Palmarin, 29-30 janvier

Nouvelle escapade à Palmarin, cette fois pour y rejoindre les copains ornithos suisses venus visiter le Sénégal et faire un bout de route ensemble. Je retrouve Boris et Jérôme donc le jeudi soir à l’écolodge de Palmarin situé entre les villages de Diakhanor et Djiffer. Ils ont bien sûr plein de choses à me raconter et des observations mémorables à partager après un périple de deux semaines à la poursuite d’hivernants venus d’Europe. Après leur bref passage à Dakar, ils viennent de passer une dizaine de jours en brousse, d’abord du côté de Sindiara pour le dortoir impressionnant de Tourterelles des bois (quelques dizaines milliers d’oiseaux!), ensuite du côté de Khelcom pour les dortoirs à Busards cendrés, avant de partir sur l’île de Kousmar (dortoir énorme de Crécerellettes et Élanions nauclers). Comme ça fait envie ! Au moins j’ai donc la chance de pouvoir les rejoindre ici à Palmarin pour explorer cette partie du delta du Saloum ensemble.

Le lendemain matin on est debout avant l’aube pour attaquer une journée d’ornitho bien chargée : un tour à pied dans les alentours du lodge, une balade en pirogue dans la mangrove, une tournée dans les lagunes au nord de Ngalou, et enfin une virée en charrette dans la réserve communautaire de Palmarin en fin de journée. Une bonne douzaine d’heures d’observation plus ou moins non-stop, dans des supers coins que j’avais bien envie d’explorer encore suite à notre premier passage il y a deux mois : quel régal !

Où commencer ? Peut-être par l’impressionant Héron goliath dont on aperçoit deux individus dans la mangrove, les quantités impressionnantes de laridés et de sternes dans les lagunes, ou encore le spectacle des bécasseaux dans les lagunes. De ces derniers, il y en a  probablement plus de 2000 individus, essentiellement des sanderlings mais également pas mal de minutes, des cocorlis et quelques variables. Pendant qu’on les observe, un Faucon pèlerin (un calidus?) tente sa chance… et pour cette fois rate sa piquée mais l’envol des limicoles est spectaculaire. Les rapaces sont d’ailleurs bien représentés dans le coin : si les Busards cendrés et des roseaux parcourent méthodiquement les plaines, un Circaète Jean-le-Blanc ne fait que passer brièvement ; on croise deux fois le Gymnogène, un Vautour africain tourne au loin, les Balbuzards sont bien sûr au rendez-vous, et des Faucons crécerellettes sont vus çà et là.

20160129151510_LittleStint_Palmarin

Bécasseau minute / Little Stint

20160129151822_CurlewSandpiper_Palmarin

Bécasseau cocorli / Curlew Sandpiper

Motivé par nos lectures de bagues sur les Barges à queue noire au Technopole et sachant que la région de Palmarin constitue un site d’escale important pour cette espèce, j’espérais retrouver encore des individus bagués. Ce n’est pas le cas : aucune queue noire à l’horizon ! Sans doute passent-elles plus de temps dans la région en automne avant de continuer dans les sites d’hivernage de la Casamance et de Guinée-Bissau, et à cette date de nombreux individus ont déjà entamé leur migration prénuptiale, réputée bien plus rapide et avec moins d’escales que celle d’automne. Par contre, la Barge rousse est en ce moment assez commune dans les lagunes autour de Diakhanor, avec plusieurs dizaines d’oiseaux vus répartis en quelques groupes. Surprise : un individu est bagué en couleurs, visiblement issu d’un programme de baguage hollandais. Mais d’où vient-elle ? Du Grand Nord en tout cas, au-delà du Cercle polaire en Scandinavie voire en Russie. J’espère en avoir la réponse bientôt [malheureusement cet individu a perdu une bague, donc impossible de connaître son origine]. Les Goélands bruns, Goélands railleursMouettes à tête grise et Sternes caspiennes sont pour la plupart soit trop loin, soit posés dans l’eau, donc peu d’opportunités pour rechercher encore des individus bagués (la seule lecture faite est celle d’un railleur très probablement local).

En plus des nombreux limicoles, sternes et autres laridés venus du Nord, le coin est bien riche en migrateurs paléarctiques: Coucou-geai, Huppe fasciée (dont une senegalensis), Bergeronnettes printanières (essentiellement des flavissima et iberiae sembe-t-il) et grises, Hypolaïs polyglotte et obscure, Pouillot de Bonelli, Rougequeue à front blanc, Rossignol philomèle, Fauvettes passerinette et grisette, Pie-grièche à tête rousse. Notamment cette dernière espèce est particulièrement nombreuse. Pour compléter ce tableau, mentionnons encore les Martinets pâles vus en migration active dans la matinée, déjà en route pour leurs sites de nidification.

Chez les locaux, on note entre autres le Martin-chasseur strié, deux fois deux Martinets d’Ussher, les Astrild-cailles, les Piquebœufs à bec jaune, le Rollier varié et autres Gravelots pâtres.

20160129_KittlitzPlover_Palmarin

Gravelot pâtre / Kittlitz’s Plover

20160129_Quailfinch_Palmarin

Astrild-caille à face noire juv. / African (Black-faced) Quailfinch

 

Le moment le plus mémorable de ce séjour est sans aucun doute la visite crépusculaire de la réserve de Palmarin. Rejoints par Pierre Baumgart, une autre vieille connaissance en visite depuis la Suisse, on part en charrette jusqu’au point d’observation des hyènes, où l’on se pose pour attendre la sortie de cet animal énigmatique. C’est là que commence un défilé d’oiseaux de toutes sortes pendant plus d’une heure, un mélange bien sympa d’hivernants et de résidents : Élanion blanc, Bergeronnette printanière, Hypolaïs polyglotte, Rollier d’Abyssinie, Calaos à bec rouge et à bec noir, Guêpier de Perse, Hirondelles de fenêtre, de Guinée et rustique, Martinets des palmiers, Coucal du Sénégal, Tchagra à tête noire, et ainsi de suite. Les Perroquets youyou se font de plus en plus bruyants et ont visiblement un dortoir dans le coin, car on dénombrera plus de 30 individus. Mais surtout, quel plaisir de voir nos deux artistes à l’œuvre, le carnet de dessin dans une main, le crayon dans l’autre, le regard attentif sur les oiseaux qui se posent devant nous.

20160129184725

Pierre, Boris et Jérôme à l’oeuvre

 

Le retour de ce coin bien sympathique se fait de nuit, et avant de déposer Pierre aux Collines de Niassam on a la chance de voir une Mangouste à queue blanche. Belle observation aux phares de la voiture d’une bête qui nous était inconnue et dont la taille est vraiment impressionnante pour une mangouste. Et les hyènes ? Pas vues, mais ce n’est pas grave, ce sera pour une prochaine fois… peut-être. Par contre les Chacals dorés – ou plutôt devrais-je dire les Loups d’Afrique comme il a été récemment démontré par analyse génétique – sont au rendez-vous : on les entend à la tombée de la nuit, et on en voit un de jour passant tranquillement au bord d’une des lagunes.

20160130095808_YellowbilledOxpecker_Palmarin

Piqueboeuf à bec jaune / Yellow-billed Oxpecker

 

On en remet une couche le samedi matin lorsqu’on part explorer une autre partie de la réserve, mais bientôt il est déjà temps de repartir sur Dakar… En partant on fait quelques arrêts-minute au gré des oiseaux aperçus en bord de route, ce qui nous permet d’ajouter quelques espèces à la liste, notamment autour d’une mare juste au sud-ouest du village de Samba Dia : Jacana d’Afrique, 3 ou 4 Ombrettes et quelques Vanneaux du Sénégal.

20160130121212_SambaDia_mare

La mare près de Samba Dia

 

Une dernière escale au Technopole permet à Jérôme de boucler la boucle entamée ensemble deux semaines plus tôt, avant de repartir en Gruyère le soir même. Boris, je le retrouverai dans 10 jours lors de son retour du Niokolo-Koba et de Kédougou !

Dindefelo

La fin de l’année a été l’occasion de visiter un site qui m’attirait depuis longtemps, Dindefelo. Situé au sud-est du pays, à la frontière avec la Guinée-Conakry, ce village principalement connu pour sa cascade est aussi un site ornithologique de toute première importance au Sénégal. Dans le pays plusieurs espèces ont leur répartition limitée à ce site, du fait des habitats uniques que l’on y rencontre.

falaises de Dindefelo

falaises de Dindefelo

Le plateau rocheux surplombant Dindefelo est la partie la plus occidentale du massif du Fouta-Djalon. La richesse naturaliste du site est liée à la diversité d’habitats rencontrés. Parmi les habitats les moins représentés au Sénégal on notera la forêt galerie et les falaises rocheuses.

La réserve de Dindefelo a fait l’objet d’une étude et d’une publication en 2011, Birds of Dindéfello Nature Reserve, south-east Senegal par Fernández-García et al. 220 espèces ont été inventoriées sur la réserve, auxquelles quelques nouvelles sont à rajouter depuis.

Les environs du village de Dindefelo offrent une bonne entrée en matière. La forêt de savane qui entoure le village permet déjà d’observer une bonne diversité d’espèces. Les arbres fleuris, notamment Bombax costatum, sont très attractifs. Six espèces de souimangas y ont été observées : souimanga à longue queue, souimanga à poitrine rouge, souimanga pygmée, souimanga à tête verte, souimanga violet et souimanga à ventre jaune.

Souimanga à tête verte

Souimanga à tête verte – Green-headed Sunbird

Durant les premières heures de la journée ce sont les rondes d’oiseaux qui permettent les meilleures observations. Au milieu des nombreux astrilds queue-de-vinaigre et érémomèles à dos vert s’observent en petits nombres les gladiateurs de Blanchot, hyliotes à ventre jaune, bulbul à gorge claire et autres. Les touracos violets et coucous de Klaas sont régulièrement observés également.

Coucou de Klaas

Coucou de Klaas – Klaas’s Cuckoo

A proximité du village se trouvent deux zones ouvertes avec une végétation herbacée haute où mélocichles à moustaches et cisticoles chanteuses sont présents. Les colombar à front nu et colombar waalia se font entendre dans les arbres environnants.

Cisticole chanteuse

Cisticole chanteuse – Singing Cisticola

La forêt galerie qui mène à la fameuse cascade offre une ambiance unique pour l’observation naturaliste. Une atmosphère sonore agitée est créée par les villageoises venant battre le linge tout au long du ruisseau.

pays2

Globalement assez calme, la forêt peut par moments s’agiter et regorger d’oiseaux. Passés les omniprésents bulbuls des jardins, certaines espèces communes s’observent ou s’entendent très régulièrement : pririt à collier, apalis à gorge jaune (au moins 6 mâles chanteurs), tchitrec d’Afrique et tchitrec bleu.

Apalis à gorge jaune, espèce très présente, à la queue nettement plus courte que les illustrations des guides laissent paraître

Apalis à gorge jaune – Yellow-breasted Apalis, espèce très présente, à la queue nettement plus courte que les illustrations des guides laissent paraître (queue en repousse ?)

Parmi les espèces communes on trouve les pic cardinal, échenilleur à épaulettes rouges, barbican à croupion jaune, gladiateur soufré, gobemouche mésange, zostérops jaune… Plus rares sont les touracos verts, la tourterelle de l’Adamaoua, l’autour tachiro, le souimanga olivâtre. Nous n’avons pas eu la chance d’observer le trogon narina et les chimpanzés, deux espèces vedettes de Dindefelo plus ou moins discrètes selon les saisons.

Barbion à croupion jaune

Barbion à croupion jaune – Yellow-rumped Tinkerbird

Aux heures chaudes de la journée les rapaces occupent le ciel et s’observent assez facilement depuis le village. Busautour des sauterelles, vautours africain et de Rüppell, aigle martialbuse d’Afrique, bateleur des savanes, circaète de Beaudouin, circaète cendréfaucon lanier, crécerelle renard

Buse d'Afrique

Buse d’Afrique – Red-necked Buzzard

Crécerelle renard - Fox Kestrel

Crécerelle renard – Fox Kestrel

Le plateau rocheux dominant Dindefelo nécessite également plusieurs jours de prospection. Sous le village de Dande, une portion de forêt galerie en bon état de conservation rejoint la cascade. Si la diversité d’oiseaux est moins importante que dans la forêt galerie de Dindefelo la richesse en odonates et lépidoptères semble importante, et les nids de chimpanzés ponctuent la canopée.

pays3

Le plateau présente une mosaïque d’habitats forestiers plus ou moins denses alternant avec des zones ouvertes buissonnantes ou prairiales.

paysage de prairie sur le plateau, site de nidification du traquet de Heuglin

paysage de prairie sur le plateau, site de nidification du traquet de Heuglin

Les zones brûlées, comme le terrain de football, sont très appréciées par les cochevis modestes, étonnamment peu farouches, et les petits moineaux.

Cochevis modeste - Sun Lark

Cochevis modeste – Sun Lark

Les rares zones cultivées du plateau se sont révélées très intéressantes. Outre les crécerelles renards y chassant, des espèces plus inattendues y ont été observées, comme un couple de combassous de Wilson. L’espèce est reconnaissable aux rémiges primaires brun délavé et aux pattes claires du mâle. Le chant reste le critère le plus fiable pour la distinguer des autres combassous.

Dande plateau

Crécerelle renard - Fox Kestrel

Crécerelle renard – Fox Kestrel

Combassou de Wilson

Combassou de Wilson – Wilson’s Indigobird

Dans un chemin proche une alouette levée a plusieurs reprises n’a pu être observée qu’après avoir longtemps insisté. Agréable surprise de constater qu’il s’agissait d’une alouette bourdonnante, espèce assez rarement observée dans le pays, notée une seule fois à Dindefelo par Fernández-García et al.

Alouette bourdonnante

Alouette bourdonnante – Flappet Lark

Dans les zones boisées du plateau les observations les plus intéressantes ont été un couple de tourterelles de l’Adamaoua, un bruant cannelle et un tisserin écarlate, ce dernier observé dans une ronde d’oiseaux.

Les zones ouvertes buissonnantes sont très fréquentées par le tarier des prés. Le torcol fourmilier, autre hivernant paléarctique, se rencontre régulièrement dans les fourrés et bosquets, tout comme le mahali à calotte marron.

Un chacal a flancs rayés a été furtivement observé. Noter la taille courte de ses oreilles le différenciant du chacal doré. Cet individu présente un pelage gris clair inhabituel pour l’espèce.

Chacal à flancs rayés et Tarier des prés - Side-striped Jackal with Whinchat

Chacal à flancs rayés et Tarier des prés – Side-striped Jackal with Whinchat

Une des plus belles observations du séjour fut celle d’un groupe de cinq hirondelles à ailes tachetées chassant autour de nous avec des martinets des palmes.

Hirondelle à ailes tachetées - Pied-winged Swallow

Hirondelle à ailes tachetées – Pied-winged Swallow

Les falaises surplombant Dindefelo sont le site pour observer les rares hirondelles isabellines et traquet à ventre roux. Quelques zones ouvertes en haut de falaise sont accessibles à travers un bois où les poulettes de roche et babouins de Guinée font la loi. Depuis un de ces promontoires nous avons eu la chance d’observer à plusieurs reprises un couple d’amarantes du Kulikoro dans un groupe d’astrilds queue-de-vinaigre. Il existe une poignée de données au Sénégal de cet endémique ouest-africain (plus de détails ici).

Amarante du Kulikoro - Mali Firefinch

Amarante du Kulikoro – Mali Firefinch

Babouins

Babouins de Guinée – Guinea Baboons

Une des espèces aux observations les plus appréciables est le traquet familier. Nous l’avons régulièrement vu, notamment dans la forêt pentue accédant au plateau. Très peu farouche, cette espèce est un régal à observer par ses attitudes.

Traquet familier - Familiar Chat

Traquet familier – Familiar Chat

Traquet familier - Familiar Chat

Traquet familier – Familiar Chat

Dindefelo est définitivement un site à visiter et revisiter au gré des saisons. Des découvertes naturalistes intéressantes peuvent probablement encore y avoir lieu, ornithologiques ou autres.

(S. Cavailles)

Precis octavia

Simon

CR Godwits again

Another Technopole visit, another colour-ringed (=CR) Black-tailed Godwit… last week Thursday, Wim Mullié and I found three ringed birds (out of only about 30 birds in total!), one of which was new. Now that I have received life histories of all six birds that were found these past few weeks it’s time to provide a bit of an overview. Out of these, four are of Dutch origin, one English (see previous post), and one was ringed under a French research project.

The birds listed below are named after their CR combination, which is explained in detail here; a full list of Black-tailed Godwit CR schemes is available here (PDF document, updated April 2015).

Dutch birds

  • R6LRBB: ringed as adult on 9 May 2007 in Blessum (Friesland province, near Leeuwarden). It’s been seen every year since during the breeding season in various places in Friesland. In 2009, 2013 and 2014 it was spotted in Spain (Guadalquivir delta in Donana NP, and near Merida), usually in February but once in October, while in February 2015 it was reported from the Reserva Natural do Estuário do Tejo (near Lisbon) in Portugal… and so now for the first time also in West Africa. So far it was seen on January 4, 15 (M. Whiffin), 17, and 21. It likely won’t hang around for much longer as it is typically seen from around 10 February onward during its stop-over on the Iberian Peninsula. Now at least in its 12th year, R6LRBB has been reported no less than 83 times, out of which only 15 times outside the Netherlands.
20160121100028_BlacktailedGodwit_Technopole

“R6LRBB” Black-tailed Godwit – Barge à queue noire

  • R6RBLY: caught as a juvenile in June 2013 on the Wadden island of Ameland. It returned to the Netherlands (near Dokkum, on the mainland) in spring 2015, after likely spending all of 2014 in West Africa while in its second calendar year. So far I’ve only seen it once at Technopole, on 3 January: it probably continued its route northward since, along with many other godwits which have already left their wintering grounds (see the “King of the Meadows” page for live tracking of satellite-tagged BTG’s). 
  • Y6BBRR: caught as adult on May 1st 2012, near Oudega, and so far has returned every year to the Netherlands. On 14.02.14 it was spotted in the Donana national park, and a month later it was back in Friesland. In Oct. 2014, K. Gueye observed it for the first time in Senegal, at Palmarin in the northern Saloum delta, likely on its way to wintering grounds further south (Guinea-Bissau?), followed by two sightings at Dianki in the Casamance delta (north of Ziguinchor) in August last year, and finally on 17 and 21.01 at Technopole.
  • 1LMELB: ringed as a chick on May 12 2014 at Workum, Friesland, after which it was seen just once, on 13 July at the Parc ornithologique de Marquenterre (Baie de Somme, France). It logically continued on to West Africa to remain there throughout 2015, before returning to its Dutch breeding grounds this coming spring. At Technopole we’ve seen it three times so far, on 21, 24 and 30.01, likely during a refueling stop-over while on its northbound migration.

All information on Dutch birds was provided by Jos Hooijmeijer from Groningen University. Read more about the Dutch research project here, which mainly focuses on the species’ ecology and population structure but which also studies migration and wintering strategies. Black-tailed Godwits’ wintering grounds and key sites for the species during stop-over are well known, but “we still know very little about how the migration and wintering strategy affects survival and reproduction”.

Below is a sample map showing satellite-tracked godwit positions for the past week (King of the Meadows data).

KingOfTheMeadows_BTGodwit_map_sample

English

  • EZ14851“: This bird was ringed on 13 May 2015 as a breeding female (caught on her nest) at the Nene Washes in Eastern England and is the main breeding location for the species in the UK. In 2015, the RSPB have begun a new research programme and over the next few years will be marking many more godwits (per Dr. Jen Smart, RSPB).

 

French

  • OfN/BO: caught as an adult on 24.02.09 at Moëze (Charente Maritime), and seen at Technopole on 4, 17, 24 and 30.01 (and as such is the longest staying bird so far here), this bird was seen in the Donana NP in 2011, three times during the 2012 breeding season in the Netherlands, back in Moëze in August 2012, again in the Netherlands in June 2013, but then it went AWOL until the Dakar sightings these past few weeks. Will it be seen again in Europe this spring?

 

Technopole_view

Habitat of Black-tailed Godwits at Technopole. At the moment, the birds tend to feed in or on the shores of this shallow lakes

 

20160121100035_BlacktailedGodwit_Technopole

R6LRBB again, here seen with a Spur-winged Lapwing and a Great Egret

In addition to the godwits, there often are other colour-ringed birds present at Technopole and more generally throughout wetlands in Senegal. The main species involved are Spoonbills (Dutch, French, Spanish), Osprey (Germany, UK, Sweden, etc.), Lesser Black-backed Gull (from all over Western Europe), Audouin’s Gull from Spain, Slender-billed Gull (from the Saloum and from Spain), and Caspian and Royal Terns from the Saloum Delta, but it’s also worthwhile keeping an eye open for Greater Flamingo (one Spanish bird last year), Sandwich Tern, Lesser Crested Tern, and several wader species such as Sanderling, Ruff, Avocet and Black-winged Stilt. Last Sunday, Wim and Theo reported no less than 7 CR birds from Technopole (a Spanish Spoonbill, two Slender-billed Gulls, an Audouin’s Gull, a Senegalese Caspian Tern, and two of the godwits included in the above overview).

A great resource for finding the origin of a CR bird is the site www.cr-birding.org, a real one-stop shop providing an overview of all known European projects involving colour-ringing schemes.

To finish, below are a couple more recent Technopole pictures of species to be checked for colour-rings: the first Mediterranean Gull seen this winter (an adult was also present), and an unusually pale Osprey which has been seen on at least three occasions between Christmas and Jan. 17th. It’s so distinctive that it doesn’t actually need colour-rings – I’ve never seen an Osprey quite like this one!

 

20160121104119_MediterraneanGull_Technopole

1st winter Mediterranean Gull / Mouette mélanocéphale 1er hiver

 

20160104083124_Osprey_Technopole

Unusually pale Osprey / Balbuzard pêcheur inhabituellement pâle

 

(article updated on 30.01.16)

Recent Technopole Records

I visited Technopole 5 times in the past 5 weeks, most recently yesterday with visiting friends Jérôme and Boris from Switzerland. Water levels are still very high following the abundant rains from 2015 but have started receding, creating favourable conditions for waders, gulls and terns in particular, so I will try to go back regularly as there’s always something interesting to see here!

The highlight of these latest visits was first of all a series of colour-ringed Black-tailed Godwits, with at least four Dutch birds and one English bird. This species is considered to be of particular conservation concern (near-threatened, “NT”) by the IUCN because it is rapidly declining in many parts of its breeding grounds, mainly due to habitat loss, intensification of agriculture, and changes in grassland management. Despite a growing Icelandic population and a large breeding range, serious declines have been reported both in North-Western Europe and in Eastern Europe. The ring recoveries of the Dutch birds are not unusual, but the English recovery is more significant since this bird is part of a new research program which only started last year. It was ringed as a breeding female on 13 May 2015 at the Nene Washes, the species’ main breeding site in the UK. According to data from the RSPB only 54-57 pairs breed in England. Up to about 300 godwits have been present these past few weeks and the fact that the same colour-ringed birds were seen over a period of at least two weeks now suggests that the same flock hangs around at the moment. Dutch birds typically have a “flag” ring in combination with four colour rings on both legs, whereas the UK birds have one ring with a black E combined with three colour rings, as can just about be seen in the picture below. To be continued!

BlacktailedGodwit_Technopole_20160103_IMG_1808

English (center) and Dutch (right) colour-ringed Black-tailed Godwits / Barges à queue noire baguées en couleurs (oiseau anglais au centre, néerlandais à droite)

Yesterday we were also lucky to come across a Lesser Yellowlegs, which seems to be the 2nd record for Technopole, and 6th for Senegal. Or could it be the same bird as the bird that I found on August 15 last year? We first spotted it on the far end of the pool behind the Dakar Golf Club house, which at the moment is the best site for waders, gulls and terns. It then flew off together with a Greenshank, only to be found again as we were leaving the site an hour or so later, when we spotted it flying back towards the original site along with a few Common Redshanks. In general, it seems that wader numbers have started to build up now that water levels have slowly started dropping. Ducks on the other hand remain scarce so far, with just a handful of White-faced Whistling Ducks most of the time and the occasional Garganey.

Technopole_view

Also of interest is a rare breeding record of Little Grebe, with two begging chicks (almost adult-sized) seen together with an adult on January 4th when I visited the far end of the golf course towards the NE corner of Technopole, together with Bob Cumming from Canada. There appear to be only two documented breeding records for the Dakar area, from December and January (per Morel & Morel and Sauvage & Rodwell). This species is present pretty much year-round in varying numbers, with highest counts typically in late winter, and it is likely that breeding regularly occurs.

A Marsh Harrier on January 4th was a good winter record for Technopole; on the same day we also had a brief sighting of a Little Bittern, several Purple Herons, many Squacco Herons (at least 80 were seen on Dec. 13th, but it’s likely that at least a couple of hundred were present), while yesterday there were again quite a few European Spoonbills.

Yesterday we also visited lakes Tanma and Retba (Lac Rose); especially the former produced a lot of great sightings: at least 5-600 Garganeys, a few dozen Shovelers, 4 or 5 Knob-billed Geese (female-type… maybe young from a local family?), 4-500 Avocets, a fine Booted Eagle, two Short-toed Eagles, one or two Lesser Kestrels, at least 25 Ospreys, ca. 90 Collared Pratincoles, several Yellow-vented Eremomelas (see our post from last October’s visit), a good density of Woodchat Shrikes, a quietly singing Common Nightingale and many of the usual suspects. At Lac Rose the highlight was a flock of around 1400 Greater Flamingos.

20160117_103207

Jérôme and Boris at Lake Tanma

No bird pictures from yesterday’s trip as the camera’s battery stayed at home… so below is a selection of recent Technopole pics.

Technopole_LongtailedCormorant_adult

Long-tailed Cormorant / Cormoran africain

LittleEgret_Technopole_20160103_IMG_1806

Little Egret / Aigrette garzette

IntermediateEgret_Technopole_20160103_IMG_1801

Intermediate Egret / Aigrette intermédiaire

GreatEgret_Technopole_20151213_IMG_0698

Great Egret / Grande Aigrette

Technopole_PiedKingfisher

Pied Kingfisher / Martin-pêcheur pie

LittleBeeeater_Technopole_20151219_IMG_0790

Little Bee-eater / Guêpier nain

Rapaces et échassiers dans le Saloum : le Marigot de Simal

Notre troisième visite à l’écolodge de Simal a été l’occasion de découvrir les oiseaux hivernants du coin. Et aussi de fêter le passage à 2016 entre amis, en pleine nature. Le village de Simal est situé près de Diofior et Fimela (région de Fatick), au bord d’un des innombrables bras de rivière composant le delta du Saloum, où pêchent Pélicans gris, Mouettes à tête grise, Goélands railleurs ainsi que les Sternes hansel, caugek, caspienne et pierregarin.

GullbilledTern_FimelaIMG_1778

Sterne hansel / Gull-billed Tern

Les Aigrettes des récifs sont nombreuses ici – jusqu’une 40aine vues simultanément sur les rives – mais le site est également très fréquenté par les Grandes Aigrettes, Garzettes et Hérons cendrés. Les Gardebœufs arrivent en masse le soir pour passer la nuit dans les palétuviers juste à côté du lodge; leur manège bruyant dure bien après le coucher du soleil. En même temps, les Bihoreaux gris se mêlent aux Roussettes (paillées?) lors de leur envol crépusculaire vers les lieux de gagnage ; les Cormorans africains s’en vont dormir plus loin dans le delta. Trois Anhingas d’Afrique, une seule Spatules d’Afrique et deux Cigognes noires ne font que passer,  tout comme un Héron mélanocephale, espèce que je n’ai jusqu’ici pas beaucoup vue au Sénégal.

WesternReefHeron_Simal_IMG_1685

Aigrette des récifs / Western Reef Heron

Au bord du fleuve et dans le marigot il y a maintenant, sans surprise, bien plus de limicoles que lors de nos précédentes visites en mai dernier : Avocette élégante, Echasse blanche, Barge rousse (+ une à queue noire), Chevaliers sylvain, aboyeur, gambette, guignette, Œdicnème du Sénégal, Pluviers argentés. Dans les zones plus sèches, ce sont les Vanneaux du Sénégal et éperonnés qui occupent le terrain, rejoints par deux Vanneaux à tête noire dans la forêt de palmiers de Samba Dia. Pas de sortie en pirogue cette fois donc pas vu les Gravelots [Pluviers] à front blanc ni les Souimangas bruns dans la mangrove, deux espèces en limite septentrionale de leur aire de répartition sur la côte ouest-africaine.

Diofior_Marigot_IMG_1617

La plaine inondée près de Simal, avec au qu fond vers la gauche le village de Diofior

La plaine entre Diofior et Simal est nettement dominée par les rapaces : jusqu’une dizaine de Faucons crécerellettes, un Elanion blanc, une poignée de Busards des roseaux et plusieurs Busards cendrés chassent dans la zone, dont cette femelle de la rare morphe sombre.

MontagusHarrier_Simal_IMG_1596

Busard cendré sombre / Dark morph Montagu’s Harrier

Toujours côté rapaces, Percnoptères bruns, Vautours africains et un immense Vautour oricou évoluent pour la plupart haut dans le ciel. Dans la forêt de Samba Dia je repère un couple de Faucons ardoisés, et au bord du fleuve c’est l’inévitable Balbuzard qui passe avec un poisson dans les serres.

GreyKestrel_SambaDia_IMG_1757

Faucon ardoisé / Grey Kestrel

Le lodge et ses environs grouillent comme toujours d’oiseaux: colonie d’Alectos à bec blanc, un couple de Barbicans de Vieillot venant nourrir leur nichée dans la loge, Perruches youyou, Irrisors moqueurs, Merles metalliques à longue queue, Érémomèles à dos vertSouimangas à longue queue, etc. etc. Beaucoup moins de passereaux migrateurs européens mais tout de même quelques Bergeronnettes printanières et grises, Fauvettes passerinettes, Pouillots véloces et Hypolais obscures. Les Astrild-cailles à lunettes sont comme toujours difficiles à détecter au sol et se repèrent surtout par leurs cris caractéristiques.

VieillotsBarbet_Simal_IMG_1697

Barbican de Vieillot / Vieillot’s Barbet

Enfin, un Coucou-geai, espèce remarquablement discrète, est aperçu un peu au nord du village de Diofior en reprenant la route de Dakar.

Virée dans le delta: Langue de Barbarie et Djoudj

C’est en famille et avec des amis en visite que nous sommes partis passer quelques jours dans la région de Saint Louis, dont voici en quelques lignes et photos un rapide compte-rendu.

Apres une nuit dans le « désert » (lire : dunes) de Lompoul – peu d’oiseaux, mais des paysages spectaculaires – nous avons fait une escale de deux nuits au Zebrabar, établissement bien sympa et idéalement situé à côté de l’entrée du Parc national de la Langue de Barbarie. Notre troisième visite ici, et à chaque fois l’accueil par Ursula et Martin est chaleureux et les oiseaux sont au rendez-vous.

Dans les lagunes saumâtres autour du campement et entre Guembeul et Ndiebene-Gandiol ce sont des centaines voire milliers de limicoles occupés à se nourrir dans la vase : Huîtrier pie, Echasse, Avocette élégante, Barge rousse, Courlis cendre et corlieu, Bécasseaux variable, minute, cocorli, sanderling, TournepierreChevaliers stagnatile, aboyeur, gambette, guignette, Grand Gravelot, Pluvier argenté, et bien sur les omniprésents Vanneaux éperonnés et Œdicnèmes du Sénégal. La densité de Balbuzards est impressionnante en ce moment, avec parfois 3-4 oiseaux vus simultanément, l’un posé par terre, l’autre transportant un poisson ou encore en train de cercler au-dessus du fleuve. L’éco-volontaire du parc nous explique qu’il y a près de 300 individus dans le secteur ! Sur l’île aux oiseaux, ce sont essentiellement les Mouettes à tête grise qui nichent a cette saison, et quelques Sternes caspiennes et royales, ces dernières arrivant en masse plus tard dans la saison.

GreyheadedGull_LanguedeBarbarie_IMG_1314

Mouettes a tête grise / Grey-headed Gull

 

Des Fauvettes passerinettes un peu partout dans les buissons, une unique Grisette, ici et là une Hypolaïs obscure (souvent en plein chant), des Pouillots véloce et de Bonelli, un Rougequeue à front blanc, etc. Quelques Bergeronnettes printanières et grises, deux Hirondelles rustiques et trois Tourterelles des bois longeant la rive complètent le tableau des migrateurs paléarctiques.

A la station de lagunage au nord de Guembeul, il y a comme toujours du monde : la petite vasière entre la route et les bassins grouille de Barges à queue noire et Echasses, Combattants, un Gravelot pâtre, des chevaliers de toutes sortes, alors qu’il y a au moins 500 Dendrocygnes veufs dans les bassins. Parmi eux, une poignée de Sarcelles d’été et une douzaine de Souchets. Les Chevaliers sylvains s’envolent à droite et à gauche, les Garde-bœufs nous ignorent.

Pas le temps de s’aventurer dans la réserve de Guembeul cette fois, mais une sortie matinale en bord de lagune le long de la piste de Rao (avant le village de Toug) permet de bien observer aussi bien l’Agrobate roux que l’Agrobate podobé, et notamment de comparer leur chant si similaire – plus lent et moins complexe pour le premier, plus mélodieux et varie pour le second. Pas mal de vent ces jours donc pas l’idéal pour les enregistrements, mais vous trouverez des prises de son ici et ici respectivement. A part les Cochevis huppes, deux-trois Traquets motteux et une solitaire Moinelette à oreillons blancs peu d’oiseaux s’activent dans la plaine, mais au loin ce sont une centaine de Flamants roses, Spatules blanches et divers ardéidés qui attirent l’attention.

Il est temps d’avancer, cette fois ce sont deux nuits dans le fameux parc national du Djoudj que nous allons passer. Malgré les menaces qui pèsent sur ce site inscrit au patrimoine de l’Humanité et les problèmes de gestion – et surtout de ressources – le déplacement en vaut la peine (à ce propos, voir le récent article sur le blog ornithondar).

Djoudj_floodplain_IMG_1497

Le spectacle des Pélicans blancs bien sûr, mais surtout celui de voir des milliers et des milliers de canards de surface sur le Grand Lac : le gros des effectifs est compose des Pilets, Souchets, Sarcelles d’été et Dendrocygnes veufs (+ quelques fauves), mais là, coup de chance, 3 Sarcelles marbrées pas trop loin devant l’un des observatoires ! Sur le Lac de Khar ce sont quelques Ouettes d’Egypte – espèce curieusement localisée au Sénégal – et des Oies-armées de Gambie qui s’ajoutent à la liste de palmipèdes

Djoudj_watchtower_IMG_1518

La liste complète est bien sûr trop longue pour énumérer ici – près de 115 espèces observées en tout – donc voici les autres « highlights » de notre bref séjour dans le Djoudj, dans le désordre :

  • Un mâle adulte de Faucon crécerellette
  • Une Bécassine sourde levée dans la zone à l’est de l’hôtel du Djoudj
  • Trois Rhynchées peintes près de l’embarcadère
  • Deux Grues couronnées près du Grand Lac et les quelques miliers de Flamants nains et roses.
  • Une Cigogne noire se nourrissant parmi une flopée de Spatules (beaucoup de ces dernières sont baguées d’ailleurs, mais pas de télescope pour relever les codes !)
  • Les Glaréoles à collier, d’abord une troupe d’une quarantaine dissimulées dans le bassin près de la Station biologique, ensuite un individu seul près du Grand Lac (photo prise par Jane ci-dessous)
  • Les innombrables Pouillots véloces, Phragmites des joncs et Fauvettes passerinettes partout dans les buissons, notamment dans le secteur de Gainthe et autour de l’entrée du parc. Comme à Gandiol, les quelques Hypolaïs obscures chantent de maniere assidue alors que lesRougequeues a front blanc se font plus discrets.
  • Et bien sur les rencontres avec les Chacals dorés, Phacochères communs, les Singes rouges (les Patas), Crocodiles du Nil et Varans du Nil

 

Photos ci-dessous: Glaréole à collier / Collared Pratincole; casseau minute / Little Stint; Varan du Nil / Monitor Lizzard

CollaredPratincole_Djoudj_IMG_1508

 

LittleStint_Djoudj_IMG_1538

 

MonitorLizzard_Djoudj_IMG_1489

 

 

Les oiseaux de Palmarin, Delta du Saloum

Palmarin_paysage

Après avoir visité à deux reprises l’écolodge de Simal, situé au bord d’une des rivières du Nord Saloum près de Dioffior, il était temps d’explorer un autre coin du vaste delta. Nous avons donc passé 2 nuits à Palmarin, dans l’excellent écolodge des Collines de Niassam. Cet établissement est certes un peu cher, mais il est idéalement situé pour découvrir les richesses naturelles de cette partie du delta (d’autres options d’hébergement existent, comme par exemple l’écolodge de Palmarin). On est ici dans la réserve communautaire de Palmarin, espace protégé depuis 2001 qui s’étend sur plus de 10 000 hectares (pour plus d’informations sur la réserve, se rendre sur le site du RAMAO. Sur place, la Maison de l’éco-tourisme permet d’obtenir des renseignements et d’organiser des visites).

Les environs du lodge sont suffisamment intéressants pour passer du temps à les explorer à pied. C’est donc principalement dans la brousse et autour des champs que j’ai cherché à apprécier l’avifaunce locale. Quelques excursions aux alentours nous ont permis de voir des quantités impressionnantes de laridés et de limicoles et de pleinement apprécier la diversité d’oiseaux fréquentant la réserve: en 2 jours à peine, ce sont quelque 130 espèces d’oiseau qui ont été observés.

Les cultures d’arachides, en cours de récolte, et la savane arborée environnante, composée aussi bien de baobabs, palmiers à huile et acacias, se sont avérées plutôt productives, abritant Gymnogène, Busards cendrésCircaète Jean-le-Blanc (dont un visiblement en migration active, tout comme quelques Milans noirs), Faucons ardoisés, des groupes de Colombars waalia au chant étonnant, Irisor moqueur, Rolliers d’Abyssinie, Rolliers variés, Barbicans de Vieillot, Astrilds cendrés, Astrild-caille à face noire, etc. C’est dans cette zone que se trouvaient également bon nombre de passereaux paléarctiques : Bergeronnette printanière, Fauvettes passerinette (nombreuses) et grisette (une seule), Pouillots véloce, fitis et de Bonelli, Hypolaïs polyglotte et obscure, quelques Rousserolles effarvattes, un ou deux Rossignols philomèles, plusieurs Rougequeues à front blanc. Quel plaisir d’ailleurs d’entendre les Polyglottes et le Rossignol chanter !

Palmarin_AbyssinianRoller

Rollier d’Abyssinie / Abyssinian Roller

Palmarin_DiederikCuckoo

Coucou didric  / Diederik Cuckoo

A peine la nuit tombée, les Engoulevents à longue queue s’activent et n’hésitent pas à chasser entre les cases du lodge. Leur chant, très similaire à celui de l’Engoulevent d’Europe, est surtout émis au crépuscule et avant l’aube. Depuis notre chambre (construite dans un baobab!), j’ai pu entendre le Petit-duc à face blanche chanter au milieu de la nuit, mais ce sont surtout les appels mélancoliques des Hyènes qui nous ont marqué (il est possible, avec un peu de chance, de partir les observer le soir, avec un guide du lodge ou de la réserve).

Les puits d’extraction de sel, véritables micro-salins qui continuent d’être exploités de manière artisanale, sont pour la plupart assez vides d’oiseaux, mais on y retrouve tout de même bon nombre de Barges à queue noire, Œdicnèmes du Sénégal et quelques autres limicoles. Ces centaines de dépressions circulaires forment une mosaïque étonnante, très bien visible sur les images aériennes (le lodge se trouve au bout de la piste, en haut à droite de l’image).

Palmarin

Ce sont surtout les lagunes et bras du fleuve Saloum qui sont intéressants pour les oiseaux d’eau, et notamment ceux situés au nord du village de Ngalou. C’est là que se rassemblent les Goélands bruns et d’Audouin en nombres impressionnants : plus de 1300 pour les premiers, et facilement une centaine pour les derniers. Parmi eux se trouvent bon nombre de Sternes caspiennes, quelques Caugeks et Hansels, et le long de la piste de Samba Dia ce sont les Sternes naines qui sont occupés à pêcher, pendant que des centaines de Grands Gravelots (et quelques Gravelots à collier) et Bécasseaux (minute, sanderling et cocorli essentiellement) se nourrissent sur les vasières. Les Goélands railleurs et dans une moindre mesure les Mouettes à tête grise sont fréquents ici.

Palmarin_CommonSandpiper

Chevalier guignette / Common Sandpiper

Un peu plus loin le long de la piste, encore tout juste au sein de la réserve, se trouve un petit marais d’eau douce qui grouillait litéralement d’oiseaux et on aurait facilement pu passer quelques heures ici: Dendrocygnes veufs, Canards à bosse, Sarcelles d’été et d’hiver, Canards souchets et pilets, Spatules d’Afrique, Ibis sacrés et falcinelles, des dizaines de Combattants et Barges à queue noire, etc. Une Rhynchée peinte mâle s’est laissé observer à loisir alors qu’elle avançait doucement au bord d’une flaque. Dans la même zone, près d’une dizaine de Pipits à gorge rousse, répérables à leur cri étiré si typique, s’affairaient dans la végétation palustre. Enfin, une Cigogne noire survole le site alors que nous nous apprêtions à repartir pour Dakar.

Palmarin_PaintedSnipe

Rhynchée peinte / Greater Painted-Snipe

Palmarin_SacredIbis

Ibis sacré / Sacred Ibis

Enfin, en quittant le site par la piste menant à Samba Dia, c’est un Chacal doré qui s’est bien laissé observer alors qu’il trottait au bord d’une lagune, tranquillement l’air de rien…

Palmarin_Jackal2

Palmarin_Jackal1

Chacal doré / Golden Jackal

%d bloggers like this: