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La migration en mer devant Dakar: l’automne 2017 (2ème partie)

Comme promis, ci-dessous la suite de notre petite synthèse du suivi de la migration à Ngor. Au cas où vous l’auriez loupée, la première partie se trouve ici.

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Pomarine Skua moulting / Labbe pomarin en mue (2nd c.y.?), Nov. 2017

Je reprends ici le tableau des espèces, même si cette deuxième partie traite uniquement des limicoles, labbes, laridés, sternes et de quelques autres migrateurs (cliquez/tapez pour agrandir).

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Limicoles (Waders)

  • Huîtrier pie (Eurasian Oystercatcher): vu lors d’une séance sur quatre, c’est avec l’espèce suivante le limicole le plus régulier. Généralement des oiseaux isolés ou par 2-3 ensemble, rarement plus (max. de 7 le 12/10).
  • Courlis corlieu (Whimbrel): de loin le limicole le plus nombreux, avec plus de 500 oiseaux dénombrés. Le passage s’effectue – sans surprise – tôt en saison, les premiers oiseaux étant observés le 28/7 (certainement que d’autres les avaient déjà précédés courant juillet, le Corlieu étant l’un des migrateurs paléarctiques les plus précoces). Le matin du 9/8, ce ne sont pas moins de 293 Courlis corlieux qui passent devant le Calao, en 3h30 de suivi… impressionnant! Les effectifs deviennent plus modestes dès le début du mois de septembre, avec un dernier migrateur supposé le 27/10.
  • Barge rousse (Bar-tailed Godwit): ce limicole venu du Grand Nord est bien moins fréquent que l’espèce précédente, qu’il accompagne d’ailleurs volontiers. Plus de la moitié des 67 barges sont vues le 24/8, après quoi le passage est occasionnel avec des petits effectifs à chaque fois.
  • Phalarope à bec large (Grey Phalarope): le seul limicole “pélagique”, cette espèce ne s’observe pas très souvent depuis le Calao; seuls une centaine d’oiseaux sont vus dont 70 qui passent en trois groupes le 28/10, suivis par 24 le 6/11. Quelques observations lointaines de limicoles indéterminés qui pourraient bien se rapporter à cette espèce.
  • D’autres limicoles vus en migration active sont le Courlis cendré (deux le 5/9), le Grand Gravelot, les Chevaliers gambette, aboyeur, guignette et même culblanc, le Combattant varié; aussi Bécasseaux sanderling, cocorli, variable, minute, et le Tournepierre. La plupart de ces limis sont vus lors des matinées pluvieuses, ou après des averses nocturnes, comme ce fut le cas le 24/8 lorsque pas moins de neuf espèces sont vues en migration active.
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Oystercatcher / Huîtrier en escale devant le Calao

Labbes (Skuas/Jaegers)

Avec un total de 5’882 labbes dénombrés, il s’agit là du 3e groupe le plus nombreux à passer devant Ngor, après les puffins (36’335 ind.) et le sternes (22’307 ind.).

  • Labbe de McCormick / Grand Labbe (South Polar / Great Skua): la présence des deux espèces a été confirmée dans les eaux dakaroises, mais leur identification reste toujours délicate voire impossible sur le terrain, du moins en l’absence de bonnes photos. Ceci vaut encore plus pour les oiseaux vus en migration active, typiquement vus de loin et pendant quelques secondes ou 1-2 minutes tout au plus, leur séparation est généralement impossible. J’ai donc noté seulement quelques individus typiques comme étant des McCormick sûrs, soit les oiseaux de forme claire ou intermédiaire vus suffisamment bien. Le premier “grand labbe” est vu le 23/8 déjà – date hâtive pour un Grand, donc plutôt McCormick? – puis des isolés passent les 18 et 20/9. Le 8/10 je note un McCormick, le lendemain deux “sp.”, trois le 14/10, puis ce n’est que du 18/10 au 31/10 que ces oiseaux sont vus quasi quotidiennement, avec un max. horaire de 8 le soir du 24/10 – un peu moins donc que l’an dernier à la même période. Encore deux observations fin novembre et une le 3/12, portant le total à 75 oiseaux pour la saison.
  • Labbe pomarin (Pomarine Skua): avec un minimum de 3’368 oiseaux comptes, c’est l’une des espèces les plus nombreuses à passer devant Ngor. Le passage est régulier dès le 31/8, culminant dans la dernière semaine d’octobre et la première décade de novembre. Le maximum est noté le 7/11: pas moins de 957 individus en deux heures de suivi a peine! La fin du passage n’est pas incluse dans ce suivi 2017, car des oiseaux continuent de migrer encore, en nombres variables selon les jours, jusqu’à la 2e décade de décembre en tout cas (p.ex. 47 inds. en 75 min. le 15/12), avec certainement encore quelques oiseaux encore tout à la fin du mois. A noter qu’une bonne partie des 1’731 labbes non identifiés étaient sans doute des Pomarins – probablement au moins les deux tiers, car en plus d’être de loin le labbe le plus fréquent, la plupart des labbes non identifiés sont ceux qui passent loin au large, et on a l’impression – partagée par les équipes des années 2000 – que le Pomarin passe généralement plus au large que le Parasite, qui lui migre volontiers plus près des côtes. Sur l’ensemble de la saison, le rapport Pomarin/Parasite s’établit à environ 6:1.
  • Labbe parasite (Arctic Skua): espèce très régulière bien qu’en petits effectifs, de la dernière décade d’août jusqu’à la fin de la saison. Comme indiqué sur le graphique ci-dessous, il n’y a pas eu de pic bien net, contrairement au labbe précédent qui passe en force pendant une période bien concentrée. On constate également des différences dans le comportement de ces deux labbes: lors des jours de forte migration, les Pomarins passent souvent en groupes lâches comprenant jusqu’à plusieurs dizaines d’individus (max. env. 70 ensemble!), alors que le Parasite migre typiquement seul ou en paires, rarement plus de 3-4 oiseaux ensemble. Autre différence, le Pomarin migre régulièrement assez haut dans le ciel.
  • Labbe à longue queue (Long-tailed Skua): sur les 125 individus dénombrés, 123 sont passés vers le SW – effectif probablement légèrement sous-estimé, car quelques labbes indéterminés sont notés comme “Longue queue ou Parasite”. Ce labbe peut être vu de la mi-août jusqu’à mi-novembre, bien que les deux derniers individus (16 et 21/11) n’étaient pas en migration active: sans doute des oiseaux en escale. Les adultes passent surtout en août et septembre, alors qu’en octobre on voit essentiellement des immatures. Malheureusement je n’ai pas eu le luxe de noter les classes d’âge pour les labbes – là j’aurais besoin de renforts! – donc difficile d’en dire plus sur la répartition précise des immatures et des adultes au fil de la saison chez les trois “petites” espèces.

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Mouettes & Goélands (Gulls)

  • Mouette de Sabine (Sabine’s Gull): cette belle mouette est sans aucun doute l’une des espèces phares du site, et cette saison on n’a pas été déçus: après un avant-coureur vu le 9/8 déjà, le passage s’amorce timidement dès la fin août, pour devenir régulier à partir du 18/9 au moins. Un premier petit pic est noté le 21/9 (66 inds. en 1h15), puis le 10/10 (84 en 1h30), le 16/10 (182 en 2h)… effectifs qui nous semblaient déjà tout à fait corrects. C’était sans compter (pour ainsi dire!) sur la suite de la saison: Après cinq jours avec à peine quelques individus (sans doute lié aux vents dominants du N/NNE), j’en vois 484 en 2h30 de suivi le 24/10, puis le matin du 25/10, Miguel et moi en comptent pas moins de 1’415 (!) en 3h30, avec encore 77 individus supplémentaires comptés le soir en 1h20. Cela porte donc le total à 1’492 Mouettes de Sabine: à notre connaissance il s’agit là d’un nouveau record journalier pour le Sénégal et sans doute pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. En extrapolant, on peut estimer l’effectif total à quelques 4’850 oiseaux pour cette seule journée du 25/10! Quel spectacle que de voir des groupes de 20, 30 Mouettes de Sabines défiler à la queue-leu-leu… Il y a encore eu quelques bons jours début novembre, puis la migration s’arrête assez brusquement après le 13/11, lorsque les vents tournent vers le N/NE. Deux retardataires le 21/11 et un seul le 1/12 portent finalement le total de la saison à 3’326 oiseaux. Plus encore que pour les autres espèces pélagiques, le passage de cet oiseau devant les côtes est fortement influencé par la direction des vents: quasiment toutes les observations sont faites par vent modéré d’ouest à nord-ouest. Les autres jours, elle doit passer bien plus au large. Là non plus, il n’a pas été possible de tenir des statistiques sur les âges, mais c’est sûr qu’il y avait en tout cas cette année une forte proportion d’adultes; les juvéniles sont plutôt vus en fin de saison.

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  • Pour ce qui est des autres laridés, il y a surtout le Goéland d’Audouin: (voir cet article pour en savoir plus sur son statut au Sénégal) et le Goéland brun (Audouin’s & Lesser Black-backed Gulls). Une centaine pour le premier (env. 85 vers le SW) et 24 oiseaux (dont 14 vers le SW) pour le deuxième, auxquels il faut ajouter 16 “grands goélands indéterminés”, soit des Leucophées, bruns ou dominicains. Un très probable Goéland dominicain (Kelp Gull) passe le 11/8. Le Goéland railleur est vu à cinq reprises seulement, entre le 9/8 et le 8/11, la Mouette à tête grise seulement deux fois (isolés les 18 et 24/9) (Slender-billed & Grey-headed Gulls).

 

Sternes (Terns)

  • Sterne arctique / pierregarin (Arctic / Common Tern): cette paire regroupe 50% (49,8% pour être précis!) de toutes les sternes notées en migration, mais vu la difficulté de distinguer entre les deux taxons lorsque les groupes défilent rapidement devant le site de suivi, j’avais fait le choix de toujours les grouper – ce qui une fois de plus montre les limites de faire un tel suivi tout seul! De plus, j’ai dû estimer le passage certains jours de fort passage, et lorsque les oiseaux passaient très proches du rivage voire haut dans le ciel (surtout le cas avec l’Arctique) j’ai dû en louper pas mal. Du coup, difficile d’interpréter la phénologie telle que suggérée par la courbe ci-dessous. On y note toutefois un net pic à fin septembre, avec une moyenne horaire de près de 300 individus. Le pic de la Sterne arctique se situe apparemment plus tôt en saison (fin août/début septembre); celui de la Pierregarin environ un mois plus tard.

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  • Sterne de Dougall (Roseate Tern): le total de 98 individus est à considérer comme un stricte minimum, car plusieurs individus sont sans doute passés inaperçus dans le flot de Pierregarins et Arctiques sans se faire détecter. Quoiqu’il en soit, la phénologie est assez nette, le passage étant régulier du 24/8 au 20/10, avec un dernier individu le 24/10. Le pic doit se situer à la mi-septembre, mais en l’absence de suivi du 7 au 17/9, difficile d’en dire plus. Un groupe inhabituellement grand (19 inds.) passe encore le 13/10.
  • Sterne naine (Little Tern): avec 186 individus, cette espèce peut être considérée comme migratrice régulière, en faibles effectifs, de fin juillet à fin octobre ou début novembre (un dernier oiseau est vu le 29/11, mais celui-ci n’était pas en migration active).
  • Sterne caugek (Sandwich Tern): près de 4’000 individus dénombrés, surtout de la mi-août à la mi-octobre, bien que le passage s’étale sur toute la saison: déjà fin juillet, des petits groupes sont notés, mais à partir de novembre il devient de plus en plus difficile de faire la part entre migrateurs actifs et oiseaux partant vers les reposoirs ou les sites de nourrissage situés plus au SW du Calao.

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  • Sterne voyageuse (Lesser Crested Tern): les premiers oiseaux sont vus dans la première décade d’août qui marque le début du passage régulier, qui s’étale jusqu’à la mi-novembre. Comme pour l’espèce précédente, il est parfois difficile de distinguer entre oiseaux en migration active et hivernants locaux. En effet, entre deux et cinq oiseaux fréquentent régulièrement la baie de Ngor dès le mois de septembre. Le très modeste pic du passage semble se situer dans la dernière décade de septembre.
  • Sterne royale “africaine” (African Royal Tern): très régulière mais rarement vue en nombres importants, cette sterne est vue tout au long de la saison, mais dès début octobre le passage ralentit fortement pour ne concerner plus que quelques individus (là aussi, il a souvent été difficile de faire le tri entre locaux et migrateurs). Au nord de Dakar, cette espèce ne se reproduit que dans deux grandes colonies, soit celles de la Langue de Barbarie et du Banc d’Arguin.
  • Sterne caspienne (Caspian Tern): vue irrégulièrement: seulement douze données sur l’ensemble de la saison, pour un total de 31 oiseaux présumés migrateurs actifs (max. 12 le 18/9; les trois derniers individus n’étaient probablement pas des migrateurs). L’origine de ces oiseaux peut être européenne ou africaine.
  • Guifette noire (Black Tern): l’une des espèces les plus régulières, avec un “taux de présence” de 87%: elle a donc manqué à l’appel seulement lors de quelques sessions. Effectif maximal de 740 individus le 22/9, lorsque plusieurs milliers ont dû passer devant Dakar. A noter que j’ai entendu des migrateurs nocturnes à plusieurs reprises migrer au-dessus de la maison aux Almadies lors du pic de fin septembre. Une Guifette moustac (Whiskered Tern) est vue le 14/10, mais d’autres sont certainement passées inaperçues, tout comme quelques Guifettes leucoptères ont pu passer au milieu des noires.

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Autres taxons

J’en ai déjà mentionné plusieurs ici, donc juste pour résumer voici les autres espèces vues en migration active devant Ngor:

Trois Hérons cendrés et deux pourprés passent le 24/9, alors que des Grandes Aigrettes (1 le 12/10, 5 le 31/10) étaient probablement des migratrices en escale (une Aigrette intermédiaire était également présente le 31/10). Un Balbuzard est noté en migration active le 5/10, tout comme un Busard des roseaux le 12/10, un Faucon crécerellette le 15, et des crécerelles le 27/10 (2 ind.) et le 20/11 (1 ind.). Une Tourterelle des bois passe devant le Calao le 5/9, puis il y a eu ce fameux Hibou des marais le 2/12. Peut-être l’espèce la plus insolite a été la Huppe fasciée, avec deux observations d’individus ayant le même comportement les 18 et 24/9: à chaque fois, je repère l’oiseau arrivant du N ou du NNE volant au-dessus de l’océan et se dirigeant vers Ngor. Seuls quelques Martinets noirs sont vus en tout début de saison (les 5 et 12/8), avec un probable Martinet pâle, vu la date, le 22/10. Quelques Bergeronnettes printanières sont vues ou entendues entre le 14 et le 28/10, alors qu’une Bergeronnette grise survole le site le 30/11. Et enfin deux passereaux en escale sur les rochers ou la petite plage du Calao: quatre Traquets motteux (16/10-29/11) et deux Rougequeues à front blanc (14 & 24/10).

 

Je doute fort que j’aurai le temps de refaire un tel suivi l’automne prochain… bien qu’avec un peu de renforts lors des périodes “stratégiques” il doit être possible de faire encore mieux que cette année. Pour l’instant, on va essayer de renforcer le suivi au printemps (fin février / fin mai) mais là non plus ce ne sera pas possible tout seul… avis aux amateurs!

 

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La migration en mer devant Dakar: l’automne 2017 (1ère partie)

Voici donc une première ébauche de synthèse de la saison de seawatch 2017, que j’espère pouvoir retravailler par la suite pour une petite publication. En effet, c’est à notre connaissance la toute première fois qu’un suivi aussi exhaustif est fait sur l’ensemble d’une saison. Les efforts précédents ont presque toujours porté sur une période courte (1 à 3 semaines), généralement en octobre. Il y avait donc pas mal de spéculation quant à la phénologie et l’abondance de certaines espèces qu’on supposait passer plus tôt ou plus tard en saison.

Comme le note Niklas Holmström sur son site Senegal seawatching (qui bien qu’il date un peu, contient toujours une multitude d’infos pratiques): “septembre, fin novembre et décembre restent inexplorés et sont des périodes intéressantes pour les pionniers du seawatching ayant envie de faire des découvertes. Les possibilités d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses sur ce mystérieux groupe d’oiseaux sont encore énormes, surtout en ce qui concerne l’identification, la mue et les migrations!”. On trouvera notamment une liste des oiseaux de mer vus depuis Ngor ou au large depuis des bateaux, ainsi qu’une synthèse des effectifs notés par les diverses équipes ayant fait des suivis dans les années ’90 et 2000.

J’avais déjà fait un premier point sur la saison 2017 ici, et une note sur notre sortie en mer est consultable ici. Et pour une petite synthèse du passage prénuptial, se rendre ici.

Scopoli's Shearwater / Puffin de Scopoli

Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli, Ngor, Nov. 2017

Ces derniers mois, j’ai donc élu domicile sur la terasse du Calao, ayant fait 92 séances (82 dates différentes) entre le 22 juillet et le 5 décembre, pour un total de 125 heures de suivi (et j’ai dépensé une petite fortune en espressos, à 1’500 CFA la tasse, et même pas reçu de rabais!!) Soit une présence sur près de deux jours sur trois pendant la période; quelques séances ont été assurées par Miguel Lecoq lorsque j’étais absent et d’autres ont été faites en sa compagnie – un grand merci à lui! Sans exception, toutes les observations ont été effectuées depuis le Calao de Ngor, généralement le matin entre 7h30 et 9h30 à l’exception de quelques séances plus longues ou en fin de journée. Au final, ce sont un peu plus de 69’000 oiseaux qui ont été comptés.

Les principaux “trous” dans le suivi étaient fin juillet/début août, la 3ème semaine d’août, du 7 au 17 septembre, et les cinq premiers jours de novembre. On a donc fourni un gros effort pour avoir un suivi aussi complet que possible, mais le faire tout seul (ou presque) est bien sûr impossible. Du coup je suis allé observer un peu moins dans d’autres coins ces derniers mois (Technopole, mais aussi Pointe des Almadies, Ngor, Mamelles, Iles de la Madeleine…), mais surtout, j’ai encore plus souvent que d’habitude été absent de la maison, surtout le matin… j’en profite donc pour m’excuser auprès de ma petite famille, et à remercier Madame pour son niveau de tolérance élevé!

On a essayé de compter toutes les espèces de manière systématique, plus particulièrement les puffins, océanites, sulidés, limicoles. labbes, laridés et sternes. A quelques occasions des estimations ont dû être faites pour les sternes, car certains jours lors de passages soutenus c’était impossible de compter tous les oiseaux tout seul. Idem lorsqu’on se trouve devant un flux de plusieurs milliers de puffins. Pour les sternes en particulier, il est parfois difficile de distinguer entre oiseaux en migration active et individus stationnant ou se nourrissant dans la zone; il en est de même pour les Goélands bruns et d’Audouin, surtout en fin de saison.

Essai de synthèse…

Par où commencer? Peut-être par les faits les plus marquants, et notamment les passages impressionnants de Mouette de Sabine, Puffin cendré/de Scopoli, et Puffin majeur avec apparemment des records battus pour chacune de ces espèces. Pas de grandes raretés vues, mais tout de même quelques migrateurs peu courants sont notés, comme le Puffin des Baléares ou le Puffin de Boyd. L’absence ou la quasi-absence de quelques oiseaux de mer comme le Pétrel de Bulwer et les océanites est aussi à relever; ces espèces seraient plus faciles à détecter depuis l’ile de Ngor car on se trouve d’une part sur un point de vue plus élevé, d’autre part plus proche des migrateurs que le Calao.

Aussi 2-3 espèces inattendues, avec notamment un Hibou des marais qui arrive depuis le large, le 2/12, ainsi que deux observations de Huppe fasciée et une de Tourterelle des bois en migration active.

Le tableau ci-dessous est une tentative de résumé du passage des principales espèces: vous y trouverez le total compte, le “taux de présence” (rien de scientifique ici! juste le % de jours de présence de chaque espèce), les premières et dernières dates, ainsi que la date et l’effectif maximal, sous forme de nombre d’oiseaux par heure. En effet, vu que je n’ai pas pu faire un suivi exhaustif avec une présence continue chaque jour (j’aurais dû prendre quatre mois de congés, et encore!), il a fallu trouver un moyen de standardiser afin de pouvoir comparer l’intensité du passage au cours de la saison. J’ai donc calculé pour chaque jour le nombre d’oiseaux passant par heure, puis pour faire les graphiques de présence c’est la moyenne des effectifs par heure que j’ai utilisée. Pas sûr si ça tient la route tout ça, à creuser encore… d’ailleurs s’il y en a qui ont des idées pour analyser les données de manière à les rendre pertinentes, je suis preneur…

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Maintenant pour une brève discussion pour chaque espèce:

Puffins (Shearwaters)

  • Puffin cendré & de Scopoli (Cory’s/Scopoli’s Shearwater): ces deux taxons sont très difficiles à distinguer donc ils sont regroupés ici; avant c’était d’ailleurs bien plus simple car ils étaient traités comme des sous-espèces et non des espèces à part entière. On ne sait pas trop dans quelle proportion chacune des deux espèces est présente, mais c’est sûr qu’il y avait aussi bien de Scopolis que des cendrés. Je soupçonne toutefois que les Scopolis sont largement majoritaires, selon nos observations de l’an dernier et aussi lors du pélagique de mi-novembre. Idem d’ailleurs fin octobre devant les côtes marocaines, avec moins de 10% de cendrés sur les 500 Calonectris vus par l’équipe de Limosa. Voir aussi cette discussion sur l’identification de ces puffins ici. Vus lors de chaque séance à partir du 23 octobre, initialement en petit nombre (1-14 ex., 23-28/10), puis dès le 30/10 le passage s’intensifié: près de 100 ind. par heure le 30, pour culminer du 6 au 11/11. Pendant ces six jours, le flux de puffins est quasi continu, avec presque tous les jours plus de 1,000 oiseaux par heure (max. 4157/h. le 6/11, soit 70 individus par minute). Il est probable que ce passage très concentré ait commencé quelques jours plus tôt, mais il n’y a pas eu d’observations du 1er au 5/11. Après le 11/11 le passage devient moins constant, peut-être en raison du changement de la direction dominante des vents (NE au lieu de N/NW) bien qu’il concerne toujours quelques centaines d’oiseaux par heure du 14 au 16 et le 19/11. Les 3-4/12 il y a de nouveau pas mal d’oiseaux qui défilent – passage qui peut d’ailleurs durer jusqu’à fin décembre, du moins certaines années. En tout, plus de 32,000 individus sont comptés, soit près de la moitié (47%) de l’effectif total toutes espèces confondues.

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  • Puffin du Cap-Vert (Cape Verde Shearwater): vu à quelques reprises seulement, bien qu’il soit possible que quelques individus soient passés inaperçus dans les gros mouvements de l’espèce précédente. Les quelques oiseaux vus n’étaient pas forcément en migration active, comme p.ex. ce groupe de 11 individus qui se nourrissent devant Ngor le 11/10. Deux puffins vus fin juillet et quatre début août étaient peut-être bien des Cap-Vert, mais trop lointains pour en être certain… Cette espèce doit d’ailleurs être bien plus nombreuse au large, comme en témoignent nos observations du 15/11 lors de notre sortie en mer. La présence de l’espèce devant Dakar semble d’ailleurs hautement variable d’une année à une autre.
  • Puffin majeur (Great Shearwater): l’une des grosses surprises de la saison fut le passage tout à fait inattendu de centaines d’individus début décembre… alors que seul un individu avait été vu début novembre. Fait étonnant, ce passage a eu lieu quasi uniquement le soir: le dimanche 3/12, je note 157 Puffins cendrés/de Scopoli en deux heures de suivi le matin, et en retournant en fin d’après-midi – espérant voir un peu plus de labbes – c’est un flot continu de puffins qui se présente devant moi, avec plus de 700 individus notés en 40′, dont env. 200 Puffins majeurs! Le lendemain pareil: très peu de puffins le matin (juste 14 de type cendré et un fuligineux), mais le soir il y a une bonne centaine de majeurs qui passent vers le sud-ouest, avec un passage soutenu qui dure jusqu’au crépuscule au moins. Vraiment étonnant et tout à fait exceptionnel! Comme quoi, ça vaut la peine de ne pas seulement faire du seawatch le matin – quelque chose qu’on savait déjà pour les labbes, mais pour ces Puffins majeurs ce passage uniquement “vespéral” était vraiment inattendu. Logiquement il s’agirait d’oiseaux immatures à cette époque, car les adultes devraient maintenant avoir regagné les sites de nidification de l’Atlantique Sud. Dommage que je n’aurai pas pu continuer le suivi après le 5/12, car c’est bien possible que ce passage ait continué encore dans les jours suivants.
  • Puffin fuligineux (Sooty Shearwater): l’une des espèces les plus régulières, vue sept jours sur dix et quasiment lors de toutes les séances à partir du 18/9. Le graphique ci-dessous résume la phénologie, sous forme de nombre moyen d’oiseaux par heure, pour chaque décade entre fin juillet et début décembre; il y aurait donc deux pics de passage, mais j’ai mis le pic de la 2ème décade de septembre en bleu clair car il n’y a eu que deux jours d’observation lors de cette période, donc moyenne à prendre avec des pincettes. Comme pour pas mal d’autres taxons, le passage est généralement plus intense par vents d’ouest à nord. Avec 3,600 individus comptés, Ardenna griseus fait partie du Top 10 des espèces les plus nombreuses de la saison.

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  • Puffin des Anglais (Manx Shearwater): régulier avec des effectifs très modestes de mi-septembre à fin octobre, puis arret quasi total de la migration par la suite, avec juste une observation en novembre puis un seul oiseau le 3/12. Comme je n’ai pas pu faire de suivi entre le 7 et le 17/9, il est bien possible que les premiers oiseaux passent déjà début septembre. Et que pas mal d’individus passent plus au large et ne sont pas détectés depuis le Calao (par contre, ce qui est sympa chez cet oiseau c’est qu’il passe régulièrement près du rivage, contrairement à la plupart des autres puffins).
  • Puffin des Baléares (Balearic Shearwater):  un individu notê le 23/9. Peut-être plus courant que cette seule donnée ne le suggère, mais pas forcément facile à identifier donc peut-être qu’il y en avait quelques-uns parmi la soixantaine de puffins non identifiés que j’ai notés…
  • Puffin de Boyd (ou est-ce de Macaronésie? difficile de savoir quel traitement taxonomique lui réserver; Boyd’s Shearwater): un le 18/9.

Océanites (Storm Petrels)

  • Océanite de Wilson (Wilson’s Storm Petrel): Curieusement, lors de ma toute première séance, le 22/7 (ca parait bien loin maintenant!), je constate la présence d’une cinquantaine d’océanites devant le Calao, en train de se nourrir en faisant leurs va-et-vient papillonnants typiques de l’espèce. Deux jours plus tard, alors que le vent s’est couché, il n’y en a plus que trois. Il faut ensuite attendre le 8/10 pour voir quatre de ces oiseaux, par mer ultra calme de surcroît, puis trois le 11/10 et pas moins de 80 (environ!) le 14/10 et quelques-uns encore les deux jours suivants. Encore un oiseau le 24/10, puis c’est tout!
  • Océanite tempête (European Storm Petrel): un seul oiseau identifié, le 11/11 par mer très calme et un vent du nord bien faible.

Sulidés (Boobies & Gannets)

  • Fou de Bassan (Northern Gannet): un premier individu est vu le 18/9, mais ensuite il faut attendre un bon mois avant le suivant, puis ce n’est qu’a partir de début novembre que l’espèce devient régulière. Sur les 65 individus dénombrés, neuf passaient vers le nord-est ou étaient plutôt stationnaires. Le Fou de Bassan devrait logiquement encore continuer d’arriver ces prochaines semaines, et c’est bien plus tard en saison (janvier/fevrier) qu’on voit les plus gros effectifs, parfois quelques centaines, dans les eaux dakaroises.
  • Fou brun (Brown Booby): vu sept fois, dont trois individus en vol vers le sud-ouest et quatre vers le nord-est: difficile de parler d’un passage migratoire, peut-être plutôt des oiseaux stationnant aux Iles de la Madeleine et partant en mer pour pêcher? Tous les oiseaux étaient des immatures.

La suite de cette synthèse sera publiée dans quelques jours si tout va bien. Vous y trouverez limicoles, labbes, mouettes et goélands, sternes et guifettes, et quelques autres piafs encore.

 

 

 

Short-eared Owl in Senegal

An unexpected sighting of a Short-eared Owl (Hibou des marais) migrating past Ngor this morning prompted me to have a closer look at the status of this bird in Senegal, and to attempt to assemble past records and available information about its distribution. It also so happens (a coincidence?) that there were several more records in recent weeks, including one seen just yesterday in the Saloum delta, and one early November in Senegal’s Far East, at Boundou nature reserve. Today’s post will be a rather short one, without any pictures to share – unfortunately (you do get lots of references instead!). [correction! I managed to take a few pics at the end of December, so I’ve inserted them here]

This morning, towards the end of a very quiet seawatch session, I noticed an unusual bird coming in over the ocean from a north-westerly direction, maybe about a kilometer away from land. It was easily identified as a Short-eared Owl thanks to its distinctive shape and plumage: pale plumage, long wings with pale yellow “hands” and a distinctive black comma on the underwing and dark primary tips, which distinguish it from Marsh Owl. It made slow progress, turning to the south and eventually reaching Ngor island, but proceeded without landing and seemed to continue towards the Almadies area (if I’d been at home, I may have seen it from my balcony!!). Could it perhaps have crossed from the Cape Verde islands, or hopped on a ship somewhere to the north of Dakar, and took off upon seeing the Mamelles in the distance?

In summary, Short-eared Owl is a scarce but seemingly regular (and likely annual) winter visitor to Senegal. Most observations are from the north, at Djoudj and Richard-Toll, with a scattering of records from elsewhere in the country: Dakar, Popenguine, Saloum, Boundou.

The earliest available reference is of course by Morel & Morel (who else?), who report to have seen it “on several occasions” around Richard-Toll, but don’t give much other detail other than that it is mainly seen on “autumn” and “spring” passage, with a mid-winter record in January 1978. The only record away from their study site that they mention is of a specimen collected at Sangalkam in the Dakar region, not far from Lac Rose, on 3/2/76 by Blancou.

In the early nineties, Short-eared Owl was regularly observed in the Djoudj national park, with at least 20 records “between 23 October and 29 March: three singles, 1990-91; 12 records in 1991-92 (max. 6 on 10 Dec 1991); five, 1992-93 (max. 3, Jan 1993). Previously only one record was known from the Djoudj (Dupuy 1971)” Elsewhere in Senegal,  Sauvage & Rodwell add a single record of one bird at Palmarin in January 1992, but there’s also one from 27/2/91 at Popenguine which they seemingly were unaware of at the time (O. Benoist on eBird).

As is quite often the case it seems, there follows a gap in published data during the late nineties and first decade of the 21st century, and we need to fast-forward almost 20 (!) years until the next published records, listed below. All are of single birds between early November and late January.

So just seven records from 2010-2016… and now for 2017:

  • 3/11/17 in the Boundou nature reserve (T. Riviere & E. Tanguy on eBird), one of several recent additions to the reserve’s bird list
  • 6/11/17 near Palmarin (J. Hooijmeijer, T. Jager)
  • 30/11/17 at Kousmar, Kaolack (M. J. Valencia & C. Clemente on eBird)
  • 1/12/17 at Palmarin (T. de Kruif on Observado.org)
  • 2/12/17 at Ngor, actively migrating
  • 14/12/17 at Guereo, roosting under a bush near the Somone lagoon (J. Buvat on Observado.org)
  • 25/12/17 near Gandiol (south of Saint-Louis), roosting in a flood plain of the Guembeul area. See header picture and here.
  • 31/12/17 at Technopole, Dakar, bringing this autumn’s total to eight birds

 

Addenda: several more Short-eared Owls were reported in January-March 2018:

  • no less than three birds were seen near Palmarin on 22/1/18 by visiting Swiss birders C. Ruchet and Y. Menétrey,
  • on the same day (22/1), one was found dead on the N2 road near the Ndiael Fauna Reserve (Daniel & Alix Mignot)
  • seven (!) were at Technopole on 3/2 (E. & J. Regala Ruiz). In subsequent weeks, at least up to late March, up to six birds were regularly reported here. These are also the first February and March records it seems
  • one was at Iles de la Madeleine on 25/2 (E. & J. Regala Ruiz)
  • one in Djoudj NP on 27/2 (M. Demeulemeester on Observado.org)

That’s now 13 records of at least 21 birds, and definitely a proper influx.

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Short-eared Owl / Hibou des marais (Technopole, 31/12/17)

Surely there are other old (and new) records that are hidden in note books, travel reports, trip lists etc., and that were never reported to the ABC for inclusion in the Recent Reports round-up. And maybe even a few birds seen by local birders, eco-guides and park rangers but that were even less likely to have ever been reported, for lack of a proper bird records database. For instance, it has been mentioned from the Ndiael reserve (between Saint-Louis and Richard-Toll), but I didn’t find any records yet. It also turns out that the species has apparently been seen quite regularly in the Khelcom area in recent year, by Dutch researchers working on Montagu’s Harriers here. A shame though that they never reported or published their sightings.

Regardless, what stands out here is the good run of recent records, particularly this year. A coincidence, a real increase of the species, or better coverage and especially better reporting of data by observers? I tend to lean to the latter, since it’s unlikely that there is a real increase in numbers given its overall rather precarious conservation status in Europe. Short-eared Owl is known to have highly fluctuating population trends and tends to be a nomadic species in many areas, responding to abundance of rodents in both the breeding and wintering areas, so it certainly looks like it’s been a good year for them. Let’s see if other records resurface, or if more are seen in coming months. [note 31/12: several more birds have been seen since I originally wrote this, and one can definitely talk about a proper influx this autumn!]

What about elsewhere in West Africa?

The species is thought to be a regular winter visitor to Mauritania, where it is “recorded in small numbers on both passages (October/November and March/April)”. Isenmann et al. (2010) also mention that in winter the species is seen in open areas around wetlands and in coastal areas (northwards to the Banc d’Arguin). There are at least 12 records from Cape Verde, in August and October-March, from most islands but also including two records of birds “seen from ships at sea between the islands” (Hazevoet 2014), so these were likely of actively migrating birds, just like mine this morning at Ngor.

Short-eared Owl is thought to be a regular winter visitor along the Niger river in Mali (Lamarche 1980 even considers it “rather common” in the Delta Central) and around lake Chad in Nigeria and Chad. At the same latitude, Niger may also be part of its more or less regular range, as there are at least four known records. It is quite rare in The Gambia where there are a handful of observations, surprisingly perhaps mostly from the Upper River Division. The ABC Recent Reports mention one exception, of a bird disturbed while roosting at Pirang, close to Banjul, on 16 February 2003. Olly Fox kindly supplied two recent records from Kartong Bird Observatory, on the coast right on the border with Casamance: 30/10/15 and 24/11/17, both of singles flushed from dry grass/scrub amongst dune vegetation. At least one other was reported from The Gambia later on. The species was also reported in January or February 2018 from Guinea-Bissau for the first time – details will be added later.

Borrow & Demey show records of vagrants in Guinea and in Liberia, with one record each: a very old one from the Fouta-Djallon (Maclaud 1906, see Morel & Morel 1988, Liste des oiseaux de Guinée), while the observation in Liberia was of a bird “hunting insects every evening 18 November to 10 December 1983 on a road passing through a high grass savanna clearing at Tuzon” (Gatter 1998, Birds of Liberia). There also is one record further south, in Cameroon on 14/1/08, of what was obviously a vagrant, flushed “on a lava flow in the southern foothills of Mt Cameroon” (Riegert et al. 2008. The first record of Short-eared Owl Asio flammeus in SW Cameroon. Malimbus 30).

So let’s see if there will be more records this year – I certainly hope so, as it’s always a pleasure to see this special owl, wherever in its wide range that may be (it is indeed an extremely widespread species, with a more or less continuous breeding range throughout Eurasia, in North America, and even the Caribbean and South America).

 

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Post updated with records supplied by Simon Cavaillès, Oliver Fox, Jos Hooijmeijer, Miguel Demeulemeester, Edgar Ruiz and others (many thanks!)

 

 

Ngor seabird migration update

Fifty-one sessions, 69 hours, 23,693 birds, 54 species: this, in summary, is the result of the past three months of seawatching from Ngor.

We still have about two months to go until the end of the season (does it really ever stop? There’s always birds on the move off Ngor!), but I thought I’d give a quick update of what the season has been like so far. I did six sessions in early August, then started doing regular one to two hour spot checks from August 21st. The only interruption was from 7-17 September when I was in Mali, but other than that I managed to go on most days, usually in the morning. Miguel accompanied me on a couple of occasions and provided additional counts for two days. All observations – in the sake of consistency! – were made from the Calao terrace, which may not be as good as Ile de Ngor, but it definitely has the advantage of being easily accessible, and what’s more there’s shade and decent coffee.

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I won’t go into a review for each species as I may do this at the end of the season, so here are just a few highlights so far, along with a few recycled pictures because except for a few blurry pictures of migrating Whimbrels or a Purple Heron I don’t have much to offer.

  • Shearwaters

The main species here is Sooty Shearwater, which is seen in varying numbers during almost all seawatch sessions since Sept. 18th. The first three birds are noted on 4/9, and so far there have been small peak days on 18 & 20/9, 3/10, 14 and 16/10 with a max. of 164 birds in one hour on 3/10 (out of a total of 1,411 birds counted). This morning there finally was a pretty much constant flow of shearwaters, with 284 Sooties zooming past in less than two hours (= nearly 3 per minute).

The only other regular species is Manx Shearwater, seen during 18 out of 30 sessions since 18/9 – usually between one and five birds, with a max. of 31 in 75′ on 20/9. A Cape Verde Shearwater flew past on 31/8, while 11 birds were feeding off the Calao, luckily at fairly close range, on 11/10. A Balearic and a probable Boyd’s Shearwater were seen on 23/9 and 18/9, respectively.

Sooty Shearwater / Puffin fuligineux
Sooty Shearwater / Puffin fuligineux (April 2015)

 

  • Storm-Petrels

A very unpredictable group of pelagic species, which occurs in highly variable numbers from year to year – at least, based on what passage can be seen from land. As already mentioned, some 50 birds were feeding off the Calao on July 22nd with 3 still there two days later. The next Oceanodroma petrels were seen on 8/10 only (4 birds during SSW winds), followed by three on 11/10, then at least 80 on 15/10 (when we counted seabirds for 4 hours and 15 minutes) and a handful on following days. Most if not all of these were Wilson’s Storm-petrel, though it’s quite possible that there were a few Band-rumped (Madeiran) Storm-petrels in the lot. We really ought to get out at sea to get a closer look at these difficult birds – hopefully something we can manage to do in mid-November when we’re planning a pelagic.

 

  • Sulidae (Gannets & Boobies)

An early Gannet flew past on 18/9, though I can’t say for sure it was a Northern Gannet and not the vagrant Cape Gannet; the only other one so far was seen yesterday afternoon. This species should become increasingly common in coming weeks. Single Brown Boobies were seen on 18/9, 24/9 and 29/9, though only one was flying SW (could it have been three times the same immature bird?). Haven’t been back to Iles de la Madeleine for a few months now but it’s likely that several Brown Boobies are hanging out there at the moment.

 

  • Waders

Though this group is not made up of seabirds (except maybe Grey Phalaropes in winter), they can often be seen migrating along the coast, sometimes up to about a kilometer out at sea. Best days for waders are early on in the season (Aug./Sept.) during the peak migration time for most species, and particularly when it’s been raining during the night and early morning.

This was the case for instance on 24/8, when a good variety of waders were seen in 1.5 hours under light rain, after a heavy shower that started around 6am and with moderate SSW winds. About 39 Bar-tailed Godwits were counted, in four groups, all except one mixed with Whimbrels; also 13 Turnstones, a Common Redshank, a Common Sandpiper, four Little Stints, 16 Sanderling, four Curlew Sandpipers, and five Ruff (with godwits).

Whimbrel is the most regular and most numerous of the waders, with 528 birds actively migrating so far. More than half of these (293) flew past on 9/8. Other species noted include Oystercatcher (regular in small numbers), Common Ringed Plover (five on 6/10), Greenshank (one on 15/10, and even Curlew (two on 5/9).

A single Grey Phalarope flew past at relatively close range on 18/9, while a flock of ca. 25 waders on 30/8 were probably this species as well.

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Overexposed Oystercatcher / Huîtrier-pie sur-exposé (Oct. 2017)

 

  • Skuas

The first skuas were noted on Aug. 11th when four Long-tailed Skuas flew past. From Aug. 23rd the passage gradually intensifies, with just a few fairly small peak dates so far: 31/8 (13 Long-tailed Skuas, first few Pomarines), 21/9 (104 total skuas in 75′), and this morning 21/10 (171 in 105 minutes). So far, out of 1,385 skuas counted, just over half could be identified to species. Out of these, 52% were Arctic Skuas, 32% Pomarines, and the remaining 15% Long-tailed. It seems that in recent days the balance of Arctic vs. Pomarine Skuas is tilting towards the latter species, which is most numerous in November.

Sixteen Catharacta skuas (=South Polar or Great) flew past between Aug. 23rd and this morning, with seven in the past three days. At least one of these clearly was a South Polar Skua, an intermediate form; one of this morning’s birds flew quite close to the shore and looked very dark, faintly streaked, and appeared to be very bulky: features that point to Great Skua. Going by last year, more should follow in coming days.

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Long-tailed Skua / Labbe à longue queue (April 2017)

 

  • Gulls

The first Sabine’s Gull is seen as early as August 5th, but it’s not until the end of the month that the species becomes more or less regular: two on 30/8, three on 31/8 and one the following day. The first small peak day is on 21/9 when 66 birds fly past in 75′; other good days were Oct. 10th (84 in 90′), 16th (214 in 150′), and 18th (94 in 60′). Up to now, we’ve counted 654 birds, almost all on days with moderate (20+ km/h) W to NNW winds – though it’s still quite rare to see them flying past at close range, being usually quite far out on the horizon and just about recognisable by their flashing black-white-grey plumage.

Audouin’s and Lesser Black-backed Gulls are much less regular, and so are Slender-billed and Grey-headed Gulls. Probable Kelp Gulls flew past on 11/8 and 30/8.

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Sabine’s Gull / Mouette de Sabine (April 2015)

 

  • Terns

With over 19,000 migrating terns counted, this group is by far the most numerous of all. The Arctic/Common “species pair”, often indistinguishable or too cumbersome to identify down to species level, represents nearly 50% of all terns, with just over 9,000 birds so far. Next in line is the Black Tern with 5,504 birds, with fairly consistent numbers throughout the season – often up to more than a hundred per hour. Sandwich Tern is the third most common species (3,551) followed by Royal (468) and Lesser Crested Tern (267). Little Tern is seen regularly in small numbers, not usually more than 10 on any given morning; Roseate Tern is even scarcer (97 birds so far, from Aug. 24th up to mid-October. Surprisingly, Caspian Tern is much less common than the previous species, with just 29 birds on nine dates. Whiskered Tern was positively identified just once (on 14/10) but could easily pass unnoticed among the flocks of Black Terns.

 

  • Others

As on every migration watch point, every now and then an unexpected migrant shows up. In Ngor, I’ve had Grey and Purple Herons (both on 24/9, arriving from out at sea!), a Marsh Harrier (12/10), one or two Lesser Kestrels (15/10), but also a Turtle Dove and twice a Hoopoe flying in from sea.

Songbirds are seen occasionally, such as Common Redstart or Northern Wheatear, both of which were seen in recent days on the volcanic rocks, just about sheltered from the waves, of the islet in front of the Calao.

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Purple Heron / Heron pourpré (Sept. 2017)

 

Surely there are lots more exciting birds to come and I hope to get out there regularly throughout November. Next update towards the end of the year!

Et c’est reparti…

…pour une nouvelle saison de seawatch!

Comme l’an dernier, j’espère bien pouvoir assurer un suivi modeste mais régulier de la migration devant la péninsule du Cap-Vert, et ce depuis la fameuse terrasse du Club Calao à Ngor. En fait, le suivi se fait plus ou moins en continu tout au long de l’année, car à toute saison il est possible de voir des mouvements devant ce site privilégié pour l’observation des oiseaux de mer. On l’a déjà présenté à plusieurs reprises dans ces pages, et d’autres ont fait un bon travail de compilation des connaissances sur la migration des oiseaux de mer à Dakar – voir notamment le site “Seawatching in Senegal“, qui n’est malheureusement plus tenu à jour depuis plusieurs années. Je ne résiste toutefois pas à l’envie d’inclure cette photo de la terrasse, prise hier matin entre deux averses.

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La terrasse du Calao, entre deux averses…

Avant de passer au passage postnuptial (= la migration ayant lieu après le période de reproduction), faisons rapidement le point sur le cru 2017 pour ce qui est du passage prénuptial, soit grosso modo couvrant la période fin février-début juin. Le suivi n’a pas été très assidu sauf peut-être dans la 2e quinzaine d’avril, et comme toujours je n’ai généralement qu’une heure de libre avant d’aller au boulot… mais on a tout de même pu faire quelques belles obs depuis notre Calao favori:

  • Jusqu’à 5500 Puffins du Cap-Vert (Cape Verde Shearwater) sont vus le 24/4, la plupart se nourrissant ou se reposant pas trop loin de la côte (rien que ça! cet effectif représente une part non négligeable de la population mondiale). La présence de l’espèce a été notée en tout cas entre le 13/3 et le 1/5, bien que des puffins non identifiés mais de type Cap-Vert aient été vus entre le 10/2 et le 3/6.
  • Deux Puffins majeurs (Great Shearwater) sont vus le 25/5, rare donnée de mai pour cette espèce dont on ne saisit pas encore très bien les mouvements devant les côtes ouest-africaines. Un seul Puffin fuligineux (Sooty Shearwater) par contre, le 24/4.
  • Présence d’Océanites de Wilson (Wilson’s Storm-Petrel) début et fin mai avec quelques individus se nourrissant au large.
  • Des Phaétons à bec rouge (Red-billed Tropicbird) isolés sont vus devant Ngor les 26/4 et 3/6.
  • Fou de Bassan (Northern Gannet): vu régulièrement jusqu’au 1er mai (11 individus), suite à quoi des isolés sont vus (toujours le même?) à quatre reprises entre le 14/5 et le 22/6.
  • Un Fou brun (Brown Booby) passe devant le Calao le 2/6, peut-être un des individus fréquentant les Iles de la Madeleine.
  • Trois espèces de labbes dont quelques Labbes à longue queue (les 10/3, 21 et 24/4 depuis la terre ferme, et le 15/4 depuis notre mini-pélagique, photo ci-dessous) (Long-tailed Skua)
  • Passage de Mouettes de Sabine (Sabine’s Gull) les 24 et 28 avril, lorsqu’un total respectable d’au moins 48 individus passent vers le NE (le 30/4, un adulte est vu en migration lors de la traversée vers l’île de Gorée, donc dans la baie de Hann).
  • Une Sterne de Dougall (Roseate Tern) adulte est détectée le 21/4, filant vers le NE.

 

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Long-tailed Skua / Labbe a longue queue 2nd c.y. / 2e a.c. (avril 2017)

 

Le passage “d’automne” a déjà bien commencé pour bon nombre d’espèces, notamment pour plusieurs limicoles comme en témoignent les beaux effectifs présents au Technopole, mais aussi pour les sternes et guifettes. Si l’essentiel est encore à venir, voici déjà quelques moments forts, d’après mes observations étalées entre le 22 juillet et le 12 août (huit séances, la plupart d’une heure environ):

  • Puffin sp.: deux puffins le 22/7 et quatre le 5/8 étaient trop loin au large pour pouvoir les identifier; les premiers étaient “des petits” genre Puffin des Anglais, alors que les seconds étaient des oiseaux de type cendré (Scopoli / cendré / Cap-Vert)
  • Océanite de Wilson: le matin du 22 juillet, par fort vent d’ouest, au moins 50 individus se nourrissent pas trop loin du rivage; deux jours plus tard, par mer calme, il n’y avait plus que trois océanites appartenant très probablement à cette espèce.
  • Passage important de Courlis corlieux (Whimbrel) le 9/8, avec en tout au moins 292 individus de passage en trois heures de temps… le suivi était intermittent, donc certainement que j’ai loupé des groupes. Plusieurs groupes de 50, 60, 80 courlis: impressionnant! Certainement que la pluie intense en fin de nuit devait y être pour quelque chose, car c’est la première fois que j’en vois autant en une matinée (le 5/8, deux vols totalisant 65 individus, en deux heures de suivi).
  • Un Huîtrier pie (Oystercatcher), assez rarement vu à Ngor semble-t-il, au milieu d’un vol de courlis le 5/8.
  • Quatre Labbes à longue queue le 11/8, dont deux adultes clairs, un probable adulte sombre, et un subadulte. Le petit groupe est passé assez près, avant de s’éloigner au large plein ouest – très belle obs comme on en veut encore! Sinon deux obs de labbes sp. loin au large ces derniers jours.
  • Une première Mouette de Sabine adulte le 5/8; comme toujours avec cette espèce elle passe bien au large, mais heureusement elle reste assez facilement identifiable grâce à sont pattern noir/blanc/gris “flashant” si caractéristique.
  • Un possible Goeland dominicain (Kelp Gull) immature est vu le 11/8 – le même que celui (encore non confirmé) du Technopole la semaine dernière?
  • Sterne arctique (Arctic Tern): min. 448 en 3h15 hier matin (mais à noter que la moitié du temps il pleuvait assez fort, stoppant largement le passage en mer). Plusieurs groupes de 50, 60 individus dont plusieurs haut dans le ciel et au moins un groupe qui m’est passé derrière, donc sur la terre ferme: j’ai dû en louper pas mal! Bien entendu difficile d’identifier chaque individu et il y avait certainement quelques Pierregarins (Common Tern) dans le tas, mais pour l’essentiel il s’agissait d’Arctiques adultes. Situation similaire la veille lorsque je dénombre au moins 106 individus en une heure.
  • Les Sternes caugeks et dans une moindre mesure les voyageuses ont commencé à passer ces derniers jours, avec en plus une Sterne naine bien seule au milieu d’un groupe d’Arctiques le 12/8 (+ trois le 28/7). Une Caspienne passe le 11/8, alors que pour les Royales il est toujours difficile de distinguer entre les migrateurs et les oiseaux locaux en vadrouille, même si hier matin l’essentiel des 67 individus filaient bien vers le SO  (Sandwich, Lesser Crested, Little, Caspian, Royal Terns)
  • Guifette noire: au max., une centaine le 11/8 en une heure de suivi.
  • Un Martinet noir (Common Swift) survole l’océan le 5/8 et deux au-dessus du Calao, entre deux averses, le 12 (en Gambie, Clive Barlow rapporte les premiers retours dès le 30/7).

 

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Sabine’s Gull / Mouette de Sabine (avril 2015)

 

L’an dernier je n’avais fait qu’une poignee de pointages courant septembre et j’ai pu faire vingt-huit séances entre début octobre et fin novembre, totalisant près de 28 heures de suivi… mais je n’ai jamais trouvé le temps d’en faire une petite synthèse. On garde tout ça au chaud et j’espère bien pouvoir compiler ces résultats un jour.

Mais d’abord faut que je retourne suivre le passage 2017… retour à Dakar le 21 pour la suite!

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L’îlot devant le Calao, avec au fond l’ile de Ngor

 

 

Shearwaters off Ngor, 15/04

First of all let me apologise for the stream of mostly blurred pictures that is about to follow. I’m pretty pleased with the picture above, but found it really difficult to get decent shots of moving birds from a moving boat, one hand on the camera and the other holding on to the boat… and this despite the fact that the ocean was really quite calm when we set out on a mini-pelagic last weekend.

We didn’t see a huge variety of birds but what lacked in diversity was made up for by the quality of our encounters and by the good numbers of shearwaters – mostly Cape Verde but also quite a few Scopoli’s Shearwaters and probably some Cory’s too. Three species of Skuas (Long-tailed, Arctic, Pomarine) were seen, but only a few Northern Gannets are left, while four storm petrels were seen too briefly to be sure (probably Wilson’s). Other than that a single Audouin’s Gull, two migrating Black Terns and of course Royal and Sandwich Terns, albeit in small numbers. Oh and a lone Barn Swallow migrating low over the waves. In 2015, a similar boat trip on almost exactly the same date (18/4) produced quite a few more storm petrels (European, Wilson’s, Madeiran), two additional shearwater species (Manx and Sooty) as well as several Sabine’s Gulls.

I should really go out more on these boat trips as there’s always something interesting to see, and it really is a unique experience to find oneself surrounded by seabirds feeding around you. Last week’s trip is also a good opportunity to review some of the ID challenges with our Calonectris shearwaters, so here we go:

Cape Verde Shearwater Calonectris edwardsii

By far the most numerous bird of the trip, with at least 200 birds spread mostly between two groups. When seen at close range this is also one of the easier ones to identify: a medium-sized shearwater superficially similar to Cory’s/Scopoli’s, but clearly smaller and more slender, with a longer tail and overall plumage being more uniform brown and darker above. Its bill is rather fine, mostly grey without any yellow tones; some may even appear almost pinkish (see 3rd picture down).

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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

The upperparts aren’t as contrasted and largely lack obvious grey in the wings and back compared to Cory’s/Scopoli’s, and do not display a distinctive dark “M” (or W, depending how you see things!) across the wings as on Scopoli’s, only a slightly darker band across the arm:

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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

Under strong light they do sometimes look paler and may show a slightly mottled back:

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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

Especially on swimming birds, the dark head can be fairly distinctive and may even be reminiscent of Great Shearwater. The size difference with Cory’s is striking when seeing the two species together but of course this is much harder when watching these birds from land while they are feeding out at sea or flying a kilometer away from the shore. The Cory’s Shearwater in the picture below (yellow bill with dark tip, pale grey head) looks huge compared to the Cape Verdes, which suggest Cory’s rather than Scopoli’s – but see further down for a discussion on separation of these two closely related (sub-)species.

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Cape Verde Shearwater (& one Cory’s / Scopoli’s) / Puffin du Cap-Vert (& un P. cendré / de Scopoli)

Cape Verde’s underwing pattern is intermediate between Cory’s and Scopoli’s Shearwaters, usually showing a sharp demarcation between the dark primaries and underwing coverts. The paler inner webs on the primaries make the hand look more grey than black, though this is visible only under good light conditions and is less distinctive than on Scopoli’s.

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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap-Vert

Cape Verde Shearwater considered a globally threatened species, under the category Near Threatened on the IUCN Red List, owing to its moderately small population and range size. There are said to be around 10,000 breeding pairs (= ca. 30,000 birds in total), largely limited to just three islands of the Cape Verde archipelago. The population is thought to be declining owing mainly to uncontrolled levels of harvest. Indeed, “present-day harvests for food and bait have reached unprecedented levels and the threat this poses is augmented through motor-vessel use by fishermen […]. Currently, an estimated 5,000 chicks are taken from their nests on Raso and Branco each year. The species may also suffer predation from introduced species such as cats.” (BirdLife International, 2016).

If the 2001 estimate of 30,000 Cape Verde Shearwaters still holds true, then I saw about 18% of the world population this morning (24/4) while having coffee at the Calao terrace in Ngor, when at least 5,500 birds were visible from the Calao terrace, either passing through towards the NE, or feeding out at sea. A week ago I estimated about 1,100-1,200. Sure, some of these were Scopoli’s Shearwaters, though based on the few birds that were close enough to identify and going by our sightings from the boat about a week earlier these would account for 5-10% only. The species arrives on its breeding grounds from February-March, but egg-laying and incubation take place in May-July so the birds that are at Ngor at the moment may still head to Cape Verde – unless they’re all non-breeding birds of course. The species’ presence off Dakar seems rather unpredictable, but late winter and spring (Feb.-May, even June) is obviously the most reliable period to see them here; in certain years there are also good numbers in November (cf. Senegal Seawatching website).

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Scopoli’s Shearwater Calonectris diomedea

There were probably 10-20 birds in total, mixed in with the Cape Verde Shearwaters and mostly seen sitting on the ocean surface, and as such I have less useful pictures to share here. A shame because I’m not entirely sure that there weren’t any Cory’s Shearwater C. borealis as well, given that some birds looked really large and heavy-billed. Both species – formerly considered subspecies of Cory’s – share the same overall appearance of a large, grey-headed shearwater with a flashy yellow bill. Differences between the two are subtle and as such one would require good views or photographs in order to positively identify these birds; those see at a distance or under poor conditions are best left as Cory’s/Scopoli’s Shearwater.

The underwing pattern of Scopoli’s Shearwater is probably the most reliable field character, with the hand being less black and lacking the clear demarcation between the withe primary coverts and the dark primaries, which have white inner webs. This is often hard to see as flying birds are constantly shifting and often hold their wings down, hence the need for good pictures. Another feature of Scopoli’s is that is has a single black spot near the base of P10, whereas Cory’s has two on the outermost primary coverts (the 2nd one being detached from the dark edge of the wing – again, difficult to see other than on photographs). The size difference between Cory’s (which is slightly larger) and Scopoli’s is not very useful given that there is overlap and apparently much variation.

The picture below shows two Scopoli’s and one Cape Verde Sheawater: note the pale “hand” on the bird in the background, and yellow bill clearly visible on the bird in the front

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Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli

A good feature to pick up Scopoli’s among a group of Cape Verde Shearwaters, besides an obvious size difference and the yellow bill, is the much paler appearance of the head, mantle, and side of breast.

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Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli (at least 5 birds here)

The upperwing is clearly more contrasted than Cape Verde, with a dark zigzag across the otherwise grey wing, and mottled brown/grey saddle. This is especially true for Scopoli’s which is said to be greyer than Cory’s:

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Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli

As mentioned earlier, some birds looked really massive, including the thick bill, but I could not get any conclusive Cory’s – only a few suspected birds such as the one below. A shame that the underwing pattern isn’t clearly visible on this one:

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Scopoli’s or Cory’s Shearwater / Puffin de Scopoli ou cendré?

Further reading on separating diomedea and borealis can be had here and here, among others. There’s nothing much to be found on the occurrence in West Africa given that most records are of “Cory’s Shearwater” in the old sense, without distinction between the two species as currently recognised. Most records are from October-November and again around April, but the numbers are quite variable from one year to another. In 2016, we witnessed a strong passage of presumed Scopoli’s throughout November, but no birds could be labelled as obvious Cory’s.

Scopoli's Shearwater / Puffin de Scopoli

Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli

Skuas – another tricky ID category – may follow in a later post!

(post updated 24/4)

La semaine de l’ornithologie africaine: Dakar à l’honneur!

Comme déjà annoncé dans des articles12931175_1561013300863033_7092239335486732336_n précédents, le congrès panafricain d’ornithologie (PAOC) s’est tenu le mois dernier à Ngor. Comme l’évènement a eu lieu à deux pas de chez moi, c’était une opportunité unique de participer à cette conférence qui ne se tient que tous les 4 ans (comme les JO !), d’autant plus que c’était le premier congrès à se tenir dans un pays francophone de l’Afrique de l’Ouest. Plus de 200 ornithologues se sont retrouvés à Dakar, qui fut donc l’espace d’une semaine la capitale de l’ornithologie africaine.

Beaucoup de présentations et de discussions intéressantes bien sûr, et aussi l’occasion de rencontrer des passionnés des quatre coins de l’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis. Malheureusement, les chercheurs africains restent sous-représentés et on s’y rend bien compte que beaucoup de travaux scientifiques en Afrique se font toujours par les occidentaux… A souligner tout de même une bonne présence sénégalaise, notamment de la part de NCD, les divers doctorant(e)s de l’UCAD, les dames de la nouvelle structure Ornitourisme Sénégal, et les équipes régionales d’Alcyon et de BirdLife. Et bon nombre d’officiels qui ne se sont pointés que pour la séance d’ouverture présidée par le Ministre de l’Environnement, M. Abdoulaye Baldé.

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Cérémonie d’ouverture du 14e PAOC

Un programme très chargé pendant 5 jours donc bien trop de matière pour énumérer ici, d’autant plus que je n’ai pu assister qu’a certaines séances faute de temps… mentionnons tout de même que les rapaces, et en particulier les vautours, étaient à l’honneur pendant toute la conférence. Je me contenterai ici de reprendre quelques présentations et posters traitant d’études interessantes menées au Sénégal, pays particulièrement bien représenté lors de cette édition du PAOC :

  • Etat de conservation des oiseaux marins du Parc National des Iles de la Madeleine, Sénégal (S. Ndiaye et al.)
  • Dynamic of the black-tailed godwit, Limosa limosa and fidelity to Senegalese wintering grounds (K. Gueye et al.)
  • Feeding ecology of red-billed tropicbirds on two islands in the tropical Atlantic (N. Diop)
  • Discharge from future oil production facilities off Senegal: Is the Royal tern Thalasseus maximus albidorsalis at risk? (W. Mullié & J. Veen)
  • Population Structure, Movement and Survival of Audouin’s Gull (Larus audouini) in the Wintering Area (Palmarin, Senegal) (N. Diop et al.)
  • Perceptions of Senegalese fishermen regarding interactions between seabirds and industrial fisheries (A. Badara Marone et al.)
  • Seabird interactions with small-scale fisheries in Senegal (M. Diop et al.)
  • Reproduction de la grue couronnée Balearica pavonina pavonina en Casamance, Sénégal (I. B. Sanné)
  • Monitoring of Birdlife by the Guides and the Guards of Niokolo-Koba National Park, Senegal (S. Souané et al.), disponible sur le site du GIE NIOKOLO.
  • Exponential decrease of an urban Hooded Vulture population in Dakar, Senegal, over 50 years (W. Mullié et al.). Un article sur ce travail collectif entamé en début d’année suivra prochainement sur ce site.
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Wim en train de présenter notre travail sur les Vautours charognards

C’est aussi l’occasion de partager le poster que j’ai présenté sur xeno-canto car il me tenait à cœur de faire la promotion de cette fabuleuse ressource encore trop méconnue en Afrique (attention fichier PDF au format affiche A0!).

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J’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs personnalités de l’ornithologie africaine, dont Jean-Marc Thiollay, Fleur Ng’weno du Kenya qui organise depuis plus de 45 ans les fameux bird walks hebdomadaires à Nairobi, le Colonel Abdoulaye Ndiaye (chairman du PAOC), ou encore les amis de l’African Bird Club.

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Fleur Ng’weno en train d’observer un Faucon chicquera dans le jardin du Calao

Bien sûr, le PAOC c’est aussi l’occasion de faire un peu de terrain, et tout le monde a été d’accord pour dire que Dakar n’a pas déçu ! Le Technopole aura rarement été aussi bien couvert, et tous les matins et soirs il y avait du monde à scruter l’océan. Voici quelques highlights de la semaine :

  • Tout d’abord ce Fou à pieds rouges vu – et photographié – pendant une sortie en mer organisée par le congrès… que j’ai malheureusement loupée car trop de boulot… Une première pour le Sénégal ; une note est en cours de préparation et paraîtra dans un des prochains bulletins de l’African Bird Club. Les participants à l’excursion se sont visiblement régalés par les centaines de Puffins du Cap-Vert, mais aussi Puffins majeur, cendré, des Anglais, Océanites de Wilson et autres labbes (5 espèces !)
  • Passage assez important de “grands” labbes, dont le statut ici n’est toujours pas clair : probablement en majorité des Labbes de McCormick, mais certainement aussi des Grands Labbes.
  • Une Foulque macroule égarée a été trouvée le 16/10 au Technopole par Marshall Iliff et Chris Wood d’eBird; toujours présente lors de ma dernière visite la semaine passée (franchement je ne pensais pas un jour aller cocher cette espèce !)
  • Toujours au Technopole, une nouvelle espèce est venue s’ajouter à la liste déjà considérable : la Chevechêtte perlée, observée par Evan Buechley et Wouter Vanseelant le 26/10.
  • Trois Cigognes épiscopales vues au Lac Tanma lors d’une sortie avec Jean-Marc Thiollay et Evan Buechley le 16/10 étaient tout à fait inattendues ici.