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L’année ornithologique sénégalaise 2017 / Year in review

Comme cela semble une tradition chez les bloggeurs, je me suis pris au jeu de faire une petite revue de l’année 2017, ornithologiquement parlant bien sûr. On parlera évidemment des vraies raretés, mais aussi de l’exploration de quelques coins peu connus, des données de nidification et d’extension d’aire, et j’en passe. Pas facile en tout cas de résumer les points forts de ces douze derniers mois, non seulement parce qu’il y en a pas mal, mais aussi du fait que pour beaucoup d’espèces le statut réel au Sénégal reste encore à préciser: répartition, phénologie, statut et tendances. Difficile aussi de couvrir un pays entier quand on n’est que 3-4 ornithologues réellement actifs à y résider!! Il manque certainement des obs importantes dans ma synthèse – qui sera forcément incomplète – donc si vous avez des compléments ou des corrections je les ajoute volontiers.

D’abord les grosses raretés:

Ensuite, quelques autres migrateurs rares – Rare migrants:

  • Le Puffin majeur est vu à Ngor le 25/5 (2 inds.), une rare donnée “printanière”, alors qu’un passage important – et étonnant par la date – a lieu début décembre. Great Shearwater: two at Ngor on 25/5 were apparently the first May record, while a strong passage was noted early December. 
  • Un Grand Cormoran de la ssp. maroccanus était lui aussi à Ngor, sur les enrochements, les 2 et 15/12. Great Cormorant at Ngor in December. 
  • Plusieurs Bondrées apivores sont notées entre le 9/10 et le 5/11, avec un autre même à fin décembre, alors que c’est une espèce apparemment rarement vue, en tout cas dans l’ouest du pays: Dakar, Toubacouta, Guéréo/Somone et Popenguine. Several Honey Buzzards in October and early November between Dakar and the Saloum, with another bird at Somone in late December. 
  • Deux Aigles de Bonelli sont vus dans la région des Trois-Marigots en novembre-décembre, où un imm. était déjà présent en fevrier, confirmant ainsi la présence régulière en très petit nombre dans le nord-ouest du pays. Ornithondar continue avec les rapaces, sous la forme d’un Vautour percnoptère noté le 25/12, espèce qui a aussi vu des effectifs importants dans le Boundou en fin d’année. Two Bonelli’s Eagles and an Egyptian Vulture near Saint-Louis.
  • Deux petits rallidés peu vus au Senegal ensuite: la Marouette poussin surtout, trouvée à Boundou les 4-5/11, mais aussi celle de Baillon au Djoudj (7/2) à la STEP de Saint-Louis (25/12), qui pourraient bien concerner un hivernant ou un oiseau de passage et non un local. Two little marsh skulkers that are rarely reported from Senegal, though they are probably quite frequent on migration, are Little Crake at Boundou, and Baillon’s Crake near Saint-Louis.
  • Plusieurs espèces peu fréquentes dans la région de Dakar sont vues pour la première fois au Technopole: Goéland dominicain, Flamant nain, Phalarope à bec large, Bengali zebré, Souimanga pygmée, Rolle violet, Hibou des marais, Pouillot ibérique. Egalement un Bec-en-ciseaux le 4/6 et une Sarcelle d’hiver le 9/11, avec d’autres migrateurs peu fréquents comme le Goéland leucophée et la Bécassine sourde à l’appui. A number of scarce species in the Dakar region were reported for the first time from Technopole: Kelp Gull, Lesser Flamingo, Grey Phalarope, Zebra Waxbill, Pygmy Sunbird, Broad-billed Roller, Short-eared Owl, Iberian Chiffchaff. Also African Skimmer and a Eurasian Teal, while other uncommon migrants seen at the site include Jack Snipe, Yellow-legged Gull.
  • Le 29/10, un Blongios de Sturm est à la lagune de Yène, endroit par ailleurs très fréquenté cet automne par les canards et limicoles. A Dwarf Bittern, along with good numbers of ducks and waders, was seen at Yene lagoon.
  • Un Martinet à ventre blanc est vu le 13/10 à Boundou, et le 13/11 il y en avait deux à Popenguine, où jusqu’à neuf Hirondelles de rochers étaient présentes en novembre-décembre. Alpine Swift at Boundou and at Popenguine, where up to nine Crag Martins were seen in Nov.-Dec.
  • L’Hypolais pâle, un hivernant probablement régulier mais rarement détecté au Sénégal, était à Palmarin le 19/2, alors que deux oiseaux sont identifiés le 28/12 près de Guéréo (dans la même zone qu’en mars 2016 – une coïncidence?). Eastern Olivaceous Warbler – probably regular, but very rarely detected. One was at Palmarin on 19/2, while two birds were at Guereo (Somone) on 28/12 (where one was seen in the same area in March 2016 – a coincidence?)
  • Une Pie-grièche isabelle est signalée près de Gossas (vers Ouadiour) le 28/11. Isabelline Shrike near Gossas on 28/11. 
  • Un hybride Pie-grièche à tête rousse x écorcheur le 26/8 au Lac Tanma était une première non seulement pour le pays mais apparemment aussi pour le continent africain. Hybrid Woodchat x Red-backed Shrike at Lac Tanma, apparently a first such record for Africa.
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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon

Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grieche a tete rousse x ecorcheur

Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grieche à tête rousse x ecorcheur

Quelques autres observations intéressantes: effectifs records, nouvelles donnes sur la répartition – Other sightings: record numbers and new range data

  • Parmi les autres “premières” pour la réserve naturelle communautaire du Boundou se trouvent bon nombre de migrateurs paléarctiques comme la Spatule blanche (Eur. Spoonbill) ou le Becasseau cocorli (Curlew Sandpiper) et même un Fuligule nyroca (4-5/11; Ferruginous Duck), mais aussi quelques africains, migrateurs (Blongios de Sturm, Least Bittern), erratiques (Courvite à ailes bronzées, Bronze-winged Courser) et résidents (Gladiateur de Blanchot, Grey-headed Bush-shrikeBruant à ventre jaune, Brown-rumped Bunting).
  • Le Puffin du Cap-Vert est présent en fin d’hiver au large de Dakar, comme d’habitude, mais un effectif important est noté le 18/4 lorsque pas moins de 5’500 oiseaux se nourrissent devant Ngor. Cape Verde Shearwater: a max. of ca. 5,500 birds were feeding off Ngor on 18/4.
  • L’observation d’un Phaéton à bec rouge adulte sur l’Ile aux Oiseaux de la Langue de Barbarie les 7-12/4 était pour le moins insolite. Red-billed Tropicbird on the Langue de Barbarie’s “Bird Island” on 7-12/4.
  • Un Ibis hagedash survole la maison aux Almadies, Dakar, le 23/8, alors que l’espèce semble toujours présente sur la Petite Côte avec plusieurs observations en octobre. Hadada Ibis: one on 23/8 flying over Almadies, Dakar, and several observations at Somone and Saly. 
  • Le Marabout d’Afrique est vu aux Trois-Marigots (14/4), soit dans une région du pays où l’espèce est maintenant très rare semble-t-il. Marabou Stork at Trois-Marigots. 
  • Un Aigle huppard adulte a survolé le Lac Tanma tout en criant, le 1/10, donc hors de son aire regulière dans le pays. A Long-crested Eagle flew over Lac Tanma while calling, away from its regular range in Senegal
  • L’effectif d’environ 300 Foulques macroules le 16/5 à Ross-Bethio (près du Djoudj) est surprenant à cette période de l’année. A Dakar, il y en a eu deux au Lac Mbeubeusse le 7/10 et autant à Yène-Todé les 21-29/10. Around 300 Eurasian Coots were at Ross-Bethio on 16/5, a high count especially at this time of the year; in the Dakar region, two records of two birds. 
  • Un Trogon narina est de nouveau observé dans la réserve naturelle de Dindéfello (16/2), soit le seul site d’où l’espèce est actuellement connue, suite à sa découverte en 2010. J’allais aussi ajouter deux Bulbuls à queue rousse signalés dans la forêt de galerie au même endroit (3/2) et publiés dans le Bulletin de l’ABC, mais à en lire le rapport de voyage des observateurs on constate que l’identification est loin d’être certaine. Narina’s Trogon was seen again at Dindéfello, the only site in Senegal where the species, which was first recorded here in 2010, occurs. Two Leafloves were reported from the gallery forest here, but it seems that identification is far from certain despite being published in the ABC Bulletin.
  • Le Moineau domestique est maintenant bien implanté à Tambacounda semble-t-il, et l’espèce est vue pour la première fois au Boundou: l’expansion continue! House Sparrow now well established in Tambacounda and reported for the first time at Boundou. 
  • A Lompoul, le Petit Moineau est vu début janvier puis de nouveau confirmé à la fin de l’année, avec plusieurs oiseaux dont des chanteurs, bouchant ainsi un trou dans l’aire de répartition connue. Bush Petronia was found early January and confirmed again at the end of the year, thus filling a gap in the known distribution range.
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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

Quelques donnees de nidification intéressantes – Interesting breeding records:

  • Le Canard à bosse a de nouveau niché au Lac Tanma (f. avec 12 canetons le 1/10); le Dendrocygne veuf a niché au même endroit et à la lagune de Yène. Knob-billed Duck noted breeding again at Lac Tanma, where also White-faced Whistling Duck, which also bred at Yene. 
  • Pas encore de nidification, mais des observations intriguantes de plusieurs Fous bruns dont des couples visiblement formés et montrant un comportement territorial, aux Iles de la Madeleine en avril-mai surtout – à suivre! Au même endroit, 5-6 couples de Sternes bridées étaient présents en juinBrown Boobies showing signs of breeding behaviour (but no confirmed breeding) at Iles de la Madeleine, where 5-6 pairs of Bridled Tern were present in June.
  • La nidification de la Gallinule poule-d’eau est confirmée au Technopole, tout comme celle – déjà constatée dans le passé – de la Talève d’Afrique. Moorhen confirmed breeding at Technopole, where African Swamphen was also seen breeding once again. 
  • Les Echasses blanches ont eu une très bonne année au Technopole, alors que la nidification a été attestée de nouveau dans le Djoudj. Black-winged Stilts had a bumper year at Technopole, while breeding was noted in the Djoudj. 
  • Toujours pas de preuve de nidification (faute d’avoir investi le temps qu’il faudrait!), mais les Tourterelles turques du parc de Hann sont toujours présentes – avis aux amateurs! Still no proof of breeding, but the small population of Eurasian Collared Doves in Dakar is still around. 
  • Un jeune Coucou jacobin vu en octobre près de la Somone constitue une rare donnée de nidification certaine (voire la première?) pour le pays. Un autre juvenile est vu à Patako début novembre Jacobin Cuckoo fledgling near Somone. 
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Bridled Tern / Sterne bridee

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Jacobin Cuckoo / Coucou jacobin

Et enfin, parlons un peu des coins peu connus ou peu explorés – Little explored areas:

  • L’un de ces sites est la forêt de Pout près de Thiès, que nous avons visitée en juin (Circaète brun, Pintade de Numidie, Oedicnème tachard, etc.), et plus encore la forêt de Patako près de Toubacouta, explorée par Miguel en novembre.
  • En Casamance, nous avons pu faire des observations à Kolda en mai, avec observations entre autres du Grébifoulque et du Rale perlé, deux especes rarement notées en Casamance même si elles doivent y être régulières. Egalement en Casamance, on a pu voir des Faucons crécerellettes et un Busard pâle en migration active près de Cap-Skirring, alors qu’à Diembering on a pu confirmer p.ex. la présence de l’Apalis à gorge jaune (+ Phyllanthe capucin et quelques autres spécialités forestières à l’écoparc). Gabriel de son côté a pu visiter la région de Vélingara, avec notamment l’observation d’un Bihoreau à dos blanc. African Finfoot & White-spotted Flufftail at Kolda in Casamance. There appear to be very few, if any, recent records from Casamance even though the species is likely to be widespread. Also in Casamance: Cap Skirring – Lesser Kestrel and Pallid Harrier; ecoparc near Diembering: Yellow-throated Apalis, Capuchin Babbler, etc. Also a White-backed Night-Heron near Velingara. 
  • Quelques visites dans la steppe, les dunes et les niayes près du Lac Rose, trop peu visitées par les ornithos, ont produit des observations d’hivernants peu courants à cette latitude, comme l’Alouette calandrelle, le Traquet isabelle, ou encore le Traquet oreillard A few visits to the steppe, dunes and niayes near Lac Rose, rarely visited by birders, yielded several interesting records of winter visitors that are reputed to be mostly restricted to northern Senegal: Greater Short-toed Lark, Isabelline Wheatear, Black-eared Wheatear.
  • Enfin, en 2017 nous avons pu mener ce qui doit être le premier suivi systématique sur l’ensemble de la saison de migration d’automne des oiseaux de mer, devant Dakar. Les faits marquants comprennent notamment un effectif record de Mouettes de Sabine, un passage impressionnant de Puffins cendrés et de Scopoli, un Puffin de Boyd et un Puffin des Baléares, et bien plus encore – résumé complet iciLast but not least, in 2017 we conducted what was the first extensive seabird migration monitoring effort in Senegal (and more generally in West Africa it seems), with regular observations made from the mainland at Ngor between the end of July and the end of December. Highlights included a record number of Sabine’s Gulls, strong passage of Cory’s and Scopoli’s Shearwater, a Boyd’s Shearwater, a Balearic Shearwater, and much more. 
African Finfoot / Grebifoulque

African Finfoot / Grebifoulque

Que nous apportera 2018? Dans tous les cas, avec un nouvel ajout à la liste nationale des le 1er janvier, l’année a bien commencé!

 

 

 

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And we’re off to a good start… with a new species for Senegal

New Year, New Birds! Apparently I found another new species to Senegal – needless to say that this resulted in a rather successful day out birding. Which left me wondering, rather pointlessly, how many country firsts have been found on the first day of the year.

Lac Rose

So I first went to Lac Rose, and more specifically the steppe to the NE of the lake as this area had produced a lot of good birds last winter, including three or even four Buff-breasted Sandpipers. I was keen to go back and see if any of the “specials” were around again this winter. One of the first birds I found in the short grass was Greater Short-toed Lark, so things were off to a good start.

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Greater Short-toed Lark / Alouette calandrelle

As I started walking on the far end of the steppe, I found a very pale wheatear: a textbook Isabelline Wheatear, just like last year in January.

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Isabelline Wheatear / Traquet isabelle

The same area held three Tawny Pipits and a few other birds, though not the hoped-for Temminck’s Coursers.

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Tawny Pipit / Pipit rousseline

Towards the end of my visit I came across this Southern Grey Shrike – cool bird, but a bit too flighty to allow for decent pictures.

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Southern Grey Shrike / Pie-grièche meridionale

Also around were several Kittlitz’s Plovers (+ Common Ringed and Kentish on the lake shores), at least four Quailfinches thus confirming the species’ presence in the Niayes IBA, a Black-headed Heron, Vieillot’s Barbet dueting in the distance, and so on.

Yene

Next up: the Yène-Tode lagoon. While on my previous visit, barely two weeks earlier (17/12), there was still a good amount of water, by now the lake has all but dried up: just a little trickle here and a small pool there, with just a handful of Black-winged Stilts, Spur-winged Lapwings, a lone Knot, Common Sandpiper and a few other waders. With all the waterbirds gone, I didn’t think I’d see much on this visit, but was soon proved to be very wrong!

Shortly after getting out the car, I located a small flock of Yellow Wagtails feeding on a green patch in what used to be the lagoon just a few weeks earlier. A pipit amidst the wagtails was either going to be a Tree or (more likely) a Red-throated Pipit, so I got the bird in the scope… and was a bit puzzled at first that it didn’t fit either species?! As I approached, it flew off and called a few times, confirming my suspicion: a Meadow Pipit!! It landed a hundred meters or so further in more dense vegetation. I knew this was a good species for the country and wanted to get better views and maybe even a few pictures (I didn’t quite realise it had never been confirmed in Senegal before!), so I went after it, flushed it and again heard the diagnostic hurried hiist-ist-ist-ist flight call. It returned to the original spot, and this time round I got really good views plus a few record shots:

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Meadow Pipit / Pipit farlouse

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Meadow Pipit / Pipit farlouse

Note the dense streaking on a pale buffy background with streaks clotting together on middle of breast, general lack of warm tones (as would be the case for Tree Pipit), fine bill with diffuse yellowish base, absence of clear pale lines on the mantle (as in Red-throated), the “gentle” expression with fairly pale lores, an indistinct supercilium and narrow-ish submoustachial (what a word!) stripe. The rump was clearly unstreaked (thus ruling out Red-throated Pipit) and while I didn’t manage any good pictures of the hind toe, it did appear quite long and pictures show it to be only moderately curved (ruling out Tree Pipit). These pipits are no easy birds to identify on plumage, but luckily the call is so typical and unlike any other pipit that it allowed for a safe ID while I was watching the bird, and I was lucky to get a few decent shots. A few people have asked me to provide more pictures, so here they are – all are originals without any editing except for cropping.

This bird was obviously in a fresh plumage, and can be aged as a first-winter bird based on the shape and colour of the median coverts: the ‘tooth’ on the dark centre with a clear white tip (Svensson 1992) is quite visible in the pictures.

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Meadow Pipit / Pipit farlouse

Meadow Pipit is of course a common species throughout much of Europe, be it as a breeding bird or on passage or as a winter visitor. Its non-breeding range covers western Europe and most of the Mediterranean Basin, extending along the Atlantic coast down to the Canary Islands and Morocco. In Mauritania it is considered to be scarce but regular, reaching as far as the Senegal river delta, more or less as shown on the map below (borrowed from xeno-canto). Surely it must occur at least irregularly in northern Senegal, given its status in nearby Mauritania?

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While relocating the Meadow Pipit, I also flushed no less than eight Red-throated Pipits as well as three Common Quails. Two Collared Pratincoles were hanging out by the last puddles; the Marsh Harriers and most of the Ospreys are now gone, but there were still at least two Short-toed Eagles in the area, with another two along the track back to Rufisque. Two Mosque Swallow were also around, while two Zebra Waxbills were rather unexpected, given that they’re not supposed to occur in the Dakar region (see last year’s post on the sighting of a group at Technopole). Tawny Pipit was another addition to the site’s ever-growing list.

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Collared Pratincole / Glaréole à collier

 

Technopole

Following a very successful morning yesterday at Technopole (Short-eared Owl! Iberian Chiffchaff! Jack Snipe!) I stopped by to have a closer look at the numerous waders, given that yesterday I’d forgotten my telescope at home… Nothing out of the ordinary to report today, just tons of waders, gulls (incl. two Mediterranean Gulls) and lots of Caspian Terns (+150, and now also 27 Greater Flamingos (nine were present yesterday). And I relocated the Iberian Chiffchaff quite easily as it’s singing regularly, and tends to keep to a single bush – more on this in another post.

 

Oh and happy new year!

 

bram

 

Le PNOD, le PNLB, la RNICS & la RNP en images

Si vous arrivez à déchiffrer les acronymes du titre, alors chapeau! Faute d’un meilleur intitulé pour ce billet, et faute de temps pour écrire un long article sur tout ce qu’on a pu voir ces huit derniers jours, je vous présente ici quelques images prises lors de notre virée dans le Djoudj (le PNOD – parc national des oiseaux du Djoudj), le PN de la Langue de Barbarie (PNLB), la réserve naturelle d’intérêt communautaire de la Somone (RNCIS), et la réserve de Popenguine (RNP). Huit jours a se ressourcer en pleine nature, en agréable compagnie de nos amis Jan, Maria, Kajsa et Marnix venus découvrir le Sénégal – le bonheur.

PNOD

A commencer par ces Courvites isabelles vus vers le Grand Mirador du PNOD, trouvés par l’excellent guide Vieux Ngom (qui en passant salue toute l’équipe de Genevois!), dans une atmosphère poussiéreuse comme je l’ai rarement vue. Les courvites aussi j’en avais rarement vus, même jamais en fait! Belle coche donc pour commencer les vacances de fin d’année, d’une espèce régulière dans le nord du pays mais qui jusqu’ici m’avait toujours échappée, ici comme ailleurs d’ailleurs.

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Cream-coloured Courser / Courvite isabelle

Voici pour vous faire une idée des conditions météo, qui se résument tout simplement en “vent + froid + sable + poussière”, mais que notre ami d’Ornithondar a très bien expliqué ici. Jamais eu aussi froid au Sénégal… A peine 15 degrés au petit matin… suffisamment peu pour justifier au moins trois couches pour sortir.

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Aussi vus dans le Djoudj, dans le désordre: les habituelles Grues couronnées, une ou deux Talèves d’Allen, deux couples d’Anserelles naines, Sarcelles d’hiverPie-grièches méridionales, Glaréoles à collier, Tarier d’Afrique, Prinia aquatiquePygargue vocifère, Fauvette orphée, Alouettes calandrelles, et j’en passe. (Pygmy-Goose, Common Teal, Southern Grey Shrike, Collared Pratincole, African Stonechat, River Prinia, African Fish Eagle, Orphean Warbler, Short-toed Lark). Par contre peu de canards et très mauvaise visibilité sur le Grand Lac, mais Jean-Louis et Maha ont tout de même eu quelques Sarcelles marbrées deux jours plus tard, tout comme l’Outarde arabe et plein d’autres choses (Marbled Teal, Arabian Bustard).

Mais aussi Loup africain, Phacochères à volonté, un Crocodile du Nil, et pas moins de trois Pythons de Seba pour le grand bonheur de tout le monde mais peut-être surtout pour mes amis Jean-Louis et Maha, à peine arrivés au Sénégal.

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Warthog / Phaco

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African Rock Python / Python de Seba

PNLB

Passons maintenant au PNLB, ou l’on a passe deux nuits dans notre lodge favori au Senegal: le Zebrabar, niche entre lagunes et ocean, un petit havre de paix qui invite à la relaxation et au far niente… si ce n’était pour tous les oiseaux qu’il y a à découvrir! Même le jour de Noël on ne chôme pas, bien au contraire: en fin de matinee je passe d’abord à la STEP de St. Louis qui comme toujours grouille d’oiseaux, dont le Prinia aquatique, la Rousserolle des canes, plusieurs centaines de Dendrocygnes veufs et fauves tout comme quelques Canards souchets, et une bonne diversité de limicoles (River Prinia, Greater Swamp Warbler, White-faced & Fulvous Whistling-Ducks, Northern Shoveler). Mais surtout, je tombe sur une belle surprise sous la forme d’une Marouette de Baillon que je lève en bordure du sentier entre les deux plans d’eau principaux. Et que j’aurai ensuite le plaisir d’observer et de photographier pendant plus d’une demie heure – quel bonheur! Seulement ma deuxième obs de l’espèce, mais bien meilleure que la première, il y a près de 10 ans aux Pays-Bas.

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon

Au retour de la STEP, brève escale au bord de la piste qui mène au Niokobokk: une Pie-grièche mériodionale (ou doit-on dire Pie-grièche du désert maintenant? voir cet article sur Ornithondar). J’essaierai de revenir sur la question des (sous-)espèces en 2018…

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Southern Grey Shrike / Pie-grieche méridionale

En fin d’après-midi, je pars dans la plaine et la brousse derrière Mouit, là où j’avais eu entre autres Outarde de Savile, Coucou-geai, Oedicnème tacheté et cie. lors de mes précédentes visites. Parcourant la steppe à la recherche de fauvettes (le site me semble idéal pour la Fauvette à lunettes notamment) ou autres pipits, je tombe sur ce Hibou des marais – le sixième au moins depuis début novembre au Sénégal, confirmant ainsi le petit (?) afflux qui a visiblement lieu encore en ce moment. Combien passent inaperçus? J’ai donc une fois de plus dû mettre à jour l’article que j’y avais consacré il y a quelques semaines, avec l’image en plus et quelques obs supplémentaires (dont une de la lagune de Somone).

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Short-eared Owl / Hibou des marais

Ci-dessous le biotope:

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RNICS

Ensuite, après un crochet par Lompoul (Outarde de Savile, Oedicneme tacheté, Petit Moineau, Guêpier d’Orient et j’en passe; Savile’s Bustard, Spotted Thick-knee, Bush Petronia, Little Green Bee-eater), on pose les valises au Dalaal Diam près de la lagune de Somone.

Là, j’en profite pour retourner dans mon coin à Engoulevents à balanciers: rien vu! Ils ont dû repartir sous d’autres cieux. Curieusement, comme en octobre, une Bondrée (Honey Buzzard) me passe par-dessus la tête en filant vers le sud. Vu le plumage c’était un autre individu qu’en octobre, un jeune individu assez roux. Et à la place des Petits-ducs africains, cette fois ce sont au moins deux Chevêchettes perlées (Pearl-spotted Owlet) qui se font entendre de nuit (et parfois de jour) dans le jardin du lodge. Une Cigogne noire (Black Stork) survole le site, un Busard cendré chasse en bordure de la lagune, des centaines de Moineaux dorés du Soudan se mêlent aux Travailleurs a bec rouge et autres tisserins. Et curieusement toujours, je trouve deux Hypolaïs pâles (Eastern Olivaceous Warbler) non loin de la zone où j’avais déjà observé cette espèce peu connue en Sénégambie, en mars 2016. Hiverneraient-ils dans le secteur? Les deux oiseaux évoluaient ensemble et étaient peut-être en couple, à moins qu’il ne s’agisse de deux mâles se disputant un buisson stratégique… Quoiqu’il en soit, l’identification était relativement simple car les deux oiseaux hochaient activement la queue tout en ouvrant les ailes vers le bas, et la structure (notamment le bec plus fin) et les critères du plumage concordent; le chant semblait aussi assez différent de l’Hypolaïs obscure – je dois encore traiter et analyser les quelques prises de son, qui je l’espère ne seront pas trop affectés par le vent.

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Eastern Olivaceous Warbler / Hypolaïs pâle

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Eastern Olivaceous Warbler / Hypolaïs pâle

RNP

Point de photos de Popenguine à part un jeune Circaète Jean-le-Blanc (Short-toed Eagle) un peu flou, mais à signaler notamment neuf ou dix Hirondelles de rochers (Crag Martin), deux Monticoles bleus (Blue Rock Thrush), quelques discrets Bruants d’Alexander (Gosling’s Bunting), 4-5 Beaumarquets melba, 2-3 Sporopipes quadrillés (Speckle-fronted Weaver). Visite depuis Guéréo, hier matin 29/12. Au retour, on passe par le Lac Rose, ce qui permet d’ajouter le Goéland d’Audouin à la liste.

Voilà pour ce tour d’horizon, pas si rapide finalement.

Prochaine expédition: la moyenne vallée du fleuve, dans une semaine à peine. Avant cela, on va essayer de profiter des quelques jours de congés restants pour passer au Technopole, les steppes du Lac Rose ou encore la lagune de Yene.

 

 

A bit of news from our little neighbour

It’s about time we reported some news from Gambia on this blog.

Clive Barlow’s recent appointment as official bird recorder for The Gambia is a great excuse to do so. Given its peculiar enclaved geography – just like my home country, a bit of an accident of history, Gambia has always had close ties to Big Brother Senegal, in many ways – cultural, religious, linguistic, ethnic, economic… In the same way, Senegal’s and Gambia’s wildlife and ecosystems are of course intricately connected. A key difference, however, is that despite it being just about 6% of the size of its neighbour, The Gambia has a much higher density of resident birders, birding tours, and local guides, and as such is far better covered, ornithologically speaking, than Senegal.

Want some examples to illustrate the connections between the two? Here’s a first one: the wanderings of Abuko, one of several Gambian “Hoodies” that are equipped with satellite tracking devices. As a youngster, this particular Hooded Vulture was a keen traveler, having covered a good deal of central Senegal, Western Casamance (where it seemingly has taken up residence), and upriver Gambia. The map below shows its movements for the past 4 years.

Abuko movements 2017-12-03

 

Another example are the Slender-billed Gulls, Caspian Terns, and Royal Terns that breed in Senegal’s Saloum delta, many of which make it to The Gambia at some point. Take for instance Slender-billed Gull “POL” ringed as a chick in June 2014 at the Ile aux Oiseaux, and seen at Tanji Bird Reserve on 16/3/15, 14/4/15 and again the following winter, on 5/2/16. Among the 40+ other recoveries of the Saloum’s breeders in TG, another one is AUF: ringed on 15/6/15 at Jakonsa (also in the PNDS), it was seen on 26/8/15 at Tanji, and then almost a year later, on 26/6/16, at our very own Technopole.

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Slender-billed Gull / Goéland railleur “POL” (John Hamilton & CrB)

 

And now for the very official announcement of Clive’s appointment, by the West African Bird Study Association from Gambia (WABSA):

“As from 15 Oct 2017 WABSA is pleased to appoint Clive R Barlow as the voluntary Country Recorder for bird observations in The Gambia. WABSA intends an annual Gambia bird report & general update of activities for presentation to DPWM & this publication will then will be accessible to all resident ornithologists & visiting birders. The work will also compliment the GIS bio diversity project currently under planning at DPWM. More news of e.g. single species enquiries, colour ring reports, nest/breeding records, will be notified as the project develops. In the meantime various report forms are being developed but feel welcome to email your ad hoc records, trip reports etc past, present & future to CliveRB [email]. Additionally, all related field research activities will involve WABSA and DPWM staff also to partake voluntarily in the absence or presence of funding. ”

So, if you visit TG: please send your records, whether of common birds or rarities, to Clive.

Clive also runs a project on the phenology of Paleartic passerine migrants to The Gambia, running from as far back as 1965 to present, systematically recording the first arrival  and last departure dates in the coastal area (Banjul – Tujering). In 2017, we have for instance the last record of Western Olivaceous Warbler in 29/03, with the first return bird as early as 28/07, while Subalpine Warbler was last seen on 26/04 and had a first returning bird on 06/10; Common Swift 14/04 & 30/07, etc. The first Common Nightingale of the autumn was heard singing on 13/11.

Watch this space for more trans-border collaborations and publications! (next up: Great Shearwater in Senegambia, status of Kelp Gull, and more!).

I certainly hope to make it to TG some time soon, to see what’s all the fuss about and visit some of the hotspots such as Tanji, Kartong, Abuko Forest, Kiang West and so on.

And meet CrB in real life 😉

 

For now, I’m off to the Djoudj, Langue de Barbarie, Lompoul and Somone. Happy holidays!

 

(Featured image: “Beach Boys” by CrB, 2017)

 

 

 

Yène 17/12: a rare duck, more waders & migrants

And Yène delivers again!

I went back to our little hotspot on Sunday morning to see what new there was to be found – and whether I could relocate three vagrant ducks that Miguel and colleagues spotted here the previous weekend (my first proper Sengalese twitch!). The lagoon is quite literally shrinking by the day at the moment, so not very much water is left by now – meaning that all waders and other remaining water birds were fairly concentrated in a small-ish area, not all of which is visible from the main viewpoints.

There were tons of waders so it took some time to go through them and count or estimate each species, resulting in the following totals:

  • A few hundred Black-winged Stilts (2-300?), still five Avocets
  • More than 320 Common Ringed Plovers, again at least two Little Ringed Plovers, but also a couple of Kentish and at least 39 Kittlitz’s Plovers; also several Grey Plovers
  • At least 70 Marsh Sandpipers was a pretty high count, even for Senegalese standards (I actually can’t remember ever seeing so many – at one point, about 50 birds were feeding in a single group). Unusually, Marsh Sandpiper was actually the most abundant Tringa wader. Technopole also has more than usual at the moment. There were about 30 Wood Sandpipers, and a handful each of Greenshanks, Redshanks, and Green Sandpipers.
  • About 60 Ruff scattered throughout
  • 200 Sanderling, 120 Little Stints, ca. 30 Dunlin, one Curlew Sandpiper
  • One Turnstone and Bar-tailed Godwit each
  • Three Common Snipes

The Pintails, Garganeys, Shovelers and even the White-faced Whistling Ducks seem to have left as the lagoon is probably too shallow now. Instead there are now three Common Shelducks! I didn’t see them at first, but after about half an hour of sifting through the waders, they were suddenly there, actively feeding on the opposite end of the lagoon and seemingly feeling quite at home here! Maybe they’ll end up staying for a few more days or weeks, until the lagoon dries up.

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Common Shelduck / Tadorne de Belon 1st c.y.

 

Not a species I thought I would ever see here: despite its name, it’s definitely not common in Senegal! With only six published records it should be considered a real vagrant to the country. The regular winter range of Tadorna tadorna extends along the Moroccan coast, with very small numbers reaching as far south as Mauritania, though apparently the species remains pretty rare even in the Banc d’Arguin NP. Olivier Girard very conveniently summarised the status of the species in West Africa, in a short paper published in the African Bird Club Bulletin in 2009¹. In his overview, he lists 28 records, almost half of which are from Mauritania, and just five from Senegal. One was apparently overlooked despite being published in the well-known “Annotated check-list of birds occurring at the PNOD, 1984-1994” by Rodwell and colleagues, while the location of another record is incorrect.

As far as we know, no other records have been published nor have any been reported to the ABC, on eBird, or on observado.org since Girard’s summary. As such, these should be all previous Shelduck records for Senegal:

  • Seven, Delta du Senegal, 27/12/73 (Morel & Morel)
  • Two immatures at Djoudj NP, 21/1/74 (Morel & Morel)
  • Two on 12-28/2/90 in the Djoudj NP (M. Fouquet in Rodwell et al. 1996)
  • 15 in the Djoudj NP, Januart 1996 (Yesou et al. 1996)
  • One in Djoudj NP, Jan. 1997 (Triplet et al. 1997)
  • Two on 5/1/97 at Yène-Todé lagoon (= in Dakar region and not “Siné-Saloum” as incorrectly stated by Girard.

And so now, more than 20 years later, we have three first-year birds from 9 to 17/12/17 at Yène-Todé, again!

It’s intriguing that there are so many more old records, given that observer coverage surely must have improved in the last 20-30 years – and that mid-winter waterbird counts are systematically conducted in the Djoudj and most other large wetlands (I really ought to get access to the database with past counts, as there don’t seem to be any published reports available?). What’s more, Shelducks have been on the increase in many parts of their Western European range, so one would logically expect more birds to show up in this part of the world. Maybe milder winters push fewer birds to the southern end of their range, or the populations that have increased are more sedentary than others? In better-watched Mauritania, at least during the first decade of the 21st century, there are just six records listed since 2000, one of which was near the border with Senegal in the Aftout es Saheli in January 2007, while elsewhere in the delta, Shelducks were seen in December 1995 and three times between Nov. ’98 and Jan. ’99: not much!! Three records each are known from Mali, Ghana and Niger, with one from Guinea (January 2006).

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Common Shelduck / Tadorne de Belon

 

So what else was about? Glossy Ibis is still present (at least 3 ind.), and now no less than 28 European Spoonbills, most of which arrived from the NW and landed in the central part of the lagoon. As usual there were several Osprey and Marsh Harriers, plus an immature Short-toed Eagle hunting around the lake’s edge, a pair of Red-necked Falcons roosting on a tree, and a Common Kestrel (and on 9/12, Miguel & co. had a fine Barbary Falcon).

The flock of gulls and terns held the usual Caspian, Royal, Sandwich and Common Terns, but just a few Audouin’s Gulls, LBBGs, Slender-billed, Grey-headed and Black-headed Gulls this time round.

Just like on my last visit, Red-throated Pipit was present on the lagoon’s edge: I first heard its sharp pssiiiii call in the SE corner, then briefly saw (and heard) what was probably a second bird, a few hundred meters further. Two Tree Pipits were also present.

Other migrant songbirds included Yellow Wagtails of course, plus Northern Wheatear, Subalpine Warbler, Common Whitethroat, Sedge Warbler, and Woodchat Shrike.

All in all, another very enjoyable morning out at Yène!

Technopole update

A Technopole pit-stop on the way back to Dakar resulted in yet more waders, with still some 300 Black-tailed Godwits around (just one ring could be read, as most birds were feeding or resting in deeper water) and lots of other waders. On my previous visit, we managed to read six rings, mostly in this flock of BTGs feeding on land:

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The water levels are already quite low and I’d reckon that they are about the same as in April 2017: let’s hope that the site doesn’t completely dry up by the end of the dry season!!

More of a surprise was an adult African Spoonbill (also two Europeans) resting on one of the islets, its deep crimson face just about visible. Surprising, because it’s not a frequent visitor to Technopole, and so far my only records have been in April and May.

A Common Moorhen with a very young chick, confirming local breeding of the species. Other than that, lots of Lesser Black-backed Gulls (+300), a few Audouin’s Gulls, a White-winged Tern feeding among the Black Terns, at least two Knot, lots of Ruff, etc. An adult male Peregrine Falcon may be the same bird that I see almost daily on the Diarama hotel.

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Peregrine / Faucon pèlerin

 

¹ Girard, O. 2009. Le Tadorne de Belon Tadorna tadorna en Afrique de l’Ouest. Bull ABC 16: 180-183.

 

 

La migration en mer devant Dakar: l’automne 2017 (2ème partie)

Comme promis, ci-dessous la suite de notre petite synthèse du suivi de la migration à Ngor. Au cas où vous l’auriez loupée, la première partie se trouve ici.

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Pomarine Skua moulting / Labbe pomarin en mue (2nd c.y.?), Nov. 2017

Je reprends ici le tableau des espèces, même si cette deuxième partie traite uniquement des limicoles, labbes, laridés, sternes et de quelques autres migrateurs (cliquez/tapez pour agrandir).

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Limicoles (Waders)

  • Huîtrier pie (Eurasian Oystercatcher): vu lors d’une séance sur quatre, c’est avec l’espèce suivante le limicole le plus régulier. Généralement des oiseaux isolés ou par 2-3 ensemble, rarement plus (max. de 7 le 12/10).
  • Courlis corlieu (Whimbrel): de loin le limicole le plus nombreux, avec plus de 500 oiseaux dénombrés. Le passage s’effectue – sans surprise – tôt en saison, les premiers oiseaux étant observés le 28/7 (certainement que d’autres les avaient déjà précédés courant juillet, le Corlieu étant l’un des migrateurs paléarctiques les plus précoces). Le matin du 9/8, ce ne sont pas moins de 293 Courlis corlieux qui passent devant le Calao, en 3h30 de suivi… impressionnant! Les effectifs deviennent plus modestes dès le début du mois de septembre, avec un dernier migrateur supposé le 27/10.
  • Barge rousse (Bar-tailed Godwit): ce limicole venu du Grand Nord est bien moins fréquent que l’espèce précédente, qu’il accompagne d’ailleurs volontiers. Plus de la moitié des 67 barges sont vues le 24/8, après quoi le passage est occasionnel avec des petits effectifs à chaque fois.
  • Phalarope à bec large (Grey Phalarope): le seul limicole “pélagique”, cette espèce ne s’observe pas très souvent depuis le Calao; seuls une centaine d’oiseaux sont vus dont 70 qui passent en trois groupes le 28/10, suivis par 24 le 6/11. Quelques observations lointaines de limicoles indéterminés qui pourraient bien se rapporter à cette espèce.
  • D’autres limicoles vus en migration active sont le Courlis cendré (deux le 5/9), le Grand Gravelot, les Chevaliers gambette, aboyeur, guignette et même culblanc, le Combattant varié; aussi Bécasseaux sanderling, cocorli, variable, minute, et le Tournepierre. La plupart de ces limis sont vus lors des matinées pluvieuses, ou après des averses nocturnes, comme ce fut le cas le 24/8 lorsque pas moins de neuf espèces sont vues en migration active.
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Oystercatcher / Huîtrier en escale devant le Calao

Labbes (Skuas/Jaegers)

Avec un total de 5’882 labbes dénombrés, il s’agit là du 3e groupe le plus nombreux à passer devant Ngor, après les puffins (36’335 ind.) et le sternes (22’307 ind.).

  • Labbe de McCormick / Grand Labbe (South Polar / Great Skua): la présence des deux espèces a été confirmée dans les eaux dakaroises, mais leur identification reste toujours délicate voire impossible sur le terrain, du moins en l’absence de bonnes photos. Ceci vaut encore plus pour les oiseaux vus en migration active, typiquement vus de loin et pendant quelques secondes ou 1-2 minutes tout au plus, leur séparation est généralement impossible. J’ai donc noté seulement quelques individus typiques comme étant des McCormick sûrs, soit les oiseaux de forme claire ou intermédiaire vus suffisamment bien. Le premier “grand labbe” est vu le 23/8 déjà – date hâtive pour un Grand, donc plutôt McCormick? – puis des isolés passent les 18 et 20/9. Le 8/10 je note un McCormick, le lendemain deux “sp.”, trois le 14/10, puis ce n’est que du 18/10 au 31/10 que ces oiseaux sont vus quasi quotidiennement, avec un max. horaire de 8 le soir du 24/10 – un peu moins donc que l’an dernier à la même période. Encore deux observations fin novembre et une le 3/12, portant le total à 75 oiseaux pour la saison.
  • Labbe pomarin (Pomarine Skua): avec un minimum de 3’368 oiseaux comptes, c’est l’une des espèces les plus nombreuses à passer devant Ngor. Le passage est régulier dès le 31/8, culminant dans la dernière semaine d’octobre et la première décade de novembre. Le maximum est noté le 7/11: pas moins de 957 individus en deux heures de suivi a peine! La fin du passage n’est pas incluse dans ce suivi 2017, car des oiseaux continuent de migrer encore, en nombres variables selon les jours, jusqu’à la 2e décade de décembre en tout cas (p.ex. 47 inds. en 75 min. le 15/12), avec certainement encore quelques oiseaux encore tout à la fin du mois. A noter qu’une bonne partie des 1’731 labbes non identifiés étaient sans doute des Pomarins – probablement au moins les deux tiers, car en plus d’être de loin le labbe le plus fréquent, la plupart des labbes non identifiés sont ceux qui passent loin au large, et on a l’impression – partagée par les équipes des années 2000 – que le Pomarin passe généralement plus au large que le Parasite, qui lui migre volontiers plus près des côtes. Sur l’ensemble de la saison, le rapport Pomarin/Parasite s’établit à environ 6:1.
  • Labbe parasite (Arctic Skua): espèce très régulière bien qu’en petits effectifs, de la dernière décade d’août jusqu’à la fin de la saison. Comme indiqué sur le graphique ci-dessous, il n’y a pas eu de pic bien net, contrairement au labbe précédent qui passe en force pendant une période bien concentrée. On constate également des différences dans le comportement de ces deux labbes: lors des jours de forte migration, les Pomarins passent souvent en groupes lâches comprenant jusqu’à plusieurs dizaines d’individus (max. env. 70 ensemble!), alors que le Parasite migre typiquement seul ou en paires, rarement plus de 3-4 oiseaux ensemble. Autre différence, le Pomarin migre régulièrement assez haut dans le ciel.
  • Labbe à longue queue (Long-tailed Skua): sur les 125 individus dénombrés, 123 sont passés vers le SW – effectif probablement légèrement sous-estimé, car quelques labbes indéterminés sont notés comme “Longue queue ou Parasite”. Ce labbe peut être vu de la mi-août jusqu’à mi-novembre, bien que les deux derniers individus (16 et 21/11) n’étaient pas en migration active: sans doute des oiseaux en escale. Les adultes passent surtout en août et septembre, alors qu’en octobre on voit essentiellement des immatures. Malheureusement je n’ai pas eu le luxe de noter les classes d’âge pour les labbes – là j’aurais besoin de renforts! – donc difficile d’en dire plus sur la répartition précise des immatures et des adultes au fil de la saison chez les trois “petites” espèces.

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Mouettes & Goélands (Gulls)

  • Mouette de Sabine (Sabine’s Gull): cette belle mouette est sans aucun doute l’une des espèces phares du site, et cette saison on n’a pas été déçus: après un avant-coureur vu le 9/8 déjà, le passage s’amorce timidement dès la fin août, pour devenir régulier à partir du 18/9 au moins. Un premier petit pic est noté le 21/9 (66 inds. en 1h15), puis le 10/10 (84 en 1h30), le 16/10 (182 en 2h)… effectifs qui nous semblaient déjà tout à fait corrects. C’était sans compter (pour ainsi dire!) sur la suite de la saison: Après cinq jours avec à peine quelques individus (sans doute lié aux vents dominants du N/NNE), j’en vois 484 en 2h30 de suivi le 24/10, puis le matin du 25/10, Miguel et moi en comptent pas moins de 1’415 (!) en 3h30, avec encore 77 individus supplémentaires comptés le soir en 1h20. Cela porte donc le total à 1’492 Mouettes de Sabine: à notre connaissance il s’agit là d’un nouveau record journalier pour le Sénégal et sans doute pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. En extrapolant, on peut estimer l’effectif total à quelques 4’850 oiseaux pour cette seule journée du 25/10! Quel spectacle que de voir des groupes de 20, 30 Mouettes de Sabines défiler à la queue-leu-leu… Il y a encore eu quelques bons jours début novembre, puis la migration s’arrête assez brusquement après le 13/11, lorsque les vents tournent vers le N/NE. Deux retardataires le 21/11 et un seul le 1/12 portent finalement le total de la saison à 3’326 oiseaux. Plus encore que pour les autres espèces pélagiques, le passage de cet oiseau devant les côtes est fortement influencé par la direction des vents: quasiment toutes les observations sont faites par vent modéré d’ouest à nord-ouest. Les autres jours, elle doit passer bien plus au large. Là non plus, il n’a pas été possible de tenir des statistiques sur les âges, mais c’est sûr qu’il y avait en tout cas cette année une forte proportion d’adultes; les juvéniles sont plutôt vus en fin de saison.

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  • Pour ce qui est des autres laridés, il y a surtout le Goéland d’Audouin: (voir cet article pour en savoir plus sur son statut au Sénégal) et le Goéland brun (Audouin’s & Lesser Black-backed Gulls). Une centaine pour le premier (env. 85 vers le SW) et 24 oiseaux (dont 14 vers le SW) pour le deuxième, auxquels il faut ajouter 16 “grands goélands indéterminés”, soit des Leucophées, bruns ou dominicains. Un très probable Goéland dominicain (Kelp Gull) passe le 11/8. Le Goéland railleur est vu à cinq reprises seulement, entre le 9/8 et le 8/11, la Mouette à tête grise seulement deux fois (isolés les 18 et 24/9) (Slender-billed & Grey-headed Gulls).

 

Sternes (Terns)

  • Sterne arctique / pierregarin (Arctic / Common Tern): cette paire regroupe 50% (49,8% pour être précis!) de toutes les sternes notées en migration, mais vu la difficulté de distinguer entre les deux taxons lorsque les groupes défilent rapidement devant le site de suivi, j’avais fait le choix de toujours les grouper – ce qui une fois de plus montre les limites de faire un tel suivi tout seul! De plus, j’ai dû estimer le passage certains jours de fort passage, et lorsque les oiseaux passaient très proches du rivage voire haut dans le ciel (surtout le cas avec l’Arctique) j’ai dû en louper pas mal. Du coup, difficile d’interpréter la phénologie telle que suggérée par la courbe ci-dessous. On y note toutefois un net pic à fin septembre, avec une moyenne horaire de près de 300 individus. Le pic de la Sterne arctique se situe apparemment plus tôt en saison (fin août/début septembre); celui de la Pierregarin environ un mois plus tard.

Common-ArcticTern_2017_chart

  • Sterne de Dougall (Roseate Tern): le total de 98 individus est à considérer comme un stricte minimum, car plusieurs individus sont sans doute passés inaperçus dans le flot de Pierregarins et Arctiques sans se faire détecter. Quoiqu’il en soit, la phénologie est assez nette, le passage étant régulier du 24/8 au 20/10, avec un dernier individu le 24/10. Le pic doit se situer à la mi-septembre, mais en l’absence de suivi du 7 au 17/9, difficile d’en dire plus. Un groupe inhabituellement grand (19 inds.) passe encore le 13/10.
  • Sterne naine (Little Tern): avec 186 individus, cette espèce peut être considérée comme migratrice régulière, en faibles effectifs, de fin juillet à fin octobre ou début novembre (un dernier oiseau est vu le 29/11, mais celui-ci n’était pas en migration active).
  • Sterne caugek (Sandwich Tern): près de 4’000 individus dénombrés, surtout de la mi-août à la mi-octobre, bien que le passage s’étale sur toute la saison: déjà fin juillet, des petits groupes sont notés, mais à partir de novembre il devient de plus en plus difficile de faire la part entre migrateurs actifs et oiseaux partant vers les reposoirs ou les sites de nourrissage situés plus au SW du Calao.

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  • Sterne voyageuse (Lesser Crested Tern): les premiers oiseaux sont vus dans la première décade d’août qui marque le début du passage régulier, qui s’étale jusqu’à la mi-novembre. Comme pour l’espèce précédente, il est parfois difficile de distinguer entre oiseaux en migration active et hivernants locaux. En effet, entre deux et cinq oiseaux fréquentent régulièrement la baie de Ngor dès le mois de septembre. Le très modeste pic du passage semble se situer dans la dernière décade de septembre.
  • Sterne royale “africaine” (African Royal Tern): très régulière mais rarement vue en nombres importants, cette sterne est vue tout au long de la saison, mais dès début octobre le passage ralentit fortement pour ne concerner plus que quelques individus (là aussi, il a souvent été difficile de faire le tri entre locaux et migrateurs). Au nord de Dakar, cette espèce ne se reproduit que dans deux grandes colonies, soit celles de la Langue de Barbarie et du Banc d’Arguin.
  • Sterne caspienne (Caspian Tern): vue irrégulièrement: seulement douze données sur l’ensemble de la saison, pour un total de 31 oiseaux présumés migrateurs actifs (max. 12 le 18/9; les trois derniers individus n’étaient probablement pas des migrateurs). L’origine de ces oiseaux peut être européenne ou africaine.
  • Guifette noire (Black Tern): l’une des espèces les plus régulières, avec un “taux de présence” de 87%: elle a donc manqué à l’appel seulement lors de quelques sessions. Effectif maximal de 740 individus le 22/9, lorsque plusieurs milliers ont dû passer devant Dakar. A noter que j’ai entendu des migrateurs nocturnes à plusieurs reprises migrer au-dessus de la maison aux Almadies lors du pic de fin septembre. Une Guifette moustac (Whiskered Tern) est vue le 14/10, mais d’autres sont certainement passées inaperçues, tout comme quelques Guifettes leucoptères ont pu passer au milieu des noires.

BlackTern_2017_chart

Autres taxons

J’en ai déjà mentionné plusieurs ici, donc juste pour résumer voici les autres espèces vues en migration active devant Ngor:

Trois Hérons cendrés et deux pourprés passent le 24/9, alors que des Grandes Aigrettes (1 le 12/10, 5 le 31/10) étaient probablement des migratrices en escale (une Aigrette intermédiaire était également présente le 31/10). Un Balbuzard est noté en migration active le 5/10, tout comme un Busard des roseaux le 12/10, un Faucon crécerellette le 15, et des crécerelles le 27/10 (2 ind.) et le 20/11 (1 ind.). Une Tourterelle des bois passe devant le Calao le 5/9, puis il y a eu ce fameux Hibou des marais le 2/12. Peut-être l’espèce la plus insolite a été la Huppe fasciée, avec deux observations d’individus ayant le même comportement les 18 et 24/9: à chaque fois, je repère l’oiseau arrivant du N ou du NNE volant au-dessus de l’océan et se dirigeant vers Ngor. Seuls quelques Martinets noirs sont vus en tout début de saison (les 5 et 12/8), avec un probable Martinet pâle, vu la date, le 22/10. Quelques Bergeronnettes printanières sont vues ou entendues entre le 14 et le 28/10, alors qu’une Bergeronnette grise survole le site le 30/11. Et enfin deux passereaux en escale sur les rochers ou la petite plage du Calao: quatre Traquets motteux (16/10-29/11) et deux Rougequeues à front blanc (14 & 24/10).

 

Je doute fort que j’aurai le temps de refaire un tel suivi l’automne prochain… bien qu’avec un peu de renforts lors des périodes “stratégiques” il doit être possible de faire encore mieux que cette année. Pour l’instant, on va essayer de renforcer le suivi au printemps (fin février / fin mai) mais là non plus ce ne sera pas possible tout seul… avis aux amateurs!

 

La migration en mer devant Dakar: l’automne 2017 (1ère partie)

Voici donc une première ébauche de synthèse de la saison de seawatch 2017, que j’espère pouvoir retravailler par la suite pour une petite publication. En effet, c’est à notre connaissance la toute première fois qu’un suivi aussi exhaustif est fait sur l’ensemble d’une saison. Les efforts précédents ont presque toujours porté sur une période courte (1 à 3 semaines), généralement en octobre. Il y avait donc pas mal de spéculation quant à la phénologie et l’abondance de certaines espèces qu’on supposait passer plus tôt ou plus tard en saison.

Comme le note Niklas Holmström sur son site Senegal seawatching (qui bien qu’il date un peu, contient toujours une multitude d’infos pratiques): “septembre, fin novembre et décembre restent inexplorés et sont des périodes intéressantes pour les pionniers du seawatching ayant envie de faire des découvertes. Les possibilités d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses sur ce mystérieux groupe d’oiseaux sont encore énormes, surtout en ce qui concerne l’identification, la mue et les migrations!”. On trouvera notamment une liste des oiseaux de mer vus depuis Ngor ou au large depuis des bateaux, ainsi qu’une synthèse des effectifs notés par les diverses équipes ayant fait des suivis dans les années ’90 et 2000.

J’avais déjà fait un premier point sur la saison 2017 ici, et une note sur notre sortie en mer est consultable ici. Et pour une petite synthèse du passage prénuptial, se rendre ici.

Scopoli's Shearwater / Puffin de Scopoli

Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli, Ngor, Nov. 2017

Ces derniers mois, j’ai donc élu domicile sur la terasse du Calao, ayant fait 92 séances (82 dates différentes) entre le 22 juillet et le 5 décembre, pour un total de 125 heures de suivi (et j’ai dépensé une petite fortune en espressos, à 1’500 CFA la tasse, et même pas reçu de rabais!!) Soit une présence sur près de deux jours sur trois pendant la période; quelques séances ont été assurées par Miguel Lecoq lorsque j’étais absent et d’autres ont été faites en sa compagnie – un grand merci à lui! Sans exception, toutes les observations ont été effectuées depuis le Calao de Ngor, généralement le matin entre 7h30 et 9h30 à l’exception de quelques séances plus longues ou en fin de journée. Au final, ce sont un peu plus de 69’000 oiseaux qui ont été comptés.

Les principaux “trous” dans le suivi étaient fin juillet/début août, la 3ème semaine d’août, du 7 au 17 septembre, et les cinq premiers jours de novembre. On a donc fourni un gros effort pour avoir un suivi aussi complet que possible, mais le faire tout seul (ou presque) est bien sûr impossible. Du coup je suis allé observer un peu moins dans d’autres coins ces derniers mois (Technopole, mais aussi Pointe des Almadies, Ngor, Mamelles, Iles de la Madeleine…), mais surtout, j’ai encore plus souvent que d’habitude été absent de la maison, surtout le matin… j’en profite donc pour m’excuser auprès de ma petite famille, et à remercier Madame pour son niveau de tolérance élevé!

On a essayé de compter toutes les espèces de manière systématique, plus particulièrement les puffins, océanites, sulidés, limicoles. labbes, laridés et sternes. A quelques occasions des estimations ont dû être faites pour les sternes, car certains jours lors de passages soutenus c’était impossible de compter tous les oiseaux tout seul. Idem lorsqu’on se trouve devant un flux de plusieurs milliers de puffins. Pour les sternes en particulier, il est parfois difficile de distinguer entre oiseaux en migration active et individus stationnant ou se nourrissant dans la zone; il en est de même pour les Goélands bruns et d’Audouin, surtout en fin de saison.

Essai de synthèse…

Par où commencer? Peut-être par les faits les plus marquants, et notamment les passages impressionnants de Mouette de Sabine, Puffin cendré/de Scopoli, et Puffin majeur avec apparemment des records battus pour chacune de ces espèces. Pas de grandes raretés vues, mais tout de même quelques migrateurs peu courants sont notés, comme le Puffin des Baléares ou le Puffin de Boyd. L’absence ou la quasi-absence de quelques oiseaux de mer comme le Pétrel de Bulwer et les océanites est aussi à relever; ces espèces seraient plus faciles à détecter depuis l’ile de Ngor car on se trouve d’une part sur un point de vue plus élevé, d’autre part plus proche des migrateurs que le Calao.

Aussi 2-3 espèces inattendues, avec notamment un Hibou des marais qui arrive depuis le large, le 2/12, ainsi que deux observations de Huppe fasciée et une de Tourterelle des bois en migration active.

Le tableau ci-dessous est une tentative de résumé du passage des principales espèces: vous y trouverez le total compte, le “taux de présence” (rien de scientifique ici! juste le % de jours de présence de chaque espèce), les premières et dernières dates, ainsi que la date et l’effectif maximal, sous forme de nombre d’oiseaux par heure. En effet, vu que je n’ai pas pu faire un suivi exhaustif avec une présence continue chaque jour (j’aurais dû prendre quatre mois de congés, et encore!), il a fallu trouver un moyen de standardiser afin de pouvoir comparer l’intensité du passage au cours de la saison. J’ai donc calculé pour chaque jour le nombre d’oiseaux passant par heure, puis pour faire les graphiques de présence c’est la moyenne des effectifs par heure que j’ai utilisée. Pas sûr si ça tient la route tout ça, à creuser encore… d’ailleurs s’il y en a qui ont des idées pour analyser les données de manière à les rendre pertinentes, je suis preneur…

Seawatch_2017_Summary

Maintenant pour une brève discussion pour chaque espèce:

Puffins (Shearwaters)

  • Puffin cendré & de Scopoli (Cory’s/Scopoli’s Shearwater): ces deux taxons sont très difficiles à distinguer donc ils sont regroupés ici; avant c’était d’ailleurs bien plus simple car ils étaient traités comme des sous-espèces et non des espèces à part entière. On ne sait pas trop dans quelle proportion chacune des deux espèces est présente, mais c’est sûr qu’il y avait aussi bien de Scopolis que des cendrés. Je soupçonne toutefois que les Scopolis sont largement majoritaires, selon nos observations de l’an dernier et aussi lors du pélagique de mi-novembre. Idem d’ailleurs fin octobre devant les côtes marocaines, avec moins de 10% de cendrés sur les 500 Calonectris vus par l’équipe de Limosa. Voir aussi cette discussion sur l’identification de ces puffins ici. Vus lors de chaque séance à partir du 23 octobre, initialement en petit nombre (1-14 ex., 23-28/10), puis dès le 30/10 le passage s’intensifié: près de 100 ind. par heure le 30, pour culminer du 6 au 11/11. Pendant ces six jours, le flux de puffins est quasi continu, avec presque tous les jours plus de 1,000 oiseaux par heure (max. 4157/h. le 6/11, soit 70 individus par minute). Il est probable que ce passage très concentré ait commencé quelques jours plus tôt, mais il n’y a pas eu d’observations du 1er au 5/11. Après le 11/11 le passage devient moins constant, peut-être en raison du changement de la direction dominante des vents (NE au lieu de N/NW) bien qu’il concerne toujours quelques centaines d’oiseaux par heure du 14 au 16 et le 19/11. Les 3-4/12 il y a de nouveau pas mal d’oiseaux qui défilent – passage qui peut d’ailleurs durer jusqu’à fin décembre, du moins certaines années. En tout, plus de 32,000 individus sont comptés, soit près de la moitié (47%) de l’effectif total toutes espèces confondues.

Corys-ScopolisShearwater_2017_chart

  • Puffin du Cap-Vert (Cape Verde Shearwater): vu à quelques reprises seulement, bien qu’il soit possible que quelques individus soient passés inaperçus dans les gros mouvements de l’espèce précédente. Les quelques oiseaux vus n’étaient pas forcément en migration active, comme p.ex. ce groupe de 11 individus qui se nourrissent devant Ngor le 11/10. Deux puffins vus fin juillet et quatre début août étaient peut-être bien des Cap-Vert, mais trop lointains pour en être certain… Cette espèce doit d’ailleurs être bien plus nombreuse au large, comme en témoignent nos observations du 15/11 lors de notre sortie en mer. La présence de l’espèce devant Dakar semble d’ailleurs hautement variable d’une année à une autre.
  • Puffin majeur (Great Shearwater): l’une des grosses surprises de la saison fut le passage tout à fait inattendu de centaines d’individus début décembre… alors que seul un individu avait été vu début novembre. Fait étonnant, ce passage a eu lieu quasi uniquement le soir: le dimanche 3/12, je note 157 Puffins cendrés/de Scopoli en deux heures de suivi le matin, et en retournant en fin d’après-midi – espérant voir un peu plus de labbes – c’est un flot continu de puffins qui se présente devant moi, avec plus de 700 individus notés en 40′, dont env. 200 Puffins majeurs! Le lendemain pareil: très peu de puffins le matin (juste 14 de type cendré et un fuligineux), mais le soir il y a une bonne centaine de majeurs qui passent vers le sud-ouest, avec un passage soutenu qui dure jusqu’au crépuscule au moins. Vraiment étonnant et tout à fait exceptionnel! Comme quoi, ça vaut la peine de ne pas seulement faire du seawatch le matin – quelque chose qu’on savait déjà pour les labbes, mais pour ces Puffins majeurs ce passage uniquement “vespéral” était vraiment inattendu. Logiquement il s’agirait d’oiseaux immatures à cette époque, car les adultes devraient maintenant avoir regagné les sites de nidification de l’Atlantique Sud. Dommage que je n’aurai pas pu continuer le suivi après le 5/12, car c’est bien possible que ce passage ait continué encore dans les jours suivants.
  • Puffin fuligineux (Sooty Shearwater): l’une des espèces les plus régulières, vue sept jours sur dix et quasiment lors de toutes les séances à partir du 18/9. Le graphique ci-dessous résume la phénologie, sous forme de nombre moyen d’oiseaux par heure, pour chaque décade entre fin juillet et début décembre; il y aurait donc deux pics de passage, mais j’ai mis le pic de la 2ème décade de septembre en bleu clair car il n’y a eu que deux jours d’observation lors de cette période, donc moyenne à prendre avec des pincettes. Comme pour pas mal d’autres taxons, le passage est généralement plus intense par vents d’ouest à nord. Avec 3,600 individus comptés, Ardenna griseus fait partie du Top 10 des espèces les plus nombreuses de la saison.

SootyShearwater_2017_chart

  • Puffin des Anglais (Manx Shearwater): régulier avec des effectifs très modestes de mi-septembre à fin octobre, puis arret quasi total de la migration par la suite, avec juste une observation en novembre puis un seul oiseau le 3/12. Comme je n’ai pas pu faire de suivi entre le 7 et le 17/9, il est bien possible que les premiers oiseaux passent déjà début septembre. Et que pas mal d’individus passent plus au large et ne sont pas détectés depuis le Calao (par contre, ce qui est sympa chez cet oiseau c’est qu’il passe régulièrement près du rivage, contrairement à la plupart des autres puffins).
  • Puffin des Baléares (Balearic Shearwater):  un individu notê le 23/9. Peut-être plus courant que cette seule donnée ne le suggère, mais pas forcément facile à identifier donc peut-être qu’il y en avait quelques-uns parmi la soixantaine de puffins non identifiés que j’ai notés…
  • Puffin de Boyd (ou est-ce de Macaronésie? difficile de savoir quel traitement taxonomique lui réserver; Boyd’s Shearwater): un le 18/9.

Océanites (Storm Petrels)

  • Océanite de Wilson (Wilson’s Storm Petrel): Curieusement, lors de ma toute première séance, le 22/7 (ca parait bien loin maintenant!), je constate la présence d’une cinquantaine d’océanites devant le Calao, en train de se nourrir en faisant leurs va-et-vient papillonnants typiques de l’espèce. Deux jours plus tard, alors que le vent s’est couché, il n’y en a plus que trois. Il faut ensuite attendre le 8/10 pour voir quatre de ces oiseaux, par mer ultra calme de surcroît, puis trois le 11/10 et pas moins de 80 (environ!) le 14/10 et quelques-uns encore les deux jours suivants. Encore un oiseau le 24/10, puis c’est tout!
  • Océanite tempête (European Storm Petrel): un seul oiseau identifié, le 11/11 par mer très calme et un vent du nord bien faible.

Sulidés (Boobies & Gannets)

  • Fou de Bassan (Northern Gannet): un premier individu est vu le 18/9, mais ensuite il faut attendre un bon mois avant le suivant, puis ce n’est qu’a partir de début novembre que l’espèce devient régulière. Sur les 65 individus dénombrés, neuf passaient vers le nord-est ou étaient plutôt stationnaires. Le Fou de Bassan devrait logiquement encore continuer d’arriver ces prochaines semaines, et c’est bien plus tard en saison (janvier/fevrier) qu’on voit les plus gros effectifs, parfois quelques centaines, dans les eaux dakaroises.
  • Fou brun (Brown Booby): vu sept fois, dont trois individus en vol vers le sud-ouest et quatre vers le nord-est: difficile de parler d’un passage migratoire, peut-être plutôt des oiseaux stationnant aux Iles de la Madeleine et partant en mer pour pêcher? Tous les oiseaux étaient des immatures.

La suite de cette synthèse sera publiée dans quelques jours si tout va bien. Vous y trouverez limicoles, labbes, mouettes et goélands, sternes et guifettes, et quelques autres piafs encore.