou un jus dans la main, les jumelles dans l’autre, le téléscope posé devant la chaise longue. Ou à côté du hamac, c’est selon les envies. On peut donc facilement passer quelques heures ici, mais une ballade dans la brousse environnante permettra de pleinement apprécier la richesse du coin: en suivant le sentier longeant le fleuve en partant vers l’amont du campement, on pourra trouver toute une série d’oiseaux, notamment divers passereaux, et il est possible d’accéder au bord de l’eau à quelques endroits. Et bien sûr, ne pas oublier de prévoir au moins une sortie en pirogue!

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Il faut prévoir un minimum de deux nuits sur place, plus si possible – d’autant plus si on a envie de faire une excursion dans le parc du Niokolo-Koba (où l’on pourra également passer une ou deux nuits, au campement du Lion ou à Simenti).

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Green Monkey / Singe vert

 

Comment rejoindre Wassadou?

Le campement se situe juste en face du Niokolo-Koba (la Gambie fait office de frontière du parc ici), à 2-3 kilomètres du goudron Tambacounda – Kédougou, plus précisément ici. Et contrairement au PNNK, pas besoin de 4×4 pour rejoindre le site! Par contre, il faut bien compter 8 heures de route depuis Dakar. L’établissement dispose d’une dizaine de cases simples mais corrects (ne vous fiez pas à l’apparence du site internet du campement, qui a besoin d’un serieux relooking).

 

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Unseasonal visitors…

During our most recent excursions, we obviously looked out for those colourful Afro-tropical migrants that typically arrive in June-July, moving north with the rains – think cuckoos, rollers, kingfishers, etc. We saw some of course, especially at Wassadou but even in the bone-dry landscapes of Gossas and Diourbel, where we had migrants such as Diederik Cuckoo and Grey Hornbills.

Less expected were a number of breeders from the Western Palearctic that are now supposed to be in full breeding mode, so I thought it would be interesting to review these here. Of course, numerous “WP” species that winter in Senegal can be seen here year-round, but these are mostly waterbirds such as Eurasian Spoonbill, Black-tailed Godwit, Audouin’s Gull and other waders, gulls and terns. Many young birds of these species will actually remain in West Africa during their first summer, and from the end of June it’s quite normal to see early returnees, particularly for waders that failed their breeding season and left Europe early.

A Western Marsh Harrier (Busard des roseaux), probably a young female, flew over the flock of Greater Flamingos and other waterbirds that we’d just been counting at Lac Mbeubeusse, one of the niayes wetlands on the Cap-Vert peninsula, then landed in a reedbed. Some summer observations are known from both Senegal (“a few birds summer”, Morel & Morel) and Mauritania (June-August; Isenmann et al.), and Barlow & Wacher mention that occasional non-breeders are seen “during the rains” (a rather vague way to refer to summer, which doesn’t really tell us whether the records were actually during summer or whether they refer to regular migrants in September & October!).

Also here on the same day (23.6) was at least one immature Purple Heron (Héron pourpré) which may be either an oversummering bird of European origin, or a wandering African bird – I’m yet to figure out whether the species breeds anywhere nearby, though it’s clear that in potential breeding areas such as Technopole the species is absent during ~March to early August (further south, I have records from May-June, in Kolda and Toubacouta).

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Purple Heron / Héron pourpré imm., Mbeubeusse, June 2018

 

Still at Mbeubeusse – a decent birding site I’d never visited before despite being not far from Dakar! Never too late… – we also saw a winter-plumaged Knot (Bécasseau maubèche), feeding together with a group of Grey Plovers and a handful of Greenshanks and Redshanks. (Pluvier argenté, Chevaliers aboyeur et gambette). While the latter three species are more or less to be expected at this time in Senegal, the summer record of Calidris canutus may be noteworthy.

Two subadult Yellow-legged Gulls (prob. 3rd c.y.; Goéland leucophée) were at Lac Rose on 23.6, resting together with a group of some 500 Lesser Black-backed and 200 Audouin’s Gulls (Goélands bruns et d’Audouin), several of which were ringed including a Portuguese bird that I’d already seen back in April at Technopole. Also in the group were two or three Kelp Gulls (Goéland dominicain). Yellow-legged Gull is rather scarce here at any time of the year so it was a nice surprise to see these; apparently the species has been “recorded in all seasons” in Senegambia (Barlow & Wacher). Both birds seemed to be typical nominate birds (i.e. from southern Europe) rather than atlantis birds from the Macaronesian islands.

A week earlier at Wassadou and along the road from Tambacounda to the Niokolo-Koba, we noted a good presence of Common & Pallid Swifts (Martinets noir et pâle), which appears to be not unusual at this time of the year since non-breeding birds are said to move north with the rains from their “wintering” grounds over the forest zone of West Africa. There are however few June records (e.g. Barlow & Wacher give a presence of Pallid Swift from July-September and November-January). Even more exciting was the presence of several Mottled Swifts (Martinet marbré) at Wassadou, the first June record of a “difficult” bird in the region – there appear to be less than 10 records for Senegal in total, all of which are from the Niokolo-Koba area. The one below was seen by my Swiss friends in the PNNK earlier this year.

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Mottled Swift / Martinet marbré, Niokolo-Koba NP, 20.2.18 (P. Albrecht)

 

Perhaps more surprisingly than the preceding species, two European Bee-eaters (Guêpier d’Europe) were feeding and flying around pretty much all afternoon on 23.6 in Almadies, Ngor, regularly calling in the process and as such giving away their presence above and near my house. I’d never seen the species before in Dakar (though I have seen them not far, along the Petite Côte in autumn), so this was a highly unexpected record. Paul Isenmann and colleagues mention that the species is present in Mauritania from July/August to October, and March to May/June, but I didn’t find any references to summer records in Senegal or Gambia. Probably just a coincidence, but earlier the same day we saw our first Blue-cheeked Bee-eaters in the Dakar region, at Lac Rose (Guêpier de Perse). Perhaps these were birds en route to their breeding grounds in northern Senegal?

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European Bee-eater / Guêpier d’Europe (seen here on wintering grounds in coastal Casamance, March 2017)

 

A single House Martin (Hirondelle de fenêtre) at Wassadou on 15 & 16.6 was also remarkable: a very late migrant, an oversummering bird, or a wanderer that decided not to bother going all the way to Europe? The species has been recorded Oct. – June and I’ve seen birds as late as 28/5 at Technopole, but it’s clear that there are very few records from late June and July.

A Melodious Warbler (Hypolaïs polyglotte) photographed by Gabriel in the Niokolo-Koba park, at campement du Lion, on 17.6 is another rare mid-summer record of a species that typically arrives from mid-August and depart by May at the latest. Gabriel recently saw the species in the Boundou community nature reserve as well, so it seems that quite a few are staying around during summer. More generally, one can only wonder how many of these Palearctic passerines are here at the moment. Putting things in perspective, the observations in this post are all by just 3 active resident birders in the country…

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Melodious Warbler / Hypolaïs polyglotte, Niokolo-Koba, June 2018 (G. Caucanas)

 

A few kilometres further north, Miguel and I observed a Western Olivaceous Warbler (Hypolaïs obscure) at Wassadou, feeding in bushes on the edge of the Gambia river, on 16.6. This is of course a common to very common winter visitor throughout the country, and there are records from all month, so maybe not as surprising as the previous species. Now often called Isabelline Warbler, it is also known to be summering at Nouakchott (June-July) with no noticeable break between pre- and postnuptial passages (spring: March – May/early June, autumn: July-October; Isenmann et al. 2010).

A couple of days later near Diourbel, we had a Woodchat Shrike (Pie-grièche à tête rousse), apparently a first-summer male: the forehead is extensively black and mantle seems mostly jet-black (both features indicative of males), while the moult limit between the adult-type dark wing feathers and juvenile brownish unmoulted primary coverts and flight feathers are typical of 2nd calendar year birds (more on ageing & sexing the species here, from Blasco-Zumeta & Heinze’s excellent series on the topic). The presence of this species in Senegal is fairly similar to Western Olivaceous Warbler. An adult Great Spotted Cuckoo (Coucou-geai) earlier that day near Gossas was assumed to be an African rather than a northern migrant, though we can’t be sure of course; the date is consistent with the arrival of this cuckoo on its Sahelian breeding grounds (a couple of weeks later I had another adult, actively calling, though a bit further east: along the Niger river near Niamey).

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Woodchat Shrike / Pie-grièche à tête rousse, near Diourbel, June 2018

 

Voilà for now; for me it’s time to migrate north for a couple of weeks (though no breeding for me this summer); I’ll be back towards the end of the month. And maybe find some time to finish a few blog posts that have been dormant in my draft folder for a while now… Thanks for reading!

 

First records of Brown-backed Honeybird in Senegal

Yet another species was added to Senegal’s bird list recently. What follows is an account of recent observations of Brown-backed Honeybird by Gabriel Caucanas and friends, with some edits and additional information I managed to dig up – merci Gabriel!

January 20th 2018. We arrived in Dindefelo after 3 nights inside the Niokolo Koba National Park. Our team of French naturalists (Solenne Lefevre, Carine Lelaure, Geoffrey Monchaux, Valentin Motteau, Eric Sansault and myself) arrived at dusk at the “campement villageois” where our guide, Banna, had booked us for the night. The journey Simenti-Dindefelo was very long and we had many expectations for this wonderful place, as usual for birders. Will we find everything we are supposed to see, in just a single morning? No stress!

January 21st. About a hundred meters after the start of the path towards the waterfall: Blue-spotted Wood Dove, Klaas’s Cuckoo, Northern Puffback. Following the path inside the gallery-forest, we added Green Turaco, Narina’s Trogon, African Blue Flycatcher, Sulphur-breasted Bush-shrike… Even for me, living in Tambacounda for more than one year at that moment, discoveries went on as we saw Red-chested Goshawk, Yellow-breasted Apalis, Green-headed Sunbird, and even a pair of Mali (Kulikoro) Firefinches with two juveniles. What a pleasant walk!

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Red-chested Goshawk / Autour de Toussenel (V. Motteau)

 

Just like almost every wooded place in Senegal, many Common Bulbuls were foraging and singing along the path. One bulbul-like individual however attracted our attention. After a few seconds of watching the bird, we all agreed that it seemed a little bit smaller than a Common Bulbul with a bill clearly curved at the end, convex. Moreover the undertail was white and the tail seemed heart-shaped ended. Thirty meters above us, the bird sat quietly during a few minutes, looking around, perched on a thin branch. As none of us was a sub-saharan bird specialist, we were not able to identify the species. Fortunately, one of us managed to take a reasonably good picture of the bird. Nothing described in the book seemed to fit to this bird apart from Brown-backed Honeybird… but even if I knew that several new species for the country had been found recently in this gallery forest, no observation was confirmed for Senegal. Our trip in Senegal continued the following days, first around Dande, then in the Boundou Community Nature Reserve and Casamance for the luckier of us. Days were passing without giving us a chance to have time to identify the bird.

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Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Dindefelo (G. Monchaux)

 

On February 4th, I visited Wassadou camp. Many interesting birds were around, as usual for this place: Adamawa Turtle-Dove, African Blue Flycatcher, African Finfoot, Cardinal Woodpecker (a pair carrying food into a hole in a branch of Ceiba pentandra) and the two regular Hippopotamus. Then around 4 pm, a strange bird, again bulbul-like, was foraging and gleaning insects from branches a few meters above me in one of the huge Kapok trees close to the “deck”. What a surprise! It looked exactly the same as the bird we saw a few days earlier in Dindefelo: black curved bill, brownish head, greyish above becoming white on belly, rounded heart-shaped tail and undertail coverts white ending more greyish… Definitely not a bulbul! I again read the page about honeyguides in the Birds of the Senegal and the Gambia (Borrow and Demey, 2011). Yes, it could fit for Prodotiscus regulus, but nothing was said about the heart-shaped tail that I noticed in both birds. How could this be? A new species for Senegal seen twice in less than twenty days, some 200 km away from each other? I was confused… maybe I was just seeing a common bird that I was unable to recognise.

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Campement de Wassadou, with the Kapok tree in the center (G. Caucanas)

 

March 10th, Wassadou one more time: White-headed Lapwing, African Pied Wagtail, Shining-blue Kingfisher, Oriole Warbler, Western Banded Snake-eagle… We decided to stay the night. Around 5pm, as I was standing near the deck, I noticed the same mystery bird foraging in the same Kapok tree! But this time, I managed to take decent pictures of it, and I had to admit it was clearly fitting Prodotiscus regulus. Back home, I sent pictures from Wassadou and Dindefelo to Bram and Simon who were able to confirm the identification. Simon added that one claim had been made by two Spanish birders on 30 Jan 2015 at Wassadou, but with no further documentation nor a formal publication (the record was mentioned with a brief description in their trip report, and was included in the ABC Recent Reports).

As such, the records from Dindefelo and Wassadou are the first documented observations for Senegal.

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Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Wassadou (G. Caucanas)

 

Brown-backed Honeybird, also known as Wahlberg’s Honeybird or Sharp-billed Honeybird (or Honeyguide) is a widespread species across the continent, occurring throughout East and Southern Africa, with a much more fragmented distribution in West Africa. It’s known to be a local “wanderer” within its vast range and as such it’s always quite an unpredictable bird to find, and it’s not clear whether there are any regular migration patterns.

Following his observations from Mali – the first for the country – Marco Thoma identified only 10 other published records for the species in West Africa, with several new ones obtained in recent years from across the region. The closest to Senegal was a single record from Gambia in Sept. 2006, less than 100 km away from Wassadou, then three birds near Bamako in Mali (Jan. 2010), one in Liberia (Mt. Nimba, Jan. 1968), one in Côte d’Ivoire (May 1989). At least four records are known from Ghana where the species was found in 2009 for the first time, followed by singles in 2011 and 2013 (both in January), and a bird seen in Mole NP in March 2016. Further east, there are records from Togo (Aug. 1969), Benin (first record on 21 May 2015), several in Nigeria and Cameroon, etc. It was added to the Guinean list earlier this year by Simon Cavaillès, and the second record for Guinea-Bissau was obtained just recently by Gabriel Caucal and Etienne Rogeau at Madina de Boé (Gabu region), on 6 Feb 18. It’s clearly an overlooked species, and one can expect more observations to be made in years to come (Simon even mentioned this to me [BP] following his record from Guinea – look out for the species in Senegal! How right was he, as always!).

The species is thought to breed in May-September in West Africa: except for a record of a juvenile seen in Nigeria in December, we haven’t come across any breeding records from the region, and while there are observations from pretty much all months, most recent records are from January to March it seems (this could of course be largely related to the much higher observer presence during the northern winter months). Just like other honeyguides and honeybirds – the Indicatoridae – it is a brood parasite, as nicely illustrated by this picture of a fledgling Brown-backed Honeybird being fed by a Bar-throated Apalis. Besides Yellow-breasted Apalis which occurs in both Dindefelo and Wassadou, Grey-backed Camaroptera, Yellow White-eye and various sunbird species are other potential hosts for Brown-backed Honeybird.

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Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Wassadou (G. Caucanas)

 

Fun fact: during the night of March 10th at Wassadou, I saw two Common Genets, an African Civet and heard Pel’s Fishing Owl calling several times. In the early morning, we saw it, from the boat!

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Pel’s Fishing-Owl / Chouette-pêcheuse de Pel, Wassadou (G. Caucanas)

 

Finally, going back to our subject of interest: I (BP) was lucky to see this elusive species on several occasions, in southern Rwanda for the first time (in a group of other species mobbing a snake, picture here), Harare, and most recently in Cape Town’s famous Kirstenbosch botanical garden, where I managed to record its song. And maybe one day I’ll get to see it in Senegal!

Addendum (4.6) – it turns out that my Swiss friends who spent several days at Wassadou in February also saw the honeyguide, though it wasn’t identified as such. A few blurry pictures taken of a brownish bird in the very same Kapok tree on Feb. 22nd, dug up by Alain, allow us to confirm that it was indeed the Brown-backed Honeybird. 

 

A few references

Albero J.C. (2015) Crónica del viaje ornitológico realizado del 23 de Enero al 10 de Febrero de 2015; available on Cloudbirders.com

Roy, K. (2009) First record of Wahlberg’s Honeybird Prodotiscus regulus for The Gambia, Bull. ABC 16(1): 90-91

Thoma, M. (2012) First records of Wahlberg’s Honeybird for Mali, Bull ABC 19 (1): 65-68

Valentine, G. (2013) First record of Wahlberg’s Honeybird Prodotiscus regulus for Ghana, Bull. ABC 20 (1): 70

 

Gabriel (& Bram)

 

 

New Trip Report – the North, Saloum, Wassadou & Dakar

It’s always a pleasure to read good trip reports by birders who visit Senegal. More and more visitors now report their sightings through eBird or Observation.org, but few go through the effort of writing up their notes – despite best intentions, as I can sadly testify to myself.

Too many birds, not enough time, right?

A small Danish team visited Senegal last November, and I happened to meet them while seawatching at the Calao at the start of their visit, together with guide Carlos who expertly showed them a great deal of excellent birds – and then again towards the tail end when we briefly met up in Toubacouta. I recently received their trip report, one of the few good ones that were published on Senegal recently. There are useful sections on travel arrangements, weather, timing, pets, and resources (many thanks for mentioning this site!). And very importantly, a brief review of key places visited during the trip: Dakar, Trois-Marigots & Djoudj, Richard Toll, Kousmar, Wassadou & the Niokolo-Koba National Park, Toubacouta & Delta du Saloum, and finally Popenguine. Information on key species is provided along with some info on accommodation and access, and almost all are illustrated with pictures showing local habitats. Next up are species lists by site, followed by a comprehensive list of bird and mammal species seen.

Pretty much all the “specials” were found, both up North and in the Saloum and Niokolo-Koba areas. Also a few less expected birds, such as a high count of Stone-Curlews at Richard Toll (90! with 12 more at Trois-Marigots), a slightly out-of-range African Hobby at Trois-Marigots, a couple of Temminck’s Stints, Shining-blue Kingfisher at Wassadou (though apparently it’s quite regular there at the moment), and an Aquatic Warbler seen during the boat tour to the Djoudj pelican colony (they’re present of course, but seeing one is rare!). And a good breeding record of Fulvous Babbler – apparently one of the few confirmed in the country – with a bird on the nest at Richard Toll.

Oh and I almost forgot – the report is stuffed with brilliant pictures including many of the country’s iconic birds, such as this pair of perfect Swallow-tailed Bee-eaters seen near Toubacouta, or the stunning Cricket Warbler from Richard Toll further down (all pictures in this post by Morten Heegaard, Stig Jensen & Jon Lehmberg).

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Swallow-tailed Bee-eater / Guêpier à queue d’arronde

 

And make sure to read through to the very end, where you’ll find an enjoyable bonus section on the raptor roost at Ile de Kousmar near Kaolack. To quote the authors, “Why a lot more birders aren’t visiting this roost is a total mystery to us, and that some are even spending a night in Kaolack without coming here is simply beyond belief”. I, for one, am ashamed to say I have not made it to Kousmar yet: next winter, sans faute.

 

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White-crested Helmet-Shrike / Bagadais casqué

 

The report can be downloaded directly from here (PDF, 5 MB), or from the Cloudbirders site, which contains a number of other good trip reports on Senegal, many of which are from tours combined with Gambia. Many are fairly dull species lists, but among the more recent ones this report by Birdquest from February 2017 (Podor, Dindefelo, Wassadou, Saloum etc.) is worth a read for those planning a trip to Senegal even if it fails to provide any useful information on where to find the most wanted birds (and there are a few errors as well, e.g. Mali Firefinch is not restricted to Kedougou in Senegal, and Marbled Teal is very much a regular visitor to Djoudj). I guess that’s one of the differences between commercial tours that rush from one place to another (imagine spending just a single day in Dindefelo?!) and a bunch of passionate friends who are keen to share their explorations. Dieuredieuf, Morten, Stig & Jon!

 

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Cricket Warbler / Prinia à front écailleux

 

And since we’re talking trip reports – a really enjoyable report in very much a different style is this recent one from The Gambia: BIRDBLOG GAMBIA 2018. Woodsmoke…dust…many birds!

“The ironically named Singing Cisticola showed well, but sang very, very badly, however Scimitarbill and Grasshopper Buzzard rebalanced the cool scale”

Proof that birding trip reports don’t have to be boring reads – highly recommend it, I had a real good laugh!

 

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Zebra Waxbill / Bengali zébré

 

 

 

Dindéfélo!

Dindéfélo, enfin!

Le mois dernier, j’ai rejoint la bande de copains genevois pour la 2e moitié de leur virée dans le Grand Sud-Est sénégalais. Suite à un voyage ornitho mémorable en novembre 2016, de Dakar au Djoudj et à Richard Toll et de Kousmar à Palmarin en passant par Toubacouta, tout le monde avait envie de découvrir cette autre partie du Sénégal, celle des régions de Tambacounda et Kédougou.

Après une mise en forme dans les environs de la Somone et de Popenguine où l’on a passé le weekend ensemble (Turnix mugissant! Bécasseau de Temminck! Loup africain!), l’équipe est partie en direction du sud-est, avec l’escale obligatoire à Kousmar. Suivent cinq jours dans le Niokolo-Koba et au campement de Wassadou – on y reviendra dans un futur article, si on arrive à boucler un rapport de voyage rapidement (on vous doit encore un rapport de 2016!!).

Dindéfélo donc. Après avoir rejoint le groupe et notre excellent guide Carlos à Wassadou, on prend la route pour ce petit haut-lieu de l’ornithologie sénégalaise. Situé dans les contreforts du Fouta-Djalon – le toit de l’Afrique de l’Ouest, où prennent source tous les grands fleuves de cette partie du continent – la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo n’est qu’à deux pas de la frontière avec la Guinée. Les forêts de galerie, falaises abruptes et plateaux de latérite, le tout entouré d’une savane arborée relativement bien préservée, recèlent toute une série d’oiseaux qu’on ne trouve pas ailleurs dans le pays. C’est loin de Dakar (14h de route!), mais ça en vaut plus que la peine. Les attentes étaient donc nombreuses et ambitieuses: allait-on voir le Trogon, les Traquets à ventre roux, Rufipenne de Neumann et autres Anaplectes? Aura-t-on la chance de tomber sur l’Amarante de Kulikoro (= A. du Mali), de trouver la Cisticole de Dorst? Et surtout, les Chimpanzés seront-ils au rendez-vous?

On a donc débarqué le samedi soir au campement villageois de Dindéfélo (il y en a plusieurs, celui-ci se trouve en bordure du village au départ du sentier pour les cascades), juste à temps pour faire un petit tour dans les environs du campement avant la tombée de la nuit: Tchitrec bleu, Gobemouche drongo, Pririt à collier, Petit-duc africain étaient là pour nous accueillir (African Blue Flycatcher, Northern Black Flycatcher, Common Wattle-eye, African Scops Owl).

Le lendemain, c’est l’excitation collective générale: on part à la découverte de la réserve. On est nombreux (11!) donc on s’éparpille forcément, chacun y a va à son rythme et selon ses envies. Avant même d’arriver dans la forêt proprement dite, d’aucuns auront vu le Coucou de Klaas, l’Echenilleur à épaulettes rouges, d’autres une Hyliote à ventre jaune, Souimanga violet, Apalis à gorge jaune, ou encore Gladiateurs souffré et de Blanchot, Choucador à queue violette et j’en passe (Klaas’s Cuckoo, Red-shouldered Cuckoo-Shrike, Yellow-bellied Hyliota, Violet-backed Sunbird, Yellow-breasted Apalis, Grey-headed & Orange-breasted Bush-Shrike, Bronze-tailed Starling). Dans la forêt, au niveau du dernier groupe de laveurs de linge (comme l’écrivait l’ami Simon, avec une ambiance sonore agitée! et surtout, pas trop top pour faire des enregistrements), Cyril et moi apercevons un Trogon narina: on prévient le reste du groupe et tout le monde aura la chance de voir cette espèce si convoitée par les ornithos, trouvée seulement en 2010 pour la première fois dans le pays, ici même à Dindéfélo (Aransay et al. 2012). Au moins quatre individus seront vus lors de notre séjour, tous dans le vallon des chutes de Dindéfélo.

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Narina’s Trogon / Trogon narina

 

Dans le même registre, deux autres espèces nouvelles pour le Sénégal ont été observées pour la première fois à Dindéfélo ces dernières années: l’Engoulevent pointillé en mars 2016 par J.-F. Blanc et cie. (avec enregistrement de Marc Thibault ici), et la Bergeronnette à longue queue en avril 2015 (Pacheco et al. 2017). Il en est de même pour d’autres groupes faunistiques, avec p.ex. la première donnée de la Genette de Johnston ou encore ce serpent et ces amphibiens nouveaux trouvés par Monasterio et al. (2016).

Une escale à la chute d’eau permet de très bien voir un Autour de Toussenel adulte longuement posé près des cascades, et dans les falaises tout près on voit une dizaine d’Hirondelles isabellines (qui je vois ont été splittées par HBW, sous le nom d’Hirondelle de Fischer Ptyonoprogne rufigula). Parmi les autres spécialités locales, on verra le Traquet familier, le Barbion à croupion jaune, le Touraco vert, et le Souimanga à tête verte (Red-chested Goshawk, Rock Martin, Familiar Chat, Yellow-rumped Tinkerbird, Guinea Turaco, Green-headed Sunbird).

Sur le plateau de Dande, où on passera la nuit dans le sympathique campement local du petit village peulh, on verra notre première Mésange gallonnée et le premier Mahali à calotte marron de la semaine (White-shouldered Black Tit, Chestnut-backed Sparrow-Weaver). Un Petit-duc à face blanche (Northern White-faced Owl) se fait brièvement entendre le soir, et on aura la chance d’apercevoir un Gallago lors d’une excursion nocturne dans les environs du village.

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On passe la matinée sur ce curieux plateau parsemé de termitières “champignons” créant un paysage assez unique, avec de belles observations de Cochevis modeste, particulièrement nombreux ici, le Bruant d’Alexander, encore des Traquets familiers, et ainsi de suite. (Sun Lark, Gosling’s Bunting, Familiar Chat).

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Sun Lark / Cochevis modeste

 

La surprise du jour viendra d’une Gorgebleue peu farouche, se nourrissant entre les termitières dans un coin on ne peut plus sec… vraiment inattendu vu la localité et le milieu: sans doute un migrateur en escale, déjà en route pour rejoindre ses quartiers d’été en Europe de l’Ouest. (L’autre surprise sera un peu moins agréable: une attaque d’abeilles sauvages, à l’aube près de la grotte de Dande. Disons que la course qui s’en suit nous a bien réveillés!).

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Bluethroat / Gorgebleue à miroir

 

Il est déjà temps de quitter le plateau, car les deux prochaines nuits on les passe de nouveau à Dindéfélo. Et surtout, on a rendez-vous avec des cousins dans l’après-midi: on part à la rencontre des Chimpanzés! Les trois sorties – les groupes sont limitées à trois personnes par sortie – sont organisées à travers le charmant centre d’accueil de la réserve, où l’on s’occupe des formalités pour payer la visite avec un écoguide de Ségou.

La descente de Dande à Dindéfélo permettra à une partie du groupe d’ajouter le Rufipenne de Neumann et l’Étourneau amethyste (Neumann’s & Violet-backed Starling) à la liste. Un ou deux Laniers évoluent à la limte des falaises et du plateau, tandis que quelques Vautours charognards, africains et de Ruppell nous passent par-dessus (Hooded, White-backed & Ruppell’s Vultures). Dans la même zone, quelques-uns d’entre nous aurons la chance d’observer le Crécerelle renard (Fox Kestrel), cette autre spécialité locale étroitement liée aux milieux rupestres.

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Pendant que le premier groupe part dans la vallée de Ségou, le reste de l’équipe s’en va explorer la brousse entre Dindéfélo et Ségou, à la recherche d’Amarantes masqués et de la Cisticole de Dorst notamment. On verra très bien ces deux espèces, avec en bonus une série prestigieuse d’espèces localisées ou très clairsemées et souvent difficiles à trouver au Sénégal: une ou deux Rémiz à ventre jaune, quelques Prinia à ailes rousses, un Bruant a ventre jaune, un couple de Traquets à front blanc et un de Pics à dos brun, et plusieurs Gobemouches pâles (Yellow Penduline-Tit, Red-winged Warbler, Brown-rumped Bunting, White-fronted Black Chat, Brown-backed Woodpecker, Pale Flycatcher). Deux autres visites dans le même secteur les jours suivants permettent d’ajouter entre autres l’Hirondelle à taches blanches, l’Amarante du Kulikoro et le Torcol fourmillier (Pied-winged Swallow, Mali Firefinch, Wryneck). Plusieurs de ces oiseaux fort sympathiques ont pu être enregistrées et surtout photographiées par mes amis mieux équipés (et surtout meilleurs photographes!) que moi, donc des photos devraient suivre encore pour la plupart. Pour les prises de sons, rendez-vous habituel sur xeno-canto (lien direct vers mes enregistrements de Kédougou ici).

 

Le soir au campement, j’entends un engoulevent chanter au loin, au pied des falaises: une écoute plus rapprochée le lendemain soir confirmera qu’il s’agit de l’Engouvelent pointillé, avec au moins deux chanteurs au loin mais encore bien audibles, au milieu du concert d’au moins six Petits-ducs africains qui se répondent (Freckled Nightjar, African Scops Owl).

Le vallon de Ségou est assez différent de celui de Dindéfélo, avec un milieu plus ouvert dans la première moitié du vallon, parsemé de rôniers, puis une alternance de forêt sèche et de bambous denses. Nos trois visites dans le secteur sont plutôt fructueuses: Beaumarquet aurore, (enfin! l’une de mes coches du séjour :-), Amarantes du Kulikoro et à ventre noir, Capucin pie, Tourterelle de l’Adamaoua (un chanteur), Buse d’Afrique, Mélocichle à moustaches pour ne citer que les plus marquants (Red-winged Pytillia, Mali & Black-bellied Firefinch, Magpie Mannikin, Adamawa Turtle-Dove, Red-necked Buzzard, Moustached Grass-Warbler). La diversité d’amarantes – et donc logiquement aussi de combassous, même si on n’a vu que le Combassou du Sénégal) – est impressionnante, avec pas moins de quatre espèces, sans compter l’Amarante pointé vue à plusieurs reprises par mes camarades à Wassadou. Et à propos d’amarantes: j’apprends que HBW a aussi splitté l’Amarante masqué en trois espèces distinctes, dont l’Amarante vineux pour Lagonosticta vinacea (Vinaceous Firefinch) qui du coup deviendrait donc un nouvel endémique régional, étant restreint à la Sénégambie, la Guinee-Bissau, la Guinée et le Mali.

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Red-necked Buzzard / Buse d’Afrique

 

C’est déjà mercredi, il est temps de quitter la zone car on a encore prévu une nuit à Kédougou afin de pouvoir visiter le secteur de Fombolimbi, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu régional. Dans les falaises, sur le plateau et autour des affleurements rocheux on espère trouver encore quelques oiseaux typiques de ces milieux. Mais avant de rejoindre Kédougou, on fait d’abord escale près du fleuve Gambie, où l’on observera entre autres un couple de Mahalis nourrissant un jeune, BateleurCircaètes cendré et de Beaudouin, Busard des roseauxFaucon ardoiséMartin-chasseur strié, une famille de Poulettes de roches, etc. (Chestnut-backed Sparrow-Weaver, Bateleur, Western Banded & Beaudouin’s Snake-Eagle, Grey Kestrel, Striped Kingfisher, Stone Partridge). Au bord du fleuve juste sous le hameau se trouve une colonie de Guêpiers à gorge rouge, accompagnés d’un Guêpier écarlate (Red-throated & Northern Carmine Bee-eaters). On n’a pas le temps de partir plus vers l’amont mais la zone semble très prometteuse et pourrait bien réserver quelques surprises encore.

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La sortie dans le secteur de Fongolimbi sera fructueuse: tout le monde aura la chance de voir le Traquet à ventre roux, un distant Aigle martial, un couple d’Anaplectes à ailes rouges (dans une petite ronde, comprenant aussi Bagadais casqués et Zosterops jaunes), et quelques Rufipennes de Neumann – ces derniers en toute fin de journée près du hameau de Thiéwoune, vraisemblablement en rassemblement avant de partir sur un dortoir dans les environs (Mocking Cliff Chat, Martial Eagle, Red-headed Weaver, White-crested Helmetshrike, Yellow White-eye, Neumann’s Starling). Sympa de voir ces derniers dans leur milieu naturel et non sur des immeubles au centre-ville de Bamako! Deux Pigeons bisets dans la falaise pourraient bien être des “vrais” bisets, mais on ne les verra que brièvement (Rock Dove).

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Northern Red-headed Weaver / Anaplecte à ailes rouges (selon HBW, qui distingue maintenant deux especes d’Analplectes au lieu d’une seule)

 

Et les Chimpanzés alors? Ce sera pour un prochain article!

Tout comme, peut-être, le compte-rendu de notre escale à Wassadou et la longue route de retour sur Dakar en passant par Kaffrine à la recherche du Turnix à ailes blanches dans les environs de Mbar (spoiler alert: on fera chou blanc!). Faut juste que je trouve le temps pour écrire, pas facile en ce moment!

On essaiera aussi de revenir avec une mise à jour de la liste des oiseaux de la réserve et des environs de Dindéfélo, après intégration des diverses espèces nouvellement trouvées depuis l’inventaire de Fernández-García et al. en 2011. On notera ainsi une dizaine d’autres espèces qui n’avaient pas été trouvées à l’époque; quelques autres observateurs – dont Gabriel Caucal encore en décembre dernier – ont également pu compléter la liste qui s’établissait à 220 espèces à l’époque (ou peut-être 199, selon la liste détaillée). Actuellement elle compte au moins 237 espèces (dont 173 vues lors de notre séjour) et il y en a certainement d’autres encore à ajouter.

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Pour en savoir plus sur la réserve de Dindéfélo, rendez-vous sur dindefelo.net.

Senegal birding and the UK Birdfair 2017

Last summer I had the chance to be in the UK for the Birdfair 2017. This is the largest annual market in Europe for birdwatchers. There is some overlap with bird conservation and many Birdlife partners are there, but this is primarily a place for the buying and selling of everything that birdwatchers desire; books, optics, but especially birdwatching holidays, and this is big business! Bird tour companies from many South American and African countries had flown in staff to advertise their holidays.

At the fair, South African birder Micheal Mills launched The Birder’s Guide to Africa, which aims to tell birders what is most distinctive about each country’s list of birds and where to go in Africa to most easily see each of the continent’s species. Whilst I do not agree with everything in some of the book’s West African chapters, it is a good start for a discussion of bird tourism in Senegal – which for many reasons would deserve a more prominent place on the Africa birding map (one of the many down-sides of taking very much of a quantitative, purely list-based approach to defining birding destinations, as is done by Michael Mills, is that many countries do get the recognition they deserve).

What is unique? Should more birders visit Senegal, and if so what should Senegalese bird guides do to encourage them? It should be said that I am talking about a certain type of birdwatching tourism – visiting places to make lists of unusual birds – which is the profitable market in which the Birdfair sells. From this perspective, the spectacles of Djoudj, the Sine Saloum and Kousmar are still important, but not enough if the birding guide cannot also find the country’s more unique species.

So, how visible was Senegal at the Birdfair? The short answer is almost invisible! Let’s avoid the historical and perhaps linguistic reasons why The Gambia features at the UK Birdfair, and look at all of West and North-West Africa. Geopolitics affects tourism and, correctly or not, many of the region’s countries are seen as more difficult places to organise tours. Unfortunately, these days large parts of Mali, Burkina Faso, Niger, and northern Nigeria and Cameroon are off-limits to foreign visitors due to ongoing conflict and security concerns. Currently the two most advertised North-West/West African destinations for bird tours are Morocco and Ghana, as destinations for European, North American and South African birders, who are the three main groups.

Let’s take the African Bird Club country lists, which taxonomically almost follow the IOC World Bird List, and query the list. Which species regularly occur in Senegal, but not in Morocco or Ghana and also do not occur widely elsewhere in Africa? This query give Senegal at least 28 “special” species, which it would be a good investment for bird guides to be able to find. Please add your comments to this linked list, which is accessible for editing. Several more could – and probably should – be added, and it’s good to keep in mind that the national list stands at about 680 species (we hope to publish an updated list some time soon on this blog). 

Most of the species on this list are birds of the Sahel and the drier, northern regions of the Sudan savanna. The USGS’ excellent recent resources on West African land use shows the western section of the Sahel bio-climatic region, which extends to northern Ethiopia.   

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Little Grey (or Sahelian) Woodpecker is a classic example. Its patchy distribution, which does not go further east than western Sudan, includes northern Senegal where most recent West African observations have been made, though WaBDaB, which coordinates bird observations for Burkina Faso, Niger and Chad, has a few records.

Little grey Woodpecker / Pic gris

Little grey Woodpecker / Pic gris, Gandiolais (BP)

For the average bird tour operator, Senegal is the easiest destination and there are places where it is often seen (Les Trois Marigots and near to Richard-Toll), but probably many to be discovered – for instance, it was reported just last week “well south of Louga” by a Swedish group. This and many of the Sahel specials are much more species of the Middle Valley described in Bram’s recent trip, than of the more famous Djoudj/St. Louis area and many are not on the Djoudj list.  

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Other species in the 23 with similarly narrow ranges include Cricket Warbler (present in southern Western Sahara, but very localised it seems); River Prinia (header picture – cryptic species only present in the Senegal River delta, River Niger and Lake Chad, though probably overlooked elsewhere); Sennar Penduline Tit; Golden Nightjar (most recent records from Western Sahara where confirmed breeding, and from Chad); Quail-Plover (hard to find, but there are apparently a couple of reliable sites); and the commoner Black Scrub Robin, Sahel Paradise Whydah and African Collared Dove.

Sahel Paradise Whydah / Veuve a collier d'or

Sahel Paradise Whydah / Veuve a collier d’or, Lac Tanma (BP)

 

A second cluster of specials occur in and near the Dindefelo reserve, Senegal’s most recent addition to the country’s Important Bird Areas list. This is the only place outside Mali where the Mali Firefinch is reasonably reliably seen. Other species with strange and small global ranges including Dindefelo are Adamawa Turtle-Dove and Neumann’s Starling. The Kedougou area, and Dindefello in particular, probably has more surprises in store and is likely to yield additional Guinean species that just creep into Senegal. 

Finally, the sea off Dakar makes the list. Away from the Cape Verde, the Cape Verde Shearwater is only reliably seen elsewhere in Africa, in season, off Dakar and the Iles de la Madeleine trio of Red-billed Tropicbird, Bridled Tern and the recent arrival Brown Booby are common enough in other tropical waters, but with few reliable places in Africa. The Tropicbirds are pretty much guaranteed at any time of the year, whilst the boobies and especially the terns and shearwaters are only present in certain seasons. 

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Red-billed Tropicbird / Phaéton à bec rouge, Iles de la Madeleine (BP)

And the message from this? Any Senegalese bird guide who gets to know when and where to find these species should have a profitable business and most of the species are far from the hotspots of Djoudj and the Sine Saloum! And to potential visitors – come over and explore, with or without a local guide: you won’t be disappointed.

 

(post by Paul, with contributions from BP)

 

 

 

La RNC du Boundou: observations d’oiseaux en saison sèche 2016/2017

Bien loin des portes de Dakar ou de Saint-Louis, il y a un petit coin du Sénégal qui résiste à l’indifférence environnementale généralisée: la réserve naturelle communautaire du Boundou.

Nous en avions déjà parlé l’an dernier lorsque Jean Delannoy avait établi la liste commentée des oiseaux de la réserve, agrémentée d’une petite présentation et de quelques beaux clichés d’espèces phares du site: (re-)lisez l’article ici.

Four-banded Sandgrouse / Ganga quadribande

Four-banded Sandgrouse / Ganga quadribande (J. Delannoy)

Cette fois, c’est Gabriel Caucanas, volontaire de Solidarité Internationale au Conservatoire de la RNC du Boundou, qui nous présente un rapport ornithologique de la saison sèche 2016/2017.

Si la lecture d’un tel rapport, qui se limite souvent à une longue liste d’espèces pleine de dates, d’effectifs maximaux et autres données de nidification, vous parait rébarbative, détrompez-vous! Ce rapport est vraiment très accessible et est très agréable à lire. Et de plus il est richement illustré, présentant bon nombre des espèces vues au cours de la période. Merci donc au Chargé d’appui à l’éducation, à l’environnement, au développement local et aux suivis écologiques!

De plus, une telle liste présente bien sur un intéret ornithologique certain. Pas moins de 28 nouvelles espèces ont été ajoutées à la liste des oiseaux de la RNCB cette saison. Au total, 195 espèces ont été observées du mois d’octobre 2016 au mois de mai 2017. La liste des oiseaux de la réserve compte ainsi 234 espèces au 1er juin 2017.

L’observation la plus marquante est peut-être bien celle d’un piaf plutot inattendu: le Moineau domestique! Au moins un couple a été observé et photographié dans le village de Sansanding du 12 décembre au 23 avril, ce qui semble constituer une nouvelle extension de son aire de répartition connue. Espèce commune à Dakar et dans bon nombre de localités côtières, il n’en est pas autant à l’intérieur des terres où le moineau ne semble pas encore bien implanté. Parmi les  autres “premières” pour le site se trouvent bon nombre de migrateurs paléarctiques, mais aussi quelques africains, migrateurs (Blongios de Sturm, Least Bittern), erratiques (Courvite à ailes bronzées, Bronze-winged Courser) et résidents (Gladiateur de Blanchot, Grey-headed Bush-shrikeBruant à ventre jaune, Brown-rumped Bunting).

Vous pouvez consulter le rapport complet (en format PDF) directement sur le site de la RNCB.

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African Harrier-Hawk / Gymnogene (G. Caucanas)

 

Remarquablement bien suivi, ornithologiquement parlant, Boundou, c’est bien plus que les oiseaux: on avait déjà mentionné la présence de la Gazelle à front roux, du Lion, duLéopard, de l’Hippopotame ou encore du Ratel. Mais ça ne s’arrête pas là… preuve en est ce superbe Serval que Gabriel a eu la chance de voir en juin dernier. Que je suis jaloux! Faudra vraiment que je réussisse à me rendre sur place un de ces jours…

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Serval (G. Caucanas)