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Wet season visitors, Popenguine & co.

Every year during the wet season, the Sahel undergoes an impressive transformation, the landscape turning all lush green in the space of just a few weeks. Four visits to the northern Petite Côte area in just as many weeks were a nice opportunity to see this extremely rapid transition from ultra-dry to completely soaked terrain. And with it of course the associated changes in bird life.

On our first excursion to Popenguine mid-August, shortly after the onset of the first few rains, the reserve was still bone dry, only the baobabs being all green & leafy while grasses has only just begun to sprout.



Exactly one month later, this is what the same area looked like (the same baobab tree can be seen in both pictures):



Impressive, right? It never ceases to amaze me how fast everything grows here once the rains arrive!

For now, back to mid-August when all was dry, and when the highlights of our visit were a juvenile Great Spotted Cuckoo (locally hatched?)…


Great Spotted Cuckoo / Coucou-geai juv.


… a female Standard-winged Nightjar (on transit, looking for greener pastures? August is breeding season here for the species…)…


Standard-winged Nightjar / Engoulevent à balanciers f.


… and finally this juvenile Peregrine Falcon circling briefly above the cliffs before disappearing towards the village – an early record here, though perhaps not that surprising given that the species breeds early in the Mediterranean, even if the pair that winters in Dakar every year typically shows up around mid-October only.



Fast-forward ten days, after copious showers in the preceding days, and the lagoons of the region were now completely filled – in particular the Yene lagoon which I’ve never seen this high:



Few waterbirds were around but this will surely change in coming weeks; a Knob-billed Duck amongst the White-faced Whistling Ducks was the most notable species here (Canard à bosse, Dendrocygne veuf). Should be interesting to see how the birdlife evolves here in the next few months, and what species will show up this year (last year with the lack of rains the site was pretty disappointing, should be far more interesting this year!!).

A stroll on one of the hills above Toubab Dialaw produced several Savile’s Bustards and Singing Bush Larks, while Mottled Spinetails were flying above the small escarpment… Klaas’s and Diederik Cuckoos were heard near the village (Outarde de Savile, Alouette chanteuse, Martinet d’Ussher, Coucous de Klaas et didric).

The bustards were particularly vocal and obviously occur in good densities here, with at least 4-5 birds responding to one another. Recording here on xeno-canto; picture of habitat below. This rather sought-after Sahel special is clearly easy to find here, even if rather disturbed habitat, particularly during the rains but they may sing – albeit the shorter version of their song, and less regularly – throughout the dry season as well. They’re often difficult to spot and even a careful approach to a singing bird will usually result in just a brief glimpse, a bird flushed from low bushes, or no sighting at all… Senegal and to a lesser extent The Gambia currently remain pretty much the only easily accessible countries to find this species.



A male Sahel Paradise Whydah in full breeding plumage was encountered along the track leading to Diass:

Sahel Paradise Whydah / Veuve à collier d’or m. ad.


Back to Popenguine on Sept. 8th, this time round for a very enjoyable bike tour through the bush between the villages of Popenguine, Ndayene and Toubab Dialaw (with Teranga Bike Adventure, highly recommended!) which provided a different kind of birding experience. Again Savile’s Bustard and Singing Bush Larks which are both very vocal at the moment, a Black-headed Lapwing breeding record (adult with chick), a Green Sandpiper flushed from a small pool along one of the tracks, a few Gull-billed Terns feeding over moist grassland, a Broad-billed Roller, Yellow-billed Oxpecker feeding on a donkey, a Gosling’s Bunting, and so on (Outarde de Savile, Alouette chanteuse, Vanneau à tête noire, Chevalier culblanc, Sterne hansel, Rolle violet, Piqueboeuf, Bruant d’Alexander).


Black-headed Lapwing / Vanneau à tête noire (Yene, Dec. 2017)


Last Sunday, Popenguine nature reserve again: the usual suspects such as Rufous-tailed Scrub Robin (the resident ssp. minor, “African Scrub Robin”), Stone Partridge, Helmeted GuineafowlSenegal Batis, several Sahel Paradise Whydahs including males in display flight and a few females, one of which was clearly interested in a pair of Green-winged Pytilias which is the host species of this brood parasite (Agrobate roux, Poulette de roche, Pintade de Numidie, Pririt du Senegal, Veuve a collier d’or, Beaumarquet melba). Woodland Kingfisher and Klaas’s Cuckoo had joined the ranks of the intra-African migrants that move north with the rains and that occur in Popenguine (Martin-chasseur du Sénégal, Coucou de Klaas).


Sahel Paradise Whydah / Veuve à collier d’or f.


Several Gosling’s Buntings were singing at the top of the Cap de Naze cliffs, with one bird posing quite nicely at short range:


Gosling’s Bunting / Bruant d’Alexander


Migrant songbirds have now started to arrive from Europe: at least three Sand Martins were flying overhead, clearly heading south, when I arrived by the pond which by now is completely filled with water; I heard a Tree Pipit, saw 4-5 migrating Barn Swallows, while the acacias and bushes held a few Melodious Warblers, Willow Warblers, a Common Whitethroat, and even a fine Nightingale. (Hirondelles de rivage et rustique, Pipit des arbres, Hippolais polyglotte, Pouillot fitis, Fauvette grisette, Rossignol philomèle).

The Popenguine eBird checklists along with other recent records from the area – including a surprising African Crake seen by Miguel – can be found here.

Plenty more to come!









Évolutions taxonomiques de la liste Sénégal

La littérature disponible pour l’identification des oiseaux d’Afrique de l’Ouest a longtemps été très limitée, et ce n’est que depuis 2002 et la parution du guide Birds of Western Africa de Borrow et Demey que ce manque a été en grande partie comblé. Une deuxième édition de ce guide est sortie en 2014, ainsi que des traductions en français de ces ouvrages (Guide des oiseaux de l’Afrique de l’ouest en 2012 suivi de Oiseaux de l’Afrique de l’Ouest en 2015). Deux déclinaisons nationales de ce guide ont été publiées, à savoir Birds of Ghana (2010) et Birds of Senegal and the Gambia (2012) qui est le guide le mieux adapté pour l’ornithologue visitant le Sénégal, bien que limité à une version anglaise.

La taxonomie utilisée dans ce guide a évolué suite à la publication de nombreux travaux scientifiques, et il n’est pas rare que lorsqu’on parcourt un compte-rendu de voyage récent ou qu’on veuille saisir des données sur une base de données participative comme observado, ebird ou autre on tombe sur des espèces aux noms inconnus ou différents de ceux qu’on a l’habitude d’utiliser. La taxonomie, qui est la science s’attachant à nommer les organismes vivants, est comme son sujet d’étude : vivante. Elle évolue au gré des avancées scientifiques et technologiques, et permet de cerner les liens et différences entre espèces. Les noms donnés aux espèces peuvent donc évoluer, au grand dam de nombre de naturalistes. Cet aspect est à considérer, notamment quand on consulte la littérature ancienne. Un exemple de changement de nom d’espèce générant des erreurs d’appellation dans les carnets de terrain et sur les bases de données en ligne est celui du Pic goertan. Dans le livre de Morel et Morel Les oiseaux de Sénégambie (1990), ainsi que dans le vieux Serle & Morel (1993) – pendant longtemps l’unique guide de terrain pour l’Afrique de l’Ouest – le Pic goertan est nommé Pic gris, qui réfère aujourd’hui à une espèce différente, bien plus rare et présente au Sénégal uniquement dans le nord du pays, anciennement nommée Petit Pic gris.

Les concepts de délimitation d’espèces se font et se défont au cours du temps, et à l’heure actuelle les recherches ne permettent pas encore de lever le voile sur les liens taxonomiques au sein de certains groupes, comme c’est le cas chez la Pie-grièche « grise » que l’on observe au Sénégal, tantôt rattachée à la Pie-grièche méridionale et tantôt rattachée à la Pie-grièche grise. Parfois appellée “Pie-grieche grise du désert”, ce groupe comprendrait alors au moins trois taxons présents dans le pays: elegansleucopygos et algeriensis.

Dans cet article nous listons tous les changements de noms effectifs depuis la parution de la deuxième version du guide Birds of Western Africa, et l’article sera mis à jour à chaque évolution taxonomique. La liste d’espèces proposée par l’International Ornithological Committee (IOC) sera prise comme référence principale ; c’est aussi celle que nous avons suivi pour établir la liste des oiseaux du Sénégal. Nous ne tenons pas compte dans cet article des évolutions taxonomiques n’amenant pas à un changement du nom d’espèce, tels que le changement d’orthographe des noms scientifiques ou les changements dans les rangs taxonomiques supérieurs au rang d’espèce (changement de famille).

Il faut savoir que la plupart des noms nouveaux ne sont pas issus de la découverte de nouvelles espèces, mais de la réévaluation du statut taxonomique d’espèces ou de groupes d’espèces grâce à l’utilisation d’outils et de techniques d’analyse génétique récentes. Le résultat de ces études est le plus souvent un split, qui est la reconnaissance de différentes espèces à partir de taxons avant considérées comme appartenant à une seule espèce. Sur la base de différences génétiques, morphologiques, accoustiques et/ou d’aire de répartition on aboutit alors à la description de nouvelles espèces. D’autres ajouts taxonomiques proviennent de l’étude d’espèces cryptiques, comme chez les drongos dernièrement. Des analyses génétiques ont permis de reconnaître un ensemble d’espèces différentes chez des espèces à large répartition montrant des variations morphologiques mineures d’une région à l’autre.

Si tout le monde s’accorde pour dire que le nombre actuel d’espèces reconnues en tant que telles est sous-estimé, certains chercheurs pensent même qu’il y aurait en réalité plus de 18’000 espèces distinctes, soit près du double du nombre actuellement établi. Des travaux récents (Fuchs et al. 2018) ont par exemple révélé que le Drongo brillant, espèce couramment observée dans les savanes ouvertes africaines, comprend un minimum de cinq espèces, et que le Drongo de Ludwig présent dans nos contrées est en fait une espèce bien distincte auparavant passée inaperçue.


Glossy-backed Drongo / Drongo “brillant” (Dicrurus divaricatus), Ziguinchor, Jan. 2019 (B. Piot)

Les résultats de tels travaux scientifiques ne sont pas toujours reconnus par toutes les instances nationales et internationales en charge de la taxonomie et de la nomenclature, et certaines instances reconnaissent un plus grand nombre d’espèces que d’autres. Afin de se maintenir au courant des avancées récentes en termes de taxonomie, il est possible de consulter le site web de l’IOC qui résume biannuellement les résultats des travaux scientifiques dédiés.

Voici donc la liste des principaux changements taxonomiques à prendre en compte depuis la publication du Birds of Senegal and the Gambia (2012) :

Puffin de Macaronésie (Puffinus baroli) ⇒ splitté en deux espèces présentes au Sénégal : Puffin de Macaronésie – Barolo Shearwater (Puffinus baroli) et Puffin de Boyd – Boyd’s Shearwater (Puffinus boydi). Il n’y a pas si longtemps que cela, ces taxons étaient considérés comme faisant partie du “Petit Puffin” (P. assimilis).

Puffin cendré (Calonectris diomedea) ⇒ splitté en deux espèces présentes dans les eaux côtières du Sénégal : Puffin de Scopoli – Scopoli’s Shearwater (Calonectris diomedea) et Puffin cendré – Scopoli’s Shearwater (Calonectris borealis). Auparavant, même le Puffin du Cap-Vert faisait partie de C. diomedea. Nous avions résumé les principaux critères d’identification de ces trois puffins dans cet article.

Scopoli's Shearwater / Puffin de Scopoli

Scopoli’s Shearwater / Puffin de Scopoli, Ngor, Nov. 2017 (B. Piot)


Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo ssp lucidus) ⇒ Cormoran à poitrine blanche – White-breasted Cormorant (Phalacrocorax lucidus) ; à noter que le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) est également présent sur la liste Sénégal. Le rattachement de la sous-espèce maroccanus du nord-ouest de l’Afrique à l’une ou l’autre de ces deux espèces reste sujet à discussion.

Milan parasite (Milvus migrans ssp parasitus) ⇒ Milan d’Afrique – Yellow-billed Kite (Milvus aegyptius parasitus), appelé “Milan noir d’Egypte” sur observado.org ; le Milan noir (M. migrans) est présent en tant qu’hivernant. Ce split n’a pas été retenu par le HBW, contrairement à la plupart des autres références.

Autour tachiro (Accipiter tachiro) ⇒ Autour de Toussenel – Red-chested Goshawk (Accipiter toussenelii) ; en Afrique de l’Ouest c’est la ssp. macroscelides qui est présente.

Autour de Toussenel - Dindefelo Feb 2018 - Alain Barbalat - small.jpg

Red-chested Goshawk / Autour de Toussenel, Dindefelo Feb. 2018 (A. Barbalat)


Talève sultane (Porphyrio porphyrio) ⇒ Talève d’Afrique – African Swamphen (Porphyrio madagascariensis)


African Swamphen / Talève d’Afrique, Technopole, Feb. 2018 (B. Piot)


Calao à bec rouge (Tockus erythrorhynchus) ⇒ Calao occidental (ou Calao de Kemp) – Western Red-billed Hornbill (Tockus kempi)


Western Red-billed Hornbill / Calao occidental, Guereo, March 2016 (B. Piot)


Hirondelle rousseline: la sous-espece domicella élevée au rang d’espèce devient l’Hirondelle ouest-africaine – West African Swallow (Cecropis domicella), résidente dans le sud et l’ouest du pays. L’Hirondelle rousseline (C. daurica) est donc également visible au Sénégal en tant qu’hivernant et migrateur venu des régions méditerranéennes.

Traquet de Seebohm – Seebohm’s Wheatear/Black-throated Wheatear (Oenanthe seebohmi) : Traité comme espèce par HBW et d’autres auteurs mais pas (encore) par IOC, pour qui c’est encore une sous-espèce du Traquet motteux ; voir notre récent article traitant de l’identification puis du statut de ce taxon.

Traquet à ventre roux (Thamnolaea cinnamomeiventris) ⇒ Traquet couronné – White-crowned Cliff Chat (Thamnolaea coronata) ; ce traquet inféodé aux milieux rupestres du sud-est du Sénégal hérite d’un nom on ne peut moins adapté à son plumage, sa tête étant uniformément noire.

Hypolaïs obscure – Western Olivaceous [= Isabeline] Warbler (Iduna opaca) élevée au rang d’espèce et séparée de l’Hypolaïs pâle – Eastern Olivaceous Warbler (Iduna pallida) ; si la première est très commune au Sénégal, la ssp. reiseri de l’Hypolaïs pâle est un visiteur bien plus rare et encore assez méconnu.

Eastern Olivaceous Warbler / Hypolaïs pâle, Guereo, mars 2016 (B. Piot)

Fauvettes « passerinettes » splittées en 3 espèces, dont 2 sont sur la liste du Sénégal : Fauvette passerinette – Western Subalpine Warbler (Sylvia inornata) et Fauvette de Moltoni – Moltoni’s Warbler (Sylvia subalpina). Nous avions résumé les connaissances sur l’aire d’hivernage de cette dernière dans un article paru dans la revue Malimbus en 2017.

Cisticole roussâtre (Cisticola galactotes) ⇒ Cisticole du Nil – Winding Cisticola (Cisticola marginatus)

Camaroptère à tête grise (Camaroptera brachyura) ⇒ Camaroptère à dos gris – Grey-backed Camaroptera (Camaroptera brevicaudata)

Gobemouche méditerranéen – Mediterranean Flycatcher (Muscicapa tyrrhenica) splitté du Gobemouche gris (M. striata) et également présent au Sénégal. Les deux taxons sont très délicats à identifier sur le terrain, et ce split n’a pas été adopté par toutes les instances.

Gobemouche de l’Atlas – Atlas Pied Flycatcher (Ficedula speculigera) élevé au rang d’espèce; le Gobemouche noir est bien sur également présent en hiver.

Pie-grieche méridionale ssp elegans et leucopygos – Southern Grey Shrike (Lanius meridionalis) ⇒ Pie-grièche grise – Great Grey Shrike (Lanius excubitor), attention taxonomie très fluctuante et potentiellement amenée à évoluer : il paraît assez logique que les Pie-grièches “grises” d’Afrique du nord et du Sahel soient élevées au rang d’espèce, la Pie-grièche du désert.


“Great” Grey Shrike / Pie-grieche “grise” ssp. elegans, Gandiolais, Dec. 2017 (B. Piot)


Pie-grièche isabelle (Lanius isabellinus) ⇒ splittée en 2 espèces, Pie-grièche du Turkestan – Red-tailed Shrike (Lanius phoenicuroides) et Pie-grièche isabelle – Isabelline Shrike (Lanius isabellinus), celle présente au Sénégal étant vraisemblablement la première.

Drongo brillant (Dicrurus adsimilis) ⇒ Dicrurus divaricatus (Glossy-backed Drongo, nom français pas encore connu; on pourrait logiquement retenir le nom d’origine donc Drongo brillant).

Drongo de Ludwig (Dicrurus ludwigii) ⇒ Drongo occidental – Western Square-tailed Drongo (Dicrurus occidentalis) – voir notre billet au sujet de ce taxon.

Bruant cannelle (Emberiza tahapisi) ⇒ Bruant d’Alexander – Gosling’s Bunting, parfois aussi appellé Grey-throated Bunting (Emberiza goslingi).

Gosling's Bunting / Bruant d'Alexander

Gosling’s Bunting / Bruant d’Alexander, Gamadji Sare, Jan. 2018 (B. Piot)


Plusieurs splits sont attendus dans le futur, notamment la séparation des populations africaines et américaines de la Sterne royale, le changement de statut de la sous-espèce africaine de l’Agrobate roux (Agrobate mineur, qui deviendrait alors Cercotrichas minor), la séparation entre le Tisserin à cou noir et le Tisserin pirate (Ploceus brachypterus), l’Amarante masqué splitté en trois taxons distincts (dans la sous-région, elle devient alors l’Amarante vineux, Lagnosticta vinacea). Et bien d’autres encore !

Sterne royale / Royal Tern ssp. albidorsalis, île aux oiseaux, delta du Saloum, mai 2012 (S. Cavaillès)


Affaire à suivre!


Simon & Bram


Popenguine Raptor Fest (3.11.18)

A visit to Popenguine nature reserve a couple of weeks ago quickly turned into a exciting few hours watching a good variety of raptors – something we’re not much used to in this part of Senegal, where there are few sites that are good for raptors, and most of the time anything else than a Yellow-billed Kite, Osprey or Hooded Vulture will qualify as a good record. Here’s a short overview, in order of appearance!

As always, several Ospreys were to be seen in the reserve; a few birds usually spend the night on the mighty baobabs that dot the Popenguine savanna, and all day long Ospreys can be seen flying around the cliffs or fishing out at sea. Later that same day at the lagoon just south of Toubab Dialaw, we had a good count of some 29 birds, all visible at the same time (Balbuzard). Popenguine of course also had a few Yellow-billed Kites patrolling the area (Milan à bec jaune).

As we were looking for a Common Rock Thrush we’d briefly spotted on a ridge ahead of the footpath, we noticed first an immature Peregrine Falcon flying around, then a European Hobby – the latter a scarce migrant through Senegal so always a good find. Hobby was already seen at Popenguine around the same time last year by Miguel. This time round it looked like it was an actively migrating individual, just like a Common Kestrel that briefly made an appearance shortly after (Faucons pèlerin, hobereau et crécerelle).


Miguel and Ross searching the skies for falcons


Next up was a Marsh Harrier circling in the distance, again probably a bird on its way to wintering grounds further south (Busard des roseaux). I’ve always thought that Popenguine would be a fairly strategic site to look for actively migrating raptors and other birds. Should be interesting to spend a few days here in October-November and February-March!

This Short-toed Eagle on the other hand was probably one of the 2-3 birds that typically spend the winter in the area around Popenguine and Guereo.


Short-toed Eagle / Circaète Jean-le-Blanc


Far less expected than the previous species was an African Hawk-Eagle, spotted by Gabriel as it arrived from the north-east and made its way towards the cliffs, at one point circling together with a couple of Ospreys. Initially we weren’t quite sure about its identity and tentatively id’d this bird as a Bonelli’s Eagle, wondering whether a juvenile African Hawk-Eagle could be ruled out, and were a bit puzzled by the very pale appearance of this eagle. Luckily I managed a few record shots, a bit distant and hazy but they should do the trick. The plumage seemed to still be within the variation of worn juvenile Bonelli’s Eagle, but moult should not start until the second year and this bird shows clear moult contrast on with fresh inner primaries growing. Simon was the first to point out, after this post was originally published, that it looked more like African Hawk-Eagle. I eventually sent out the picture for comments, and Dick Forsman kindly responded, confirming that it’s an African Hawk-Eagle: “It is overall lighter below, the juvenile remiges (primaries + secondaries) are too light and too poorly barred below for a juv. Bonelli’s and the replaced inner primary shows just a dark tip without any further barring. Note also the translucent primaries in the images with blue sky, another pro-spilogaster feature.” Thanks Dick! (post updated Dec. 27)

African Hawk-Eagle is reasonable common it seems through the southern half of Senegal, and is a classic sighting e.g. in the Niokolo-Koba area. There are some records from the Saloum delta and even from the middle Senegal valley (as per Morel & Morel and Sauvage & Rodwell), but as far as I know this is the first from the Petite Côte.

I’m still hoping to see Bonelli’s Eagle one day in the Djoudj, Trois-Marigots or elsewhere in the Senegal valley, the only area with more or less regular records in winter (mainly by Frédéric, who year after year has documented the presence of a few birds around Saint Louis and who nicely summarised the current knowledge about this scarce species in West Africa, in this post on Ornithondar).


African Hawk Eagle / Aigle fascié


African Hawk Eagle / Aigle fascié


After we’d reached the top of the cliffs, next up was this Eurasian Griffon which appeared to be actively migrating along the coastline, just like a second bird we’d see a couple of hours later that same morning near Yène.


Eurasian Griffon / Vautour fauve


Barely a few minutes later, Gabriel strikes again with a young Lanner making a brief appearance, just as we were heading back towards the reserve entrance (Faucon lanier). That’s four species of falcons, not bad! In previous years we’ve also had Barbary Falcon near the cliffs, and surely Red-necked Falcon and Grey Kestrel must also occur at least occasionally, while in the wet season it may be possible to encounter African Hobby.

We thought we’d seen pretty much everything when at the last minute a Shikra was seen dashing over the pond (all but dry!), bringing our morning’s total to 11 birds of prey.

Besides all these hooked beaks, as always the nature reserve held quite a few other good bird, such as Gosling’s Bunting, Green-winged Pytillia, Sahel Paradise-WhydahBlue Rock Thrush, and Northern Anteater Chat. In the end we saw two different Common (=Rufous-tailed) Rock Thrushes, a scarce migrant in Senegal, see this post on our first encounter with the species, in February 2016 at… Popenguine! Also a decent flock of Pallid Swifts and a few White-throated Bee-eaters, both pretty good bonus species, while two Pygmy Kingfishers including at least one dark-billed juvenile provided proof that the species is breeding here.

Complete eBird checklist available here.

The bird list for the Popenguine reserve now stands at some 198 species, at a minimum that is: I listed more than 20 other species as being most likely present, but which apparently remain to be confirmed. More on that over here.

Oh and then there were the butterflies – pure magic! Thousands and thousands of butterflies everywhere, especially along the track up the cliffs. With every footstep, small clouds of butterflies would explode, while a constant stream of butterflies was passing by the cliffs. Our visit clearly took place during peak migration season of Painted Lady which were the vast majority, and to a lesser extent some pieridae. And loads of dragonflies! Difficult to capture on camera but if you look carefully at the image below you’ll get a bit of a sense of what I’m trying to explain here.



Popenguine cliffs… & many butterflies




La réserve naturelle de Popenguine

On a déjà parlé à plusieurs reprises de cette réserve si particulière, notamment pour vous faire part d’observations de Monticoles ou des Bruants d’Alexander, deux espèces emblématiques du site. J’ai eu la chance d’y faire une visite matinale il y a une quinzaine de jours, avec comme toujours des observations intéressantes à rapporter; d’autres ornithos ont également pu y faire des obs remarquables ces dernières semaines. C’est donc l’occasion de faire un rapide tour d’horizon de ce qu’on peut voir comme oiseaux à Popenguine, cette ancienne mission catholique qui de nos jours tient tout autant de la tranquille station balnéaire, du village sénégalais endormi et poussiéreux, que du lieu de pèlerinage et de culte.

Si cet espace naturel est protégé depuis longtemps (1936!), c’est à Charles Rouchouse (de l’ORSTOM, l’IRD de l’époque) qu’on doit la création de la réserve naturelle, en 1986, suite à quoi une meilleure protection est mise en place; vous pouvez en lire un peu plus sur l’histoire du site ici. Le milieu – principalement une savane arborée soudano-sahélienne – s’est bien rétabli depuis la création de la RNP, et les 1’009 ha que compte la réserve valent la peine d’être explorées à toute saison. Actuellement les quelques visiteurs se limitent généralement aux falaises, mais il y a sans doute de quoi parcourir à l’intérieur du périmètre. Je devrais vraiment y aller plus souvent, et prendre du temps pour explorer cette partie moins bien connue! Peut-être l’occasion de tomber sur une des espèces de mammifères qui auraient refait apparition depuis la création de la réserve, dont la présence de certains serait plutôt étonnante (en même temps, les bêtes à poils je ne m’y connais pas trop!) : sont mentionnés le Guib harnaché et même le Céphalophe de Grimm, la Hyène tachetée, Civette, Genette, Loup africain, et Porc-épic. Et il y a bien sûr les deux espèces de singes (Patas et Cercopithèque, le “singe vert”), Ecureuils fouisseurs et Lièvres du Cap qu’on aura plus de chance à voir que les autres espèces citées, bien plus farouches ou nocturnes.


Vue vers le nord depuis le sentier de la falaise, un matin brumeux de novembre… Au fond, le village de Popenguine


Mais revenons-en aux oiseaux, à commencer par les “grives des rochers”: je me contenterai de partager ces quelques clichés lointains des Monticoles bleus, et de dire que l’espèce était déjà présente le 15 octobre cette année. Et que lors de ma dernière visite il y avait 2-3 oiseaux (un mâle, un type femelle) sur les falaises, plus un oiseau bien moins attendu car posé sur des bâtiments en limite du village, sur la partie haute non loin de la réserve. En fait c’est en quittant la chambre d’hôtes où nous étions logés, tôt le matin du 13/11, que j’ai pu voir un oiseau sur la villa même! Plus tard en milieu de matinée, rebelotte mais cette fois sur une maison voisine en construction (comme 90% des maisons sénégalaises!) d’où il a chanté un peu. Pas vu de Monticole de roche cette fois, donc pour l’instant j’en reste à notre seule et unique obs de février 2016 pour cette espèce, qui à en croire les quelques données historiques pourrait bien être régulière dans le secteur.


Blue Rock Thrush / Monticole bleu, Nov. 2017


Blue Rock Thrush / Monticole bleu, Nov. 2017


Autre spécialité du site, les Bruants d’Alexander, anciennement connu comme Bruant cannelle mais dont la sous-espèce ouest-africaine a été splittée. Les bruants sont généralement faciles à trouver le long du sentier arpentant les falaises du Cap de Naze. L’an dernier on a eu un beau mâle peu farouche (photo d’en-tête), cette fois 2-3 oiseaux dont cet individu que j’ai identifié comme un juvénile au plumage frais:


Gosling’s Bunting / Bruant d’Alexander juv., Nov. 2017


Pas vu d’Hirondelle des rochers par contre, mais cet hivernant du bassin méditerrannéen est visiblement toujours hivernant ici car on vient de me signaler la présence d’au moins un individu samedi dernier (25/11; Carlos et trois ornithos danois de passage; addendum février 2018: on a pu en voir au moins 12-15 fin décembre et début janvier). Ci-dessous une ancienne photo faite sur place par Paul, avec des précisions quant au statut dans la sous-région de cet oiseau d’observation très rare hors des falaises de la RNP ici:


Crag Martin / Hirondelle de rochers, Feb. 2012 (Paul Robinson)


La Pintade de Numidie et la Poulette de roche sont relativement communes dans la réserve, et je suppose qu’il en soit de même pour le Francolin à double éperons. Outarde à ventre noir, Caille des blés et Turnix d’Andalousie ont tous été observés en mai ’86.

Dans le registre des rapaces, citons les Balbuzards et Circaètes Jean-le-Blanc dont plusieurs individus hivernent dans le secteur, mais aussi le Circaète brun, le Busard des roseaux, l’Epervier shikra, le Faucon crécerelle ou encore ce Faucon de Barbarie vu en novembre 2016, et il est probable que les Faucons lanier et pèlerin se montrent aussi au moins de temps en temps car ces deux espèces affectionnent particulièrement les sites rupestres (elles sont d’ailleurs incluses dans l’inventaire de Rouchouse). Et puis il y a ce Faucon hobereau et cette Bondrée apivore vus le 15 octobre dernier par Miguel: deux espèces rarement notées par ici. Je soupçonne d’ailleurs qu’aussi bien en automne qu’au printemps il doit être possible d’observer la migration active de certains rapaces longeant la côte: le Cap de Naze pourrait bien se révéler un site d’observation intéressant pour le suivi de la migration des rapaces.


Short-toed Eagle / Circaète Jean-le-Blanc, Nov. 2017


Les falaises attirent, logiquement, bon nombre de martinets, chassant au raz des sommets – souvent très venteux! – ou au-dessus de la mare. En saison d’hivernage, les Martinets cafres sont à rechercher parmi les nombreux Martinets des maisons. Les Martinets noirs et pâles sont probablement réguliers lors des deux passages. A toute saison il doit être possible de voir le Martinet d’Ussher. tout comme le Martinet des palmes. Et lors de ma dernière visite, j’ai eu la surprise de voir deux Martinets à ventre blanc ici. Ma première obs au Sénégal, et apparemment une bien rare donnée pour le pays: avant 1995, seulement quatre observations étaient connues (une de Richard-Toll, trois du Niokolo-Koba), auxquelles il faut ajouter au moins une observation à Popenguine même, par C. Rouchouse, en avril 1986, que ni Morel ni Sauvage & Rodwell n’ont mentionnée. Je n’ai trouvé que quelques mentions récentes, notamment de ce dernier lieu mais aussi d’un oiseau ayant percuté l’hôtel du Djoudj en mars 2012. Ce martinet doit pourtant être plus régulier que cela au Sénégal, mais comme l’ont montré les chercheurs de la Station Ornithologique Suisse à l’aide de leur radar en Mauritanie, les Martinets à ventre blanc migrent souvent trop haut pour être détectés par les observateurs!

Mottled Spinetail / Martinet d'Ussher

Mottled Spinetail / Martinet d’Ussher, Nov. 2016 (A. Barbalat)


La savane arborée et les buissons autour de la mare sont particulièrement attrayants pour toute une série de passereaux migrateurs – en gros les usual suspects tels que Rougequeue à front blanc, Hypolais polyglotte, divers pouillots, Fauvettes grisette et passerinette; Gobemouches noir et gris; la Pie-grièche à tête rousse. Aux Hirondelles de Guinée et des mosquées se mélangent des cousines nordiques comme ces quelques Hirondelles de rivage vues lors de ma dernière visite. Pipits des arbres et rousseline, Traquets motteux etc. sont à rechercher dans les zones plus ouvertes.

Charles Rouchouse avait d’ailleurs bien mis en évidence la migration active des hirondelles et martinets, dans son rapport du début des années 1980. Intitulé Mission ornithologique au Cap de Naze (Petite Côte, Sénégal) : le Cap de Naze, nouvelle réserve naturelle au Sénégal, ce pavé reste la seule référence de l’avifaune de la RNP. Peut-être qu’un jour on mettra à jour la liste, surtout si on arrive à visiter un peu plus souvent. Il faudra dans ce cas faire un peu le tri entre les données anciennes qu’on considèrerait aujourd’hui comme “douteuses”, car la liste comporte visiblement des erreurs et des données suffisamment extraordinaires qu’il aurait fallu mieux documenter, comme le Traquet deuil, le Traquet à front blanc, les Bruants fou et striolé.

Les Agrobates roux et podobé se côtoient à Popenguine: une bonne opportunité pour comparer leurs chants assez semblables, mais qu’une oreille aiguisée pourra différencier. Des petites bandes de Traquets bruns sont à rechercher dans les pentes érodées, notamment dans le vallon derrière le Cap de Naze. Le Merle africain a été vu près de la petite lagune, tandis que le Pririt du Sénégal et l’Erémomèle à dos vert peuvent se croiser tout au long du sentier longeant la falaise. D’autres passereaux africains incluent le Sporopipe quadrillé (vu en décembre 2017), les Euplectes franciscain et monseigneur, le Beaumarquet melba et son parasite la Veuve du Sahel, ou encore le Serin du Mozambique. Il y en a sans doute d’autres, comme potentiellement le Mahali à calotte marron qui est inclus dans l’inventaire sans autre précisions.

Les Coucous de Levaillant et didric sont observés – et surtout entendus – en saison des pluies, tout comme les Martin-chasseurs du Sénégal et à tête grise, le Martin-pêcheur huppé, et même le Martin-pêcheur pygmée dont un individu est vu le 13/11 dernier. Le Martin-chasseur strié et le Coucou-geai sont mentionnés par Rouchouse.

La mare regorge souvent d’aigrettes et de hérons (pas moins de 63 Hérons cendrés récemment), et est également fréquentée par quelques limicoles: chevaliers surtout, mais aussi la Rhynchée peinte et même un Bécasseau tacheté vu en mars 2013 par Simon Cavaillès. D’autres oiseaux d’eau qu’on peut y voir sont notamment le Grèbe castagneux et parfois le Goéland d’Audouin. Cote mer, il y a possibilité de voir diverses sternes et laridés, Fou de Bassan et labbes en saison, Pélicans gris, et avec un peu de chance un Fou brun (vu en janvier 2018).



La visite de la réserve de Popenguine en vaut vraiment la peine, ne serait-ce que pour apprécier le paysage et pour faire une peu de marche en relief. Il ne vous en coûtera que 1’000 CFA pour le droit d’entrée, à payer aux bureaux de l’équipe de la Direction des Parcs Nationaux, juste avant l’entrée de la réserve, avec possibilité d’engager un guide pour vous accompagner pendant la visite, a 5’000 CFA (au moins un des gardes semble bien connaître les oiseaux!). Popenguine se trouve à moins d’une heure de Dakar, et maintenant que le nouvel aéroport devrait être opérationnel d’ici une semaine, Popenguine deviendra sans doute un lieu de passage plus courant pour les visiteurs, que ce soit à l’arrivée ou avant le départ, ce qui amènera peut-être un peu plus d’orni-touristes à visiter la RNP.



Les Monticoles de Popenguine (13/02)

Les falaises du Cap de Naze entre Popenguine et Guereo sont connues depuis longtemps comme site d’hivernage du Monticole bleu, cette espèce méditerranéenne partiellement migratrice qui atteint ici sa limite méridionale en période d’hivernage. C’est aussi le site le plus fiable pour l’Hirondelle de rochers hivernant dans le pays, et apparemment aussi, en saison des pluies, pour le Martinet à croupion blanc (caffre) que j’ai pu y voir en septembre dernier. Une visite sur place avec Boris samedi dernier était donc l’occasion de passer un peu plus de temps dans la réserve et de chercher les “merles bleus” (à ne pas confondre, comme le font les gens du coin, avec les Merles métalliques!). C’est depuis le village de Guereo que nous sommes partis, en fin d’après-midi, en longeant les crêtes jusqu’à Popenguine avant de regagner notre point de départ par la plage.

Avant même d’avoir commencé à grimper le chemin qui mène en haut des falaises, un oiseau de la taille d’un merle vole devant nous: un Monticole de roche! Ça commence bien… d’autant plus que cette espèce est probablement plus difficile à trouver que son cousin bleu. Hivernerait-il ici? En consultant le Morel & Morel, je constate qu’il y a déjà eu plusieurs observations sur ce site même, bien que l’espèce semble généralement très peu détectée au Sénégal: seules douze observations étaient connues au moment de l’article de Sauvage & Rodwell soit jusqu’en 1994 (et la rubrique “News” des pages Sénégal de l’African Bird Club contient une observation de début février 2005 entre Kaolack et Tambacounda). Addendum nov. 2018: j’ai trouve une vidéo sur la Internet Bird Collection d’un Monticole de roche mâle datant du 20/1/2010 à… Popenguine. Et en novembre 2018, nous avons de nouveau pu observer un individu dans la réserve – comme quoi le site semble un des meilleurs au Sénégal pour voir ce migrateur assez rare. 

En avançant, un Bruant d’Alexander peu farouche, apparemment un juvénile, se montre sur le sentier, le premier de toute une série vue pendant notre tournée. J’ai d’ailleurs pu voir ce sympathique petit oiseau a chacun de mes visites, souvent avec plusieurs males chanteurs repartis dans les éboulis au pied de la falaise. Bruant de qui au juste? Jusqu’à récemment ce taxon était généralement considéré comme une sous-espèce du Bruant cannelle (Cinnamon-breasted Bunting) qui vit principalement en Afrique australe et orientale et dans le Sud de la Péninsule arabe. Si les différences de plumage sont assez marquées, il en est moins avec le chant et le cri qui sont très similaires, sinon identiques, entre les deux espèces (j’ai récemment pu enregistrer plusieurs chanteurs près de Bamako, à écouter en cliquant ici). Alors, “simples” sous-espèces, ou réellement des espèces à part entière? Peu importe, ce sont des piafs bien sympathiques!


Gosling’s Bunting / Bruant d’Alexander


On continue de suivre le sentier longeant le sommet des falaises, et à tour de rôle on observe Circaète Jean-le-Blanc (en migration active?), Agrobates roux et podobé, un Pririt du Sénégal, un couple de Beaumarquets melba (ma première observation au Sénégal), une ou deux Pie-grièche à tête rousse et autres Fauvettes grisettes.

Point de merle bleu par contre… pensant encore rentrer bredouille sur ce coup, ce n’est qu’en arrivant au bout de la plage de sable, avant de passer dans les rochers volcaniques, que je repère un oiseau sombre au sommet de la falaise. C’est bien lui – un beau mâle de Monticole bleu, observant tranquillement les environs depuis son promontoire surplombant la mer… La photo ci-dessous est prise depuis la plage donc à bonne distance de l’oiseau, probablement 80-100 mètres (le sommet du Cap de Naze s’élève à 74m). On fait donc un doublé inattendu avec les deux espèces de Monticola hivernants!


Blue Rock Thrush / Monticole bleu


Mais justement, qu’en est-il du statut du Monticole bleu – le “solitaire” – au Sénégal? Paul Robinson a déjà bien résumé la situation suite à une visite en 2012, donc je reprends ici l’essentiel: En dehors de Popenguine, les seules falaises côtières d’envergure sont celles des Mamelles à Dakar, ou quelques données anciennes sont connues, mais c’est peut-être faute de recherches spécifiques qu’il n’y a rien de plus récent. Morel & Morel font bien état d’une population de quelques dizaines d’hivernants sur la côte (Cap-Vert, Gorée, Popenguine), d’une présence hivernale dans le contre-bas du Fouta-Djalon à la frontière guinéenne, et de plusieurs observations isolées sur des bâtiments, faute de relief. A Popenguine, l’espèce serait présente de mi-octobre (dixit l’ornitho local Sonko) à début avril (Morel & Morel) mais des estivages ont été notées dans les années ’80. Une reproduction régulière à Popenguine serait vraiment étonnante eu égard de son aire de répartition typiquement méditerranéenne, et les seuls indices, à notre connaissance, sont anciens et n’ont pas apporté de preuve concrète. Peut-être que les observations de 1983 et ’84, même si des comportements nuptiaux ont été observés, se rapportaient à des estivants occasionnels.

Pas le temps de s’attarder beaucoup plus car le soleil se couche vite et on veut rentrer au lodge des Manguiers de Guereo avant la tombée de la nuit. On croise encore un Courlis corlieu et deux Rolliers d’Abyssinie, puis on regagne le village.


Whimbrel / Courlis corlieu


Le lendemain matin, on se retrouve à l’aube – malgre le liqueur de Warang de la veille – pour partir cette fois dans la lagune de Somone, facilement accessible à pied depuis les Manguiers. A peine sortis du périmetre du lodge, on repère un puis deux jeunes Loups africains peu inquiets par notre présence. Un peu plus tard, on les reverra trotter dans la mangrove.


African Wolf / Loup africain


En parcourant un ilot dans la lagune, on tombe sur trois Balbuzards posés au sol. Vérification faite, l’un d’eux est bagué en couleurs et après un moment on arrive enfin à déchiffrer l’inscription sur la bague orange: “5 [point] V”. Cette femelle a ete baguée en juin 2012 comme poussin au nid par Rolf Wahl en Forêt d’Orléans (Loiret), le bastion de l’espèce en France continentaleª. Depuis, elle a été vue en janvier 2013, novembre 2013 et février 2014, à chaque fois à la Somone. Bel exemple de fidelité au site d’hivernage!


Osprey / Balbuzard pêcheur femelle “5 . V orange”


Peu de limicoles et de laridés de ce côté de la lagune, mais tout de même quelques migrateurs à se mettre dans les jumelles: un Martinet pâle, quelques Hirondelles de fenêtre et de rivage, encore une Pie-grièche à tête rousse,… Egalement une Rousserolle turdoïde entendue dans la mangrove, espèce apparemment peu signalée au Sénégal.



Abyssinian Roller / Rollier d’Abyssinie


Pour finir je ne résiste pas l’envie de partager cette photo d’un Sphinx du Liseron, malheureusement mourant, prise aux Manguiers de Guereo.


Convolvulus Hawk-Moth / Sphinx du Liseron (Agrius convolvulvi


ª Pour en savoir plus sur l’historique du Balbuzard en France et en Forêt d’Orléans, lisez cette synthèse sur ornithomedia.

PS du 21.02: à propos des Balbuzards hivernant au Sénégal, voir la note de Frédéric Bacuez sur ornithondar, tombé le même jour que l’article ci-dessus.

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