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La lagune de Yenne-Tode

Comme je le disais déjà dans l’article sur le Chevalier à pattes jaunes de la semaine dernière, la lagune de Yenne est en ce moment un site incroyablement riche en oiseaux. Au point où l’on y trouve actuellement plus d’oiseaux qu’au Technopole¹ – autant dire que ça cartonne!

Lorsque le site est rempli d’eau comme c’est le cas cette année, on trouve là une impressionnante diversité d’oiseaux. Rien qu’en quatre visites en l’espace d’autant de semaines, nous avons pu détecter la présence de pas moins de 144 espèces… Il ne doit pas y avoir beaucoup de sites dans la région de Dakar où il est possible de voir plus de 100 espèces en une matinée! Autant dire que c’est notre site favori du moment.

Il semblerait cependant que la situation soit très variable d’une année à une autre, comme en témoignent les deux articles de Paul dans lesquels il est question de cette zone: lire ici (octobre 2011) et là (octobre 2013), deux visites lorsque le site était largement en assec. Quoiqu’il en soit, cette lagune mérite bien d’être protégée et préservée, alors qu’actuellement elle ne bénéficie d’aucun statut de protection… ce qui vaut bien malheureusement pour la plupart des zones humides autour de la capitale: Technopole, les lacs de Malika et Mbeubeusse, les niayes du secteur Lac Rose – Kayar – Tanma, etc. A Yenne, les travaux routiers ont visiblement changé la dynamique hydraulique, et les premiers signes annonciateurs d’extension de la zone d’habitation à venir sont déjà là, y compris DANS une ancienne partie de la lagune.

Pour s’y rendre, voir Google Maps. A noter que le nom du site peut aussi s’écrire comme Yène Tode, Yene-Todé, et autres variantes. La visite pourrait se faire en combinaison avec une virée du côté de Popenguine ou de Toubab Dialaw, voire avec le Lac Rose qui n’est pas très loin, mais il faut prévoir 2-3 heures au minimum.

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Dans cette vaste zone humide on trouve en ce moment des canards en nombre, avec plus d’un millier d’individus de six espèces en tout lors de nos quatre visites ces dernières semaines: Dendrocygne veuf (plus de 500 le 18/11!! Et deux canetons âgés de deux semaines le 21/10, ML), +90 Canards souchets, +420 Sarcelles d’été, même des Canards pilets (env. 20 le 13/11). Le 29/10, Miguel a eu la chance de trouver une famille (locale?) de Canards à bosse et, surtout, une Oie-armée de Gambie, palmipède visiblement rare dans la région dakaroise. Mais ce sont donc surtout les canards européens dont les effectifs sont impressionants: à mettre en relation avec le manque d’eau sur d’autres zones humides, comme le lac Tanma mais surtout le Bas-Delta du Sénégal, qui connaîtrait un déficit pluviométrique important cette année?

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Les limicoles aussi profitent de cette grosse mare temporaire: plus d’une douzaine de Jacanas à poitrine dorée se nourrissant sur les nénuphars (y compris deux jeunes probablement nés localement), bien entendu les éternels Vanneaux éperonnés mais aussi à tete noire, ces derniers dans les parties plus sèches de la zone. Samedi dernier il y avait aussi cinq Avocettes, et de nombreuses Echasses blanches bien sûr, tout comme les Grands Gravelots mais aussi pour une fois des Petits Gravelots ainsi que quelques dizaines de pâtres, tout comme un Gravelot à collier interrompu vu samedi dernier. Les vasières abritent aussi pas mal de Pluviers argentés, quelques Barges à queue noire et une rousse, 5 Courlis corlieux le 29/10, des Becasseaux sanderlings, minutes, variables, cocorlis, et même maubèches… Cette dernière espèce semble d’ailleurs plus fréquente que d’habitude cet automne. Les sympathiques Tournepierres à collier se baladent entre tout ce beau monde, cherchant un caillou ou un coquillage à retourner… tandis que Chevaliers stagnatiles, aboyeurs, gambettes, sylvains, culblancs, et guignettes fréquentent les secteurs légèrement plus profonds du plan d’eau principal, tout comme plus d’une centaine de Combattants variés. Quelques Bécassines des marais se cachent dans la vegetation, tout comme au moins trois Rhynchées peintes.

Soit pas moins de 29 (!) espèces de limicoles pour l’instant, et je suis sûr qu’il nous en manque encore des réguliers, comme l’Huîtrier pie ou le Vanneau caronculé.

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African Jacana / Jacana a poitrine doree

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Avocet(te)

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Marsh Sandpiper / Chevalier stagnatile

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Ruff / Combattant varié

Du côté des laridés et des sternes, on trouve un peu de tout: quelques Mouettes à tête grise et surtout des rieuses et des Goélands raillers, parmi lesquels samedi dernier se trouvaient au moins quatre Mouettes mélanocéphales; le Goéland d’Audouin tout comme quelques Goélands bruns doivent être réguliers ici. Plusieurs centaines de Sternes caugeks semblent régulièrement utiliser le site comme reposoir, accompagnées par quelques royales, voyageusescaspienneshansels, naines et pierregarins en petit nombre. Les Guifettes noires étaient assez nombreuses fin octobre surtout, lorsque Miguel a aussi pu identifier une leucoptère.

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Caspian & Sandwich Tern, Slender-billed & Mediterranean Gull / Sterne caspienne & caugek, Goélands railleurs, Mouette mélanocéphale

 

Les grands échassiers ne sont pas en reste: hérons et aigrettes de toutes sortes bien sûr, dont les Herons pourpré et mélanocéphale et le Crabier chevelu, et même un Blongios de Stürm (Least Bittern!), à ma connaissance la première obs dakaroise. C’est Miguel qui a eu la chance de se retrouver nez à nez (à bec?) avec ce minuscule héron, un jeune individu, juste le temps de faire une photo témoin. Samedi dernier il y avait également au moins trois Ibis falcinelles – mes premiers de l’automne – et 1-2 Spatules blanches sont observées lors de nos deux dernières visites.

Parmi les autres oiseaux d’eau, citons les deux espèces de pélican, la Talève sultane (une le 29/10), même la Foulque macroule (deux les 21 et 29/10, ML) et le Grèbe castagneux qui est nicheur ici. Et il doit bien de temps à autre se cacher une marouette dans la végétation palustre!

Il y a aussi les Balbuzards bien sûr, mais aussi plusieurs Busards des roseaux, un Circaète Jean-le-Blanc (13 & 18/11), Shikra (29/10), et samedi dernier aussi ce que nous avons identifié comme un jeune Circaète de Beaudouin, un Faucon lanier, et un Faucon chicquera.

Les passereaux migrateurs paléarctiques abondent en ce moment, que ce soit dans les acacias et tamaris (Rougequeue à front blanc, Fauvettes passerinette et grisette, Hypolaïs polyglottePouillots véloce et fitis) ou dans les scirpes et les abords du plan d’eau (Phragmite des joncs, Bergeronnettes grise et printanière, Pipit des arbres, Traquet motteux). Des visites régulières lors de l’hiver nordique révèleront sans doute d’autres passereaux encore.

Parmi les locaux, citons entre autres l’Alouette chanteuse, le Moinellette à oreillons blancs, la Veuve à collier d’or ou encore l’Astrild cendré. Le Cou-coupé semble relativement commun, y compris dans le village même. Deux Pipits à dos uni sont identifiés par Miguel le 29/10. Et aussi, bien curieusement, le Bruant d’Alexander! Le 18/11 nous avons eu la surprise de voir un jeune oiseau posé au bord de la lagune, bien loin de ses milieux de prédilection rocailleux. Sans doute un individu en dispersion depuis les collines de Toubab Dialaw (où il pourrait nicher) ou les falaises de Popenguine.

Enfin, une mention speciale pour le Coucou-geai et le Martinet pâle vus le 29/10, et cette Tourterelle pleureuse le 18/11.

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Chestnut-backed Sparrow-Lark / Moinelette à oreillons blancs

 

 

¹ Et justement au Technopole, quoi de neuf me demanderez-vous? Rien de bien exceptionnel lors de mes trois dernières visites! Tout de même un ajout à la liste: le Souimanga pygmée vu le 8/11 près du Club House. Des ornithos de passage y ont récemment noté la Rhynchée peinte que je n’ai pas vue depuis un bon moment ici, et aussi et surtout le Faucon de Cuvier qui ne figurait pas encore sur la liste. Le niveau d’eau est déjà assez bas, ce qui fait que les conditions sont bonnes pour bon nombre de limicoles (dont 10 Maubèches le 19/11) et de laridés (première Mouette mélanocéphale de la saison le 19/11) mais aussi pour les canards qui sont présents en nombres plus importants que ces trois dernières années: jusqu’à 45 Sarcelles d’été, 90 Canards souchets (premiers le 8/10), et même cinq Pilets dimanche dernier. Par contre, ça risque de s’assécher rapidement au cours des prochains mois, donc je doute qu’il restera beaucoup d’eau au printemps prochain… à suivre.

 

 

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Pelagic Trip!

Last Wednesday morning, a small party of excited birders set off from Ngor on a much anticipated Pelagic Trip. (Yes that’s right, a PELAGIC! One of those crazy things us birdwatchers will do just to see a few special birds…)

Destination: the Kayar Canyon, some 30km ENE off the Pointe des Almadies. This area is known to hold a good diversity of seabirds, attracted by trawlers that roam this part of the ocean and by the abundant food that they provide to shearwaters, skuas and terns. This is also where last year’s PAOC excursion was headed, and where we intended to go at the end of November 2016 at the tail end of a two-week trip by my Swiss friends but which had to be aborted (too much wind…). Approximate coordinates are in the bottom right corner of the Google Earth image below:

Pelagic_20171115_KayarCanyon

 

Why a pelagic? Well, first of all there’s the opportunity to do a different kind of birding, and mostly there’s the chance of seeing 1) birds that you won’t see from the shore (or only miles away as distant dots against the waves that you can barely identify), and 2) finding oneself amidst a raft of shearwaters or a flock of hundreds of seabirds feeding behind a trawler is a really unique experience. And 3) I was particularly keen to figure out what exactly those Calonectris shearwaters that have been migrating past Ngor in recent weeks are: Cory’s or Scopoli’s?

If you still need to be convinced that such a trip is worth the effort, despite the possibility of being horribly seasick and stuck on a boat for an entire day, here’s a good read: Birdist Rule #55: Go on a Pelagic Birding Trip. Then again, some on the other hand will argue that one should not go on pelagic trips, ever: highly entertaining article from the 10,000 birds blog.

So what did we see? For the first two hours, nothing much really… a few dozen Calonectris shearwaters which proved to be mostly Scopoli’s, with 2-3 Cory’s, a probable Grey Phalarope followed by a second bird that was flushed by the boat and of which we got much better views, allowing us to confirm its ID; just a few skuas (1+1 Arctic, 1 Long-tailed, 1 Pomarine), three Black and a few Arctic Terns. Oh and lots of flying fish! And finally a few European Storm Petrels and two Sooty Shearwaters as we approached our target area. Species diversity was building up a bit by that time, and as we neared the first trawler this is what we saw:

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Birds everywhere – hundreds of shearwaters!! Skuas! Terns! More Storm Petrels, including a few more European but now also several Wilson’s.

We realised that there were several Cape Verde Shearwaters flying around and resting on the surface – as it turned out this ended up being the most numerous species of the trip, with several hundreds of birds.

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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

 

Also these two adult Sabine’s Gulls

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Sabine’s Gull / Mouette de Sabine

 

…soon to be followed by our first Great Shearwater:

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Great Shearwater / Puffin majeur

 

The spectacle of seeing so many seabirds in a feeding frenzy was truly amazing, and much worth the time and effort to get out here. It somehow felt as if we arrived in some oasis after a long desert crossing…

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Mostly Cape Verde Shearwaters / Puffins du Cap-Vert

 

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Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli

 

A few more pictures can be found on our facebook page.

And these are the totals for the day:

  • At least 6-800 Cape Verde Shearwaters (a conservative estimate… probably lots more)
  • +100 Scopoli’s and 20-25 Cory’s at a minimum – good views are needed to distinguish these two species (things were easier back in the days when both were “just” Cory’s!)
  • 3-4 Great Shearwaters (three single birds sitting on the water, and I found one bird photo-bombing one of my pictures),
  • 2 Manx Shearwaters
  • 2 Sooty Shearwaters
  • +10 Wilson’s Storm Petrels
  • 5-10 European Storm Petrels
  • Just one Gannet
  • 1 ad. Long-tailed Skua by the trawlers, plus two young birds en route.
  • At least 4 Arctic and ca. 10 Pomarine Skuas
  • Two adult Sabine’s Gulls, plus a 1st year on the way back to Ngor
  • A few Sandwich, lots of Arctic, and probably also some Common Terns
  • 1-2 Grey Phalaropes
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Pomarine Skua / Labbe pomarin

 

Finally, a word of thanks for Julien and Mame from Nautilus Diving!

 

Another Lesser Yellowlegs (Chevalier à pattes jaunes)

Quick note today to report on the first Nearctic vagrant of the season: a Lesser Yellowlegs, seen yesterday at the Yenne-Todé lagoon.

After a very productive few days at Guereo, Bandia, and Popenguine – more on this later – I made my way back to Dakar via Yenne, the first village on the north end of the Petite Cote. I’ve known for a while that there’s a good lagoon here, but never visited at the right time of the year. A few weeks ago, Miguel had a great morning at the site (105 species including Dwarf Bittern, Spur-winged Goose, lots of Garganey), which prompted me to go see what’s about at the moment… Expectations were high, and I wasn’t disappointed: hundreds of ducks, many herons, a few gulls and quite a few terns, and most of all an incredible diversity of waders: 26 species!! Almost all regular migrant waders plus several of the local species were noted, some of which in decent numbers (e.g. nearly 30 Marsh Sandpipers, a few hundred Little Stints and Common Ringed Plovers, +120 Ruff). The site, which apparently is called the Niayetir lagoon, is easily accessible from different sides, mainly along the road coming from Toubab Dialaw but also from the village itself.

After I visited the main wetland just north of the road to Yenne, I stopped at the lagoon just behind the village, along the road back to Bargny. While scanning the numerous waders, I noticed a medium-sized wader with bright yellow legs: Yellowlegs!! It was actively feeding amidst the other waders, close enough to get good views through the telescope, but just a bit too far for decent photos…

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Lesser Yellowlegs / Chevalier à pattes jaunes

 

Its flashy yellow legs made it stand out against all other waders here (bird names don’t need to be complicated!). Identification as Lesser Yellowlegs was pretty straightforward thanks to its relatively fine bill about equal to the length of the head, as well as overall structure. The straight all-dark bill of medium length and fairly uniform brown-grey breast and upperparts, as well as the smaller size and more slender appearance, distinguish it from the much rarer Greater Yellowlegs (which has never been recorded in Senegal). Moreover, the size of this bird was roughly the same as Marsh Sandpiper with which it was seen side by side, just slightly bulkier and with a marginally heavier bill. The Marsh Sandpiper is just about visible on the picture below:

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A long-distant migrant, Lesser Yellowlegs mainly breeds throughout Canada and Alaska, and winters in a variety of wetland habitats from coastal areas of the US all the way down to the southernmost tip of South America (Tierra del Fuego). It is a rare vagrant to West Africa, with only six previous records in Senegal that I’m aware of, all of single birds between August and March:

  • 6-7/1/91 at Hann, Dakar, “Feeding with Ruff, Wood Sandpipers and Marsh Sandpipers” (Sauvage & Rodwell)
  • 3/3/07 in the Djoudj NP (Julien Piette)
  • 18/3/13 at the Kaolack saltpans (Simon Cavaillès)
  • 3-12/1/15 at Keur Samba Han near Kaolack (Simon Cavaillès)
  • 15/8/15 at Technopole (BP)
  • 17/1/16 at Technopole (BP, Boris Droz, Jérôme Gremaud)

As such, it’s the second most frequently noted American wader in Senegal together with Buff-breasted Sandpiper. Only American Golden Plover has been seen more often, with 10 records so far; and if last winter’s trend continues then Buff-breasted Sandpiper will soon overtake Tringa flavipes (no less than four records of six birds were obtained between mid-November 2016 and early January 2017!)

Elsewhere in Africa, Lesser Yellowlegs has mostly been noted on the Cape Verde islands, and there are a handful of records from Mauritania (22/3/04 and 6/2/14), The Gambia (January 1976, 13/10/08; possibly others), Ghana (at least two, incl. on 16/10/08), and Nigeria (Feb.-March 1969). Further north it’s been reported from the Canary Islands, Madeira, Morocco, and Tunisia. There are also a few records from South Africa (including one on Tristan da Cunha island in the South Atlantic), Namibia, and even Botswana.

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I’ll try to go back over the weekend and see if it’s still around – and why not find another Yank this time!

 

 

Ngor seabird migration update

Fifty-one sessions, 69 hours, 23,693 birds, 54 species: this, in summary, is the result of the past three months of seawatching from Ngor.

We still have about two months to go until the end of the season (does it really ever stop? There’s always birds on the move off Ngor!), but I thought I’d give a quick update of what the season has been like so far. I did six sessions in early August, then started doing regular one to two hour spot checks from August 21st. The only interruption was from 7-17 September when I was in Mali, but other than that I managed to go on most days, usually in the morning. Miguel accompanied me on a couple of occasions and provided additional counts for two days. All observations – in the sake of consistency! – were made from the Calao terrace, which may not be as good as Ile de Ngor, but it definitely has the advantage of being easily accessible, and what’s more there’s shade and decent coffee.

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I won’t go into a review for each species as I may do this at the end of the season, so here are just a few highlights so far, along with a few recycled pictures because except for a few blurry pictures of migrating Whimbrels or a Purple Heron I don’t have much to offer.

  • Shearwaters

The main species here is Sooty Shearwater, which is seen in varying numbers during almost all seawatch sessions since Sept. 18th. The first three birds are noted on 4/9, and so far there have been small peak days on 18 & 20/9, 3/10, 14 and 16/10 with a max. of 164 birds in one hour on 3/10 (out of a total of 1,411 birds counted). This morning there finally was a pretty much constant flow of shearwaters, with 284 Sooties zooming past in less than two hours (= nearly 3 per minute).

The only other regular species is Manx Shearwater, seen during 18 out of 30 sessions since 18/9 – usually between one and five birds, with a max. of 31 in 75′ on 20/9. A Cape Verde Shearwater flew past on 31/8, while 11 birds were feeding off the Calao, luckily at fairly close range, on 11/10. A Balearic and a probable Boyd’s Shearwater were seen on 23/9 and 18/9, respectively.

Sooty Shearwater / Puffin fuligineux
Sooty Shearwater / Puffin fuligineux (April 2015)

 

  • Storm-Petrels

A very unpredictable group of pelagic species, which occurs in highly variable numbers from year to year – at least, based on what passage can be seen from land. As already mentioned, some 50 birds were feeding off the Calao on July 22nd with 3 still there two days later. The next Oceanodroma petrels were seen on 8/10 only (4 birds during SSW winds), followed by three on 11/10, then at least 80 on 15/10 (when we counted seabirds for 4 hours and 15 minutes) and a handful on following days. Most if not all of these were Wilson’s Storm-petrel, though it’s quite possible that there were a few Band-rumped (Madeiran) Storm-petrels in the lot. We really ought to get out at sea to get a closer look at these difficult birds – hopefully something we can manage to do in mid-November when we’re planning a pelagic.

 

  • Sulidae (Gannets & Boobies)

An early Gannet flew past on 18/9, though I can’t say for sure it was a Northern Gannet and not the vagrant Cape Gannet; the only other one so far was seen yesterday afternoon. This species should become increasingly common in coming weeks. Single Brown Boobies were seen on 18/9, 24/9 and 29/9, though only one was flying SW (could it have been three times the same immature bird?). Haven’t been back to Iles de la Madeleine for a few months now but it’s likely that several Brown Boobies are hanging out there at the moment.

 

  • Waders

Though this group is not made up of seabirds (except maybe Grey Phalaropes in winter), they can often be seen migrating along the coast, sometimes up to about a kilometer out at sea. Best days for waders are early on in the season (Aug./Sept.) during the peak migration time for most species, and particularly when it’s been raining during the night and early morning.

This was the case for instance on 24/8, when a good variety of waders were seen in 1.5 hours under light rain, after a heavy shower that started around 6am and with moderate SSW winds. About 39 Bar-tailed Godwits were counted, in four groups, all except one mixed with Whimbrels; also 13 Turnstones, a Common Redshank, a Common Sandpiper, four Little Stints, 16 Sanderling, four Curlew Sandpipers, and five Ruff (with godwits).

Whimbrel is the most regular and most numerous of the waders, with 528 birds actively migrating so far. More than half of these (293) flew past on 9/8. Other species noted include Oystercatcher (regular in small numbers), Common Ringed Plover (five on 6/10), Greenshank (one on 15/10, and even Curlew (two on 5/9).

A single Grey Phalarope flew past at relatively close range on 18/9, while a flock of ca. 25 waders on 30/8 were probably this species as well.

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Overexposed Oystercatcher / Huîtrier-pie sur-exposé (Oct. 2017)

 

  • Skuas

The first skuas were noted on Aug. 11th when four Long-tailed Skuas flew past. From Aug. 23rd the passage gradually intensifies, with just a few fairly small peak dates so far: 31/8 (13 Long-tailed Skuas, first few Pomarines), 21/9 (104 total skuas in 75′), and this morning 21/10 (171 in 105 minutes). So far, out of 1,385 skuas counted, just over half could be identified to species. Out of these, 52% were Arctic Skuas, 32% Pomarines, and the remaining 15% Long-tailed. It seems that in recent days the balance of Arctic vs. Pomarine Skuas is tilting towards the latter species, which is most numerous in November.

Sixteen Catharacta skuas (=South Polar or Great) flew past between Aug. 23rd and this morning, with seven in the past three days. At least one of these clearly was a South Polar Skua, an intermediate form; one of this morning’s birds flew quite close to the shore and looked very dark, faintly streaked, and appeared to be very bulky: features that point to Great Skua. Going by last year, more should follow in coming days.

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Long-tailed Skua / Labbe à longue queue (April 2017)

 

  • Gulls

The first Sabine’s Gull is seen as early as August 5th, but it’s not until the end of the month that the species becomes more or less regular: two on 30/8, three on 31/8 and one the following day. The first small peak day is on 21/9 when 66 birds fly past in 75′; other good days were Oct. 10th (84 in 90′), 16th (214 in 150′), and 18th (94 in 60′). Up to now, we’ve counted 654 birds, almost all on days with moderate (20+ km/h) W to NNW winds – though it’s still quite rare to see them flying past at close range, being usually quite far out on the horizon and just about recognisable by their flashing black-white-grey plumage.

Audouin’s and Lesser Black-backed Gulls are much less regular, and so are Slender-billed and Grey-headed Gulls. Probable Kelp Gulls flew past on 11/8 and 30/8.

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Sabine’s Gull / Mouette de Sabine (April 2015)

 

  • Terns

With over 19,000 migrating terns counted, this group is by far the most numerous of all. The Arctic/Common “species pair”, often indistinguishable or too cumbersome to identify down to species level, represents nearly 50% of all terns, with just over 9,000 birds so far. Next in line is the Black Tern with 5,504 birds, with fairly consistent numbers throughout the season – often up to more than a hundred per hour. Sandwich Tern is the third most common species (3,551) followed by Royal (468) and Lesser Crested Tern (267). Little Tern is seen regularly in small numbers, not usually more than 10 on any given morning; Roseate Tern is even scarcer (97 birds so far, from Aug. 24th up to mid-October. Surprisingly, Caspian Tern is much less common than the previous species, with just 29 birds on nine dates. Whiskered Tern was positively identified just once (on 14/10) but could easily pass unnoticed among the flocks of Black Terns.

 

  • Others

As on every migration watch point, every now and then an unexpected migrant shows up. In Ngor, I’ve had Grey and Purple Herons (both on 24/9, arriving from out at sea!), a Marsh Harrier (12/10), one or two Lesser Kestrels (15/10), but also a Turtle Dove and twice a Hoopoe flying in from sea.

Songbirds are seen occasionally, such as Common Redstart or Northern Wheatear, both of which were seen in recent days on the volcanic rocks, just about sheltered from the waves, of the islet in front of the Calao.

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Purple Heron / Heron pourpré (Sept. 2017)

 

Surely there are lots more exciting birds to come and I hope to get out there regularly throughout November. Next update towards the end of the year!

L’Engoulevent sans balanciers (Lagune de Somone, 8-10/10)

Parmi les 2000+ espèces que compte l’Afrique, il y a quelques oiseaux en particulier que chaque ornitho ayant mis pied sur le continent a envie de voir un jour: Bec-en-sabot, Grébifoulque, Pluvian, Bec-en-ciseaux, Chouette-pêcheuse de Pel, Touraco géant, Onoré à huppe blanche ou encore le Picatharte pour n’en citer que quelques-uns. Des espèces qui font rêver! Heureusement qu’il m’en reste quelques-uns à voir.

Il y a aussi ces deux engoulevents qui font, à coup sûr, partie de la liste: l’Engoulevent porte-etendard et celui à balanciers, deux espèces quasi mythiques, aux extensions alaires improbables. Le premier j’avais eu la chance de l’apercevoir plusieurs fois au campement dans les environs de Juba au Sud Soudan – j’avais d’abord cru voir un sac plastique blanc/noir me passer par-dessus la tête, tellement le vol du mâle nuptial ne ressemble à aucun autre oiseau. Le deuxième, je ne l’avais jamais vu… jusqu’à lundi dernier.

Avant de trop vous emporter, sachez que mes Engoulevents à balanciers (Standard-winged Nightjar) n’avaient pas de balanciers… bien malheureusement! C’est la saison internuptiale apparemment, donc les mâles n’ont pas cette rémige prolongée se terminant en grosse plume noire.

Mais Engoulevent à balanciers tout de même!! Et coche.

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Standard-winged Nightjar / Engoulevent à balanciers (prob. f.)

Cela faisait plus d’une année qu’on n’avait pas mis les pieds à la Somone (enfin, Guéréo) et déjà l’an dernier j’avais eu le plaisir de tomber sur une de ces espèces si particulières que je n’avais encore jamais vue: le Courvite à ailes bronzées. Comme quoi le coin mérite d’être parcouru! Et d’autant plus la zone autour de la “queue” de la lagune, autour du lodge nature de Dalaal Diam, super endroit en pleine nature et à deux pas de la rivière et de la lagune, établissement qu’on n’hésite pas à recommander. Immersion totale dans la nature garantie, à un tarif encore abordable.

C’est d’ailleurs aux abords mêmes du lodge que j’ai trouvé les engoulevents: d’abord un individu levé le matin du 9/10, puis en y retournant le soir pour valider mon identification et pour tenter quelques clichés. Mardi matin, j’ai pu photographier ce que je suppose être le mâle au plumage bien usé et plus clair que l’autre individu. Puis en rentrant j’ai trouvé un autre (?) oiseau à quelques centaines de mètres du premier spot.

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Standard-winged Nightjar / Engoulevent a balanciers

 

Cette observation n’a en soi rien d’extraordinaire car cet engoulevent est un visiteur régulier pendant et après la saison des pluies, avec une présence supposée assez répandue sur le territoire, y compris dans la moitié nord lors de la saison internuptiale. Il faut juste tomber dessus! L’ami Fred d’Ornithondar a d’ailleurs bien résumé le statut de l’espèce au Sénégal ici, lecture comme toujours enrichissante et très bien documentée.

Voici pour vous faire une idée du biotope, une photo du secteur où se trouvaient mes engoulevents, dans la zone de transition entre lagune et brousse. Les oiseaux se tenaient généralement bien dissimulés entre des touffes d’herbes ou au pied de tamaris et de palmiers.

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Dans la même zone, beaucoup d’Oedicnèmes du Sénégal bien sûr, et aussi plusieurs couples de Vanneaux à tête noire. Les Vanneaux caronculés se tenaient généralement au bord de l’eau, jusqu’une trentaine ensemble. L’Agrobate podobé semble assez fréquent ici.

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Black-headed Lapwing / Vanneau à tête noire

 

Quelques limicoles trainent par-ci par-la, une petite bande de Spatules blanches se nourrit devant le lodge, et un soir au crépuscule j’entends un cri caractéristique: deux Ibis hagedash qui passent en vol. Ils seront suivis plus tard par quelques Bihoreaux gris. L’ibis j’en avais vu un à Dakar en août dernier et deux en août 2015 au Lac Rose, mais à part ca il ne semble pas y avoir trop de données dans cette partie du pays. Nicheraient-ils peut-être encore dans le coin? Wim Mullié avait trouvé un nid actif – la première preuve de nidification pour le pays – en août 2000 à Saly dans un jardin d’hôtel, et en 1995-96 deux oiseaux sont vus régulièrement à l’IRD de Mbour. Sinon l’espèce est restreinte au tiers méridional du pays¹.

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Plus tard, ce sont deux Petits-ducs africains qui se font entendre dans le jardin (que dis-je, la brousse!) du lodge, émettant leur prrup monotone à tour de role: y aurait-il un couple installé ici?

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Il y a aussi les Coucous didric et surtout jacobin, dont un juvénile visiblement né dans les parrages (et sans doute adopté par des Crateropes bruns, particulièrement nombreux ici). Fred, toujours lui, nous apprend qu’en fait il n’y a guère de preuves de reproduction, “ni ici dans ce grand nord ni ailleurs dans le Sénégal soudanien comme sahélien, “à l’exception peut-être de la région de Kidira et de la Falémé, à la frontière malienne (in Borrow & Demey, 2011).”

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Jacobin Cuckoo  / Coucou jacobin juv.

Voici son hôte probable:

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Brown Babbler / Cratérope brun

 

Dans les champs je trouve entre autres l’Alouette chanteuse, Choucadors de Swainson, pas mal de Moineaux dorés, des Euplectes franciscains et au moins un vorabé, les Astrilds cendrés, etc. (Singing Bush LarkLesser Blue-eared Glossy Starling, Sudan Golden Sparrow, Northern Red & Yellow-crowned Bishop, Black-rumped Waxbill). L’Outarde de Savile est entendue du côté des collines de Guéréo.

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Northern Red Bishop / Euplecte franciscain

 

Un Loriot qui se pose dans un baobab est vu trop brièvement pour l’identifier avec certitude mais d’après les cris enregistrés il s’agirait plutot d’un Loriot doré et non d’un européen. A écouter ici.

Autres migrateurs fraîchement arrivés, quelques dizaines de Fauvettes passerinnettes, une dizaine de Rougequeues à front blanc, quelques Fitis, un Rossignol, 3-4 Rousserolles effarvattes, deux Pie-grièches à tête rousse (Subalpine Warber, Common Redstart, Nightingale, Eurasian Reed Warbler, Woodchat Shrike) Et surtout, cette Bondrée qui survole le site le 9/10, une première pour moi au Sénégal, ou elle est rarement observée (Honey Buzzard).

C’est déjà prévu, on retourne au Dalaal Diam fin décembre! Et peut-être que cette fois l’engoulevent aura bien ses balanciers.

Je pourrais continuer encore sur les autres obs remarquables de ces derniers jours, mais j’ai un peu de peine à suivre avec les articles de ce blog… Puffin du Cap-Vert, Océanites de Wilson (+80 en 4 heures de suivi hier matin!) et Labbe de McCormick à Ngor, toujours le Phalarope à bec large au Technopole (photo ici), les premiers Traquets motteux (probablement un du Groenland, ssp. leucorhoa) et Phragmites des joncs, le retour des Pelerins du Diarama,… Je préfère nettement partir sur le terrain que de passer du temps derrière l’ordi, mais on verra ce qu’on arrive à écrire ces prochaines semaines.

 

¹ Note du 19/10/17: ce matin j’ai entendu 2-3 ibis au golf de Saly, qui pourrait donc bien abriter un couple… ou du moins, l’espèce semble encore regulière ici.

 

Les Niayes, 1/10/17

C’est à trois que nous sommes partis à l’aube dimanche dernier, destination lacs Tanma, Mbaouane et Retba (Lac Rose). Il a fait chaud, très chaud, et après six heures sur le terrain nous étions bien cuits… mais comme toujours le déplacement en valait la peine: 103 espèces notées dont quelques “premières” pour la saison, trois coches pour Miguel et quelques dizaines pour Roel, et un rapace tout à fait inattendu (qui sera un ajout à ma liste “Sénégal”!).

Lac Tanma

A commencer par le lac Tanma, un peu plus accessible qu’il y a cinq semaines, le 4×4 de Miguel aidant. On commence par explorer la brousse en bordure de la plaine, histoire de voir si les passeraux européens sont déjà arrivés sur place (lors de notre dernière visite fin août, il y avait “juste” cette fameuse pie-grièche hybride et deux Hypolaïs polyglottes) et de se positionner du bon côté pour scruter le lac. En effet, il nous faut éviter le contre-jour qui empêche de bien voir les limis, canards et autres guifettes.

Les buissons donc: d’abord une Pie-grièche à tête rousse (bien pure celle-ci; Woodchat Shrike), puis deux Erémomèles à croupion jaune (Yellow-bellied Eremomela) – espèce désormais classique au lac Tanma – et effectivement, quelques migrateurs supplémentaires: Hypolaïs polyglotte, Fauvette grisette, Bergeronnette printanière. (Melodious Warbler, Common Whitethroat, Yellow Wagtail). Un Circaète Jean-le-Blanc immature est posé sur un baobab, alors que quelques Busards des roseaux, tout récemment arrivés d’Europe, évoluent au-dessus des rivages du lac (Short-toed Eagle, Marsh Harrier).

Pour le reste, on trouve les habituels résidents ou migrateurs afro-tropicaux: un Coucou didric chante au loin, plusieurs Rollier d’Abyssinie, un Agrobate podobé, un joli mâle de Beaumarquet melba, quelques Euplectes franciscainsAlectos à bec blanc en pagaille, etc. (Diedrik Cuckoo, Abyssinian Roller, Black Scrub-Robin, Green-winged Pytilia, Northern Red Bishop, White-billed Buffalo-Weaver).

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Abyssinian Roller / Rollier d’Abyssinie

 

Côté lac, il y a bien plus de monde qu’il y a cinq semaines: environ 435 Flamants roses  (Greater Flamingo), une centaine de Sarcelles d’été (Garganey) et quelques dizaines de Canards souchets (Shoveler), et surtout: une nouvelle famille de Canards à bosse, une douzaine de canetons menés par Maman Bossue (Knob-billed Duck, aka Comb Duck). Et plus tard, neuf canetons avec deux adultes de Dendrocygne veuf (on dit alors des dendrocygnons? White-faced Whistling Duck). La reproduction du Canard à bosse n’est plus une surprise ici car on l’avait déjà confirmée en novembre 2013, puis suspectée l’an dernier, et lors de notre visite précédente une femelle est vue plusieurs fois en vol en train de crier. Celle du “canard siffleur” par contre est la première nidif que je constate ici; la date correspond tout à fait à ce qu’indiquent les Morel: “reproduction pendant les pluies de juilet à octobre (très peu de nids trouvés) et en Gambie entre septembre et novembre.” Impressionnant tout de même comment ces canards arrivent à nicher sur un plan d’eau temporaire (il y a deux mois à peine le lac etait à sec) avec très peu de végétation lacustre!

Et bien sûr pas mal de limicoles, bien que pour la plupart un peu loins: Chevaliers aboyeur, stagnatile, gambette, sylvain, guignette, culblanc (Greenshank, Redshank, Marsh, Wood, Common, Green Sandpiper) ; trois Gravelots pâtres et quelques Grands Gravelots, une poignée de Courlis corlieux et Barges à queue noire, plein d’Echasses et 5-6 Avocettes, quelques Combattants, Bécasseaux variables… (Kittlitz’s & Common Ringed Plover, Whimbrel, Black-tailed Godwit, Black-winged Stilt, Avocet, Ruff, Dunlin). Une Sterne caspienne se tient parmi les Sternes hansels et Goélands railleurs; cette fois on n’identifie qu’une seule Guifette leucoptère parmi les dizaines de noires, mais la plupart des laridés se tiennent sur l’autre rivage, un peu loin donc (Caspian & Gull-billed Tern, Slender-billed Gull, White-winged & Black Tern).

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Greater Flamingo / Flamant rose

 

Pendant qu’on observe tout ce beau monde, un cri attire mon attention et je vois alors deux oiseaux passer derrière nous: des Coucous-geais (Great Spotted Cuckoo), apparemment un adulte et un jeune. Un peu plus tard un autre immature arrive en vol et traverse lui aussi le lac: oiseaux en migration active, ou nicheurs locaux? Mes amis genevois avaient vu un jeune nourri par des Choucadors à longue queue, le 12/11/16 au même endroit.

La surprise du jour viendra sous la forme d’un rapace passant haut dans le ciel que je tiens d’abord – à défaut d’autres options logiques – pour un Circaète brun… mais qui s’avère rapidement être un Aigle huppard (Long-crested Eagle)! Heureusement que Miguel était plus réveillé que moi. Arrivé du côteau de Pout, il cercle dans la zone tout en criant. Il y a bien une ancienne donnée non loin à Thiès (en décembre 1979!) sur eBird, mais actuellement cette espèce est restreinte, au Sénégal, au tiers méridional du pays. On s’attendra donc plutot à le voir à Toubacouta, en Casamance ou dans le Niokolo-Koba, mais certainement pas près de Dakar!

Lac Mbaouane

On rebrousse chemin pour se rendre du côté du lac Mbaouane et pour visiter un petit marais derrière le village de Beer, où l’on ajoute le Heron pourpré, un couple de Talèves d’Afrique, 2-3 Guêpiers perses, un Martinet des baobabs, des Hirondelles des mosquées, 3-4 Rousserolles des cannes et quelques autres à la liste (Purple Heron, African Swamphen, Blue-cheeked Bee-eater, Mottled Spinetail, Mosque Swallow, Greater Swamp Warbler). Plusieurs Balbuzards (Osprey) et quelques limicoles lointains fréquentent le lac lui-même, très peu profond comme le lac Tanma.

Lac Rose

Il nous reste un peu de temps et un (petit) peu d’énergie, donc on fait encore un crochet par le lac Rose où je voulais parcourir la steppe au NE du lac, ces pelouses halophiles qui avaient produit quelques surprises l’hiver dernier. D’abord quatre superbes Courvites de Temminck (Temminck’s Courser) au bord de la piste, puis plus tard encore un qui passe en vol, et encore trois individus levés alors que nous étions en train de rechercher l’Alouette chanteuse (Singing Bush Lark). Visiblement la zone est un bon “spot” pour ces deux oiseaux qui peuvent être difficiles à trouver ailleurs dans la région. Une voire deux Alouettes seront vues, dans la même zone que l’hiver dernier (et en plein chant de parade, tournant haut dans le ciel telle une Alouette des champs).

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Temminck’s Courser / Courvite de Temminck

 

Sinon assez peu d’oiseaux sont vus dans ce secteur, mais on entend deux Outardes de Savile (Savile’s Bustard) chanter au loin dans les dunes – une première pour moi si près de Dakar. Un petit groupe de limicoles passant en vol est composé de six Corlieux et quatre Barges rousses, deux espèces que je vois de temps en temps migrer ensemble devant Ngor (Whimbrel & Bar-tailed Godwit). Un Héron mélanocephale (Black-headed Heron) passe lui aussi en vol: une fois de plus, cette espèce semble bien régulière dans les Niayes, ce qui ne ressort pas sur la carte de répartition du Borrow & Demey. Les rives nord du lac sont fréquentées par des dizaines de Bécasseaux minutes et quelques sanderlings, avec en prime deux Pluviers argentés, mais point de laridés (Little Stint, Sanderling, Grey Plover).

 

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Audouin’s Gull in Senegal (part II)

(in case you missed the first part, you may want to read this post first)

Ring recoveries

Thanks to the important research and conservation efforts targeting Audouin’s Gull, a substantial proportion of the population carry colour-rings, to the extent that in any given group one encounters here in Senegal (and elsewhere of course), there are bound to be some ringed birds, usually up to around 15% of all birds. As far as I know this is far more than for any other species that spends the winter here in Senegal; only Black-tailed Godwit comes close (often 5-10%) and maybe Osprey. For instance at Palmarin last month I managed to read 32 rings out of a total of ca. 400 birds, out of which some 200-250 were either close enough to read rings, or were standing (rather than sitting, in which case rings aren’t visible). That’s roughly 13 to 16% of individuals carrying coded rings!

The first mention that I found of a colour-ring recovery is from Delaporte & Dubois (1990) who on 26/1/88 at Saint-Louis observed a bird ringed as a chick in spring 1981 on the Chafarinas islands. Del Nevo and colleagues also noted that many of the birds they counted were ringed, e.g. on 30/9/92, no less than 24 (14%) of 167 birds were ringed: 18 had a darvic [=plastic ring with alphanumerical code] and six had a metal ring only. In 1994 in Palmarin, a Scandinavian team were able to read 16 colour-ringed birds from Spain (out of at least 456; Bengtsson 1994), while Sauvage & Rodwell mention nine colour-ringed birds originating from Spain, in Saint-Louis. The Dutch 1997 expedition managed to read nine rings, out of the 858 gulls that they counted, noting that “these birds presumably all originated from the Ebro Delta, Spain” (and certainly not from the Canary Islands as stated by Triplet 2014! The species doesn’t even breed there… not sure where this error originated).

The rings (or “bands” for our American friends) are either white with a black inscription (3 or 4 alphanumerical characters), or blue with a white 4 character code, and can often be read with a telescope or a good camera. White rings are used in Spain (starting with letters A, B, C or a number) and Italy (I or K), while blue rings are in use in Portugal (with first character P). French birds have a combination starting with F (since 2013; prior to this Italian rings were used); Moroccan ones with M.  The images below show an Italian and two Spanish birds (“BDCT” appears twice, photographed in Aug. 2016 and Sept. 2017).

 

Origin of wintering birds in Senegal

I now have close to 50 ring “recoveries” related to 44 birds, most of which are from Palmarin (39), the others being from Technopole. Adding other sightings in Senegal of these same birds (mostly by Ngoné Diop), we have a total of 103 recoveries.

Here’s a quick summary of their origin:

  • As can be expected, the vast majority are from Spain, particularly from the Ebro delta which accounts for about a third of all birds for which I know the origin (15 out of 44). Six are from Valencia (PN de l’Albufera, Salinas de Torrevieja), three from Tarragona (Salinas de Sant Antoni), three from the tiny Isla de Alboran between Morocco and Spain, and two each from the Balearic islands (Mallorca and Menorca), from Murcia (Parque Regional San Pedro del Pinatar and Isla Grosa), the Laguna de la Mata in Alicante, and the Chafarinas islands.
  • Six birds are from Portugal, but I’m still awaiting information for full details of the five most recent birds (all from Palamarin early September); thanks to Ngoné I know that at least four birds (and likely all six) originate from the colony on Ilha da Barreta (the southernmost tip of the country, near Faro).
  • Earlier this month I found my first Italian gulls at Palmarin, three adults (ICTD, ILBJ and K7T). I have not yet received details from the ringing scheme, other than that K7T was ringed in 1998 – so far my oldest bird! Ngoné kindly provided me with info for ICTD and ILBJ as these were already known to her, which allowed me to include Cagliari (Sardinia) and Isola del Giglio on the map below; I will add further info here when it becomes available [Olly Fox kindly informed me that K7T was seen at the Kartong Bird Observatory in The Gambia in November 2016; it was born on Isola dei Cavoli off southern Sardinia].

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At least one Corsican bird has been found in The Gambia (Recorbet et al. 2011) and Ngoné has recorded a few French birds in Palmarin. One can assume that some Moroccan birds may also winter in Senegal, and maybe Algerian and Tunisian birds as well. Not quite sure where the Eastern Mediterranean populations spend the winter, but I read that at least some remain around their breeding grounds.

Here’s an example of the “life history” of one of our oldest birds, 45P from Spain, pictured in the header image of this post. It was ringed as a chick in 1999 on the Chafarinas islands, and was seen in The Gambia during the 2004/05, 2006/07, 2007/08 and 2011/12 winters, then in October 2014, October 2015, and September 2017 it was spotted in Palmarin (plus a few times on its native island, in April-June). Could it be that many Audouin’s Gulls spend the initial 4-5 months of the non-breeding cycle in Senegal, then move to The Gambia for the remaining 2-3 months of the northern winter?

 

Age composition

The age composition of our wintering Audouin’s Gulls varies considerably between areas and apparently also through the season. This was first documented by del Nevo et al.: “Adult birds dominated both surveys and proportionately more adults than first year birds were present during September 1992 than in February 1991. Our observations are consistent with the view that adult Audouin’s Gulls tend to arrive in Senegambia before first year birds; the ratios of first year to adult were 0.1:1 in September and 0.54:1 during February.” Delaporte & Dubois reported an overall proportion of 15% of immatures. These ratios have likely changed now, at least in terms of the seasonality now that some immatures can spend their first summer in the region. Ngoné and colleagues reported estimates of 278 adults and 167 immatures (= 37,5%) in Palmarin for the 2013-2015 period. They also found that adults, 3rd and 2nd winter birds arrive earlier than 1st winter birds, a difference which “is probably due to differences in experience among age classes.”

The differences in “immature-to-adult” ratio between Palmarin and Technopole are striking, and I wish I knew what causes this. Immatures are by far outnumbering adults at Technopole, as opposed to the high proportion (70-80%?) of adults further south, particularly in the Saloum delta. Interestingly, this may not have always been the case: Oro & Martinez mention that juveniles winter further south than older 2-3y gulls, in the Senegambia region: “After the breeding season, 2-3y and older gulls were recovered mainly at the E and S Iberian Peninsula coasts. During the winter season these gulls moved southwards, especially to the Atlantic coast of Morocco. Juveniles behaved differently, moving further south than 2-3y and 4y or older gulls, reaching the Senegambia coast in high percentages (81,8%).” Is it possible that this was at a time when a new generation of young birds was in process of establishing an overwintering tradition in Senegal and The Gambia, returning in subsequent winters? That would explain why there are currently more adults than juveniles.

Two ringed individuals show how birds wintering in Senegal will typically spend their first year around the Cap-Vert peninsula, before moving on to the Saloum delta once they are older: BNH5 was ringed as a chick in June 2011 in the Ebro delta, after which it was seen at Technopole in July 2012, but during its third winter in Dec. 2013 (N. Diop), and again in Sept. 2017, it was in the Palmarin lagoons. AWNV, born in 2010 in Mallorca, was first at Technopole while in its second summer (July 2012), while in 2015 and 2016 it was in Palmarin. Some birds already move to Palmarin during their 2nd winter (e.g. BWU9), or even 1st winter (BPZ9, seen by Simon in January 2013, then by Ngoné in December of the same year and in Oct. 2015, and last month I saw it again. Talk about site fidelity!

All ringed birds recovered from Technopole were at most two years old, though of course there are some older birds and every now and then a full adult will show up. BYPB is a typical first-year bird, seen here in March 2017.

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Audouin’s, Lesser Black-backed, Yellow-legged & Slender-billed Gulls

 

Among the ringed birds that I have found there are quite a few old individuals, the oldest being nearly 20 years old. Indeed, Audouin’s Gull is a long-lived species with a high adult survival rate (and relatively low fertility). The oldest bird I have is from Italy, at 19 years, while from Spain there’s 45P and 66P, both born in 1999; Ngoné had already seen both in 2014 and 2015 in Palmarin; 45P and was again at Palmarin earlier this month, while I saw 66P there last year at the end of August last year.

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66P, seen here in a rather unflattering position in August 2016 at Palmarin, was ringed as a chick in June 1999 in the Ebro colony

 

The little chart below shows the distribution by age at the time of the last sighting, for 43 birds for which I have the ringing year (birds are typically ringed as chicks, usually in June, so we know their precise age). One can clearly see the predominance of birds in their first year (= juveniles and 1st winter), though this is hardly surprising given that these all correspond to Technopole recoveries. I don’t know how to explain the near-absence of two- and three-year old birds.

AudouinsGull - Age graph

Ngoné’s systematic visits to Palmarin have resulted in some 500 ring readings, which of course allow for a more thorough analysis than my anecdotal observations. Through modeling the team has estimated annual survival rates and the size of the wintering population in Palmarin, which are summarised in this informative  poster presented at PAOC just about a year ago. There are of course also a few interesting individual stories in the lot, such as two Spanish birds that were ringed on the 15th and the 19th of June 2015 respectively, and that were seen within a few weeks after they left their colony (25/8/15 and 15/9/15).

To be continued…

 

Many thanks to Ngoné Diop for her input!