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Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Première partie)

Divers articles consacrés à l’avifaune sénégalaise ont été publiés ces dernières années, nous incitant à faire une petite synthèse de ces publications. Le Sénégal est depuis une cinquantaine d’années une terre fertile pour les études ornithologiques, et ces dernières années cela n’a pas changé. Peut-être bien au contraire, même s’il n’y a plus de vrais ornithologues tels que les Morel ou Baillon résidant au pays – peut-être qu’un jour on se risquera à une note sur les nombreux chercheurs et autres personnages ayant marqué l’histoire ornithologique du pays. Peut-être.

Pour le moment, on se limitera aux 3-4 dernières années (2016-2019), en commençant par les publications ayant trait à l’écologie des espèces, suivi par quelques traités taxonomiques pertinents. La deuxième partie couvrira principalement les articles traitant du statut, de la phénologie et de la répartition d’espèces. J’en oublie certainement, donc tout complément que vous pourrez apporter sera grandement apprécié! Une partie des articles qui suivent sont déjà accessibles en ligne, p.ex. sur le site ResearchGate. Quelques-uns se trouvent sur notre page Ressources. Si nécessaire, je peux aussi fournir la plupart sur demande.

Seul bémol, l’absence quasi totale d’auteurs sénégalais dans les publications qui suivent… espérons que la relève ornitho locale – elle existe bel et bien, timidement – pourra changer cet état des lieux dans un futur proche. Ce triste constat a même été démontré, chiffres à l’appui, dans un article récent paru dans la revue Ostrich: Cresswell W. 2018. The continuing lack of ornithological research capacity in almost all of West Africa. Ostrich 89: 123–129. [Le manque continu de capacité de recherche ornithologique dans presque toute l’Afrique de l’Ouest]

Ecologie

  • Comment les Busards cendrés font face au Paradoxe de Moreau pendant l’hiver sahélien: Schlaich et al. 2016. How individual Montagu’s Harriers cope with Moreau’s Paradox during the Sahelian winter. Journal of Animal Ecology (doi: 10.1111/1365-2656.12583).

Cette étude sur le Busard cendré, menée par une équipe franco-hollandaise, illustre de manière concrète comment un hivernant paléarctique répond au paradoxe de Moreau. Ce terme fait référence au phénomène des conditions écologiques se dégradant au fur et à mesure que la saison d’hivernage avance dans le Sahel alors que les migrateurs doivent se préparer pour leur migration prénuptiale bien que les conditions soient alors plus sévères. En suivant 36 busards hivernant au Sénégal, l’équipe a étudié leur utilisation de l’habitat et leur comportement tout en collectant des données sur l’abondance des criquets, leur principale source d’alimentation sur les quartiers d’hiver. Ils ont trouvé que la fin de la période d’hivernage pourrait constituer un goulot d’étranglement au cours du cycle annuel, avec des effets de report possibles sur la saison de reproduction. Les changements climatiques en cours avec moins de précipitations dans le Sahel, associés à une pression humaine accrue sur les habitats naturels et agricoles, entraînant dégradation et désertification, rendront probablement cette période plus exigeante, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur les populations d’oiseaux hivernant dans le Sahel.

Le Busard cendré est l’une des rares espèces à être bien étudiée au Sénégal, notamment par des chercheurs de l’Université de Groningen (dont Almut Schlaich et Ben Koks) et du CNRS en France (V. Bretagnolle et cie.). La Barge à queue noire et dans une moindre mesure peut-être le Balbuzard pêcheur, deux autres espèces prioritaires pour la conservation en Europe de l’Ouest, sont également relativement bien suivies dans leurs quartiers d’hiver au Sénégal et régions limitrophes.

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Montagu’s Harrier / Busard cendré, forme sombre, Simal, Dec. 2015 (BP)

 

  • Sélection de l’habitat, “home range” et taille de population de la Marouette de Baillon dans le delta du Sénégal: Seifert, Tegetmeyer & Schmitz-Ornés 2017. Habitat selection, home range and population size of Baillon’s Crake Zapornia pusilla in the Senegal Delta, north-west Senegal. Bird Conservation International (doi:10.1017/S0959270917000077).

Les trois chercheuses (équipe 100% féminine, fait assez rare pour le signaler !) se sont penchées sur une espèce très peu connue et difficile à étudier, en utilisant une approche multi-échelle pour évaluer les exigences en matière d’habitat de la Marouette de Baillon dans le delta du fleuve. Elles ont suivi par télémétrie 17 individus dans le PN des Oiseaux du Djoudj, puis ont modélisé à partir d’images satellitaires et des données de capture la probabilité de présence ainsi que la densité de la population. La taille du domaine vital de l’espèce mesure en moyenne 1,77 ± 0,86 ha, avec des différences significatives entre habitats. La Marouette de Baillon préfère au sein de ses habitats les structures de bord, comme les pistes battues, les bords des plans d’eau ouverts, ainsi que les limites d’une végétation spécifique. Basé sur les modèles de régression, 9’516 ha d’habitat favorable ont été identifiés dans la zone Djoudj, avec une taille de population potentielle de 10’714 ind. (3’146-17’408). Les zones humides du delta du fleuve ont donc une importance exceptionnelle pour les populations africaines et peut-être aussi européennes.

La même étude a également permis la publication, en 2015, d’un article sur le régime alimentaire de ce rallidé : Seiffert, Koschkar & Schmitz-Ornés 2015. Diet of Baillon‘s Crakes Zapornia pusilla: assessing differences in prey availability and consumption during the breeding season in the Senegal River Delta, West Africa. Acta Ornithologica 50: 69–84. [Régime alimentaire de la Marouette de Baillon : évaluation des différences en matière de disponibilité des proies et de consommation pendant la saison de reproduction dans le delta du fleuve Sénégal].

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon f., Saint-Louis, Dec. 2017 (BP)

 

  • Ecologie de l’alimentation de phaétons se reproduisant dans deux environnements marins contrastés de l’Atlantique tropical: Diop et al. 2018. Foraging ecology of tropicbirds breeding in two contrasting marine environments in the tropical Atlantic. Marine Ecology Progress Series 607: 221–236.

Menée par Ngone Diop, cette étude combine le suivi par GPS, des variables environnementales et des échantillons des régurgitations au cours de l’incubation et de la ponte pour comprendre l’écologie alimentaire du Phaéton à bec rouge, ainsi que les stratégies de recherche de nourriture susceptibles de changer entre deux environnements marins différents: les Iles de la Madeleine (situées dans la remontée du courant canarien) et l’île de Sainte-Hélène au centre de l’Atlantique sud. Des différences substantielles observées dans le comportement d’alimentation entre les deux colonies indiquent qu’il faut être prudent lorsqu’on extrapole les habitudes de recherche de nourriture des oiseaux de mer tropicaux se reproduisant dans des environnements océanographiques contrastés. La surexploitation de petits poissons et du thon peut réduire les possibilités d’alimentation et conduire à une concurrence avec les pêcheries. On incluera le résumé d’une autre publication par Ngoné, celle-ci sur la taille de la population et la phénologie de reproduction de nos chers phaétons du PNIM, dans la 2e partie.

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Red-billed Tropicbird / Phaéton à bec rouge, Iles de la Madeleine, June 2017 (BP)

 

  • Distribution spatiale et comportement de nidification de l’Echasse blanche dans la zone humide urbaine du Technopole: Diallo, Ndiaye & Ndiaye 2019. Spatial distribution and nesting behavior of the Black winged-stilt (Himantopus himantopus himantopus, Linnaeus 1758) in the urban wetland of Dakar Technopole (Senegal, West Africa) – J Biol Chem Sciences 13: 34-48.

Cette étude menée par Yvette Diallo de l’UCAD a été conduite en deux temps, d’abord en 2012 puis en 2017, permettant d’établir les effectifs et de décrire quelques éléments de la biologie de reproduction de l’Echasse blanche. Des dénombrements réguliers pendant la saison de reproduction (délimitée de manière un peu trop restreinte par les auteurs, qui n’ont couvert que la période de mai à août et non d’avril à septembre) ont permis d’établir un effectif maximum de 531 ind. en 2012 et 766 en 2017, les effectifs diminuant dès le début des pluies, lorsque les conditions deviennent moins favorables. En 2012, 25 nids sont identifiés, et pas moins de 79 en 2017. Les résultats sont présentés sous forme de plusieurs graphiques, mais leur interprétation est souvent difficile et on pourra regretter que les conclusions ne sont pas toujours très claires (et que cet article a été publié dans un journal plutôt inhabituel!). L’étude a toutefois le mérite d’améliorer nos connaissances de la biologie de cet élégant limicole en Afrique de l’Ouest, dont les données de reproduction dans la région se limitaient jusqu’à récemment à quelques cas au Sénégal et au Ghana.

Et justement, nous avons entamé la rédaction d’une note sur la reproduction de l’espèce au Sénégal et en Gambie, puisqu’une actualisation de nos connaissances est nécessaire en vue des nouvelles données dont nous disposons. Si tout va bien, rendez-vous en 2020 pour la publication.

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Black-winged Stilt / Echasse blanche pull., Technopole, July 2017 (BP)

 

  • Régime alimentaire et aire de nourrissage des Goélands railleurs nichant dans le delta du Saloum: Veen et al. 2019. Diet and foraging range of Slender-billed Gulls Chroicocephalus genei breeding in the Saloum Delta, Senegal. Ardea 107: 33–46.

Peu d’informations sur l’écologie de la population ouest-africaine de ce goéland sont disponibles pour appuyer les actions de conservation. Les auteurs, dont notre ami Wim Mullié – seul ornitho quasi local impliqué dans l’étude – ont analysé le régime alimentaire sur la base des otolithes de poisson dans les pelotes de rejection et les matières fécales collectées à proximité des nids en fin de période d’incubation, entre 2000 et 2015. Les goélands consommaient principalement des poissons des familles Cichlidae (25-93%), Clupeidae (0-54%) et Mugilidae (0-34%). En 2014, trois goélands ont été suivis par GPS en vue d’étudier les déplacements et les zones d’alimentation. Pendant la journée, ils ont passé 27% de leur temps à couver les œufs, 10% ailleurs dans la colonie et 63% à l’extérieur de la colonie lors de déplacements à la recherche de nourriture, qui pour deux oiseaux avait principalement eu lieu dans des lagons bordés de mangroves, des salins, des criques, des rivières et un complexe de rizières abandonnées. Le troisième a exploré presque exclusivement la côte atlantique près d’un village de pêcheurs en Gambie. Le domaine vital et la zone d’alimentation des trois oiseaux mesuraient 2’400 et 1’800 km², respectivement.

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Slender-billed Gull / Goéland railleur, Palmarin, Saloum April 2019 (BP)

 

On pourrait encore citer d’autres publications ayant trait à l’écologie et en particulier aux stratégies de migration et d’hivernage d’espèces hivernant dans le pays, mais qui ne concernent pas spécifiquement le Sénégal, comme p.ex. Kentie et al. 2017. Does wintering north or south of the Sahara correlate with timing and breeding performance in black-tailed godwits? Ecology and Evolution 7: 2812–2820. [L’hivernage au nord ou au sud du Sahara est-il en corrélation avec la période et la performance de nidification chez la Barge à queue noire ?], ou encore Grecian et al. 2016. Seabird diversity hotspot linked to ocean productivity in the Canary Current Large Marine Ecosystem. Biol. Lett. 12: 20160024. [Les points chauds à grande diversité d’oiseaux marins sont liés à la productivité océanique dans le Courant des Canaries].

Puis pour terminer cette section, mentionnons encore notre note brève relatant l’observation par mes amis genevois d’un Grébifoulque se nourrissant sur le dos d’un Hippopotame (Zapun et al. 2018. African Finfoot Podica senegalensis feeding on the back of a Hippopotamus. Malimbus 40: 70-71). On y décrit un comportement rarement observé d’un des Grébifoulques présents à Wassadou en février 2018. Nous avons retrouvé deux mentions d’observations similaires sur le fleuve Gambie, ainsi que des données d’Afrique australe et du Congo-Brazzaville (avec le Buffle et le Bongo), mais ce comportement n’avait à notre connaissance jamais encore été documenté sur photo.

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Finfoot / Grébifoulque & Hippopotamus, Wassadou, Feb. 2018 (Christian Huber)

 

Place maintenant à la taxonomie, domaine pointu de l’ornithologie moderne qui grâce aux techniques d’analyse génétique continue de chambouler nos connaissances du domaine – et qu’il importe de ne pas négliger car comme le montre la première étude en particulier, les implications en termes de conservation peuvent être importantes lorsqu’un taxon est élevé au rang d’espèce. A propos, Simon et moi avons résumé les principales changements taxonomiques récents affectant le Sénégal dans cet article publié en début d’année sur ce blog.

  • Quand la morphologie ne reflète pas la phylogénie moléculaire : le cas de trois sternes à bec orange: Collinson et al. 2017. When morphology is not reflected by molecular phylogeny: the case of three ‘orange-billed terns’ Thalasseus maximus, Thalasseus bergii and Thalasseus bengalensis (Charadriiformes: Laridae). Biological Journal of the Linnean Society XX: 1–7.

Rédigé par une équipe internationale, cet article établit notamment que la Sterne royale africaine devrait être considérée comme espèce à part entière, et qu’elle est génétiquement plus proche de la Sterne voyageuse que de la Sterne royale américaine. Ayant été élevée au rang d’espèce, il devrait maintenant être plus facile de mettre en place un statut de protection et des mesures de conservation de ce taxon endémique à l’Afrique de l’Ouest, dont les populations sont assez vulnérables puisque concentrées en quelques colonies seulement.

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Royal Tern / Sterne royale, île aux oiseaux, Saloum, mai 2012 (S. Cavaillès)

 

  • Révision taxonomique du complexe d’espèces du Drongo de Ludwig avec description d’une nouvelle espèce d’Afrique occidentale: Fuchs et al. Taxonomic revision of the Square-tailed Drongo species complex (Passeriformes: Dicruridae) with description of a new species from western Africa. Zootaxa 4438: 105-127.

Un billet avait déjà été consacré à cette découverte sur ce blog: en effet, les auteurs décrivent une nouvelle espèce de drongo au sein du complexe de Dicrurus ludwigii, en utilisant une combinaison de données biométriques et génétiques. La nouvelle espèce, le Drongo occidental (D. occidentalis) diffère des autres taxons du complexe par un bec significativement plus gros et par une divergence génétique importante (6,7%) du taxon « sœur » D. sharpei. La répartition de la nouvelle espèce couvre les forêts de galerie des côtes de Guinée (et de la Casamance !) jusqu’au fleuve Niger et le Bénoué au Nigéria.

Une autre étude génétique (par les mêmes auteurs pour la plupart) concerne le Drongo brillant: même si des recherches supplémentaires sont requises, ils recommandent la reconnaissance de plusieurs espèces au sein de ce complexe, les drongos brillants du Sahel et des savanes d’Afrique de l’Ouest devenant Dicrurus divaricatus. Fuchs et al. 2018. Habitat-driven diversification, hybridization and cryptic diversity in the Fork-tailed Drongo (Passeriformes: Dicruridae: Dicrurus adsimilis). Zoologica Scripta 2018: 1–19. [Diversification engendrée par l’habitat, hybridation, et diversité cryptique chez le Drongo brillant].

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Glossy-backed Drongo / Drongo brillant (D. divaricatus), Gamadji-Sare, Jan. 2018 (BP)

 

La suite sera pour dans quelques jours !

 

 

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Un nouveau fou aux Iles de la Madeleine…

Les fous des Iles de la Madeleine, j’en avais déjà parlé ici, en décembre 2016, pour faire le point sur le statut du Fou brun dans la région. Ce superbe oiseau marin est, depuis, signalé quasiment lors de chaque sortie au “PNIM” et plus particulièrement entre octobre et mai, et on le voit de temps en temps passer ou pêcher devant Ngor. Pas encore d’indices probants de sa nidification, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps… voir plus bas.

Cette fois, c’est d’un autre fou dont il s’agit, et pas de celui que vous pensez – des Fous de Bassan, il y en a plein qui passent l’hiver dans les eaux dakaroises, et en ce moment même on les voit facilement de part et d’autre de la péninsule, que ce soit à Ngor ou devant les Mamelles.

En effet, il s’avère qu’un fou photographié le 26 janvier dernier par un groupe d’ornithos canadiennes (équipe 100% féminine, c’est assez rare chez les ornithos pour le souligner!), était en fait un Fou à pieds rouges (Red-footed Booby), et non un Fou brun (Brown Booby) comme initialement identifié. C’est grâce à une remarque laissée par un utilisateur d’eBird ayant mis en doute l’identité (« semble avoir les pieds étonnamment rouges pour un Fou brun! »), que la donnée est passée dans la liste à valider sur eBird, liste que je scrute de temps en temps en tant que vérificateur pour le Sénégal.

Et effectivement, l’oiseau pris en photo montre bien un Fou à pieds rouges, un individu de forme sombre – et qui du coup ressemble pas mal au Fou brun (et dont un oiseau était présent le même jour). Il se tenait sur la fameuse balise rouge et blanche qui sert très souvent de reposoir au Fous bruns, situé un peu au nord-est des îles.

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Red-footed Booby / Fou à pieds rouges (D. Thériault)

 

L’identification est relativement facile ici, d’une part parce qu’on voit encore tout juste les pattes roses, d’autre part parce que le plumage est brun uniforme y compris sur le ventre, sans contraste (même flou) comme chez les Fous bruns immatures. De plus, le bec relativement court et peu épais pour un sulidé, avec une base rosée et un cercle orbital bleu, est typique pour l’espèce. Notre oiseau montre également un front légèrement bombé, alors que chez le Fou brun il n’y a quasiment pas de front: la base du bec épais est dans la prolongation directe de la calotte, rendant la tête moins rondouillarde que chez le brun.

L’âge par contre est moins facile à déterminer: très probablement un immature, car le bec n’est pas bleu mais plutôt gris sur fond rose et peut-être que la couleur des pattes (rose et non rouge vif) est également un signe d’immaturité.

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Red-footed Booby / Fou à pieds rouges (M. O’Neill)

 

A comparer maintenant avec le Fou brun immature : ci-dessous, un oiseau d’un voire deux ans, ici en avril 2017 en compagnie de deux adultes. Les critères le distinguant du Fou à pieds rouges de forme sombre sont notamment la couleur des pattes et du bec, le contraste entre d’une part le ventre plus clair et d’autre part la poitrine et le dessus sombres, ainsi que la coloration générale plus sombre et moins pâle que son cousin à pieds rouges.

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Brown Booby / Fou brun imm. (gauche) et adultes (avril 2017)

 

C’est seulement la deuxième donnée de l’espèce au Sénégal, donc c’est loin d’être anodin comme observation! La précédente date d’octobre 2016, lorsqu’un oiseau est observé au cours d’une sortie en mer en marge du PAOC, à une vingtaine de kilomètres au large de Yoff – les détails de cette première observation pour le pays seront publiés dans le prochain bulletin de l’African Bird Club, à paraitre en septembre et que l’on partagera en temps voulu (Moran N. et al., First record of Red-footed Booby Sula sula for Senegal, voir photo ci-dessous).

 

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Red-footed Booby / Fou à pieds rouges, oct. 2016 (B. van Gemerden)

 

Le Fou à pieds rouges est une espèce marine tropicale plutôt répandue, et est classée non menacée par l’UICN bien que la population globale soit considérée comme étant en déclin. Les colonies les plus proches se trouvent sur l’île d’Ascension dans l’Atlantique Sud et sur l’archipel Fernando de Noronha (NE du Brésil). Il hiverne sur des îles tropicales sur tous les océans, en gros entre les deux tropiques.

Jusqu’à récemment l’espèce était un visiteur rare aux Îles du Cap-Vert, mais en octobre 2016, au moins 17 individus étaient présents à Raso, puis en octobre 2017 apparemment une centaine!! Autant dire que c’est l’explosion des effectifs, même si aucune nidification certaine n’a été rapportée pour le moment – du moins pas à notre connaissance. On peut donc s’attendre à d’autres observations dans les eaux sénégalaises à l’avenir, et j’espère bien sûr le voir un jour passer devant le Calao ou encore au PNIM. [addendum du 17/5/18: ce matin j’ai eu la chance d’en voir deux en train de pêcher longuement devant Ngor, non loin du rivage! Je ne pensais pas que je verrais l’espèce aussi rapidement…]

Ailleurs dans la région, Sula sula a été vu devant les côtes mauritaniennes (au moins un en oct.-nov. 2012), et des individus ont été signalés aux iles Canaries, aux Açores, et à Madeire. L’espèce est très rare plus au nord, avec p.ex. tout juste deux observations en France (un sur le lac de Sainte-Croix dans les Alpes-de-Haute-Provence en juillet 2011, puis un en juin 2017 en Bretagne dans la colonie des Fous de Bassan des Sept-Iles – voir l’article sur Ornithomedia). Ou encore cet oiseau trouvé épuisé sur une plage de l’East Sussex en septembre 2016, le premier pour la Grande-Bretagne.

Je reviens encore brièvement sur les Fous bruns, car samedi dernier (14/4) lors d’une visite aux Iles de la Madeleine nous avons pu observer de nouveau au moins sept individus : cinq posés dans leur falaise habituelle des îles Lougnes¹ (trois adultes, un subadulte, et un jeune au plumage similaire à celui de la photo d’avril 2017), puis encore deux adultes sur la fameuse balise marine, en train de parader lorsque nous passons à côté en bateau… Situation très similaire voire identique donc à celle d’avril-mai 2017, et toujours aussi intriguante: à quand la première nidification de l’espèce? Ci-dessous encore une photo médiocre de quatre de ces oiseaux dans leur falaise, prise lors de notre visite la plus récente, pour vous donner une idée.

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Brown Booby / Fou brun (avril 2018)

 

Samedi dernier il restait encore quelques Fous de Bassan, deux Courlis corlieux et deux Balbuzards, mais sinon peu d’oiseaux sur l’île. Lors de la traversée depuis Soumbedioune on a pu voir un Océanite de Wilson passer tout près, un Labbe pomarin, et plusieurs sternes (Dougall, arctique, pierregarn, caugek, voyageuse et royale) ainsi que quelques Guifettes noires en migration active (Northern Gannet, Whimbrel, Osprey, Wilson’s Storm-Petrel, Pomarine Skua, Roseate, Arctic, Common, Sandwich, Lesser Crested, Royal & Black Terns). Et bien sûr les Phaétons à bec rouge, emblème du parc, dont la nidification bat encore son plein; on a d’ailleurs eu la chance de renconter l’experte Ngoné Diop en train de faire le suivi de la colonie, qui abriterait cette saison au moins 40-50 couples nicheurs (Red-billed-Tropicbird).

 

Merci aux observateurs tout d’abord: Hélène Gauthier, Marie O’Neill, Lorraine Plante, Diane Thériault. Et à Nick Moran et Barend van Gemerden pour avoir fourni les photos et la version finale de l’article sur la première observation sénégalaise. Et enfin, à tout seigneur tout honneur: c’est Brennan Mulrooney qui à signalé la donnée sur eBird, sans quoi elle aurait bien pu passer à travers les mailles du filet!

 

¹ Les îles Lougnes sont cees îlots rocheux inaccessibles faisant partie du parc national, photo ici.

 

 

Senegal birding and the UK Birdfair 2017

Last summer I had the chance to be in the UK for the Birdfair 2017. This is the largest annual market in Europe for birdwatchers. There is some overlap with bird conservation and many Birdlife partners are there, but this is primarily a place for the buying and selling of everything that birdwatchers desire; books, optics, but especially birdwatching holidays, and this is big business! Bird tour companies from many South American and African countries had flown in staff to advertise their holidays.

At the fair, South African birder Micheal Mills launched The Birder’s Guide to Africa, which aims to tell birders what is most distinctive about each country’s list of birds and where to go in Africa to most easily see each of the continent’s species. Whilst I do not agree with everything in some of the book’s West African chapters, it is a good start for a discussion of bird tourism in Senegal – which for many reasons would deserve a more prominent place on the Africa birding map (one of the many down-sides of taking very much of a quantitative, purely list-based approach to defining birding destinations, as is done by Michael Mills, is that many countries do get the recognition they deserve).

What is unique? Should more birders visit Senegal, and if so what should Senegalese bird guides do to encourage them? It should be said that I am talking about a certain type of birdwatching tourism – visiting places to make lists of unusual birds – which is the profitable market in which the Birdfair sells. From this perspective, the spectacles of Djoudj, the Sine Saloum and Kousmar are still important, but not enough if the birding guide cannot also find the country’s more unique species.

So, how visible was Senegal at the Birdfair? The short answer is almost invisible! Let’s avoid the historical and perhaps linguistic reasons why The Gambia features at the UK Birdfair, and look at all of West and North-West Africa. Geopolitics affects tourism and, correctly or not, many of the region’s countries are seen as more difficult places to organise tours. Unfortunately, these days large parts of Mali, Burkina Faso, Niger, and northern Nigeria and Cameroon are off-limits to foreign visitors due to ongoing conflict and security concerns. Currently the two most advertised North-West/West African destinations for bird tours are Morocco and Ghana, as destinations for European, North American and South African birders, who are the three main groups.

Let’s take the African Bird Club country lists, which taxonomically almost follow the IOC World Bird List, and query the list. Which species regularly occur in Senegal, but not in Morocco or Ghana and also do not occur widely elsewhere in Africa? This query give Senegal at least 28 “special” species, which it would be a good investment for bird guides to be able to find. Please add your comments to this linked list, which is accessible for editing. Several more could – and probably should – be added, and it’s good to keep in mind that the national list stands at about 680 species (we hope to publish an updated list some time soon on this blog). 

Most of the species on this list are birds of the Sahel and the drier, northern regions of the Sudan savanna. The USGS’ excellent recent resources on West African land use shows the western section of the Sahel bio-climatic region, which extends to northern Ethiopia.   

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Little Grey (or Sahelian) Woodpecker is a classic example. Its patchy distribution, which does not go further east than western Sudan, includes northern Senegal where most recent West African observations have been made, though WaBDaB, which coordinates bird observations for Burkina Faso, Niger and Chad, has a few records.

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Little grey Woodpecker / Pic gris, Gandiolais (BP)

For the average bird tour operator, Senegal is the easiest destination and there are places where it is often seen (Les Trois Marigots and near to Richard-Toll), but probably many to be discovered – for instance, it was reported just last week “well south of Louga” by a Swedish group. This and many of the Sahel specials are much more species of the Middle Valley described in Bram’s recent trip, than of the more famous Djoudj/St. Louis area and many are not on the Djoudj list.  

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Other species in the 23 with similarly narrow ranges include Cricket Warbler (present in southern Western Sahara, but very localised it seems); River Prinia (header picture – cryptic species only present in the Senegal River delta, River Niger and Lake Chad, though probably overlooked elsewhere); Sennar Penduline Tit; Golden Nightjar (most recent records from Western Sahara where confirmed breeding, and from Chad); Quail-Plover (hard to find, but there are apparently a couple of reliable sites); and the commoner Black Scrub Robin, Sahel Paradise Whydah and African Collared Dove.

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Sahel Paradise Whydah / Veuve a collier d’or, Lac Tanma (BP)

 

A second cluster of specials occur in and near the Dindefelo reserve, Senegal’s most recent addition to the country’s Important Bird Areas list. This is the only place outside Mali where the Mali Firefinch is reasonably reliably seen. Other species with strange and small global ranges including Dindefelo are Adamawa Turtle-Dove and Neumann’s Starling. The Kedougou area, and Dindefello in particular, probably has more surprises in store and is likely to yield additional Guinean species that just creep into Senegal. 

Finally, the sea off Dakar makes the list. Away from the Cape Verde, the Cape Verde Shearwater is only reliably seen elsewhere in Africa, in season, off Dakar and the Iles de la Madeleine trio of Red-billed Tropicbird, Bridled Tern and the recent arrival Brown Booby are common enough in other tropical waters, but with few reliable places in Africa. The Tropicbirds are pretty much guaranteed at any time of the year, whilst the boobies and especially the terns and shearwaters are only present in certain seasons. 

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Red-billed Tropicbird / Phaéton à bec rouge, Iles de la Madeleine (BP)

And the message from this? Any Senegalese bird guide who gets to know when and where to find these species should have a profitable business and most of the species are far from the hotspots of Djoudj and the Sine Saloum! And to potential visitors – come over and explore, with or without a local guide: you won’t be disappointed.

 

(post by Paul, with contributions from BP)

 

 

 

Les fous des Iles de la Madeleine, 27/11

Motivé par la visite au “PNIM” (Parc National des Iles de la Madeleine) par mes amis genevois une semaine auparavant, je suis enfin retourné sur ce site unique, situé un peu au large de la corniche de Dakar… et que je n’avais pas visité depuis juin 2015!

ilesdelamadeleine_panneauArrivés au bureau du parc  vers 15h, on a juste le temps de découvrir les nouvelles installations pédagogiques – par ailleurs très bien faits – puis toute la famille embarque sans délais sur le bateau au depart de la plage de Soumbedioune, par une mer remarquablement tranquille malgré le vent soutenu soufflant du nord (le retour en fin d’après-midi par contre se fera avec un gros retard, à l’indifference totale des écogardes et des plagistes dakarois – mais je ne vous embêterai pas avec cette histoire…).

Avant même d’arriver sur l’île principale, on aperçoit déjà quelques Phaétons à bec rouge, espèce emblématique du parc et objet de convoitise des ornithos de passage au Senegal. Puis en passant à côté du navire espagnol naufragé en août 2013 (on raconte que le capitaine du Almadraba Uno était ivre…), je répère un premier Fou brun, un bel adulte. C’est l’oiseau que j’espérais retrouver aujourd’hui, car il y a eu plusieurs observations récentes d’au moins 4 oiseaux ici (une semaine auparavant, les copains suisses avaient vu 2 adultes et 2 immatures).

Posé parmi plusieurs Cormorans à poitrine blanche, il sera vu seulement brièvement car le bateau ne s’arretera pas… on espère donc en retrouver plus tard lorsqu’on fait le tour de l’île à pied. Ce sera fait rapidement, lorsqu’on voit un immature en mer à deux reprises, probablement à chaque fois le même. Chose étonnante, celui-ci se prendra pendant un moment pour un labbe lorsqu’il poursuit un Balbuzard pêcheur portant un poisson dans les serres, mais il abandonnera au bout de quelques virevoltages sans trop inquiéter le balbu semble-t-il.

Un peu plus tard, on arrive sur la petite plage au sud de l’île d’où l’on a une bonne vue sur le fameux bateau qui sert maintenant de site de repos (et de nidification? J’ai cru entrevoir un nid…) aux oiseaux du PNIM. Il y a comme toujours quelques cormorans sur les mas, cheminées et autres perchoirs, mais point de sulidé en vue. Deux fous adultes sont posés sur la balise rouge et blanche bien loin derrière le navire, donc je me dis que les photos ce sera pour une prochaine fois. Mais à peine quelques minutes plus tard, un adulte passe tout près puis vient se poser de nouveau sur le bateau, d’abord sur un mat, puis il change de reposoir… permettant de belles observations et quelques clichés pas trop floues.

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Le nombre d’observations de Fous bruns est visiblement en augmentation ici à Dakar, et je doute que ce soit uniquement le résultat d’une plus forte pression d’observation. Si auparavant la plupart des observations provenaient des séances de seawatch en automne à Ngor ou aux Almadies, il y a maintenant des données de presque tous les mois, surtout en avril-juin et octobre-janvier, et les Iles de la Madeleine semblent particulièrement fréquentées depuis un ou deux ans au moins – et surtout, le fait d’avoir plusieurs oiseaux ensemble dont en tout cas 2 adultes est tout à fait nouveau. C’est à se demander si ces fous ne pourraient pas un jour tenter de nicher dans le parc, ce qui somme toute ne serait pas trop étonnant: l’habitat est favorable, la protection assurée, la nourriture abondante. D’ailleurs, d’ou viennent les deux jeunes oiseaux? Si ça se trouve ils ont reussi à nicher discrètement cette année déjà (les deux adultes en tout cas étaient déjà présents le 2 janvier, voir ce compte-rendu, avec photo des deux fous). Les nicheurs les plus proches se trouvent au large de la Guinée et aux Iles du Cap-Vert, donc pas bien loin de Dakar à vol de fou. A surveiller!

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Brown Booby / Fou brun ad.

On remonte la côte rocheuse, le sentier passe tout près d’une des zones de nidification des phaétons, le fameux “Paille-en- queue” dont les Iles de la Madeleine hébergent l’une des rares colonies de l’Ouest Atlantique (et de loin la plus proche de la terra firma du continent africain).

Faits réjouissants, la population locale est de nouveau bien suivie et les effectifs semblent plutôt à la hausse ici. Pour en savoir plus, voici un poster très instructif de la doctorante Ngoné Diop et ses collègues sur l’abondance, la phénologie et le succès de reproduction des phaétons de la Madeleine (format PDF, taille 1,6 MB). Enfin, ce poster sur l’avifaune de l’île a été présenté par l’équipe du PNIM lors de la conférence PAOC en octobre dernier. A noter toutefois que quelques imprécisions se sont glissées dans le texte de ce deuxieme document, en particulier la mention de Balbuzards nicheurs sur l’île, et que contrairement à ce qui est affirmé en conclusion, ce parc n’abrite pas une “grande diversité spécifique au niveau des oiseaux” – bien au contraire, le nombre d’espèces d’oiseaux est très faible, comme on peut logiquement s’y attendre pour une île de superficie restreinte et depourvue d’un mélange de biotopes variés. Le document contient toutefois des information intéressantes sur la place de cet îlot rocheux au sein de la culture léboue, expliquant du coup comment cette petite île a pu rester à l’écart du développement frénétique – et sans freins ni considérations environnementales – d’une grande métropole comme Dakar.

La photo ci-dessous est d’un adulte sur le nid en train de couver; il ne devrait pas encore y avoir de jeunes à cette date. [A noter que ce n’est pas dans mes habitudes de prendre des photos d’oiseaux au nid, donc je tiens à souligner que comme beaucoup d’autres espèces d’oiseaux marins, le phaéton ne semble pas trop perturbé tant qu’on ne reste que brièvement à proximité.]

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Red-billed Tropicbird / Phaeton à bec rouge

On avance donc pour boucler notre tour de l’île volcanique, et c’est là qu’on passe entre les baobabs remplis de nids de Cormorans à poitrine blanche. En effet, la colonie du PNIM est visiblement en pleine expansion, au point ou tous les baobabs (dont l’arbre sacre des Lebous!) sur cette partie de l’ile sont maintenant remplis de nids. Lors de mes précédentes visites en 2015 et 2013, elle ne debordait pas encore du secteur oriental de l’ile principale (et a propos de baobabs: en raison des vents et peut-etre le sol pauvre – et le degré de salinité? – ceux des iles de la Madeleine poussent plutot en largeur qu’en hauteur, leur donnant un aspect tout applati!)

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Ci-dessous d’abord un cormoran adulte en plumage nuptial: notez la poche (ou sac) gulaire verte et la tache jaune en-dessous de l’oeil, qu’on ne trouve pas en dehors de la saison de nidification. Ensuite, l’un des tout jeunes cormorans au nid et dont j’ai pu enregistrer les cris de quémande incessants, à écouter ici.

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Pour le reste, comme toujours il y a peu d’oiseaux sur l’île: deux faucons sont vus brièvement et trop loin pour en faire quelque chose donc il resteront des grands faucons indéterminés (d’autant plus qu’aussi bien le F. de Barbarie, le Pelerin et le Lanier ont tous les trois ont déjà été signalés sur ce site), quelques Courlis corlieux, un Tournepierre à collier, quelques Goélands bruns, 2-3 petits vols de Travailleurs à bec rouge, et 3 Moineaux dorés.

Egalement un Trachylepis (=Mabuya) perrotetii (le Mabouya, un lézard) et ces étonnants coléoptères trouvés en nombre vers l’un des baobabs “nains”: Analeptes trifasciata, considérés comme une peste car s’attaquant aux baobabs et autres arbres de la sous-région. Cet article nous apprend que le cycle de vie de ce gros coléoptère est assez classique: l’écorce de l’arbre hôte est sectionnée de manière à empecher la sève de couler, assèchant ainsi cette partie du bois ce qui permet à la femelle de déposer oeufs. Une fois éclos, les larves se nourrissent du bois, causant dégâts plus ou moins sérieux, apparemment surtout en saison des pluies lorsque les baobabs de l’île fleurissent. A espérer qu’ils ne finiront pas par avoir raison des seuls arbres poussant sur l’île, d’autant plus qu’une bonne partie vient d’être colonisé par les cormorans nicheurs… ce qui ne laisse pas bonne augure pour la survie des fameux baobabs nains de la Madeleine.

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