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Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Troisième partie)

Cette troisième et dernière partie de notre petite série sur la littérature ornithologique sénégalaise concerne la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays. Les publications qui suivent décrivent donc les « premières » pour le pays, par ordre chronologique de publication.

Ces articles ont été publiés dans l’un ou l’autre des deux revues de prédilection pour ce type de notes, soit le Bulletin de l’African Bird Club et Malimbus de la Socété d’ornithologie de l’Ouest africain (à laquelle, en passant, chaque ornitho qui s’interésse à l’avifaune du Sénégal ou de manière plus large de l’Afrique de l’Ouest devrait adhérer!).

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Pour une liste complète des nouvelles espèces de ces douze dernières années, voir ce billet; voir aussi les parties I et II de notre revue bibliographique.

 

  • Première mention du Merle obscur pour le Sénégal: Benjumea & Pérez 2016. First record of Eyebrowed Thrush Turdus obscurus for Senegal and sub-Saharan Africa. Bull. ABC 23: 215-216.

Découverte fortuite incroyable, le 10/12/15 dans un jardin d’hôtel, par deux ornithos espagnols en marge d’une de leurs missions d’étude dans le PN de la Langue de Barbarie. Il s’agit de la deuxième mention de cette espèce sibérienne sur le continent africain, alors qu’elle hiverne normalement en Asie du sud-est, la première provenant de Merzouga au Maroc en décembre 2008. Comme quoi presque n’importe quel migrateur à longue distance d’origine paléarctique peut se retrouver égaré dans nos contrées… et comme quoi, ça sert de toujours avoir un appareil photo à portée de main!

 

  • Delannoy 2016. Les premières observations de l’Alouette à queue rousse Pinarocorys erythropygia au Sénégal. Malimbus 38: 80-82.

La première observation documentée de cette alouette peu connue a été faite dans le Boundou du 10 au 12 novembre 2015, suivant deux observations antérieures non encore publiées formellement, toutes deux du Niokolo-Koba: la première en février 1985, la deuxième en novembre 1992.

C’est donc une alouette à rechercher en hiver dans le sud-est du pays, mais son apparition est probablement très aléatoire, étant une espèce à caractère erratique qui se trouve ici tout à fait en limite de son aire “hivernale” régulière. Elle fréquente les savanes arborées ouvertes tout comme des zones cultivées, affectionnant particulièrement des zones récemment brûlées.

 

  • Première observation de la Bergeronnette à longue queue au Sénégal: Pacheco, Ruiz de Azua & Fernández-García 2017. First record of Mountain Wagtail Motacilla clara for Senegal. Bull. ABC 24: 88-89.

Cette mention de Dindéfélo en mars 2015 reste pour le moment la seule pour le pays, bien qu’il soit possible que cette bergeronnette soit un visiteur non-nicheur plus ou moins régulier dans l’extrême sud-est du pays, dans les contreforts du Fouta-Djallon. A rechercher aux abords du fleuve Gambie et des ruisseaux de vallons autour de Kédougou.

 

  • Observations remarquables du Sénégal, dont la première de l’Engoulevent pointillé: Blanc et al. 2018. Noteworthy records from Senegal, including the first Freckled Nightjar Caprimulgus tristigma. Bull. ABC 25: 58-61.

En plus de la description des observations de l’engoulevent, espèce maintenant considérée comme résidente à Dindéfélo et sans doute dans des milieux similaires dans les environs, les auteurs rapportent des données nouvelles concernant l’Engoulevent doré (dans le Khelkom), à Dindéfélo le Drongo occidental (encore le Drongo de Ludwig à l’époque, auparavant connu uniquement de la Casamance), le Traquet de Heuglin (nicheur sur le plateau de Dande) ainsi que le très discret Sénégali à ventre noir, et enfin le Bihoreau à dos blanc et le Martin-pêcheur azuré au bord du fleuve Gambie à Mako. Ces deux derniers sont depuis plusieurs années assez régulièrement observés dans cette région, notamment autour de Wassadou.

Avec l’espèce précédente, le Trogon narina et deux indicateurs différents, Dindefelo détient clairement la palme en tant que hotspot pour la découverte de nouvelles espèces pour le pays.

 

  • Première donnée du Fou à pieds rouges au Sénégal: Moran et al. First record of Red-footed Booby Sula sula for Senegal. Bull. ABC 25: 213-215.

Le 19/10/16, un Fou à pieds rouges immature a été photographié à environ 10 milles marins au nord de Dakar, lors d’une sortie en mer en marge du PAOC, observation que nous avions déjà rapportée ici. Depuis, pas moins de quatre mentions supplémentaires sont connues, toutes autour de la presqu’île du Cap-Vert: un oiseau en janvier 2018 au PNIM, puis trois fois à Ngor en 2018-2019 dont quelques oiseaux ayant stationné pendant plusieurs semaines ou même mois (deux ind. en mai-juin 2018, un en novembre 2018, et un vu régulièrement en juin-août 2019 dont encore ce 12/8 comme les quatres jours précédents!).

Avec l’augmentation des effectifs aux Iles du Cap Vert on peut s’attendre à d’autres observations dans le futur.

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Red-footed Booby / Fou à pieds rouges, au large de Dakar, Oct. 2016 (B. van Gemerden)

 

  • Première observation d’une Frégate superbe pour le Sénégal: Piot & Lecoq 2018. First record of Magnificent Frigatebird Fregata magnificens for Senegal. Bull. ABC 25: 216-218.

Notre observation de fin avril 2017 reste pour le moment la seule confirmée pour le pays. Bien qu’il puisse s’agir d’une des deux dernières femelles des Îles du Cap-Vert (où l’espèce ne niche plus depuis 1999), une origine néotropicale semble plus probable. Le site de reproduction le plus proche de l’Afrique de l’Ouest est l’île de Fernando de Noronha, situé au nord-est du Brésil à environ 2’650 km de Dakar. D’autres données de frégates dans la sous-région concernent des observations en Gambie (Frégates superbes en 1965 et 1980, puis une frégate sp. en 2005) et au Ghana (Frégate aigle-de-mer F. aquila en 2010, espèce aussi notée aux iles du Cap-Vert en 2017 et donc également d’apparition possible dans les eaux sénégalaises). A quand la prochaine mention dans le pays?

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Magnificent Frigatebird / Frégate superbe f., PNIM, April 2016 (BP)

 

  • Première donnée du Pipit farlouse au Sénégal: Piot 2018. First record of Meadow Pipit Anthus pratensis for Senegal. Malimbus 40: 67-69.

Le 1er janvier 2018, j’ai la chance de trouver un Pipit farlouse aux abords de la lagune de Yène sur la Petite Côte non loin de Dakar. Bien que l’identification ait été confirmée par les cris caractéristiques de l’espèce, plusieurs personnes semblent toujours douter de l’identité de cet oiseau, me disant qu’il s’agit plutôt d’un Pipit à gorge rousse… Le plumage assez contrasté de cet oiseau de permier hiver peut effectivement faire penser à cette espèce, mais d’autres critères et notamment l’absence de stries sur le croupion (visibles sur photo, comme celle-ci) permettent d’éliminer le Pipit à gorge rousse, tout comme le cri d’ailleurs qui est très différent. L’espèce étant connue du sud de la Mauritanie, l’apparition d’un Pipit farlouse égaré au Sénégal n’est pas bien étonnante.

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Meadow Pipit / Pipit farlouse, Yene, Jan. 2018 (BP)

 

En plus de ces sept publications, plusieurs autres sont sous presse ou sont sur le point d’être soumis et seront publiés dans les mois à venir : l’Indicateur de Wahlberg vu plusieurs fois en 2018 (Caucanas et al.), le Gonolek de Turati en 2018 (Bargain & Piot) et l’Anomalospize parasite en février 2019 (Bargain, Caucal & de Montaudouin) tous les deux découverts en Casamance, et enfin la Tourterelle turque en 2016 (BP).

Il y a aussi quelques premières obs encore non encore publiées formellement, notamment nos Martinets horus (rédaction prévue!) de l’an dernier et l’Indicateur de Willcocks de février dernier. Tout comme des mentions un peu moins récentes d’oiseaux qui pour le moment ont été observés une seule fois dans le pays (Epervier d’Europe, Milan royal, Grue cendréeBécasseau d’Alaska) mais dont je doute qu’une publication verra un jour le jour, bien malheureusement…

Quoiqu’il en soit, je vous tiens bien entendu au courant de la suite!

 

Je me permets de terminer en faisant un peu de pub pour une autre publication sur les oiseaux du Sénégal, dans un tout autre registre de celles qui précèdent mais toute aussi intéressante : un recit de voyage naturaliste sous forme de magazine auto-édité par mes amis Frédéric et Jérémy. Truffée de superbes photos, des textes riches en informations pertinentes et anecdotes diverses, c’est bien plus qu’un simple rapport de voyage, où chacun trouvera quelque chose à son goût. De Dakar au Djoudj en passant par les Trois-Marigots, le Gandiolais, et bien d’autres encore!

A decouvrir (et à commander) ici

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Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Deuxième partie)

Si les publications passées en revue dans la première partie étaient en grande partie issues d’études scientifiques menées par des chercheurs académiques, les articles présentés ici sont pour la plupart rédigés par des ornithologues de terrain et de passionnés d’oiseaux fréquentant régulièrement le pays ou qui, comme moi, ont la chance d’y résider et de pouvoir apporter des contributions, certes modestes, à nos connaissances de l’avifaune. Finalement il y aura encore une troisième partie, sinon cet article serait un peu trop long et risquerait de devenir un peu trop ennuyeux!

On s’intéresse ici donc essentiellement au statut et à la répartition des oiseaux du Sénégal, avec dans l’ordre taxonomique les publications suivantes, toujours pour la période 2016-2019:

  • Mortalité massive de Puffins majeurs le long de la côte de la Gambie en juin 2011, et observations récentes au Sénégal: Barlow, Piot & Fox 2018. Great Shearwater Ardenna gravis mass mortality in The Gambia in June 2011, recent observations from Senegal, and evidence for migration patterns. Malimbus 40: 10-20.

Au moins 103 Puffins majeurs sont trouvés rejetés sur 7 km de plages en Gambie en juin 2011, constituant les premières données de l’espèce pour ce pays. Les mesures biométriques à partir de 18 crânes sont présentées et nous résumons les observations publiées pour le Sénégal, la Mauritanie et les îles du Cap-Vert, tout en rapportant de nouvelles informations pour le Sénégal (issues de mes suivis de la migration devant Ngor!). Les mouvements de Puffins majeurs suivis par satellite depuis les sites de reproduction de l’Hémisphère Sud vers l’Atlantique Nord ainsi que leurs stratégies de nourrissage au cours de leur migration sont discutés. La faim est proposée comme cause probable de la mort des oiseaux échoués.

Nous avons également pu contribuer des données récentes obtenues à Ngor à deux autres articles récents traitant d’observations d’oiseaux de mer en Gambie, rédigés par nos collègues gambiens Clive Barlow et Geoff Dobbs :

  • Barlow 2017. First proof of Sooty Shearwater Puffinus griseus in The Gambia, May 2012. Malimbus 39: 56-58 [Première preuve pour le Puffin fuligineux en Gambie, en mai 2012]
  • Barlow & Dobbs 2019. New observations of five species of pelagic seabirds in The Gambia in early 2018, with information from previous years. Malimbus 41: 32-40 [Nouvelles observations de cinq espèces d’oiseaux de mer en janvier-février 2018 en Gambie].
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Great Shearwater / Puffin majeur, Ngor, Nov. 2017 (BP)

 

  • Le Grèbe castagneux, aujourd’hui une espèce reproductrice résidente en Gambie, avec une aire de reproduction au Sénégal étendue: Barlow, Piot & Bargain 2018. Little Grebe Tachybaptus ruficollis now a breeding resident in The Gambia, with an expanded breeding range in Senegal. Malimbus 40: 47-54.

Nous rapportons ici l’historique du Grèbe castagneux en Gambie et au Sénégal, en fournissant des données nouvelles sur la reproduction et de nouveaux sites de nidification depuis 2001. L’utilisation de plans d’eau artificiels en tant que sites de nidification contribue à l’extension de la saison de reproduction ainsi que de l’aire de répartition dans cette région.

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Sites de nidification du Grèbe castagneux au Sénégal et en Gambie

 

  • Taille de la population et phénologie de reproduction du Phaéton à bec rouge aux Iles de la Madeleine: Diop et al. 2019. Population Size and Breeding Phenology of Red-Billed Tropicbirds (Phaethon aethereus) on Iles de la Madeleine, Senegal. Waterbirds 42: 100-106.

La phénologie de reproduction et la répartition dans les sites de nidification des phaétons ont fait l’objet d’un suivi du 6 juin 2014 au 18 mai 2016 dans le PN des Îles de la Madeleine, avec des visites tous les 15 jours pour enregistrer les nids actifs et leur contenu. Ngoné et ses collegues trouvé jusqu’à 76 sites de nidification mais seulement 49 étaient actifs en 2014-2015 et 45 en 2015-2016. Les phaétons se reproduisent tout au long de l’année, mais le nombre de nids actifs a culminé d’octobre à janvier, ce qui peut être lié au caractère saisonnier de l’upwelling océanique. Les nids ont été regroupés dans quatre zones et leur répartition et leur occupation peuvent être liées à la direction du vent pendant le pic de reproduction saisonnier d’octobre à mai. Le succès de reproduction était généralement élevé (62,9% en 2014-2015 et 47,3% en 2015-2016) par rapport aux autres colonies se reproduisant dans des eaux moins productives. Étant donné la singularité et la petite taille de cette population, une surveillance, une gestion et une protection stricte sont nécessaires pour garantir sa viabilité.

  • Effectif exceptionnel de Vautours percnoptères observé au Sénégal en novembre 2017, avec historique et actualisation de son statut au Sénégal et en Gambie: Caucanas, Piot, Barlow & Phipps 2018. A major count of the Egyptian Vulture Neophron percnopterus in Senegal in November 2017, with notes on its history and current status in Senegal and The Gambia. Malimbus 40: 55-66.

Nous rapportons l’observation d’un groupe de 30 Percnoptères d’Egypte le 26/11/17 dans la RNC du Boundou, soit le groupe le plus important jamais documenté au Sénégal et en Gambie et l’un des plus importants pour le Sahel. En déclin rapide dans la plus grande partie de son aire de répartition, nous dressons un état des lieux des observations et données obtenues par suivi GPS depuis la première mention en 1913, et nous proposons qu’elle soit considérée comme migratrice peu fréquente ne nichant pas dans ces deux pays, étant régulière seulement dans l’extrême est du Sénégal.

  • Déclin d’une population urbaine de Vautours charognards sur 50 ans à Dakar: Mullié et al. 2017. The decline of an urban Hooded Vulture Necrosyrtes monachus population in Dakar, Senegal, over 50 years. Ostrich 88: 131-138.

A Dakar, comme dans de nombreux centres urbains de l’Afrique de l’Ouest, les Vautours charognards ont toujours été des charognards urbains caractéristiques. Le récent déclin dans d’autres parties de l’Afrique a motivé, en 2015, son inscription sur la Liste rouge de l’UICN comme espèce menacée « En danger critique d’extinction ». Comme nous l’avons déjà rapporté, nous avons mené une enquête sur son statut actuel à Dakar afin d’effectuer une comparaison avec les données disponibles depuis un demi-siècle. Une forte baisse (>85%) a été notée, la population estimée passant de 3’000 individus en 1969 à seulement 400 en 2016. Ce déclin correspond aux chutes constatées ailleurs en Afrique mais contraste avec les populations apparemment stables de la Gambie à la Guinée. Les causes probables sont 1) une urbanisation galopante entraînant une perte de sites d’alimentation et une réduction de la disponibilité de nourriture, 2) un empoisonnement accru de chiens sauvages due à une recrudescence de la rage et 3) une disparition accrue des arbres appropriés pour la nidification et le repos.

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Hooded Vulture / Vautour charognard, Technopole, June 2019 (BP)

 

  • Voies de migration de la population méditerranéenne de la Sterne voyageuse: Hamza et al. 2017. Migration flyway of the Mediterranean breeding Lesser Crested Tern Thalasseus bengalensis emigrates. Ostrich 88: 53-58.

Un programme de baguage a été mis en place de 2006 à 2012 dans les colonies de Libye, soit les seules sites en Méditerrannée. A partir d’un total de 1354 couvées baguées à l’aide de bagues métalliques et/ou couleurs, 64 ont été retrouvées le long de leur voie migratoire ou sur leur aire d’hivernage.

Cependant, les auteurs écrivent que « le Sénégal et la Gambie sont au cœur de l’aire d’hivernage, » affirmation erronée rectifiée par Dowsett & Isenmann 2018 (Wintering area of the Libyan breeding population of Lesser Crested Tern. Alauda 86: 65-68) qui démontrent que la principale zone d’hivernage se trouve en Guinée-Bissau et en Sierra Leone. Bien que quelques dizaines à quelques centaines d’oiseaux hivernent bel et bien en Sénégambie, l’essentiel des nicheurs libyens hiverne donc un peu plus au sud. Cela n’enleve cependant en rien la conclusion de Hamza et collègues, comme quoi « la conservation de cette population particulièrement localisée et menacée ne réclame pas seulement une protection des sites de reproduction mais également celle des escales migratoires et des sanctuaires d’hivernage»

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Lesser Crested Tern / Sterne voyageuse portant une bague posée en Libye, Ngor, May 2013 (P. Robinson)

 

  • Un afflux de Hiboux des marais en Afrique de l’Ouest pendant l’hiver 2017/18: Piot 2019. An influx of Short-eared Owls Asio flammeus in West Africa in winter 2017/18.  Bull. ABC 26: 206-212 [publication prévue dans le prochain numéro, en septembre].

Pendant l’automne 2017 et l’hiver 2017/18, un afflux sans précédent a eu lieu en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Sénégal ; des observations ont également été réalisées en Gambie, en Guinée-Bissau et en Mauritanie. Entre début novembre 2017 et mi-avril 2018, 22 observations concernant au moins 24 oiseaux ont été rapportées: ceux-ci ont peut-être hiverné plus au sud que d’habitude en raison des rudes conditions hivernales en Europe de l’Ouest. Les effectifs fluctuent probablement aussi en fonction des densités d’acridiens au Sahel, où une part importante du régime alimentaire peut être constituée d’insectes. L’espèce devrait y être considérée comme un migrateur régulier et un hivernant localement peu commun en petit nombre, avec des variations interannuelles importantes. La rareté des observations dans la région est probablement due aux habitudes crépusculaires et nocturnes de l’espèce, et aussi à une présence très limitée d’observateurs.

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Short-eared Owl / Hibou des marais, Technopole, Dec. 2017 (BP)

 

  • L’étude par géolocalisateurs révèle que le Martinet unicolore des Canaries hiverne en Afrique de l’Ouest équatoriale: Norton et al. Geolocator study reveals that Canarian Plain Swifts Apus unicolor winter in equatorial West Africa. Publié sur le site de l’African Bird Club (je suppose qu’un article formel suivra; cliquez le lien pour obtenir le PDF).

Même s’il ne s’agit pas d’une étude sénégalaise, elle a toute son importance pour nous: en effet, le suivi par géolocalisateurs a montré que le Martinet unicolore hiverne dans la zone forestière de l’Afrique de l’Ouest, et que l’espèce fait partie de l’avifaune du Sénégal. C’était sans doute l’une des grandes découvertes de ces dernières années – tout comme nos Martinets horus, dont un article portant sur notre étonnante trouvaille de janvier 2018 est en cours de préparation.

En juillet 2013, 16 Martinets unicolores, espèce endémique des Canaries qu’on pensait lagement sedentaire (ailleurs, vu seulement dans les régions cotières du nord-ouest de l’Afrique), ont été équipés de géolocalisateurs dans deux colonies de reproduction sur Tenerife. (Un géolocalisateur, minuscule appareil électronique pesant moins d’un gramme, mesure l’intensité du rayonnement solaire et l’heure, et enregistre ces données pendant une année; au retour de l’oiseau, celles-ci permettent de reconstituer son itinéraire). Parmi ces 16 individus, deux ont par la suite été retrouvés dans la colonie. Les deux oiseaux ont passé la majeure partie de l’hiver dans les forêts de l’est du Libéria. Ils ont quitté la colonie en octobre et novembre respectivement, et ont parcouru au moins 2’600 km pour hiverner, passant toute la période d’hivernage jusqu’en mars-avril 2014 dans les forêts de la Haute-Guinée au Libéria, en Guinée et en Côte d’Ivoire. La route migratoire prénuptiale comprenait le passage dans plusieurs pays où l’espèce n’avait là non plus jamais encore été signalée, dont le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone. L’étude souligne l’importance de l’écosystème forestier de la Haute-Guinée pour au moins certains Martinets unicolores, les oiseaux passant plus de la moitié de l’année dans ce hotspot de biodiversité. Elle montre également qu’il devrait donc être possible d’observer cette espèce in natura au Sénégal, notamment en automne et au printemps, même si l’identification sera forcément délicate.

  • La Fauvette de Moltoni au Sénégal et en Afrique de l’Ouest: Piot & Blanc 2017. Moltoni’s Warbler Sylvia subalpina in Senegal and West Africa. Malimbus 39: 37-43.

Récemment élevée au rang d’espèce après la révision taxonomique du complexe des Fauvettes passerinettes, l’aire d’hivernage de la Fauvette de Moltoni était en grande partie inconnue. A la suite d’observations récentes au Sénégal, où sa présence a été enregistrée annuellement depuis 2013, nous avons passé en revue les observations faites en Afrique de l’Ouest : celles-ci suggèrent que l’espèce est largement répartie dans le Sahel, du Sénégal au Nigéria. Il semble que l’espèce soit plus abondante à l’est de cette zone, cependant l’aire de répartition précise et son abondance nécessitent plus de recherches, tout comme ses stratégies de mue et de migration.

  • Rose et al. 2016. Observations ornithologiques au Sénégal. Malimbus 38: 15-22.

Cinq observations d’espèces rares ou peu communes sont décrites, toutes de janvier 2015, dont on peut cependant se poser la question si une publication était réellement nécessaire, car leur simple inclusion dans la rubrique des observations récentes de l’ABC aurait sans doute suffi. Quoiqu’il en soit, les auteurs relatent les observations d’un Onoré à huppe blanche dans le delta du Saloum (où l’espèce est maintenant assez régulièrement vue, à Toubacouta), d’un Hibou des marais aux Îles de la Madeleine, d’un Engoulevent du désert au Djoudj, d’un Martin-pêcheur azuré au Niokolo-Koba, et d’un Sirli du désert dans le Ndiael. La prédation d’un Héron garde-bœufs par un Aigle martial, ainsi que l’histoire de vie d’une Barge à queue noire baguée, sont également rapportées.

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Dutch and English colour-rigned Black-tailed Godwits / Barges à queue noire baguées aux Pays-Bas et en Angleterre, Technopole Jan. 2016 (BP)

 

Deux autres notes courtes sont également à mentionner ici, la première traitant de notre observation d’une pie-grièche hybride du lac Tanma en 2017 (Piot & Caucanas 2019. A hybrid shrike Lanius in Senegal; publication prévue dans le prochain bulletin de l’ABC), l’autre d’une observation de plusieurs Travailleurs à bec rouge à env. 100 km au large de la côte sénégalaise, soit la donnée la plus éloignée du continent jusqu’à présent (Quantrill, R. 2017. Red-billed Queleas Quelea quelea at sea off Senegal. Bull. ABC 24: 216).

Puis au moins deux articles supplémentaires traitant du statut et de la distribution d’oiseaux au Sénégal sont prévues pour publication ces prochains mois, dans la revue Alauda : le premier sur les quartiers d’hiver et les voies de migration du Pouillot ibérique (Isenmann & Piot), le second sur les résultats de nos suivis 2017 et 2018 de la migration des oiseaux de mer à Ngor (première partie prévue en décembre, 2e partie en début d’année prochaine).

La troisième et dernière partie de notre petite série sur la literature ornithologique sénégalaise concernera la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays.

 

 

Iberian Chiffchaff in West Africa

We’re continuing our little series on the status of some lesser known passerines that spend the winter in Senegal. This time round we’re looking at Iberian Chiffchaff (Pouillot ibérique), yet another drab songbird that can be tricky to identify unless of course it’s singing. We won’t go much into its identification in this post; a lot has been written on the topic, though unfortunately the standard West Africa field guides lack sufficient detail and may oversimplify the matter somewhat. In addition, few if any of the local guides really know how to identify the species in the field, and not all visiting birders pay much attention to these LBJs.

There are a few subtle differences in plumage, but generally it’s not easy to identify these birds on plumage and “jizz” alone..  so maybe it’s useful after all to summarise key characteristics here. Lars Svensson, in what is still one of the main reference papers on Iberian Chiffchaff identification (2001), neatly listed the following field characters in comparison with Common Chiffchaff:

  1. As a rule, the entire upperparts of ibericus are purer moss green than on Common Chiffchaff, lacking the brown tinge on crown and mantle usually present in collybita in freshly moulted plumage in early autumn a very slight brownish tinge can be found on the greenish upperparts of some Iberian Chiffchaffs
  2. More tinged yellowish-green on sides of head and neck, and has no buff or brown hues at all, or only very little of it behind the eye and on ear-coverts. The breast is whitish with clear yellow streaking
  3. Typically, has vivid lemon yellow undertail-coverts, contrasting with a rather whitish centre to the belly
  4. Supercilium on average more pronounced and more vividly yellow, particularly in front of and above the eye
  5. On average, the legs are a trifle paler brown on Iberian than on Common Chiffchaff, though many are alike
  6. Bill is very slightly stronger [though I find this one of very little use in the field!]
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Iberian Chiffchaf / Pouillot ibérique, Gandiol, 31 March 2016 (BP). Note yellowish supercilium, undertail and flank streaks, dull greenish upperparts, pale brown legs, whitish belly, and apparently also pale bill base

 

Clearly these are mostly subtle differences and when identifying on plumage alone, a combination of characters should typically be used. Confusion with Willow Warbler is not unlikely, even by experienced birders, and I’m assuming that at least some Iberians are noted as Willow Warbler, especially in mid-winter in northern Senegal when Willow Warbler should in fact be rare, as it winters chiefly in the forest zone further south. The longer wings, pale underparts and paler legs can indeed result in striking similarities between Willow and Iberian. A good pointer to separate these two is that the latter typically dips its tail while feeding, whereas Willow, Warbler characteristically flicks its wings while moving its tail sideways.

The two pictures below were taken by Frédéric Bacuez near Saint-Louis, on 18.4.16 (top) and 20.1.13 (bottom), and while it’s probably impossible to be certain, I do tend to believe these are Iberian Chiffchaffs.

 

Bango, April 2016 (© F. Bacuez)

2013 01 20 9h30. Pouillot fitis apr_s le bain, dans l'eucalyptus. Photo par Fr_d_ric Bacuez, IMG_9104 (2)

Iberian Chiffchaff or Willow Warbler? I tend to think it’s an ibericus (© F. Bacuez)

 

The vocalisations on the other hand are far more reliable and are indeed always ideal in order to confirm an Iberian Chiffchaff, particulary the song. While there’s some variation and there may be some “mixed singers”, the difference with Common Chiffchaff is usually obvious (though maybe a bit less so on this one from Wassadou). It’s worthwhile pointing out though that besides the quite distinctive song, a good yet undervalued criterion is the call of the species – see this nice summary on the Turnstones blog (and also Collinson & Melling 2008, who state that the call “in sharp contrast to that of Common Chiffchaff, is downwardly inflected, from 5 to 3 kHz, transcribed as ‘piu’ or ‘peeoo’, perhaps reminiscent of the call of Siskin” – now compare with my recording from Technopole (same bird as in the song recording): I wouldn’t say this sounds like a Siskin – and even less like a Bullfinch! – and at 3.5-6 kHz the frequency is clearly a bit higher as can be seen on the sonogram below (click to enlarge).

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Status & Distribution in Senegal

Up to not so long ago, most authors considered Iberian Chiffchaff to be a resident or partial migrant, mostly due to lack of reliable identification criteria at the time. Svensson (again!) provided the most comprehensive overview of our knowledge of the wintering areas in his 2001 paper, concluding that it is “a long-distance migrant which winters primarily in tropical Africa“. This assumption was however based on very few specimens and even fewer reliable field observations. One of these is of a bird “singing like an Iberian Chiffchaff” by Yves Thonnerieux from northern Ghana, and the only two specimens from wintering grounds are from Mali in 1932 (Segou) and 1955 (Bamako); both were found by Svensson in the museum of natural history in Paris (MNHN). A third specimen was collected in January 1955 in Tunisia, suggesting that some birds may winter north of the Sahara; Svensson also showed that the species is present during spring migration in Morocco (at least late March – early April).

With increased “observer awareness” and better reporting systems, recent years have seen a clear increase in field observations from West Africa, described further below. Combined with the absence of any winter records from the Iberian peninsula, I think it’s quite well established now that indeed most if not all Iberian Chiffchaffs winter south of the Sahara.

To further refine its status in West Africa, we turn to our usual suspects: Morel & Morel  provide a single record, presumably obtained by themselves, of a singing bird at Richard Toll on 22-24.2.87 (this is probably the unpublished record “from tropical Africa” that Svensson refers to). This can safely be assumed to be the first published record for Senegal; identification was apparently largely based on song since they write that they compared the song with recordings by Claude Chappuis. It’s quite easy to miss out on this observation though, as ibericus (or brehmi as it used to be known) is only referred to in the annex of Les Oiseaux de Sénégambie (1990), as their sighting was obviously too recent to be included in the near-final manuscript of their book. Of course, the species was at the time still considered to be “just” a subspecies of Common Chiffchaff. Rather curiously, the Morels refer to a significant proportion of Scandinavian Common Chiffchaffs (ssp. abietinus) – up to half! – though we now know that these populations tend to winter in eastern Africa, heading in a south-easterly direction in autumn. Could it be that these were actually Iberian Chiffchaff rather than abietinus?

Moving on, Rodwell and colleagues (1996) refer to three records of calling (singing?) birds in the Djoudj NP in Jan 1990, Jan 1991 and Feb 1992. Sauvage & Rodwell (1998) do not provide any additional records: up to the mid-nineties, ibericus was obviously still considered a rare to scarce winter visitor to northern Senegal. More than a decade later, Borrow & Demey still consider the species’ distribution in Senegal as “inadequately known”, and their map only shows the lower Senegal valley.

As is the case with quite a few other little known taxa that were recently elevated to species rank – think Moltoni’s Warbler, Seebohm’s Wheatear, Atlas Flycatcher – these past few years our knowledge has greatly increased, and it is clear that Iberian Chiffchaff is indeed quite frequent in northern Senegal. Recent reports mainly come from the Djoudj NP – obviously a key wintering site, with decent densities – and from around Richard Toll and Saint-Louis (e.g. Bango, Trois-Marigots, Langue de Barbarie, and see picture above). There are however a number of recent records elsewhere that suggest that the species is more widespread: last winter I was lucky to find a singing bird at Technopole which is thought to be the first record from Dakar; there are also a few reports from the Somone lagoon, though not sure that these are reliable (I have suspected the species here before, but never been able to confirm based on call or song). Rather intriguingly, the species was also seen several times along the Gambia river at Wassadou these past two years: first in December 2017, then more than two months later at least one singing bird that we found on 24.2.18, and again this winter (7.1.19). Finally, another singing bird was reported near Kounkane, Velingara, on 28.1.18 (G. Monchaux) – to our knowledge the first record from Casamance. The observations in these southern locations suggest that the species is more widespread and that it can turn up anywhere in Senegal.

In Mauritania, it appears that up to recently the only records were obtained during extensive field work conducted by the Swiss Ornithological Station, with several birds captured both in spring and in autumn 2003 (Isenmann et al. 2010). There are several more recent reports from around Nouakchott mainly, presumably of birds passing through. In addition to the two aforementioned specimens from Mali, the only other record from that country that I’m aware of is of a singing bird that I recorded in a hotel garden in Bamako, where it was singing for at least a week in January 2016. Burkina Faso should also be part of the regular range, though there again there are just a couple of records, most recently a singing bird reported by van den Bergh from the Bängr-Weeogo park in Ouagadougou in December 2011.

The Xeno-canto range map, which is largely based on BirdLife data, is probably the most accurate when it comes to the winter range (though not for the breeding range, the species being absent from most of central and eastern Spain). It should also include all of northern Senegal, or at a minimum, the lower and middle river valley, particularly the Djoudj NP which is omitted from the map below. I’m not sure that the species has been reliably recorded from Gambia even though there are several unverified observations on eBird. Further north, there are several winter records from Western Sahara between early December and early February, mainly at coastal sites (Bergier et al. 2017), suggesting that not all Iberian Chiffchaffs cross the Sahara. Spring migration is noted from mid-February to mid- or end of April.

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Iberian Chiffchaff should be present in Senegal and generally throughout its winter quarters from about October to early or mid-April; the earliest observation I could find is one of a bird reported singing east of Richard Toll on 27.10.15. A Danish group reported two birds in Djoudj in early November 2017, but other than that almost all records are from December – February during the peak orni-tourist season.

Paulo Catry and colleagues (including our friends Miguel and Antonio!) showed marked differential distance migration of sexes in chiffchaffs, with females moving further south than males. Their study did not distinguish between Common and Iberian Chiffchaff, but because south of the Sahara (Djoudj mainly), sex-ratios were more male-biased than predicted by a simple latitude model, their findings suggest that among the chiffchaffs wintering in West Africa, a large proportion is composed of Iberian birds, providing further support that these birds are long distance migrants. The ringing data from Djoudj also showed that chiffchaffs display differential timing of spring migration, with males leaving the winter quarters considerably earlier than females [typically, male migrant songbirds arrive a little earlier on the breeding grounds than females, presumably so they can hold and defend a territory by the time the females arrive].

Finishing off with some essential ibericus reading…

 

 

 

 

Northern Senegal after the rains, 3-7 Oct. (Part II)

(continued from our first blog post on this road trip)

After leaving Gamadji Sare behind, we made our way towards Podor with a few stops en route. A nightjar sheltering from the heat (and predators) was flushed by Vieux near forêt de Golette, just minutes after he casually mentioned that those bushes look good for nightjars! We were hoping for one of the rarer species of course, but it turned out to be a Longtailed Nightjar after all, apparently a (young?) bird in very fresh plumage. Also several Knob-billed Ducks here, a Short-toed Eagle, Spotted Thick-knee, Vieillot’s Barbet and so on.

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Long-tailed Nightjar / Engoulevent à longue queue

 

At the scenic Podor quay we had a Marsh Harrier, at least two House Martins and several Red-chested Swallows, some of which were on the opposite side of the river, meaning these were in Mauritanian territory: not insignificant since apparently there aren’t any solid records from our northern neighbour, despite the fact that the species surely must breed on the Mauritanian side of the Senegal delta. Just like in January, we also saw the species further downstream at Dagana. A Montagu’s Harrier and a Black Kite were seen just south of town.

Continuing our westbound journey, we cris-crossed the rice paddies with a few quick stops en route, including an emergency stop near Fanaye Dieri for a raptor which initially puzzled us both, and which turned out to be a young Beaudouin’s Snake-Eagle. This seems to be a (very) scarce wet season visitor to northern Senegal and to southern Mauritania where breeding has been confirmed.

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Beaudouin’s Snake-Eagle / Circaète de Beaudouin

 

At Dagana, the main feature was the constant stream of herons and Long-tailed Cormorants en route to their nigh roost (or in case of the Black-crowned Night-Herons, en route to their nightly feeding grounds). The roost is located in the swamps just east of Dagana, and hosts what must be several thousands of birds. Three Glossy Ibises flew into Mauritania, while Greater Swamp Warblers were singing on the northern river bank. An evening walk produced Nightingale, Barn Owl, Long-tailed Nightjar and more.

 

Day 4: Big Day! Dagana to Saint-Louis via Richard Toll and the lower delta

October 6 happened to be the first “October Big Day” organised by Cornell – more on this eBird page.

Pre-breakfast birding at Bokhol “forest”, then from Dagana to Richard Toll with a couple of stops en route and a visit to the sand quarry where I wanted to check on the Blue-cheeked Bee-eater colony: with some 500 nest holes, probably at least half being active nests, this is an impressive sight. Bonus species here were Northern Anteater Chat, Cricket Warbler, and especially two Standard-winged Nightjars flushed from “broom bushes” which were a real surprise here (but once again both were female type… so alas no standards!). The picture of the quarry shows the habitat of the latter two species in the background. Along the track into the sugar cane plantations, more White-throated Bee-eaters, both bishops, Black-rumped Waxbills, and a fine Pin-tailed Whydah.

 

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Blue-cheeked Bee-eater colony at Richard Toll, with Cricket Warbler habitat in the background

 

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Pin-tailed Whydah / Veuve dominicaine

 

But we’re getting ahead of ourselves… at Bokhol, the fields were rather quiet and unlike in Gamadji Sare the previous morning we barely had any northern songbirds. The forest held goodies such as Senegal Batis, more Orphean Warblers, Fork-tailed Drongo, Brubru, a Red-necked Falcon with prey, and a much less expected Klaas’s Cuckoo singing in the distance (appears to be a rare breeder during the wet season in northern Senegal). Full species list here. Another Whinchat and a few other migrants were seen just west of Dagana.

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Green Bee-eater / Guêpier d’Orient at Bokhol

 

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Elegant Sand Racer (Psammophis elegans), Bokhol

 

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West African Ground Squirrel / Ecureuil fouisseur (Xerus erythropus)

 

Negotiating our way out of Richard Toll, we continued on to Ross Bethio, more specifically the ponds along the track to the Djoudj NP. This is where Vieux found a Lesser Jacana back in July: only the fifth record for the country (and second in the north), this was an exciting find of course, further highlighting the potential of this site which has received little attention from birders let alone from the National Park authorities – though the good news is that from this year on, the site is included in the monthly waterbird counts conducted by the Djoudj park staff. Full story on the jacana record on Ornithondar, merci Frédéric. During our visit there were loads of herons and whistling ducks, pelicans, several Black Storks and Yellow-billed Storks, more Eurasian Coots, etc. More unusually, we spotted several Marbled Ducks, counting at least 11 of these cool ducks. This appears to be an early date, and a rare record outside the nearby Djoudj NP: almost all observations tend to be from the same area in the national park, at the Grand Lac, typically between December and February. We’d already seen Little Grebes, but now Vieux also spotted a Black-necked Grebe, an adult coming out of its breeding plumage. Again an early date of an uncommon species in Senegal, typically seen in mid-winter in the north. All in all some 78 species were seen here, see eBird checklist.

The long drive through the delta along the Djoudj track was pretty uneventful, and we only stopped briefly at Saint-Louis to watch a group of Black-tailed Godwits which unfortunately were feeding knee-deep in the lagoon, so no colour-rings could be seen. The Saint-Louis sewage works are always a hit, but too often they are ignored by visiting and local birders alike: I was thus keen to show Vieux this site even if we had just about half an hour left. As always, plenty of birds here, best of all being a Great Reed Warbler. We said our goodbyes here, and I continued onto Zebrabar where I’d spend the night, picking up several wader species new for the trip list as well as Brown Babbler on the camp grounds.

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Black-winged Kite / Elanion blanc

 

Day 5: final bit of birding at Langue de Barbarie et Guembeul lagoons

Up before dawn, I first went to the floodplain south of Guembeul: Savile’s Bustards singing in all directions, a flock of spoonbills of both species frantically feeding, and a good mix of warblers (Melodious, Subalpine, Bonelli’s, Common Whitethroat). The lagoons held Avocets, Black-tailed Godwits (including a ringed bird from northern Germany), lots of Little Stints, Dunlins, Curlew Sandpipers, and so on. A Pallid Swift was seen near Guembeul, and the lagoons near the STEP held a handful of Shovelers and White-faced Whistling-Ducks, including a family with some 11 ducklings, with Little Grebes also showing signs of local breeding.

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Spur-winged Lapwing chick / poussin de Vanneau éperonné

 

Time to head back home… uneventful drive, with just a few quick stops between Mouit and Louga whenever I encountered vultures such as this one:

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Rüppell’s Vulture / Vautour de Rüppell

 

 

 

Northern Senegal after the rains, 3-7 Oct. (Part I)

Ever since our first expedition to the Moyenne Vallée back in January I’ve been keen to return to this little-known part of Senegal, mainly to see whether our Horus Swifts would be still around and to find out what the rains season would bring here. Early October I had the chance to finally head back out there: here’s a glimpse of our five-day road trip to the Far North.

Where to start? We’ll take it in chronological order!

 

Day 1: Dakar to Lampsar lodge via Trois-Marigots

A pit stop at the lac Tanma bridge and a couple of brief stops at Mboro produced a few waders and Greater Swamp Warbler (niaye near the abandoned Hotel du Lac), African Swamphen and Levaillant’s Cuckoo (ponds at the start of the road to Diogo; Rousserolle des cannes, Talève d’Afrique, Coucou de Levaillant). From there it was pretty much non-stop all the way to the Trois-Marigots, an important wetland complex just past Saint-Louis. All lush and teeming with bird life following abundant rains in previous weeks, I could have easily spent half a day here but unfortunately could only spare a couple of hours before moving on to the Lampsar lodge.

Herons, egrets, ducks, waders, bishops and weavers were everywhere, many of them in full breeding attire and actively singing and displaying while Marsh Harriers (Busard des roseaux) were hunting over the wetlands. Two adult Eurasian Coots were the most unexpected species, and I already got a good flavour of things to come in the next few days: Spur-winged Geese flying around, noisy River Prinias everywhere, a distant singing Savile’s Bustard, lots of Collared Pratincoles, a BrubruWoodchat Shrike, etc. etc. (Oie-armée, Prinia aquatique, Outarde de Savile, Glaréole à collier, Brubru, Pie-grièche a tête rousse)

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Purple Heron / Heron pourpré

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Eurasian Coot / Foulque macroule

Just like at Trois-Marigots, Yellow-crowned and Northern Red Bishops were very active in the fields around the Lampsar lodge, where quite a few northern songbirds were noted during a short walk at dusk: Western Olivaceous Warbler, Common Redstart, Garden Warbler, White Wagtail and many Yellow Wagtails – at least 135 flying towards a night roost on the other side of the Lampsar river (Euplectes vorabé et monseigneur, Hypolais obscure, Rougequeue à front blanc, Fauvette des jardins, Bergeronnettes grises et printanières). The Lampsar lodge certainly seems like a good base to explore this part of the Senegal delta, being located close the Djoudj and other birding hotspots in the area.

Day 2: Ndiael, Richard-Toll, Thille Boubacar to Gamadji Sare

Two Black-crowned Cranes were calling opposite the lodge at dawn, while Greater Swamp Warbler was singing along the Lampsar; the rice paddies and surrounding farmland held Winding Cisticola, River Prinia, and several waders including Common Snipe (Grue couronnée, Rousserolle des cannes, Cisticole roussâtre, Prinia aquatique, Bécassine des marais).

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Greater Blue-eared Glossy Starling / Choucador à oreillons bleus

But we were just warming up… time to get serious. Vieux Ngom joined me at Lampsar from where we set off for the Ndiaël fauna reserve. Vieux is one of Senegal’s most enthusiastic and skilled birders, based out of the Djoudj as an eco-guide and is a great companion in the field – it was an absolute pleasure to spend the next few days in his company!

So, the Réserve Spéciale de Faune de Ndiaël: I’d only visited a couple of times before, and this was my first visit during the rains. The usually barren plains and dry acacia scrub were now all green, full of water, ponds with water lilies, acacias blooming, dragonflies hunting and butterflies fluttering everywhere… and birds of course: several Egyptian and Spur-winged Geese, a Knob-billed Duck, hundreds of White-faced Whistling Ducks (and one Fulvous Whistling Duck), two distant Black Storks and a Black-headed Heron, a couple of European Turtle-Doves, vocal Woodland Kingfishers (Ouette d’Egypte, Oie-armée, Canard à bosse, Dendrocygnes veufs et fauves, Cigognes noires, Héron mélanocéphale, Tourterelle des bois, Martin-chasseur du Sénégal). More Collared Pratincoles, a Montagu’s Harrier, and as we were watching the ducks and waders near the marigot de (N)yéti Yone, Chestnut-bellied Sandgrouse started to appear in small flocks, flying hurriedly over the plain (Glaréole à collier, Busard cendré, Ganga à ventre brun). On the way back along the track, a few of these birds were bathing and drinking from small roadside pools. Oh and sparrow-larks everywhere, mainly Chestnut-backed but also a few Black-crowned Sparrow-larks. Over a hundred Sand Martins were feeding over the plain, with several Common Swifts also passing through (Moinelettes à oreillons blancs et à front blanc, Hirondelle de rivage, Martinet noir).

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Chestnut-bellied Sandgrouse / Ganga à ventre brun

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Woodchat Shrike / Pie-grièche à tête rousse juv.

 

Next up: Richard Toll, where we paid a brief visit to the aerodrome area, known to attract some good species in winter but rarely visited at this time of the year (this actually applies to pretty much all sites we explored). Our first Southern Grey Shrikes were seen here, as were Green Bee-eater, Tree Pipit, Singing Bush-Lark, Chestnut-bellied Starling, and more (Pie-grièche méridionale, Guêpier de Perse, Pipit des arbres, Alouette chanteuse, Choucador à ventre roux).

Time to move on… with just 110 km to cover until Gamadji Sare, we could afford making a few more stops en route. First of all at the wetland past Thille Boubacar, where a quick scan from the bridge by Ndiayene Pendao produced two Egyptian Plovers (Pluvian). The pond on the other side of the river, which back in January had yielded quite a lot of good birds, was harder to access because its surrounding were all flooded, making it difficult to get decent views of the main water body. So no Pygmy Geese this time round. Several Black Herons and African Darters were around, while a European Pied Flycatcher and a few Subalpine Warblers were feeding in the acacia woodland (Héron ardoisé, Anhinga, Gobemouche noir, Fauvette passerinette).

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European Pied Flycatcher / Gobemouche noir

An adult Short-toed Eagle was seen flying over the road, and a couple more stops produced our first Cricket Warblers of the trip, more singing Black-crowned Sparrow-larks, breeding Sudan Golden Sparrows, and Vieux was lucky to see a Fulvous Babbler (Circaète Jean-le-Blanc, Prinia à front écailleux, Moinelette à front blanc, Moineau doré, Cratérope fauve). Alas no Golden Nightjar which we searched for in an area where it is known to winter.

And at long last, we arrived at Gamadji Sare, just in time for another hour’s worth of birding – No Time to Loose! – and of course we were more than eager to find out whether those mystery swifts were still going to be around. I’d barely walked through the back door of the Jardins du Fouta hotel, and there they were: a handful of Horus Swifts were flying over the river, confirming our suspicions that the species is well established here and that our sightings from January (and Fred’s in February) were not of some vagrant groupe of birds. At least 10 birds were seen several times, often flying close to the cliff’s edge while calling excitedly, and entering disused Blue-cheeked Bee-eater nest holes as night was falling. Unlike in January, the bee-eater colony was in full swing, with dozens of birds noisily feeding young in and out of the nest holes.

Horus Swift: check!

Mission accomplished.

 

A short walk along the Doué river produced migrants such as Orphean and Bonelli’s Warblers, Pied and Spotted Flycatcher, and more Black Scrub Robins and Cricket Warblers (Fauvette orphée, Pouillot de Bonelli, Gobemouches noirs et gris, Agrobate podobé, Prinia à front écailleux).

Birding non-stop… what a day!

Day 3: Gamadji Sare, Podor and Dagana

Difficult for things to get even better than the previous day, right?

We spent some more time studying the swifts and observing their behaviour and trying to count them. Not an easy feat as the numbers kept fluctuating, with small groups appearing and disappearing constantly, and at one point there were some Pallid and Little Swifts mixed in with the Horus Swifts. In the end, we settled on a conservative minimum of about 45 birds, probably even more like 50 to 60! So more than double than our estimate in January. Trying to get some decent pictures proved to be even more difficult, most of my pictures resembling this:

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Trust me it’s a Horus Swift

Or even this:

HorusSwift_GamadjiSare_20181005_IMG_3626

At least I got its shadow

More on the swifts may follow in an upcoming post. In any case, it’s pretty clear now that the species is well established and it would be surprising if they didn’t in fact breed here. And that other sites along the Senegal and Niger rivers and their tributaries are probably waiting to be discovered.

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At least 16 Horus Swifts are visible in this picture! (click to enlarge)

Further along the river bank we saw pretty much the same species as the previous evening, plus HamerkopLanner, Pallid SwiftGosling’s Bunting to name but a few (Ombrette, Lanier, Martinet pâle, Bruant d’Alexander).

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White-throated Bee-eater / Guêpier à gorge blanche

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White Wagtail / Bergeronnette grise

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Gosling’s Bunting/ / Bruant d’Alexander

A quick breakfast and some birding in the gardens which held Red-throated Bee-eater – just when we thought they were no longer around – and an unexpected Wryneck among many others; we then decided to go out to the rice paddies and the fields just to the north-east of the village (Guêpier à gorge rouge, Torcol fourmilier). Not really knowing what to expect, we weren’t disappointed: Bluethroat! Whinchat! Dwarf Bittern! …all species that in Senegal are tricky to see in one way or another (Gorgebleue à miroir, Tarier des prés, Blongios de Stürm!). The bittern was particularly cooperative: after it was accidentally flushed by Vieux, it landed on top of a bush, showing off its unique plumage – nice to finally catch up with this little beauty in Senegal (bringing my country list to 498 species!).

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Dwarf Bittern / Blongios de Stürm

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Eurasian Reed Warbler / Rousserolle effarvatte

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Yellow-crowned Bishop / Euplecte vorabé

All in all, we got to see no less than 90 species in a single morning, all within walking distance from the guesthouse: pretty impressive I say. See the complete eBird checklist here.

We were now half way through our little expedition so it was already time to return west, to Dagana via Podor. This section, as well as days 4 (Foret de Bokhol, Richard-Toll again, Ross Bethio to Gandiol) and 5 (Langue de Barbarie and the Gandiol area, back to Dakar) will be covered in an upcoming Part II of this post… Thanks for reading up to here!

 

 

Le PNOD, le PNLB, la RNICS & la RNP en images

Si vous arrivez à déchiffrer les acronymes du titre, alors chapeau! Faute d’un meilleur intitulé pour ce billet, et faute de temps pour écrire un long article sur tout ce qu’on a pu voir ces huit derniers jours, je vous présente ici quelques images prises lors de notre virée dans le Djoudj (le PNOD – parc national des oiseaux du Djoudj), le PN de la Langue de Barbarie (PNLB), la réserve naturelle d’intérêt communautaire de la Somone (RNCIS), et la réserve de Popenguine (RNP). Huit jours a se ressourcer en pleine nature, en agréable compagnie de nos amis Jan, Maria, Kajsa et Marnix venus découvrir le Sénégal – le bonheur.

PNOD

A commencer par ces Courvites isabelles vus vers le Grand Mirador du PNOD, trouvés par l’excellent guide Vieux Ngom (qui en passant salue toute l’équipe de Genevois!), dans une atmosphère poussiéreuse comme je l’ai rarement vue. Les courvites aussi j’en avais rarement vus, même jamais en fait! Belle coche donc pour commencer les vacances de fin d’année, d’une espèce régulière dans le nord du pays mais qui jusqu’ici m’avait toujours échappée, ici comme ailleurs d’ailleurs.

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Cream-coloured Courser / Courvite isabelle

Voici pour vous faire une idée des conditions météo, qui se résument tout simplement en “vent + froid + sable + poussière”, mais que notre ami d’Ornithondar a très bien expliqué ici. Jamais eu aussi froid au Sénégal… A peine 15 degrés au petit matin… suffisamment peu pour justifier au moins trois couches pour sortir.

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Aussi vus dans le Djoudj, dans le désordre: les habituelles Grues couronnées, une ou deux Talèves d’Allen, deux couples d’Anserelles naines, Sarcelles d’hiverPie-grièches méridionales, Glaréoles à collier, Tarier d’Afrique, Prinia aquatiquePygargue vocifère, Fauvette orphée, Alouettes calandrelles, et j’en passe. (Pygmy-Goose, Common Teal, Southern Grey Shrike, Collared Pratincole, African Stonechat, River Prinia, African Fish Eagle, Orphean Warbler, Short-toed Lark). Par contre peu de canards et très mauvaise visibilité sur le Grand Lac, mais Jean-Louis et Maha ont tout de même eu quelques Sarcelles marbrées deux jours plus tard, tout comme l’Outarde arabe et plein d’autres choses (Marbled Teal, Arabian Bustard).

Mais aussi Loup africain, Phacochères à volonté, un Crocodile du Nil, et pas moins de trois Pythons de Seba pour le grand bonheur de tout le monde mais peut-être surtout pour mes amis Jean-Louis et Maha, à peine arrivés au Sénégal.

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Warthog / Phaco

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African Rock Python / Python de Seba

PNLB

Passons maintenant au PNLB, ou l’on a passe deux nuits dans notre lodge favori au Senegal: le Zebrabar, niche entre lagunes et ocean, un petit havre de paix qui invite à la relaxation et au far niente… si ce n’était pour tous les oiseaux qu’il y a à découvrir! Même le jour de Noël on ne chôme pas, bien au contraire: en fin de matinee je passe d’abord à la STEP de St. Louis qui comme toujours grouille d’oiseaux, dont le Prinia aquatique, la Rousserolle des canes, plusieurs centaines de Dendrocygnes veufs et fauves tout comme quelques Canards souchets, et une bonne diversité de limicoles (River Prinia, Greater Swamp Warbler, White-faced & Fulvous Whistling-Ducks, Northern Shoveler). Mais surtout, je tombe sur une belle surprise sous la forme d’une Marouette de Baillon que je lève en bordure du sentier entre les deux plans d’eau principaux. Et que j’aurai ensuite le plaisir d’observer et de photographier pendant plus d’une demie heure – quel bonheur! Seulement ma deuxième obs de l’espèce, mais bien meilleure que la première, il y a près de 10 ans aux Pays-Bas.

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon

Au retour de la STEP, brève escale au bord de la piste qui mène au Niokobokk: une Pie-grièche mériodionale (ou doit-on dire Pie-grièche du désert maintenant? voir cet article sur Ornithondar). J’essaierai de revenir sur la question des (sous-)espèces en 2018…

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Southern Grey Shrike / Pie-grieche méridionale

En fin d’après-midi, je pars dans la plaine et la brousse derrière Mouit, là où j’avais eu entre autres Outarde de Savile, Coucou-geai, Oedicnème tacheté et cie. lors de mes précédentes visites. Parcourant la steppe à la recherche de fauvettes (le site me semble idéal pour la Fauvette à lunettes notamment) ou autres pipits, je tombe sur ce Hibou des marais – le sixième au moins depuis début novembre au Sénégal, confirmant ainsi le petit (?) afflux qui a visiblement lieu encore en ce moment. Combien passent inaperçus? J’ai donc une fois de plus dû mettre à jour l’article que j’y avais consacré il y a quelques semaines, avec l’image en plus et quelques obs supplémentaires (dont une de la lagune de Somone).

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Short-eared Owl / Hibou des marais

Ci-dessous le biotope:

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RNICS

Ensuite, après un crochet par Lompoul (Outarde de Savile, Oedicneme tacheté, Petit Moineau, Guêpier d’Orient et j’en passe; Savile’s Bustard, Spotted Thick-knee, Bush Petronia, Little Green Bee-eater), on pose les valises au Dalaal Diam près de la lagune de Somone.

Là, j’en profite pour retourner dans mon coin à Engoulevents à balanciers: rien vu! Ils ont dû repartir sous d’autres cieux. Curieusement, comme en octobre, une Bondrée (Honey Buzzard) me passe par-dessus la tête en filant vers le sud. Vu le plumage c’était un autre individu qu’en octobre, un jeune individu assez roux. Et à la place des Petits-ducs africains, cette fois ce sont au moins deux Chevêchettes perlées (Pearl-spotted Owlet) qui se font entendre de nuit (et parfois de jour) dans le jardin du lodge. Une Cigogne noire (Black Stork) survole le site, un Busard cendré chasse en bordure de la lagune, des centaines de Moineaux dorés du Soudan se mêlent aux Travailleurs a bec rouge et autres tisserins. Et curieusement toujours, je trouve deux Hypolaïs pâles (Eastern Olivaceous Warbler) non loin de la zone où j’avais déjà observé cette espèce peu connue en Sénégambie, en mars 2016. Hiverneraient-ils dans le secteur? Les deux oiseaux évoluaient ensemble et étaient peut-être en couple, à moins qu’il ne s’agisse de deux mâles se disputant un buisson stratégique… Quoiqu’il en soit, l’identification était relativement simple car les deux oiseaux hochaient activement la queue tout en ouvrant les ailes vers le bas, et la structure (notamment le bec plus fin) et les critères du plumage concordent; le chant semblait aussi assez différent de l’Hypolaïs obscure – je dois encore traiter et analyser les quelques prises de son, qui je l’espère ne seront pas trop affectés par le vent.

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Eastern Olivaceous Warbler / Hypolaïs pâle

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Eastern Olivaceous Warbler / Hypolaïs pâle

RNP

Point de photos de Popenguine à part un jeune Circaète Jean-le-Blanc (Short-toed Eagle) un peu flou, mais à signaler notamment neuf ou dix Hirondelles de rochers (Crag Martin), deux Monticoles bleus (Blue Rock Thrush), quelques discrets Bruants d’Alexander (Gosling’s Bunting), 4-5 Beaumarquets melba, 2-3 Sporopipes quadrillés (Speckle-fronted Weaver). Visite depuis Guéréo, hier matin 29/12. Au retour, on passe par le Lac Rose, ce qui permet d’ajouter le Goéland d’Audouin à la liste.

Voilà pour ce tour d’horizon, pas si rapide finalement.

Prochaine expédition: la moyenne vallée du fleuve, dans une semaine à peine. Avant cela, on va essayer de profiter des quelques jours de congés restants pour passer au Technopole, les steppes du Lac Rose ou encore la lagune de Yene.

 

 

Langue de Barbarie & Gandiol, 10-12/9

Le long weekend de la Tabaski, nous l’avons passé au Zebrabar, l’occasion de découvrir le parc national de la Langue de Barbarie et “l’arrière-pays” du Gandiolais en saison d’hivernage.

Pas trop le temps d’un long récit, même si comme toujours il y avait plein de choses à voir; la liste complète se trouve en bas de l’article. 124 espèces en tout! Je vous présente donc rapidement quelques photos, à commencer par ces magnifiques Guêpiers de Perse, espèce particulièrement commune en ce moment. Plusieurs familles sont vues, dont celle-ci avec 2-3 jeunes encore nourris par les parents, que Theo et moi avons pu observer pendant de longues minutes. Les adultes apportaient surtout sinon exclusivement des libellules, pour la plupart de taille moyenne genre Sympetrum.

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Blue-cheeked Bee-eater / Guêpier de Perse ad. et juv.

Et les jeunes:

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Dans la zone se trouvait également l’une des trois Pie-grièches à tête rousse observées pendant le weekend, une jeune de l’année au plumage bien terne comparée aux adultes:

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Woodchat Shrike / Pie-grièche à tête rousse juv.

A la station de lagunage de Saint-Louis, cet adulte d’Epervier shikra est resté posé dans un arbre sec alors que je passais à côté: ce n’est que plus tard en passant en revue les photos que j’ai constaté qu’il tenait dans ses serres une queue de reptile, apparemment un serpent voire un scinque.

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Shikra / Epervier shikra ad. avec proie

Au même endroit, comme toujours les Prinias aquatiques se faisaient entendre et pour une fois aussi bien voir et photographier. Espèce assez peu documentée, ces quelques photos d’un même individu chanteur montrent bien la couleur froide et globalement très grise du plumage comparée au Prinia modeste, aussi les lores noires, mais pour le reste c’est difficile! Heureusement que le chant des deux espèces est assez différent. Le plumage étant tellement proche, l’identification des oiseaux silencieux est généralement impossible, d’autant plus que le Prinia modeste a un plumage assez variable, et certains individus sont très gris notamment en période de reproduction. Bien que l’aquatique ait une nette preference pour les roselières, les deux espèces peuvent se côtoyer dans la même zone comme c’est justement le cas de la station de lagunage: Prinia aquatique dans la roselière et aux abords immédiats des plans d’eau, le cousin modeste dans les zones plus sèches et dans les haies bordant les champs.

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Dans l’arrière-pays, je tombe sur ce groupe de Barges à queue noire en train de se nourrir frénétiquement dans une mosaïque de mares temporaires, entre tamaris et acacias. Deux oiseaux avec des bagues couleurs se tiennent parmi elles, alors qu’une troisième barge baguée, elle aussi aux Pays-Bas, est vue le lendemain dans une autre (?) troupe d’une bonne centaine d’oiseaux.

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La Barge rousse, bien moins fréquente, est présente dans les lagunes saumâtres du parc même. En tout, pas moins de 24 espèces de limicoles sont observés pendant notre séjour, auxquelles ont peut encore ajouter le Vanneau à tête noire vu à plusieurs reprises pendant le trajet.

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Bar-tailed Godwit / Barge rousse

Retour dans la brousse, où ce Coucou-geai a bien voulu poser (au loin!) à côté d’un Rollier d’Abyssinie. Un autre individu sera vu le 12/9 peu après le départ pour Dakar, près de Gandiol.

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Great Spotted Cuckoo / Coucou-geai

Non loin de là, j’ai le plaisir de découvrir un chant unique que je ne connaissais pas encore, et il m’a fallu un moment pour repérer la source: une Outarde de Savile posée a l’ombre d’un acacia avant de disparaître en douce dans la brousse. Sans aucun doute l’un des points forts du weekend! Cette petite outarde sahélienne serait encore bien répandue dans la moitie nord du pays, bien qu’on la trouve aussi ça et là sur la Petite Côte et dans le Saloum. J’avais eu l’occasion de la voir aux Trois-Marigots en mai 2014, mais plus rien depuis. Ici, au moins trois mâles se répondaient par leur chant résonnant et surtout étonnant pour une espèce autrement très discrète, que je vous laisse découvrir comme d’habitude sur xeno-canto. Même le rendu visuel du chant est joli!

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Sonogramme du chant de l’Outarde de Savile

Une heure plus tard dans le même coin c’est un TUII-ti qui se fait entendre: le cri de contact (ou est-ce une variation du chant?) de l’Outarde de Savile. C’est alors que je me suis souvenu d’un cri enregistré il y a quelques mois dans la lagune de la Somone et que j’avais par erreur attribué au Courvite de Temminck qui passait en vol au même moment… correction faite! Au moins une autre outarde est entendue le lendemain matin au sud du village de Mouït.

Toujours dans cette zone, un autre cri particulier attire mon attention: au moins une Fauvette de Moltoni! Details à suivre, mais il s’agirait d’une rare mention sénégalaise bien que ce taxon récemment élevé au rang d’espèce hiverne probablement de maniere régulière dans le Sahel occidental.

Les rolliers locaux sont actuellement en pleine mue, notamment des couvertures alaires, des scapulaires et des rectrices externes. L’absence de ces dernières leur confère d’ailleurs une allure de Rollier d’Europe assez déroutante, mais notez les secondaires bleues et non noires et la face plus blanche au moins chez les adultes. De plus, selon la position de l’oiseau et selon l’état d’avancement de la mue, on voit parfois les nouvelles rectrices partiellement cachées sous le reste de la queue, comme c’est le cas sur l’oiseau de la photo du Coucou-geai.

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Abyssinian Roller / Rollier d’Abyssinie

Sinon pour le reste, je vous laisse juger à partir de la liste complète disponible ici en format PDF.