Archive | Dindefelo RSS for this section

Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Troisième partie)

Cette troisième et dernière partie de notre petite série sur la littérature ornithologique sénégalaise concerne la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays. Les publications qui suivent décrivent donc les « premières » pour le pays, par ordre chronologique de publication.

Ces articles ont été publiés dans l’un ou l’autre des deux revues de prédilection pour ce type de notes, soit le Bulletin de l’African Bird Club et Malimbus de la Socété d’ornithologie de l’Ouest africain (à laquelle, en passant, chaque ornitho qui s’interésse à l’avifaune du Sénégal ou de manière plus large de l’Afrique de l’Ouest devrait adhérer!).

20190814_193312-1

 

Pour une liste complète des nouvelles espèces de ces douze dernières années, voir ce billet; voir aussi les parties I et II de notre revue bibliographique.

 

  • Première mention du Merle obscur pour le Sénégal: Benjumea & Pérez 2016. First record of Eyebrowed Thrush Turdus obscurus for Senegal and sub-Saharan Africa. Bull. ABC 23: 215-216.

Découverte fortuite incroyable, le 10/12/15 dans un jardin d’hôtel, par deux ornithos espagnols en marge d’une de leurs missions d’étude dans le PN de la Langue de Barbarie. Il s’agit de la deuxième mention de cette espèce sibérienne sur le continent africain, alors qu’elle hiverne normalement en Asie du sud-est, la première provenant de Merzouga au Maroc en décembre 2008. Comme quoi presque n’importe quel migrateur à longue distance d’origine paléarctique peut se retrouver égaré dans nos contrées… et comme quoi, ça sert de toujours avoir un appareil photo à portée de main!

 

  • Delannoy 2016. Les premières observations de l’Alouette à queue rousse Pinarocorys erythropygia au Sénégal. Malimbus 38: 80-82.

La première observation documentée de cette alouette peu connue a été faite dans le Boundou du 10 au 12 novembre 2015, suivant deux observations antérieures non encore publiées formellement, toutes deux du Niokolo-Koba: la première en février 1985, la deuxième en novembre 1992.

C’est donc une alouette à rechercher en hiver dans le sud-est du pays, mais son apparition est probablement très aléatoire, étant une espèce à caractère erratique qui se trouve ici tout à fait en limite de son aire “hivernale” régulière. Elle fréquente les savanes arborées ouvertes tout comme des zones cultivées, affectionnant particulièrement des zones récemment brûlées.

 

  • Première observation de la Bergeronnette à longue queue au Sénégal: Pacheco, Ruiz de Azua & Fernández-García 2017. First record of Mountain Wagtail Motacilla clara for Senegal. Bull. ABC 24: 88-89.

Cette mention de Dindéfélo en mars 2015 reste pour le moment la seule pour le pays, bien qu’il soit possible que cette bergeronnette soit un visiteur non-nicheur plus ou moins régulier dans l’extrême sud-est du pays, dans les contreforts du Fouta-Djallon. A rechercher aux abords du fleuve Gambie et des ruisseaux de vallons autour de Kédougou.

 

  • Observations remarquables du Sénégal, dont la première de l’Engoulevent pointillé: Blanc et al. 2018. Noteworthy records from Senegal, including the first Freckled Nightjar Caprimulgus tristigma. Bull. ABC 25: 58-61.

En plus de la description des observations de l’engoulevent, espèce maintenant considérée comme résidente à Dindéfélo et sans doute dans des milieux similaires dans les environs, les auteurs rapportent des données nouvelles concernant l’Engoulevent doré (dans le Khelkom), à Dindéfélo le Drongo occidental (encore le Drongo de Ludwig à l’époque, auparavant connu uniquement de la Casamance), le Traquet de Heuglin (nicheur sur le plateau de Dande) ainsi que le très discret Sénégali à ventre noir, et enfin le Bihoreau à dos blanc et le Martin-pêcheur azuré au bord du fleuve Gambie à Mako. Ces deux derniers sont depuis plusieurs années assez régulièrement observés dans cette région, notamment autour de Wassadou.

Avec l’espèce précédente, le Trogon narina et deux indicateurs différents, Dindefelo détient clairement la palme en tant que hotspot pour la découverte de nouvelles espèces pour le pays.

 

  • Première donnée du Fou à pieds rouges au Sénégal: Moran et al. First record of Red-footed Booby Sula sula for Senegal. Bull. ABC 25: 213-215.

Le 19/10/16, un Fou à pieds rouges immature a été photographié à environ 10 milles marins au nord de Dakar, lors d’une sortie en mer en marge du PAOC, observation que nous avions déjà rapportée ici. Depuis, pas moins de quatre mentions supplémentaires sont connues, toutes autour de la presqu’île du Cap-Vert: un oiseau en janvier 2018 au PNIM, puis trois fois à Ngor en 2018-2019 dont quelques oiseaux ayant stationné pendant plusieurs semaines ou même mois (deux ind. en mai-juin 2018, un en novembre 2018, et un vu régulièrement en juin-août 2019 dont encore ce 12/8 comme les quatres jours précédents!).

Avec l’augmentation des effectifs aux Iles du Cap Vert on peut s’attendre à d’autres observations dans le futur.

RedfootedBooby_Dakar_20161016_BarendvanGemerden - 2

Red-footed Booby / Fou à pieds rouges, au large de Dakar, Oct. 2016 (B. van Gemerden)

 

  • Première observation d’une Frégate superbe pour le Sénégal: Piot & Lecoq 2018. First record of Magnificent Frigatebird Fregata magnificens for Senegal. Bull. ABC 25: 216-218.

Notre observation de fin avril 2017 reste pour le moment la seule confirmée pour le pays. Bien qu’il puisse s’agir d’une des deux dernières femelles des Îles du Cap-Vert (où l’espèce ne niche plus depuis 1999), une origine néotropicale semble plus probable. Le site de reproduction le plus proche de l’Afrique de l’Ouest est l’île de Fernando de Noronha, situé au nord-est du Brésil à environ 2’650 km de Dakar. D’autres données de frégates dans la sous-région concernent des observations en Gambie (Frégates superbes en 1965 et 1980, puis une frégate sp. en 2005) et au Ghana (Frégate aigle-de-mer F. aquila en 2010, espèce aussi notée aux iles du Cap-Vert en 2017 et donc également d’apparition possible dans les eaux sénégalaises). A quand la prochaine mention dans le pays?

MagnificentFrigatebird_IlesdelaMadeleine_20170429_IMG_1811

Magnificent Frigatebird / Frégate superbe f., PNIM, April 2016 (BP)

 

  • Première donnée du Pipit farlouse au Sénégal: Piot 2018. First record of Meadow Pipit Anthus pratensis for Senegal. Malimbus 40: 67-69.

Le 1er janvier 2018, j’ai la chance de trouver un Pipit farlouse aux abords de la lagune de Yène sur la Petite Côte non loin de Dakar. Bien que l’identification ait été confirmée par les cris caractéristiques de l’espèce, plusieurs personnes semblent toujours douter de l’identité de cet oiseau, me disant qu’il s’agit plutôt d’un Pipit à gorge rousse… Le plumage assez contrasté de cet oiseau de permier hiver peut effectivement faire penser à cette espèce, mais d’autres critères et notamment l’absence de stries sur le croupion (visibles sur photo, comme celle-ci) permettent d’éliminer le Pipit à gorge rousse, tout comme le cri d’ailleurs qui est très différent. L’espèce étant connue du sud de la Mauritanie, l’apparition d’un Pipit farlouse égaré au Sénégal n’est pas bien étonnante.

MeadowPipit_Yene_20180101_IMG_7862 (2)

Meadow Pipit / Pipit farlouse, Yene, Jan. 2018 (BP)

 

En plus de ces sept publications, plusieurs autres sont sous presse ou sont sur le point d’être soumis et seront publiés dans les mois à venir : l’Indicateur de Wahlberg vu plusieurs fois en 2018 (Caucanas et al.), le Gonolek de Turati en 2018 (Bargain & Piot) et l’Anomalospize parasite en février 2019 (Bargain, Caucal & de Montaudouin) tous les deux découverts en Casamance, et enfin la Tourterelle turque en 2016 (BP).

Il y a aussi quelques premières obs encore non encore publiées formellement, notamment nos Martinets horus (rédaction prévue!) de l’an dernier et l’Indicateur de Willcocks de février dernier. Tout comme des mentions un peu moins récentes d’oiseaux qui pour le moment ont été observés une seule fois dans le pays (Epervier d’Europe, Milan royal, Grue cendréeBécasseau d’Alaska) mais dont je doute qu’une publication verra un jour le jour, bien malheureusement…

Quoiqu’il en soit, je vous tiens bien entendu au courant de la suite!

 

Je me permets de terminer en faisant un peu de pub pour une autre publication sur les oiseaux du Sénégal, dans un tout autre registre de celles qui précèdent mais toute aussi intéressante : un recit de voyage naturaliste sous forme de magazine auto-édité par mes amis Frédéric et Jérémy. Truffée de superbes photos, des textes riches en informations pertinentes et anecdotes diverses, c’est bien plus qu’un simple rapport de voyage, où chacun trouvera quelque chose à son goût. De Dakar au Djoudj en passant par les Trois-Marigots, le Gandiolais, et bien d’autres encore!

A decouvrir (et à commander) ici

20190816_180340-1

 

 

Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Deuxième partie)

Si les publications passées en revue dans la première partie étaient en grande partie issues d’études scientifiques menées par des chercheurs académiques, les articles présentés ici sont pour la plupart rédigés par des ornithologues de terrain et de passionnés d’oiseaux fréquentant régulièrement le pays ou qui, comme moi, ont la chance d’y résider et de pouvoir apporter des contributions, certes modestes, à nos connaissances de l’avifaune. Finalement il y aura encore une troisième partie, sinon cet article serait un peu trop long et risquerait de devenir un peu trop ennuyeux!

On s’intéresse ici donc essentiellement au statut et à la répartition des oiseaux du Sénégal, avec dans l’ordre taxonomique les publications suivantes, toujours pour la période 2016-2019:

  • Mortalité massive de Puffins majeurs le long de la côte de la Gambie en juin 2011, et observations récentes au Sénégal: Barlow, Piot & Fox 2018. Great Shearwater Ardenna gravis mass mortality in The Gambia in June 2011, recent observations from Senegal, and evidence for migration patterns. Malimbus 40: 10-20.

Au moins 103 Puffins majeurs sont trouvés rejetés sur 7 km de plages en Gambie en juin 2011, constituant les premières données de l’espèce pour ce pays. Les mesures biométriques à partir de 18 crânes sont présentées et nous résumons les observations publiées pour le Sénégal, la Mauritanie et les îles du Cap-Vert, tout en rapportant de nouvelles informations pour le Sénégal (issues de mes suivis de la migration devant Ngor!). Les mouvements de Puffins majeurs suivis par satellite depuis les sites de reproduction de l’Hémisphère Sud vers l’Atlantique Nord ainsi que leurs stratégies de nourrissage au cours de leur migration sont discutés. La faim est proposée comme cause probable de la mort des oiseaux échoués.

Nous avons également pu contribuer des données récentes obtenues à Ngor à deux autres articles récents traitant d’observations d’oiseaux de mer en Gambie, rédigés par nos collègues gambiens Clive Barlow et Geoff Dobbs :

  • Barlow 2017. First proof of Sooty Shearwater Puffinus griseus in The Gambia, May 2012. Malimbus 39: 56-58 [Première preuve pour le Puffin fuligineux en Gambie, en mai 2012]
  • Barlow & Dobbs 2019. New observations of five species of pelagic seabirds in The Gambia in early 2018, with information from previous years. Malimbus 41: 32-40 [Nouvelles observations de cinq espèces d’oiseaux de mer en janvier-février 2018 en Gambie].
GreatShearwater_Pelagic_20171115_IMG_5887

Great Shearwater / Puffin majeur, Ngor, Nov. 2017 (BP)

 

  • Le Grèbe castagneux, aujourd’hui une espèce reproductrice résidente en Gambie, avec une aire de reproduction au Sénégal étendue: Barlow, Piot & Bargain 2018. Little Grebe Tachybaptus ruficollis now a breeding resident in The Gambia, with an expanded breeding range in Senegal. Malimbus 40: 47-54.

Nous rapportons ici l’historique du Grèbe castagneux en Gambie et au Sénégal, en fournissant des données nouvelles sur la reproduction et de nouveaux sites de nidification depuis 2001. L’utilisation de plans d’eau artificiels en tant que sites de nidification contribue à l’extension de la saison de reproduction ainsi que de l’aire de répartition dans cette région.

LittleGrebe_map_v4_labels_noOSM

Sites de nidification du Grèbe castagneux au Sénégal et en Gambie

 

  • Taille de la population et phénologie de reproduction du Phaéton à bec rouge aux Iles de la Madeleine: Diop et al. 2019. Population Size and Breeding Phenology of Red-Billed Tropicbirds (Phaethon aethereus) on Iles de la Madeleine, Senegal. Waterbirds 42: 100-106.

La phénologie de reproduction et la répartition dans les sites de nidification des phaétons ont fait l’objet d’un suivi du 6 juin 2014 au 18 mai 2016 dans le PN des Îles de la Madeleine, avec des visites tous les 15 jours pour enregistrer les nids actifs et leur contenu. Ngoné et ses collegues trouvé jusqu’à 76 sites de nidification mais seulement 49 étaient actifs en 2014-2015 et 45 en 2015-2016. Les phaétons se reproduisent tout au long de l’année, mais le nombre de nids actifs a culminé d’octobre à janvier, ce qui peut être lié au caractère saisonnier de l’upwelling océanique. Les nids ont été regroupés dans quatre zones et leur répartition et leur occupation peuvent être liées à la direction du vent pendant le pic de reproduction saisonnier d’octobre à mai. Le succès de reproduction était généralement élevé (62,9% en 2014-2015 et 47,3% en 2015-2016) par rapport aux autres colonies se reproduisant dans des eaux moins productives. Étant donné la singularité et la petite taille de cette population, une surveillance, une gestion et une protection stricte sont nécessaires pour garantir sa viabilité.

  • Effectif exceptionnel de Vautours percnoptères observé au Sénégal en novembre 2017, avec historique et actualisation de son statut au Sénégal et en Gambie: Caucanas, Piot, Barlow & Phipps 2018. A major count of the Egyptian Vulture Neophron percnopterus in Senegal in November 2017, with notes on its history and current status in Senegal and The Gambia. Malimbus 40: 55-66.

Nous rapportons l’observation d’un groupe de 30 Percnoptères d’Egypte le 26/11/17 dans la RNC du Boundou, soit le groupe le plus important jamais documenté au Sénégal et en Gambie et l’un des plus importants pour le Sahel. En déclin rapide dans la plus grande partie de son aire de répartition, nous dressons un état des lieux des observations et données obtenues par suivi GPS depuis la première mention en 1913, et nous proposons qu’elle soit considérée comme migratrice peu fréquente ne nichant pas dans ces deux pays, étant régulière seulement dans l’extrême est du Sénégal.

  • Déclin d’une population urbaine de Vautours charognards sur 50 ans à Dakar: Mullié et al. 2017. The decline of an urban Hooded Vulture Necrosyrtes monachus population in Dakar, Senegal, over 50 years. Ostrich 88: 131-138.

A Dakar, comme dans de nombreux centres urbains de l’Afrique de l’Ouest, les Vautours charognards ont toujours été des charognards urbains caractéristiques. Le récent déclin dans d’autres parties de l’Afrique a motivé, en 2015, son inscription sur la Liste rouge de l’UICN comme espèce menacée « En danger critique d’extinction ». Comme nous l’avons déjà rapporté, nous avons mené une enquête sur son statut actuel à Dakar afin d’effectuer une comparaison avec les données disponibles depuis un demi-siècle. Une forte baisse (>85%) a été notée, la population estimée passant de 3’000 individus en 1969 à seulement 400 en 2016. Ce déclin correspond aux chutes constatées ailleurs en Afrique mais contraste avec les populations apparemment stables de la Gambie à la Guinée. Les causes probables sont 1) une urbanisation galopante entraînant une perte de sites d’alimentation et une réduction de la disponibilité de nourriture, 2) un empoisonnement accru de chiens sauvages due à une recrudescence de la rage et 3) une disparition accrue des arbres appropriés pour la nidification et le repos.

HoodedVulture_Technopole_20190610_IMG_4209

Hooded Vulture / Vautour charognard, Technopole, June 2019 (BP)

 

  • Voies de migration de la population méditerranéenne de la Sterne voyageuse: Hamza et al. 2017. Migration flyway of the Mediterranean breeding Lesser Crested Tern Thalasseus bengalensis emigrates. Ostrich 88: 53-58.

Un programme de baguage a été mis en place de 2006 à 2012 dans les colonies de Libye, soit les seules sites en Méditerrannée. A partir d’un total de 1354 couvées baguées à l’aide de bagues métalliques et/ou couleurs, 64 ont été retrouvées le long de leur voie migratoire ou sur leur aire d’hivernage.

Cependant, les auteurs écrivent que « le Sénégal et la Gambie sont au cœur de l’aire d’hivernage, » affirmation erronée rectifiée par Dowsett & Isenmann 2018 (Wintering area of the Libyan breeding population of Lesser Crested Tern. Alauda 86: 65-68) qui démontrent que la principale zone d’hivernage se trouve en Guinée-Bissau et en Sierra Leone. Bien que quelques dizaines à quelques centaines d’oiseaux hivernent bel et bien en Sénégambie, l’essentiel des nicheurs libyens hiverne donc un peu plus au sud. Cela n’enleve cependant en rien la conclusion de Hamza et collègues, comme quoi « la conservation de cette population particulièrement localisée et menacée ne réclame pas seulement une protection des sites de reproduction mais également celle des escales migratoires et des sanctuaires d’hivernage»

Lesser Crested Tern / Sterne voyageuse

Lesser Crested Tern / Sterne voyageuse portant une bague posée en Libye, Ngor, May 2013 (P. Robinson)

 

  • Un afflux de Hiboux des marais en Afrique de l’Ouest pendant l’hiver 2017/18: Piot 2019. An influx of Short-eared Owls Asio flammeus in West Africa in winter 2017/18.  Bull. ABC 26: 206-212 [publication prévue dans le prochain numéro, en septembre].

Pendant l’automne 2017 et l’hiver 2017/18, un afflux sans précédent a eu lieu en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Sénégal ; des observations ont également été réalisées en Gambie, en Guinée-Bissau et en Mauritanie. Entre début novembre 2017 et mi-avril 2018, 22 observations concernant au moins 24 oiseaux ont été rapportées: ceux-ci ont peut-être hiverné plus au sud que d’habitude en raison des rudes conditions hivernales en Europe de l’Ouest. Les effectifs fluctuent probablement aussi en fonction des densités d’acridiens au Sahel, où une part importante du régime alimentaire peut être constituée d’insectes. L’espèce devrait y être considérée comme un migrateur régulier et un hivernant localement peu commun en petit nombre, avec des variations interannuelles importantes. La rareté des observations dans la région est probablement due aux habitudes crépusculaires et nocturnes de l’espèce, et aussi à une présence très limitée d’observateurs.

ShortearedOwl_Technopole_20171231_IMG_7729

Short-eared Owl / Hibou des marais, Technopole, Dec. 2017 (BP)

 

  • L’étude par géolocalisateurs révèle que le Martinet unicolore des Canaries hiverne en Afrique de l’Ouest équatoriale: Norton et al. Geolocator study reveals that Canarian Plain Swifts Apus unicolor winter in equatorial West Africa. Publié sur le site de l’African Bird Club (je suppose qu’un article formel suivra; cliquez le lien pour obtenir le PDF).

Même s’il ne s’agit pas d’une étude sénégalaise, elle a toute son importance pour nous: en effet, le suivi par géolocalisateurs a montré que le Martinet unicolore hiverne dans la zone forestière de l’Afrique de l’Ouest, et que l’espèce fait partie de l’avifaune du Sénégal. C’était sans doute l’une des grandes découvertes de ces dernières années – tout comme nos Martinets horus, dont un article portant sur notre étonnante trouvaille de janvier 2018 est en cours de préparation.

En juillet 2013, 16 Martinets unicolores, espèce endémique des Canaries qu’on pensait lagement sedentaire (ailleurs, vu seulement dans les régions cotières du nord-ouest de l’Afrique), ont été équipés de géolocalisateurs dans deux colonies de reproduction sur Tenerife. (Un géolocalisateur, minuscule appareil électronique pesant moins d’un gramme, mesure l’intensité du rayonnement solaire et l’heure, et enregistre ces données pendant une année; au retour de l’oiseau, celles-ci permettent de reconstituer son itinéraire). Parmi ces 16 individus, deux ont par la suite été retrouvés dans la colonie. Les deux oiseaux ont passé la majeure partie de l’hiver dans les forêts de l’est du Libéria. Ils ont quitté la colonie en octobre et novembre respectivement, et ont parcouru au moins 2’600 km pour hiverner, passant toute la période d’hivernage jusqu’en mars-avril 2014 dans les forêts de la Haute-Guinée au Libéria, en Guinée et en Côte d’Ivoire. La route migratoire prénuptiale comprenait le passage dans plusieurs pays où l’espèce n’avait là non plus jamais encore été signalée, dont le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone. L’étude souligne l’importance de l’écosystème forestier de la Haute-Guinée pour au moins certains Martinets unicolores, les oiseaux passant plus de la moitié de l’année dans ce hotspot de biodiversité. Elle montre également qu’il devrait donc être possible d’observer cette espèce in natura au Sénégal, notamment en automne et au printemps, même si l’identification sera forcément délicate.

  • La Fauvette de Moltoni au Sénégal et en Afrique de l’Ouest: Piot & Blanc 2017. Moltoni’s Warbler Sylvia subalpina in Senegal and West Africa. Malimbus 39: 37-43.

Récemment élevée au rang d’espèce après la révision taxonomique du complexe des Fauvettes passerinettes, l’aire d’hivernage de la Fauvette de Moltoni était en grande partie inconnue. A la suite d’observations récentes au Sénégal, où sa présence a été enregistrée annuellement depuis 2013, nous avons passé en revue les observations faites en Afrique de l’Ouest : celles-ci suggèrent que l’espèce est largement répartie dans le Sahel, du Sénégal au Nigéria. Il semble que l’espèce soit plus abondante à l’est de cette zone, cependant l’aire de répartition précise et son abondance nécessitent plus de recherches, tout comme ses stratégies de mue et de migration.

  • Rose et al. 2016. Observations ornithologiques au Sénégal. Malimbus 38: 15-22.

Cinq observations d’espèces rares ou peu communes sont décrites, toutes de janvier 2015, dont on peut cependant se poser la question si une publication était réellement nécessaire, car leur simple inclusion dans la rubrique des observations récentes de l’ABC aurait sans doute suffi. Quoiqu’il en soit, les auteurs relatent les observations d’un Onoré à huppe blanche dans le delta du Saloum (où l’espèce est maintenant assez régulièrement vue, à Toubacouta), d’un Hibou des marais aux Îles de la Madeleine, d’un Engoulevent du désert au Djoudj, d’un Martin-pêcheur azuré au Niokolo-Koba, et d’un Sirli du désert dans le Ndiael. La prédation d’un Héron garde-bœufs par un Aigle martial, ainsi que l’histoire de vie d’une Barge à queue noire baguée, sont également rapportées.

Black-tailed Godwits / Barges a queue noire

Dutch and English colour-rigned Black-tailed Godwits / Barges à queue noire baguées aux Pays-Bas et en Angleterre, Technopole Jan. 2016 (BP)

 

Deux autres notes courtes sont également à mentionner ici, la première traitant de notre observation d’une pie-grièche hybride du lac Tanma en 2017 (Piot & Caucanas 2019. A hybrid shrike Lanius in Senegal; publication prévue dans le prochain bulletin de l’ABC), l’autre d’une observation de plusieurs Travailleurs à bec rouge à env. 100 km au large de la côte sénégalaise, soit la donnée la plus éloignée du continent jusqu’à présent (Quantrill, R. 2017. Red-billed Queleas Quelea quelea at sea off Senegal. Bull. ABC 24: 216).

Puis au moins deux articles supplémentaires traitant du statut et de la distribution d’oiseaux au Sénégal sont prévues pour publication ces prochains mois, dans la revue Alauda : le premier sur les quartiers d’hiver et les voies de migration du Pouillot ibérique (Isenmann & Piot), le second sur les résultats de nos suivis 2017 et 2018 de la migration des oiseaux de mer à Ngor (première partie prévue en décembre, 2e partie en début d’année prochaine).

La troisième et dernière partie de notre petite série sur la literature ornithologique sénégalaise concernera la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays.

 

 

Description of a new species of Square-tailed Drongo

It’s not every day that a new bird species is described from West Africa, but thanks to some remarkable detective work by Jérôme Fuchs and colleagues, we now know that the “Square-tailed Drongos” occurring in West African forests should be considered a separate species. The researcher from the French National Museum of Natural History and his co-authors from Guinea, Denmark and the US describe what they named Western Square-Tailed Drongo Dicrurus occidentalis in a paper published earlier this year in the journal Zootaxa: Taxonomic revision of the Square-tailed Drongo species complex (Passeriformes: Dicruridae) with description of a new species from western Africa. The full paper is available on ResearchGate and a nice summary is to be found on this site. The abstract is reproduced below.

In summary, Western Square-tailed Drongo is genetically distinct from its “sister species” Sharpe’s Drongo D. sharpei which occurs further east, but cannot be safely identified in the field. The only morphological differences as per current knowledge are bill shape and size: culmen length, bill width and bill height were found to be sufficiently different from Sharpe’s. The authors provide a detailed description of the holotype, a bird collected by Raymond Pujol and Jean Roché on 18 December 1959 in Sérédou in the  N’zérékoré region of Guinea. According to the authors, Western Square-tailed Drongo and Sharpe’s Drongo diverged about 1.3 million years ago, resulting in substantial genetic divergence (6.7%).

Here’s one of the only pictures I could find online of what should now be considered D. occidentalis, from La Guingette forest near Bobo-Dioulasso in Burkina. There’s also this one in the Macaulay Library of a bird in the hand from central Nigeria in 1981.

Western Square-tailed Drongo / Drongo “occidental”, Burkina Faso (Paul van Giersbergen on Afbid)

 

And for comparison purposes, here’s one of D. ludwigii from South Africa:

Square-tailed Drongo / Drongo de Ludwig, South Africa (Alan Manson)

 

Western Square-tailed Drongo is known to occur in secondary forest and gallery forest from coastal Guinea to Nigeria, likely as far east as the Niger/Benue River system in Nigeria. It also occurs in Senegal and in nearby Gambia, more precisely in the forests of Basse-Casamance but also in the Dindefelo area where it was recently found. Of note is that the only publicly available sound recording of this taxon is from Dindefelo¹, made by Jean-François Blanc and friends in March 2016 when they found several Square-tailed Drongos on the edge of the Dande plateau (see Blanc et al. 2018. Noteworthy records from Senegal, including the first Freckled Nightjar, ABC Bull. 25 (1), for more details and a photograph of one of the drongos). There are several relevant recordings on Claude Chappuis’s CD set, one from SW Senegal and a few different call types from gallery forests in S Ivory Coast.

More sound recordings are needed to establish the extent of vocal differences between the various taxa within the Square-tailed Drongo “species complex”; it is mentioned in the species account on HBW that there are clear regional differences in vocalisations: in W Africa more muted calls compared with E birds, which have more “ringing” tone – not surprising now that it is clear that these are different species! As is often the case with closely related and morphologically very similar species, the song and calls are often sufficiently different to be useful to safely identify the species. I have some from Mozambique, but now just need to go to Casamance – another good excuse to make it out there¹.

Of course, I was now wondering whether any of the drongos that we saw in February in the Dindefelo forest and along the nearby Gambia river, were Square-tailed rather than Fork-tailed Drongo which is the default species throughout… but at least on the picture below Fork-tailed can be confirmed.

The “new” species also occurs further east, creeping into SW Mali and S Burkina Faso where some decent gallery forest still remains. In this respect, the distribution map in the paper isn’t very accurate and slightly misleading as it doesn’t include these two countries, and the range shown for Senegal is way too large. Hopefully the precise distribution, both in Senegal and elsewhere in West Africa, will be further refined in coming years.

Drongo brillant - Dindefelo Feb 2018 - Alain Barbalat

Fork-tailed Drongo / Drongo brillant, Dindefelo, Feb. 2018 (A. Barbalat)

 

Abstract:

We describe a new species of drongo in the Square-tailed Drongo (Dicrurus ludwigii) complex using a combination of biometric and genetic data. The new species differs from previously described taxa in the Square-tailed Drongo complex by possessing a significantly heavier bill and via substantial genetic divergence (6.7%) from its sister-species D. sharpei. The new species is distributed across the gallery forests of coastal Guinea, extending to the Niger and Benue Rivers of Nigeria. We suspect that this taxon was overlooked by previous avian systematists because they either lacked comparative material from western Africa or because the key diagnostic morphological character (bill characteristics) was not measured. We provide an updated taxonomy of the Square-tailed Drongo species complex.

 

¹ Update 2.1.19: in mid-January I managed to sneak out to Casamance for a few days, where I obtained several decent recordings of these drongos, now available on xeno-canto. I also managed a couple of decent pictures, one of which can be found here.

 

 

First records of Brown-backed Honeybird in Senegal

Yet another species was added to Senegal’s bird list recently. What follows is an account of recent observations of Brown-backed Honeybird by Gabriel Caucanas and friends, with some edits and additional information I managed to dig up – merci Gabriel!

January 20th 2018. We arrived in Dindefelo after 3 nights inside the Niokolo Koba National Park. Our team of French naturalists (Solenne Lefevre, Carine Lelaure, Geoffrey Monchaux, Valentin Motteau, Eric Sansault and myself) arrived at dusk at the “campement villageois” where our guide, Banna, had booked us for the night. The journey Simenti-Dindefelo was very long and we had many expectations for this wonderful place, as usual for birders. Will we find everything we are supposed to see, in just a single morning? No stress!

January 21st. About a hundred meters after the start of the path towards the waterfall: Blue-spotted Wood Dove, Klaas’s Cuckoo, Northern Puffback. Following the path inside the gallery-forest, we added Green Turaco, Narina’s Trogon, African Blue Flycatcher, Sulphur-breasted Bush-shrike… Even for me, living in Tambacounda for more than one year at that moment, discoveries went on as we saw Red-chested Goshawk, Yellow-breasted Apalis, Green-headed Sunbird, and even a pair of Mali (Kulikoro) Firefinches with two juveniles. What a pleasant walk!

Tachiro_ValentinMOTTAUX_Dindefelo (2)

Red-chested Goshawk / Autour de Toussenel (V. Motteau)

 

Just like almost every wooded place in Senegal, many Common Bulbuls were foraging and singing along the path. One bulbul-like individual however attracted our attention. After a few seconds of watching the bird, we all agreed that it seemed a little bit smaller than a Common Bulbul with a bill clearly curved at the end, convex. Moreover the undertail was white and the tail seemed heart-shaped ended. Thirty meters above us, the bird sat quietly during a few minutes, looking around, perched on a thin branch. As none of us was a sub-saharan bird specialist, we were not able to identify the species. Fortunately, one of us managed to take a reasonably good picture of the bird. Nothing described in the book seemed to fit to this bird apart from Brown-backed Honeybird… but even if I knew that several new species for the country had been found recently in this gallery forest, no observation was confirmed for Senegal. Our trip in Senegal continued the following days, first around Dande, then in the Boundou Community Nature Reserve and Casamance for the luckier of us. Days were passing without giving us a chance to have time to identify the bird.

WAHLBERG_GMONCHAUX_Dindefelo1 (2)

Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Dindefelo (G. Monchaux)

 

On February 4th, I visited Wassadou camp. Many interesting birds were around, as usual for this place: Adamawa Turtle-Dove, African Blue Flycatcher, African Finfoot, Cardinal Woodpecker (a pair carrying food into a hole in a branch of Ceiba pentandra) and the two regular Hippopotamus. Then around 4 pm, a strange bird, again bulbul-like, was foraging and gleaning insects from branches a few meters above me in one of the huge Kapok trees close to the “deck”. What a surprise! It looked exactly the same as the bird we saw a few days earlier in Dindefelo: black curved bill, brownish head, greyish above becoming white on belly, rounded heart-shaped tail and undertail coverts white ending more greyish… Definitely not a bulbul! I again read the page about honeyguides in the Birds of the Senegal and the Gambia (Borrow and Demey, 2011). Yes, it could fit for Prodotiscus regulus, but nothing was said about the heart-shaped tail that I noticed in both birds. How could this be? A new species for Senegal seen twice in less than twenty days, some 200 km away from each other? I was confused… maybe I was just seeing a common bird that I was unable to recognise.

Wassadou_Caucanas_smal

Campement de Wassadou, with the Kapok tree in the center (G. Caucanas)

 

March 10th, Wassadou one more time: White-headed Lapwing, African Pied Wagtail, Shining-blue Kingfisher, Oriole Warbler, Western Banded Snake-eagle… We decided to stay the night. Around 5pm, as I was standing near the deck, I noticed the same mystery bird foraging in the same Kapok tree! But this time, I managed to take decent pictures of it, and I had to admit it was clearly fitting Prodotiscus regulus. Back home, I sent pictures from Wassadou and Dindefelo to Bram and Simon who were able to confirm the identification. Simon added that one claim had been made by two Spanish birders on 30 Jan 2015 at Wassadou, but with no further documentation nor a formal publication (the record was mentioned with a brief description in their trip report, and was included in the ABC Recent Reports).

As such, the records from Dindefelo and Wassadou are the first documented observations for Senegal.

BrownbackedHoneybird_Wassadou_IMG_1053_Caucanas

Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Wassadou (G. Caucanas)

 

Brown-backed Honeybird, also known as Wahlberg’s Honeybird or Sharp-billed Honeybird (or Honeyguide) is a widespread species across the continent, occurring throughout East and Southern Africa, with a much more fragmented distribution in West Africa. It’s known to be a local “wanderer” within its vast range and as such it’s always quite an unpredictable bird to find, and it’s not clear whether there are any regular migration patterns.

Following his observations from Mali – the first for the country – Marco Thoma identified only 10 other published records for the species in West Africa, with several new ones obtained in recent years from across the region. The closest to Senegal was a single record from Gambia in Sept. 2006, less than 100 km away from Wassadou, then three birds near Bamako in Mali (Jan. 2010), one in Liberia (Mt. Nimba, Jan. 1968), one in Côte d’Ivoire (May 1989). At least four records are known from Ghana where the species was found in 2009 for the first time, followed by singles in 2011 and 2013 (both in January), and a bird seen in Mole NP in March 2016. Further east, there are records from Togo (Aug. 1969), Benin (first record on 21 May 2015), several in Nigeria and Cameroon, etc. It was added to the Guinean list earlier this year by Simon Cavaillès, and the second record for Guinea-Bissau was obtained just recently by Gabriel Caucal and Etienne Rogeau at Madina de Boé (Gabu region), on 6 Feb 18. It’s clearly an overlooked species, and one can expect more observations to be made in years to come (Simon even mentioned this to me [BP] following his record from Guinea – look out for the species in Senegal! How right was he, as always!).

The species is thought to breed in May-September in West Africa: except for a record of a juvenile seen in Nigeria in December, we haven’t come across any breeding records from the region, and while there are observations from pretty much all months, most recent records are from January to March it seems (this could of course be largely related to the much higher observer presence during the northern winter months). Just like other honeyguides and honeybirds – the Indicatoridae – it is a brood parasite, as nicely illustrated by this picture of a fledgling Brown-backed Honeybird being fed by a Bar-throated Apalis. Besides Yellow-breasted Apalis which occurs in both Dindefelo and Wassadou, Grey-backed Camaroptera, Yellow White-eye and various sunbird species are other potential hosts for Brown-backed Honeybird.

BrownbackedHoneybird_Wassadou_IMG_1041_Caucanas

Brown-backed Honeybird / Indicateur de Wahlberg, Wassadou (G. Caucanas)

 

Fun fact: during the night of March 10th at Wassadou, I saw two Common Genets, an African Civet and heard Pel’s Fishing Owl calling several times. In the early morning, we saw it, from the boat!

PELFO_GCaucanas_Wassadou1 (2)

Pel’s Fishing-Owl / Chouette-pêcheuse de Pel, Wassadou (G. Caucanas)

 

Finally, going back to our subject of interest: I (BP) was lucky to see this elusive species on several occasions, in southern Rwanda for the first time (in a group of other species mobbing a snake, picture here), Harare, and most recently in Cape Town’s famous Kirstenbosch botanical garden, where I managed to record its song. And maybe one day I’ll get to see it in Senegal!

Addendum (4.6) – it turns out that my Swiss friends who spent several days at Wassadou in February also saw the honeyguide, though it wasn’t identified as such. A few blurry pictures taken of a brownish bird in the very same Kapok tree on Feb. 22nd, dug up by Alain, allow us to confirm that it was indeed the Brown-backed Honeybird. 

 

A few references

Albero J.C. (2015) Crónica del viaje ornitológico realizado del 23 de Enero al 10 de Febrero de 2015; available on Cloudbirders.com

Roy, K. (2009) First record of Wahlberg’s Honeybird Prodotiscus regulus for The Gambia, Bull. ABC 16(1): 90-91

Thoma, M. (2012) First records of Wahlberg’s Honeybird for Mali, Bull ABC 19 (1): 65-68

Valentine, G. (2013) First record of Wahlberg’s Honeybird Prodotiscus regulus for Ghana, Bull. ABC 20 (1): 70

 

Gabriel (& Bram)

 

 

Dindéfélo!

Dindéfélo, enfin!

Le mois dernier, j’ai rejoint la bande de copains genevois pour la 2e moitié de leur virée dans le Grand Sud-Est sénégalais. Suite à un voyage ornitho mémorable en novembre 2016, de Dakar au Djoudj et à Richard Toll et de Kousmar à Palmarin en passant par Toubacouta, tout le monde avait envie de découvrir cette autre partie du Sénégal, celle des régions de Tambacounda et Kédougou.

Après une mise en forme dans les environs de la Somone et de Popenguine où l’on a passé le weekend ensemble (Turnix mugissant! Bécasseau de Temminck! Loup africain!), l’équipe est partie en direction du sud-est, avec l’escale obligatoire à Kousmar. Suivent cinq jours dans le Niokolo-Koba et au campement de Wassadou – on y reviendra dans un futur article, si on arrive à boucler un rapport de voyage rapidement (on vous doit encore un rapport de 2016!!).

Dindéfélo donc. Après avoir rejoint le groupe et notre excellent guide Carlos à Wassadou, on prend la route pour ce petit haut-lieu de l’ornithologie sénégalaise. Situé dans les contreforts du Fouta-Djalon – le toit de l’Afrique de l’Ouest, où prennent source tous les grands fleuves de cette partie du continent – la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo n’est qu’à deux pas de la frontière avec la Guinée. Les forêts de galerie, falaises abruptes et plateaux de latérite, le tout entouré d’une savane arborée relativement bien préservée, recèlent toute une série d’oiseaux qu’on ne trouve pas ailleurs dans le pays. C’est loin de Dakar (14h de route!), mais ça en vaut plus que la peine. Les attentes étaient donc nombreuses et ambitieuses: allait-on voir le Trogon, les Traquets à ventre roux, Rufipenne de Neumann et autres Anaplectes? Aura-t-on la chance de tomber sur l’Amarante de Kulikoro (= A. du Mali), de trouver la Cisticole de Dorst? Et surtout, les Chimpanzés seront-ils au rendez-vous?

On a donc débarqué le samedi soir au campement villageois de Dindéfélo (il y en a plusieurs, celui-ci se trouve en bordure du village au départ du sentier pour les cascades), juste à temps pour faire un petit tour dans les environs du campement avant la tombée de la nuit: Tchitrec bleu, Gobemouche drongo, Pririt à collier, Petit-duc africain étaient là pour nous accueillir (African Blue Flycatcher, Northern Black Flycatcher, Common Wattle-eye, African Scops Owl).

Le lendemain, c’est l’excitation collective générale: on part à la découverte de la réserve. On est nombreux (11!) donc on s’éparpille forcément, chacun y a va à son rythme et selon ses envies. Avant même d’arriver dans la forêt proprement dite, d’aucuns auront vu le Coucou de Klaas, l’Echenilleur à épaulettes rouges, d’autres une Hyliote à ventre jaune, Souimanga violet, Apalis à gorge jaune, ou encore Gladiateurs souffré et de Blanchot, Choucador à queue violette et j’en passe (Klaas’s Cuckoo, Red-shouldered Cuckoo-Shrike, Yellow-bellied Hyliota, Violet-backed Sunbird, Yellow-breasted Apalis, Grey-headed & Orange-breasted Bush-Shrike, Bronze-tailed Starling). Dans la forêt, au niveau du dernier groupe de laveurs de linge (comme l’écrivait l’ami Simon, avec une ambiance sonore agitée! et surtout, pas trop top pour faire des enregistrements), Cyril et moi apercevons un Trogon narina: on prévient le reste du groupe et tout le monde aura la chance de voir cette espèce si convoitée par les ornithos, trouvée seulement en 2010 pour la première fois dans le pays, ici même à Dindéfélo (Aransay et al. 2012). Au moins quatre individus seront vus lors de notre séjour, tous dans le vallon des chutes de Dindéfélo.

NarinasTrogon_Dindefelo_20180225IMG_9776

Narina’s Trogon / Trogon narina

 

Dans le même registre, deux autres espèces nouvelles pour le Sénégal ont été observées pour la première fois à Dindéfélo ces dernières années: l’Engoulevent pointillé en mars 2016 par J.-F. Blanc et cie. (avec enregistrement de Marc Thibault ici), et la Bergeronnette à longue queue en avril 2015 (Pacheco et al. 2017). Il en est de même pour d’autres groupes faunistiques, avec p.ex. la première donnée de la Genette de Johnston ou encore ce serpent et ces amphibiens nouveaux trouvés par Monasterio et al. (2016).

Une escale à la chute d’eau permet de très bien voir un Autour de Toussenel adulte longuement posé près des cascades, et dans les falaises tout près on voit une dizaine d’Hirondelles isabellines (qui je vois ont été splittées par HBW, sous le nom d’Hirondelle de Fischer Ptyonoprogne rufigula). Parmi les autres spécialités locales, on verra le Traquet familier, le Barbion à croupion jaune, le Touraco vert, et le Souimanga à tête verte (Red-chested Goshawk, Rock Martin, Familiar Chat, Yellow-rumped Tinkerbird, Guinea Turaco, Green-headed Sunbird).

Sur le plateau de Dande, où on passera la nuit dans le sympathique campement local du petit village peulh, on verra notre première Mésange gallonnée et le premier Mahali à calotte marron de la semaine (White-shouldered Black Tit, Chestnut-backed Sparrow-Weaver). Un Petit-duc à face blanche (Northern White-faced Owl) se fait brièvement entendre le soir, et on aura la chance d’apercevoir un Gallago lors d’une excursion nocturne dans les environs du village.

Dande_20180226_IMG_9889

 

On passe la matinée sur ce curieux plateau parsemé de termitières “champignons” créant un paysage assez unique, avec de belles observations de Cochevis modeste, particulièrement nombreux ici, le Bruant d’Alexander, encore des Traquets familiers, et ainsi de suite. (Sun Lark, Gosling’s Bunting, Familiar Chat).

SunLark_Dande_20180226_IMG_9869

Sun Lark / Cochevis modeste

 

La surprise du jour viendra d’une Gorgebleue peu farouche, se nourrissant entre les termitières dans un coin on ne peut plus sec… vraiment inattendu vu la localité et le milieu: sans doute un migrateur en escale, déjà en route pour rejoindre ses quartiers d’été en Europe de l’Ouest. (L’autre surprise sera un peu moins agréable: une attaque d’abeilles sauvages, à l’aube près de la grotte de Dande. Disons que la course qui s’en suit nous a bien réveillés!).

Bluethroat_Dande_20180226_IMG_9864

Bluethroat / Gorgebleue à miroir

 

Il est déjà temps de quitter le plateau, car les deux prochaines nuits on les passe de nouveau à Dindéfélo. Et surtout, on a rendez-vous avec des cousins dans l’après-midi: on part à la rencontre des Chimpanzés! Les trois sorties – les groupes sont limitées à trois personnes par sortie – sont organisées à travers le charmant centre d’accueil de la réserve, où l’on s’occupe des formalités pour payer la visite avec un écoguide de Ségou.

La descente de Dande à Dindéfélo permettra à une partie du groupe d’ajouter le Rufipenne de Neumann et l’Étourneau amethyste (Neumann’s & Violet-backed Starling) à la liste. Un ou deux Laniers évoluent à la limte des falaises et du plateau, tandis que quelques Vautours charognards, africains et de Ruppell nous passent par-dessus (Hooded, White-backed & Ruppell’s Vultures). Dans la même zone, quelques-uns d’entre nous aurons la chance d’observer le Crécerelle renard (Fox Kestrel), cette autre spécialité locale étroitement liée aux milieux rupestres.

Dindefelo_20180226_IMG_9934

 

Pendant que le premier groupe part dans la vallée de Ségou, le reste de l’équipe s’en va explorer la brousse entre Dindéfélo et Ségou, à la recherche d’Amarantes masqués et de la Cisticole de Dorst notamment. On verra très bien ces deux espèces, avec en bonus une série prestigieuse d’espèces localisées ou très clairsemées et souvent difficiles à trouver au Sénégal: une ou deux Rémiz à ventre jaune, quelques Prinia à ailes rousses, un Bruant a ventre jaune, un couple de Traquets à front blanc et un de Pics à dos brun, et plusieurs Gobemouches pâles (Yellow Penduline-Tit, Red-winged Warbler, Brown-rumped Bunting, White-fronted Black Chat, Brown-backed Woodpecker, Pale Flycatcher). Deux autres visites dans le même secteur les jours suivants permettent d’ajouter entre autres l’Hirondelle à taches blanches, l’Amarante du Kulikoro et le Torcol fourmillier (Pied-winged Swallow, Mali Firefinch, Wryneck). Plusieurs de ces oiseaux fort sympathiques ont pu être enregistrées et surtout photographiées par mes amis mieux équipés (et surtout meilleurs photographes!) que moi, donc des photos devraient suivre encore pour la plupart. Pour les prises de sons, rendez-vous habituel sur xeno-canto (lien direct vers mes enregistrements de Kédougou ici).

 

Le soir au campement, j’entends un engoulevent chanter au loin, au pied des falaises: une écoute plus rapprochée le lendemain soir confirmera qu’il s’agit de l’Engouvelent pointillé, avec au moins deux chanteurs au loin mais encore bien audibles, au milieu du concert d’au moins six Petits-ducs africains qui se répondent (Freckled Nightjar, African Scops Owl).

Le vallon de Ségou est assez différent de celui de Dindéfélo, avec un milieu plus ouvert dans la première moitié du vallon, parsemé de rôniers, puis une alternance de forêt sèche et de bambous denses. Nos trois visites dans le secteur sont plutôt fructueuses: Beaumarquet aurore, (enfin! l’une de mes coches du séjour :-), Amarantes du Kulikoro et à ventre noir, Capucin pie, Tourterelle de l’Adamaoua (un chanteur), Buse d’Afrique, Mélocichle à moustaches pour ne citer que les plus marquants (Red-winged Pytillia, Mali & Black-bellied Firefinch, Magpie Mannikin, Adamawa Turtle-Dove, Red-necked Buzzard, Moustached Grass-Warbler). La diversité d’amarantes – et donc logiquement aussi de combassous, même si on n’a vu que le Combassou du Sénégal) – est impressionnante, avec pas moins de quatre espèces, sans compter l’Amarante pointé vue à plusieurs reprises par mes camarades à Wassadou. Et à propos d’amarantes: j’apprends que HBW a aussi splitté l’Amarante masqué en trois espèces distinctes, dont l’Amarante vineux pour Lagonosticta vinacea (Vinaceous Firefinch) qui du coup deviendrait donc un nouvel endémique régional, étant restreint à la Sénégambie, la Guinee-Bissau, la Guinée et le Mali.

RedneckedBuzzard_Segou_20180227_IMG_0046

Red-necked Buzzard / Buse d’Afrique

 

C’est déjà mercredi, il est temps de quitter la zone car on a encore prévu une nuit à Kédougou afin de pouvoir visiter le secteur de Fombolimbi, situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu régional. Dans les falaises, sur le plateau et autour des affleurements rocheux on espère trouver encore quelques oiseaux typiques de ces milieux. Mais avant de rejoindre Kédougou, on fait d’abord escale près du fleuve Gambie, où l’on observera entre autres un couple de Mahalis nourrissant un jeune, BateleurCircaètes cendré et de Beaudouin, Busard des roseauxFaucon ardoiséMartin-chasseur strié, une famille de Poulettes de roches, etc. (Chestnut-backed Sparrow-Weaver, Bateleur, Western Banded & Beaudouin’s Snake-Eagle, Grey Kestrel, Striped Kingfisher, Stone Partridge). Au bord du fleuve juste sous le hameau se trouve une colonie de Guêpiers à gorge rouge, accompagnés d’un Guêpier écarlate (Red-throated & Northern Carmine Bee-eaters). On n’a pas le temps de partir plus vers l’amont mais la zone semble très prometteuse et pourrait bien réserver quelques surprises encore.

GambiaRiver_Badala_20180228_IMG_0195.JPG

 

La sortie dans le secteur de Fongolimbi sera fructueuse: tout le monde aura la chance de voir le Traquet à ventre roux, un distant Aigle martial, un couple d’Anaplectes à ailes rouges (dans une petite ronde, comprenant aussi Bagadais casqués et Zosterops jaunes), et quelques Rufipennes de Neumann – ces derniers en toute fin de journée près du hameau de Thiéwoune, vraisemblablement en rassemblement avant de partir sur un dortoir dans les environs (Mocking Cliff Chat, Martial Eagle, Red-headed Weaver, White-crested Helmetshrike, Yellow White-eye, Neumann’s Starling). Sympa de voir ces derniers dans leur milieu naturel et non sur des immeubles au centre-ville de Bamako! Deux Pigeons bisets dans la falaise pourraient bien être des “vrais” bisets, mais on ne les verra que brièvement (Rock Dove).

RedheadedWeaver_Thiewoune_20180228_IMG_0210

Northern Red-headed Weaver / Anaplecte à ailes rouges (selon HBW, qui distingue maintenant deux especes d’Analplectes au lieu d’une seule)

 

Et les Chimpanzés alors? Ce sera pour un prochain article!

Tout comme, peut-être, le compte-rendu de notre escale à Wassadou et la longue route de retour sur Dakar en passant par Kaffrine à la recherche du Turnix à ailes blanches dans les environs de Mbar (spoiler alert: on fera chou blanc!). Faut juste que je trouve le temps pour écrire, pas facile en ce moment!

On essaiera aussi de revenir avec une mise à jour de la liste des oiseaux de la réserve et des environs de Dindéfélo, après intégration des diverses espèces nouvellement trouvées depuis l’inventaire de Fernández-García et al. en 2011. On notera ainsi une dizaine d’autres espèces qui n’avaient pas été trouvées à l’époque; quelques autres observateurs – dont Gabriel Caucal encore en décembre dernier – ont également pu compléter la liste qui s’établissait à 220 espèces à l’époque (ou peut-être 199, selon la liste détaillée). Actuellement elle compte au moins 237 espèces (dont 173 vues lors de notre séjour) et il y en a certainement d’autres encore à ajouter.

Thiewoune_20180228_IMG_0225

 

Pour en savoir plus sur la réserve de Dindéfélo, rendez-vous sur dindefelo.net.

Senegal birding and the UK Birdfair 2017

Last summer I had the chance to be in the UK for the Birdfair 2017. This is the largest annual market in Europe for birdwatchers. There is some overlap with bird conservation and many Birdlife partners are there, but this is primarily a place for the buying and selling of everything that birdwatchers desire; books, optics, but especially birdwatching holidays, and this is big business! Bird tour companies from many South American and African countries had flown in staff to advertise their holidays.

At the fair, South African birder Micheal Mills launched The Birder’s Guide to Africa, which aims to tell birders what is most distinctive about each country’s list of birds and where to go in Africa to most easily see each of the continent’s species. Whilst I do not agree with everything in some of the book’s West African chapters, it is a good start for a discussion of bird tourism in Senegal – which for many reasons would deserve a more prominent place on the Africa birding map (one of the many down-sides of taking very much of a quantitative, purely list-based approach to defining birding destinations, as is done by Michael Mills, is that many countries do get the recognition they deserve).

What is unique? Should more birders visit Senegal, and if so what should Senegalese bird guides do to encourage them? It should be said that I am talking about a certain type of birdwatching tourism – visiting places to make lists of unusual birds – which is the profitable market in which the Birdfair sells. From this perspective, the spectacles of Djoudj, the Sine Saloum and Kousmar are still important, but not enough if the birding guide cannot also find the country’s more unique species.

So, how visible was Senegal at the Birdfair? The short answer is almost invisible! Let’s avoid the historical and perhaps linguistic reasons why The Gambia features at the UK Birdfair, and look at all of West and North-West Africa. Geopolitics affects tourism and, correctly or not, many of the region’s countries are seen as more difficult places to organise tours. Unfortunately, these days large parts of Mali, Burkina Faso, Niger, and northern Nigeria and Cameroon are off-limits to foreign visitors due to ongoing conflict and security concerns. Currently the two most advertised North-West/West African destinations for bird tours are Morocco and Ghana, as destinations for European, North American and South African birders, who are the three main groups.

Let’s take the African Bird Club country lists, which taxonomically almost follow the IOC World Bird List, and query the list. Which species regularly occur in Senegal, but not in Morocco or Ghana and also do not occur widely elsewhere in Africa? This query give Senegal at least 28 “special” species, which it would be a good investment for bird guides to be able to find. Please add your comments to this linked list, which is accessible for editing. Several more could – and probably should – be added, and it’s good to keep in mind that the national list stands at about 680 species (we hope to publish an updated list some time soon on this blog). 

Most of the species on this list are birds of the Sahel and the drier, northern regions of the Sudan savanna. The USGS’ excellent recent resources on West African land use shows the western section of the Sahel bio-climatic region, which extends to northern Ethiopia.   

WestAfrica_biomes_map

 

Little Grey (or Sahelian) Woodpecker is a classic example. Its patchy distribution, which does not go further east than western Sudan, includes northern Senegal where most recent West African observations have been made, though WaBDaB, which coordinates bird observations for Burkina Faso, Niger and Chad, has a few records.

Little grey Woodpecker / Pic gris

Little grey Woodpecker / Pic gris, Gandiolais (BP)

For the average bird tour operator, Senegal is the easiest destination and there are places where it is often seen (Les Trois Marigots and near to Richard-Toll), but probably many to be discovered – for instance, it was reported just last week “well south of Louga” by a Swedish group. This and many of the Sahel specials are much more species of the Middle Valley described in Bram’s recent trip, than of the more famous Djoudj/St. Louis area and many are not on the Djoudj list.  

LittleGreyWoodpecker_map

 

Other species in the 23 with similarly narrow ranges include Cricket Warbler (present in southern Western Sahara, but very localised it seems); River Prinia (header picture – cryptic species only present in the Senegal River delta, River Niger and Lake Chad, though probably overlooked elsewhere); Sennar Penduline Tit; Golden Nightjar (most recent records from Western Sahara where confirmed breeding, and from Chad); Quail-Plover (hard to find, but there are apparently a couple of reliable sites); and the commoner Black Scrub Robin, Sahel Paradise Whydah and African Collared Dove.

Sahel Paradise Whydah / Veuve a collier d'or

Sahel Paradise Whydah / Veuve a collier d’or, Lac Tanma (BP)

 

A second cluster of specials occur in and near the Dindefelo reserve, Senegal’s most recent addition to the country’s Important Bird Areas list. This is the only place outside Mali where the Mali Firefinch is reasonably reliably seen. Other species with strange and small global ranges including Dindefelo are Adamawa Turtle-Dove and Neumann’s Starling. The Kedougou area, and Dindefello in particular, probably has more surprises in store and is likely to yield additional Guinean species that just creep into Senegal. 

Finally, the sea off Dakar makes the list. Away from the Cape Verde, the Cape Verde Shearwater is only reliably seen elsewhere in Africa, in season, off Dakar and the Iles de la Madeleine trio of Red-billed Tropicbird, Bridled Tern and the recent arrival Brown Booby are common enough in other tropical waters, but with few reliable places in Africa. The Tropicbirds are pretty much guaranteed at any time of the year, whilst the boobies and especially the terns and shearwaters are only present in certain seasons. 

RedbilledTropicbird_ilesdelaMadeleine_20180102_IMG_7920

Red-billed Tropicbird / Phaéton à bec rouge, Iles de la Madeleine (BP)

And the message from this? Any Senegalese bird guide who gets to know when and where to find these species should have a profitable business and most of the species are far from the hotspots of Djoudj and the Sine Saloum! And to potential visitors – come over and explore, with or without a local guide: you won’t be disappointed.

 

(post by Paul, with contributions from BP)