La Garden Liste

Tout birder qui se respecte tient une petite liste des oiseaux qu’il ou elle a vu ou entendu dans son jardin: la garden list.

Après deux ans et demi passés dans notre quartier aux Almadies, et avec plusieurs firsts pour ma liste ces dernières semaines (dont trois dimanche dernier!), je me suis dit que c’était l’occasion de faire le point. Ne tenant pas de liste proprement dite – autrement que dans ma tête – j’ai donc fouillé dans mes archives et j’en ai profité pour extraire mes données brutes, les rattacher aux lieux-dits moyennant quelques operations dans QGIS, puis de les synthétiser afin de les présenter ici pour la postérité, rien que ça.

Pour se situer, voici une petite carte de l’Ouest dakarois avec mes observations de ces deux dernières années, soit plus de 5’000 données pour la zone montrée ci-dessous (toutes saisies avec l’excellente application Naturalist, cela dit en passant) :

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Résultat des courses, sur la base de mes quelques 1’800 observations “jardin”, je peux vous annoncer que j’ai pu rencontrer quelques 71 espèces autour de chez nous. Je dis bien “autour” car n’ayant pas vraiment de jardin, je considère tout oiseau vu ou entendu depuis chez moi comme faisant partie de ma garden list.

Tout d’abord un oiseau vu et surtout entendu de temps en temps, généralement de nuit ou tôt le matin: le Dendrocygne veuf (White-faced Whistling Duck), survolant la maison (avril et deux fois en septembre, en 2016). Deux autres espèces qu’on voit parfois passer en vol sont le Cormoran à poitrine blanche et le Cormoran africain (White-breasted, Long-tailed Cormorants), ce dernier ayant été vu une seule fois pour l’instant (2 inds.  le 11/5/16). De même, peu d’ardéidés sont vus, principalement le Héron gardeboeuf (Cattle Egret), suivi par le Bihoreau gris (Black-crowned Night-Heron) qui semble régulier en migration au printemps (mi-février à début avril), quand on peut entendre son cri de contact caractéristique, toujours de nuit comme il se doit. Le Héron pourpré (Purple Heron) quant à lui a été entendu le soir du 17/9/17, certainement un voire plusieurs oiseaux en migration active.

L’une des grandes surprises de la liste est un oiseau qui n’a rien à faire à Dakar, étant restreint au tiers méridional et oriental du pays: l’Ibis hagedash (Hadada Ibis): le matin du 23/8/17, j’entends un oiseau passer pile au-dessus de la maison, puis j’ai pu le voir dans le jumelles in extremis, avant qu’il ne disparaisse derriere les immeubles. Heureusement qu’il a crié celui-là, sinon je l’aurais loupé… Ma seule autre observation dans la région est celle d’au moins deux oiseaux le 9/8/15 au Lac Rose.

Les Vautours charognards (Hooded Vulture), je vous en ai déja parlés ici et , mais je rajoute tout de meme une petite photo histoire d’aérer un peu cet article un peu. Ci-dessous, un adulte (à droite) et un jeune.

HoodedVulture_Almadies_20160303_IMG_2341

De temps en temps, un ou deux Balbuzards (Osprey) tournoient au-dessus de la maison, alors que le Milan à bec jaune (Yellow-billed Kite) est évidemment très commun; il y a certainement plusieurs couples aux alentours. Debut janvier 2017, c’est un rapace bien plus imposant et tout a fait inattendu qui a fait escale dans les eucalyptus juste derrière la maison: un Aigle ravisseur (Tawny Eagle)! Arrivé en fin d’après-midi du 5/1 (alors non vu, mais le boucan énorme des corbeaux a annoncé sa présence), c’est le lendemain matin que je me rends compte qu’il est toujours là et qu’il a dû passer la nuit à moins de 50 mètres de la maison! Du côté opposé du spectre des rapaces, l’Epervier shikra (Shikra) est vu de temps en temps: à part un ind. le 2/12/15 toujours en septembre et octobre, dont ce jeune individu photographié tout récemment depuis le balcon:

Shikra_Almadies_20170916_IMG_4653

Dernier rapace sur la liste, le Faucon chicquera (Red-necked Falcon) qu’on voit parfois chasser à toute vitesse dans le quartier. Il semble nicher non loin, vers la Pointe des Almadies où il y a beaucoup de vieux cocotiers.

Le Vanneau éperonné (Spur-winged Lapwing) est présent en petit nombre dans le quartier, mais ce sont surtout les bruyants Oedicnèmes du Sénégal (Senegal Thick-knee) qui se font bien remarquer, des la nuit tombante et jusqu’au petit matin: à écouter ici! Voila un chant que j’associerai sans doute pour toujours avec notre sejour au Sénégal. Viennent deux limicoles migrateurs ensuite, chacun vus une seule fois pour le moment: le Courlis corlieu (Whimbrel) vu le 11/9/15; le Chevalier culblanc (Green Sandpiper) le 17/9/17 lorsqu’un oiseau survole la maison en criant. Certainement un migrateur qui a dû se poser quelque part dans les environs en fin de nuit, puis qui s’est fait déranger.

L’océan n’étant qu’a quelques pas, de temps en temps j’entends ou je vois des sternes survoler la maison: la Sterne royale (Royal Tern) à plusieurs reprises entre mars et juillet; la voyageuse (Lesser Crested Tern) uniquement le 17/3/17 (3 inds.).

Le Pigeon roussard (Speckled Pigeon) est commun et niche quelque part dans le bâtiment (sous le toit?). L’autre jour j’ai pu contstater la présence d’au moins un gros juvénile, à comparer avec le parent (photo du bas):

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SpeckledPigeon_Almadies_20170916_IMG_4660

Encore plus commune, la Tourterelle maillée (Laughing Dove); par contre la présence d’une Tourterelle rieuse (African Collared Dove) les 16 & 18/12/15 était tout à fait inattendue (après coup je me demande s’il n’a pu s’agir d’une Tourterelle turque, option que je n’avais même pas considérée à l’époque car c’était bien avant la découverte de la petite population du parc de Hann).

Si la Perruche à collier (Rose-ringed Parakeet) n’est vue que de temps en temps (2-4 fois par mois peut-être), le Perroquet youyou (Senegal Parrot) s’observe quasi quotidiennement, généralement tôt le matin lorsqu’ils quittent un dortoir dans les environs, ou encore le soir survolant la maison en criant.

Senegal Parrot / Perroquet youyou

Le Touraco gris (Western Plantain-eater) est courant à toute saison, et toujours bien bruyant! Généralement 2-3 oiseaux ensemble, rarement plus.

Trois coucous se trouvent sur ma petite liste: le Coucal du Senegal (Senegal Coucal) bien sûr (surtout entre juin et novembre? Présence variable d’une année à une autre), mais aussi une fois un Coucou didric (Diederik Cuckoo) entendu chanter le 28/7/17, puis – grosse suprise! – un jeune Coucou-geai (Greater Spotted Cuckoo) entendu puis vu le 21/6/17.

On a la chance d’avoir au moins un couple d’Effraies des clochers (Barn Owl) dans le quartier, oiseaux qui ont du nicher dans une maison voisine l’an dernier car les jeunes une fois émancipés se sont installés sur (et sous?) le toit de la maison d’à coté: à écouter ici; bref article . Plus étonnant, un Petit-duc à face blanche (Northern White-faced Owl): se fait entendre le soir du 24/1/17, alors que Simon et moi sirotions tranquillement une biere sur la terasse… probablement dans les eucalyptus derrière la maison.

Les Colious huppés (Blue-naped Mousebird) se font souvent entendre lorsqu’ils rôdent dans le quartier. Le Martinet des maisons (Little Swift) niche bien sûr dans les environs et s’observe régulierement au-dessus de la maison; le Martinet noir (Common Swift) par contre n’a été vu qu’une seule fois pour le moment, le 3/5/16. Il faut dire que cette espèce est étonnament peu vue à Dakar, sans doute parce que la plupart des oiseaux en transit passent plus a l’intérieur du pays, ou longent la côte mais couperaient alors à travers la péninsule du Cap-Vert (hypotheses et spéculations! il se peut aussi qu’ils migrent simplement trop haut dans le ciel pour les détecter). Le Guêpier nain (Little Bee-eater) s’arrête parfois quelques jours sur les terrains vagues aux alentours de la maison (notamment entre la mi-mars et mi-mai 2016); un Rollier d’Abyssinie (Abyssinian Roller) a fait escale le 18/8/16.

Aussi bien le Calao à bec rouge que le Calao à bec noir (Western Red-billed & African Grey Hornbills) sont présents dans l’agglomération, mais ne sont pas communs et semblent surtout fréquenter les parcs et grands jardins: dans notre quartier, je ne les vois que de temps à autre, et plutot celui à bec noir, hors période d’hivernage. Le petit Barbion à front jaune (Yellow-fronted Tinkerbird) est un visiteur occasionnel chez nous, avec pour l’instant juste une obs auditive le 29/8/17; je l’entends de temps à autre du côté de Fenêtre-Mermoz vers l’école des enfants, et ce uniquement en saison des pluies. Le Pic gris (African Grey Woodpecker) fait des incursions de temps à autre et se fait lui aussi remarquer par son cri caractéristique, et semble assez repandu dans les quartiers les plus arborés.

Les Hirondelle de Guinée (Red-chested Swallow) font désormais partie du paysage aviaire du quartier, alors qu’en 2015 cette espèce faisait plutot défaut. Elles doivent nicher dans les environs immédiats car elles chantent, viennent chasser, se posent sur les fils… et le 3/6/17 il y avait au moins deux jeunes recemment émancipés; l’Hirondelle rustique (Barn Swallow): janvier, février, octobre 2016. Autre migratrice, la Bergeronnette printanière (Yellow Wagtail) survole la maison le 24/11/16.

Présent tout au long de l’année et souvent le première espèce à chanter le matin, parfois avant meme l’aube, le Bulbul des jardins (Common Bulbul) mérite bien son nom. Le Gonolek de Barbarie (Yellow-crowned Gonolek) se fait bien plus discret et a besoin d’un peu plus de buissons.

La Fauvette passerinette (Western Subalpine Warbler) ensuite, vue plusieurs fois au printemps 2015 dans ces mêmes arbustes, puis le 4/3/17 dans les fourrés en face du portail. Le Pouillot fitis (Willow Warbler) s’observe irrégulièrement, surtout depuis que les gros buissons sur le terrain voisin ont été coupés pour y construire encore une grosse baraque (+ 17/9/16); le Pouillot véloce (Chiffchaff) a fait une escale, en chantant, le 1/12/15.

La Cisticole des joncs (Zitting Cisticola) ensuite: un chanteur lance son tsit!…tsit!…tsit!… explosif les depuis dimanche dernier dans le terrain vague juste à côté. C’est lors de la saison des pluies que les oiseaux sont les plus vocaux ici, et je l’entends souvent p.ex. aux abords du futur ex-aéroport, ou encore entre les Mamelles et Ouakam, mais c’est la première fois que j’ai un oiseau en pleine zone résidentielle… faut dire que l’espèce est vraiment peu exigeante ici! Ceci vaut encore plus pour les Prinias modestes et Camaropteres à dos gris (Tawny-flanked Prinia, Grey-backed Camaroptera), deux piafs omniprésents sur le continent et que je vois tout au long de l’année. Le Crombec sittelle (Northern Crombec) par contre est bien moins typique des jardins urbains, mais en 2015 de temps en temps je l’entendais chanter dans les arbres aux environs. On le trouve fréquemment au Parc de Hann ainsi qu’au Technopole, par exemple. Le Gobemouche noir (Pied Flycatcher) s’arrête parfois dans les grands arbres aux alentours, notamment en septembre quand il se fait remarquer par ses cris de contact constants.

J’ai encore un peu de mal à saisir les mouvements des souimangas ici, avec deux espèces régulieres et une occasionnelle (le Souimanga cuivré Copper Sunbird est vu le 5/9/15 mais plus jamais depuis): le Souimanga à longue queue (Beautiful Sunbird), plutot visible en fin de saison sèche et début d’hivernage, et le Souimanga variable (Variable Sunbird); qui lui semble plutot arriver en septembre/octobre, timidement d’abord, pour rester tout au long de la saison sèche, jusqu’à début juin.

VariableSunbird_Almadies_20160502_IMG_3150

Les Choucadors à longue queue (Long-tailed Glossy Starling) se font très régulierement entendre, parfois – comme ce fut le cas lors de l’hivernage 2015 – de nuit, lorsque certains oiseaux se mettent à chanter à tue-tete pendant des heures et des heures (oui on a souffert!!). L’autre représentant des sturnidés sur notre liste est le Choucador à ventre roux (Chestnut-bellied Starling), avec une observation étonnante d’onze individus passant en vol devant la maison le 25/3/16. Cette espèce ne se rencontre pas habituellement en ville, mais il y a visiblement une petite population (résidente?) dans les jardins de l’hôtel King Fahd où ils fréquentent les pelouses du terrain de golf.

Ensuite deux espèces commensurales, omniprésentes à Dakar: le Corbeau pie (Pied Crow) et le Moineau domestique (House Sparrow). L’histoire de ce dernier est fascinante, ce petit moineau ayant réussi à conquérir une bonne partie de la planète – une progression qui d’ailleurs est toujours en marche, du moins sur le continent africain où il reste encore beaucoup de villes à coloniser. Arrivé sans doute au tout debut des annees 1970, “provenant vraisemblablement de l’Afrique du Sud” (Morel & Morel 1990), Passer domesticus a petit à petit conquis les villes et villages du nord du pays (premier couple nicheur à Saint-Louis en 1979), le long de la Petite Côte et même jusqu’à Tambacounda où sa présence fut confirmée tout récemment. Si le corbeau niche dans un palmier juste en face, les moineaux s’installent dans des trous dans les murs ou dans le toît, sous les tuiles (3-4 couples dans notre maison). Le Moineau gris (Grey-headed Sparrow) par contre ne semble pas très bien se maintenir en ville, car je ne l’observe que de temps en temps et jamais plus de deux oiseaux (des couples?) ensemble. Le petit Moineau doré (Sudan Golden-Sparrow) se montre plus rarement encore, généralement associé à des groupes de Travailleurs à bec rouge (Red-billed Quelea) et plutôt en saison sèche (surtout février – mai). Toujours dans le meme registre, les Tisserins: le minule est vu de temps en temps, alors que le gendarme et surtout celui à tete noire sont bien plus courants, nichant à proximité de la maison (Little, Village, Black-headed Weavers).

C’est presque fini! Reste plus que les petits granivores tels que le Combassou du Sénégal (Village Indigobird), charmant petit parasite qui en ce moment, lors des pluies, est présent quotidiennement.

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Je ne sais pas en fait si les Amarantes du Sénégal (Red-billed Firefinch), présentes toute l’année, s’en rendent bien compte qu’ils se font avoir par le combassou! Une seule obs de Cordon-bleu à joues rouges (Red-cheeked Cordonbleu), le 12/12/16 (il y a une petite population non loin, dans les jardins du King Fahd). Parmi les oiseaux urbains les plus répandus à Dakar figure le sympathique Capucin Bec-d’Argent (African Silverbill), voir photo d’en-tête. Le Capucin nonnette (Bronze Mannikin) est présent en nombre variable et plutôt en saison des pluies. Puis last but not least, espèce numéro 71: le Serin à croupion blanc (White-rumped Seedeater)!

 

 

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La Tabaski à Palmarin

Le weekend dernier, c’était la grande fête de la Tabaski ici. Les villes du pays se vident, tout le monde rentre au village, et un demi million de moutons sont sacrifiés. Nous en avons donc profité pour s’éclipser pendant quelques jours dans le delta du Saloum, plus précisement à Palmarin où nous avons passé trois nuits dans l’agréable écolodge à Diakhanor. Petit récit en images.

D’abord les limicoles, avec ce couple de Rhynchées peintes vues dans une flaque d’eau douce dans le secteur des lagunes. De l’eau, il y en a cette année! Bien plus que l’an dernier à la même époque, au point où les quelques villages de la commune sont en grande partie inondés… L’oiseau très coloré de gauche est la femelle: le dimorphisme sexuel est inversé chez cette espèce si particulière, le mâle se chargeant de l’incubation pendant que Madame va voir ailleurs.

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Greater Painted-Snipe / Rhynchée peinte

Comme toujours, les limis sont nombreux: quelques centaines de Bécasseaux cocorlis, dizaines de variables, quelques Sanderlings, les Chevaliers gambettes, guignettes, aboyeurs, sylvains et stagnatiles, Grands Gravelots, Barges rousses et à queue noire (dont deux hollandaises avec bagues couleurs), quelques Tournepierres, un Huîtrier pie, 2-3 Courlis cendrés et beaucoup de corlieux.

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Whimbrel / Courlis corlieu

 

Chez les laridés, c’est bien sûr le Goéland brun qui domine, suivi de près par les Audouins dont une estimation grossière résulte en un total respectable d’au moins 400 oiseaux dont pas moins de 32 (!) individus bagués. La plupart sont espagnols, mais cette fois je trouve aussi trois italiens et cinq portugais. Je reviendrai sur l’évolution de la distribution de cette espèce au Sénégal dans un autre article, disposant maintenant d’une bonne centaine de données de lectures de bagues.

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Audouin’s Gull / Goéland d’Audouin & co.

 

Suite à la saison de nidification, il y a à cette époque de l’année enormement de Sternes caspiennes à Palmarin, avec par exemple environ 3’100 individus dans la lagune de Diakhanor le matin du 2/9 – et c’est sans compter les centaines voire milliers d’oiseaux dans les lagunes juste au nord de Ngallou au petit matin du 4/9, dont une partie est visible sur la photo d’en-tête.

Assez peu de rapaces sont vus: 2-3 Faucons chicqueras, un Elanion blanc, onze Vautours de Ruppell au dortoir à Ngallou, un Gymnogène le long de la route Joal – Samba Dia (où l’on voit également une Ombrette, exactement au même endroit que l’an dernier en novembre).

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Ruppell’s Vulture / Vautour de Ruppell

 

Ensuite quelques passeraux, à commencer par cette Veuve dominicaine en plumage nuptial, tout comme les autres viduidés (veuves) et les plocéidés (tisserins, euplectes). Les rectrices de cet individu sont encore en train de pousser et peuvent facilement atteindre le double de la longueur de l’oiseau.

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Pin-tailed Whydah / Veuve dominicaine

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Black-headed Weaver / Tisserin mélanocéphale

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Little Weaver / Tisserin minule

 

Deux Gobemouches noirs seront les seuls passereaux migrateurs nordiques que j’observe, dont un individu qui m’a paru assez inhabituel car présentant un plumage encore très “jeune”, étant nettement tacheté, et avec pas mal de blanc au bout des moyennes couvertures: Gobemouche noir classique, ibérique, de l’Atlas? Difficile à dire à ce stade, mais je vais essayer de creuser la matière un peu plus lorsque j’en trouverai le temps. (J’écris ces quelques lignes depuis Bamako, où il y a visiblement pas mal de Gobemouches noires en escale en ce moment!)

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European (?) Pied Flycatcher / Gobemouche noir (?) juv.

 

Pour terminer deux reptiles fort sympathiques: une femelle d’Agame des colons (ou “Margouillat“), et ce qui semble être une Couleuvre sifflante, trouvée dans un arbre de l’écolodge grâce au vacarme des Bulbuls des jardins, Souimangas à poitrine rouge et autres Barbions à front jaune.

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Agama agama

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Psammophis sibilans

Et pour une fois, on finit par un poisson… sauf erreur une espèce de la famille des Tetraodontidae, qu’on trouve assez régulièrement échoué sur les plages sénégalaises.

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A Mystery Shrike

Yesterday, Gabriel and I paid a visit to Lac Tanma – our first of the season and of what will hopefully be a series of regular visits there.

We’d barely arrived near the lake, after a couple of failed attempts to find a driveable track towards the lake (too muddy!), when we noticed a shrike sitting on top of a thorny bush. The overall appearance was that of a fairly large, greyish shrike, but quite a few things were just wrong for a Southern Grey Shrike (which given the time of the year would have been surprising to see here, as it typically shows up between December and February/March).

Suspecting a hybrid, we took a number of pictures before the bird flew off, which allowed us to compare with photographs and descriptions of known hybrids. I vaguely remembered that a few years back (it turns out this was in 2010) a similar hybrid had been reported from the French Jura, and that there was a drawing of another French bird in the excellent Shrikes – A Guide to the Shrikes of the World (Lefranc & Worfolk 1997).

This is what our bird looked like:

WoodchatxRedbackedShrike_LacTanma_20170826_IMG_3911

 

In typical shrike fashion, this bird had a distinctive black “Zorro mask” with an otherwise grey head and largely grey back (faintly mottled brown); white scapulars; black wings with a fairly large, elongated off-white patch at the base of the primaries; entirely pale salmon-pink underparts (from the throat all the way to the vent); and a white rump contrasting with its long black tail. In the field we noted some narrow pale borders to tertiaries, but these are not well visible in the pictures.

While a lot of hybrids between two bird species typically resemble both parents in one way or another, showing intermediate characteristics, this is not the case here. Our bird superficially looks like a Southern Grey Shrike, but clearly isn’t one: the buffish underparts especially, but also the seemingly all-dark tail (no white outer rectrices) and the lack of distinct white markings on the tertials and secondaries. Moreover, the structure and size – even though our bird seemed quite large – were not right for Southern Grey which is larger and more powerful (cf. a couple of pictures taken last winter in Palmarin). The same pretty much applies to Lesser Grey Shrike, which in addition has a black mask that extends to the forehead and lacks the white scapulars.

So who are the parents? Based on comparisons with pictures of hybrid shrikes and with the drawing and description in Lefranc & Worfolk, these types of birds are considered to be hybrid Woodchat x Red-backed Shrikes. The former is the most common Palearctic shrike species in Senegal, while the latter doesn’t usually occur in West Africa. The black mask, grey head, and “pinkish-white” underparts are typical of Red-backed, while the white scapulars, rump and wing patch are indicative of Woodchat. The grey back is a bit odd but has also been observed on other presumed hybrids with these two species as parents, and the faint brownish mottling hints at a hybrid origin. Another option would be a hybrid Woodchat x Lesser Grey Shrike, though there’s apparently only one such suspected bird that has been observed, in Hungary in 1979 (Handbook of Avian Hybrids of the World, McCarthy 2006). Much less likely, and one would expect at the minimum a black front on such hybrids¹.

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

 

Now compare our bird with the painting of a hybrid noted in France in 1995, fig. 26g:

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Source: Lefranc & Worfolk (1997)

Comments on the identification of this bird are more than welcome of course!

As far as I know, this is the first record of such a hybrid in (West) Africa; all other published data are from birds on migration or on breeding grounds in Europe. In recent years there’s been one such bird in Switzerland (April 2014), one in the French Lot department (May 2014), while hybrid males have bred (successfully!) with female Red-backed Shrikes in  2005 in South-East Belgium (short note available in PDF here), and in 2010 and 2011 in France. Pictures of the 2010 Jura bird can be found e.g. here and here. At least 12 mixed pairs have been found in France, but it seems that nothing is known on the whereabouts of these birds outside the breeding season: do they migrate to East Africa just like Red-backed Shrikes, or can they be found anywhere in Woodchat Shrike’s wintering grounds? Lefranc & Worfolk describe the latter as “a vast belt running across the African continent just south of the Sahara and largely north of the huge forest areas”. Our observation would suggest that they can show up anywhere in that area.

Other than our peculiar shrike, we had a pretty good morning out birding, with close to 100 species seen. Lac Tanma didn’t hold an awful lot of waders (a few hundred only, mostly Black-winged Stilts) but we did confirm breeding once again of Kittlitz’s Plover, while a female Knob-billed Duck also showed signs of breeding as it was seen flying around several times (and sometimes calling, which is associated with courtship behaviour). There were about 250 Greater Flamingos (and ca. 220 more at lac Mbaouane), several Gull-billed, Caspian, and White-winged Terns, but very few herons. A surprise find was that of three Spotted Thick-knees on the edge of the lake’s floodplain, quite close to the main road. Several Diederik, African and Jacobin Cuckoos were seen or heard, as were a few Broad-billed Rollers (another wet season visitor) and a single Purple (=Rufous-crowned) Roller. As usual, Mosque Swallows were hawking insects above the lake shore and the baobab forest; the latter also had a singing Hoopoe and several Woodland and Grey-headed Kingfishers. Besides the shrike, the only European songbirds that we spotted were two Melodious Warblers.

A Purple Heron at a small marsh near the village of Beer was my first of the season; we also found African Swamp-hen, Red-eyed Dove, and African Thrush here. Lac Mbaouane was visited only briefly and we just scanned the NW side of the lake, which had a few dozen Common Ringed Plovers and some Little Stints, while a few Blue-cheeked Bee-eaters were flying over and a Red-necked Falcon dashed over the lake as it was hunting.

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Lac Mbaouane

 

(Regular readers will wonder what’s happening at Technopole. Well, I paid my first visit in three (!) weeks this morning, together with Theo. Water levels are rising with every shower, so conditions are getting less ideal for waders. Still a few hundred Ruffs, some Curlew Sandpipers, ca. 50 Sanderling and a few Little Stints, a handful of Black-tailed and a single Bar-tailed Godwit, Marsh, Green, Wood & Common Sandpipers, Greenshank, Redshank, a few migrating Whimbrels, etc. Also Shikra, a Hoopoe, and again a Broad-billed Roller to name but the most interesting records. The most unusual record this past week was actually one from Almadies: a Hadada Ibis flying over our house one morning! More on that one later, if I get the chance to write something up.)

 

¹ N. Lefranc mentioned that a mixed pair senator x minor was found in France last year. And that so far, no hybrid or mixed pairs senator x meridionalis have been recorded.

The Dakar Vultures once again / Les vautours dakarois, une fois de plus

(version française en bas, sous les photos)

Short post today, simply to announce that last month a paper on our study on Dakar’s Hooded Vultures was published in Ostrich, the Journal of African Ornithology.

“The decline of an urban Hooded Vulture population in Dakar, Senegal, over 50 years” describes in more detail the findings that were presented at last year’s PAOC by lead author Wim Mullié, and is part of a special vultures issue of the journal. This allowed us to further refine our analyses and to dig a little deeper into the possible causes of the important decline – which even if they remain unconfirmed hypotheses, are likely to provide better insights into the species’ requirements in terms of feeding, nesting and roosting. And which hopefully will contribute to specific protection measures.

I’m pleased to announce that I can share the paper freely through this blog, hoping that it may be of interest to some of our readers: click HERE to download the PDF version of the article (2 MB); for those with less time I’ve copied the abstract here:

As in many West African cities, in Dakar Hooded Vultures Necrosyrtes monachus have always been characteristic urban scavengers. The recent decline of Hooded Vultures in other parts of Africa, mainly eastern Africa, has been the reason in 2015 for up-listing of its status by the IUCN in the Red List of Threatened Species to Critically Endangered. As the Hooded Vulture is still common in the Lower Casamance, Senegal, in the Western Region of The Gambia and in Guinea-Bissau, without clear signs of a recent decrease, a survey of its current status in Dakar was undertaken and compared with historical data over the past 50 years. A strong decrease of >85% was noted from 3 000 individuals in 1969 to 400 in 2016. This decline is on the high end of the decline noticed over much of its range but in striking contrast with the apparently stable populations along the West African coast more to the south (The Gambia to Guinea). Likely causes are (1) exponential urbanisation resulting in loss of feeding sites and reduced food availability, (2) increased poisoning of feral dogs with strychnine sulphate due to an upsurge of rabies and (3) increased disappearance of suitable trees for nesting and roosting.

Fred Bacuez kindly informed me that the paper was also referenced on the website of the Vulture Conservation Foundation, who highlight the importance of the Vulture Multi-Species Action Plan (MsAP), which “includes all African vulture species [and which] will hopefully be approved by all signatory states in the next Conference of the Parties this fall, and will then be a significant tool to address these massive poisoning incidents and therefore revert the continuing decline of African vultures.” This is much needed of course, but ultimately it will come down to implementing substantial conservation actions – a large part of which comes down to sensitising and educating local communities, and to adequate law enforcement to stop the trade in vulture parts.

 

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Hooded Vulture / Vautour charognard imm. aux Almadies

Hooded Vulture / Vautour charognard

Hooded Vulture / Vautour charognard ad. aux Almadies

 

Billet rapide (mais bilingue!) aujourd’hui, simplement pour annoncer la publication, le mois dernier, de l’article résultant de notre étude sur les Vautours charognards de Dakar, dans le journal d’ornithologie africaine Ostrich.

Intitulé “Déclin d’une population urbaine de Vautours charognards Necrosyrtes monachus sur 50 ans à Dakar, Sénégal”, l’article décrit de manière plus détaillée les résultats que Wim Mullié, l’auteur principal de l’article, avait déjà présentés lors du congrès d’ornithologie panafricain (le PAOC) l’an dernier, et fait partie d’un numéro spécial sur les vautours. Ceci nous a permis de creuser un peu plus les analyses et surtout les causes possibles du déclin important – qui même si elles restent à l’état d’hypothèses non confirmées, peuvent aider à mieux comprendre les besoins de l’espèce en matière de nourrissage, reproduction et reposoirs. Et qui, nous l’espérons, pourront contribuer à mettre en place des mesures de protection spécifiques.

J’ai le plaisir de partager l’article à travers ce blog, en espérant qu’il soit utile pour nos lecteurs: cliquez ICI pour télécharger la version PDF (2 MB); le résumé est repris ci-dessous pour ceux qui n’auraient pas le temps (ou l’envie!) de lire l’article entier:

A Dakar, comme dans de nombreux centres urbains de l’Afrique de l’Ouest, les Vautours Charognards Necrosyrtes monachus ont toujours été des charognards caractéristiques de ces villes. Le récent déclin des Vautours charognards dans d’autres parties de l’Afrique, principalement en Afrique de l’Est, a motivé, en 2015, son inscription sur la Liste rouge de l’UICN comme espèce menacée « En danger critique d’extinction ». Cependant le Vautour charognard est encore commun en Basse Casamance (Sénégal), dans la partie occidentale de la Gambie et en Guinée-Bissau sans indicateurs d’un déclin de sa population. Ainsi une enquête sur son statut actuel à Dakar a été menée afin d’effectuer une comparaison avec les données disponibles des 50 dernières années. Une forte baisse (>85%) a été notée de 3 000 individus en 1969 à 400 en 2016. Ce déclin correspond aux chutes des populations ailleurs en Afrique mais contraste avec les populations apparemment stables de la Gambie à la Guinée. Les causes probables de déclin sont (1) une urbanisation galopante entraînant une perte de sites d’alimentation et ene réduction de la disponibilité de nourriture, (2) une intoxication accrue de chiens sauvages avec du sulfate de strychnine due à une recrudescence de la rage et (3) une disparition accrue des arbres appropriés pour la nidification et le repos.

Fred Bacuez vient de m’informer que l’article a été mentionné sur le site web de la Vulture Conservation Foundation, qui soulignent l’importance du Vulture Multi-Species Action Plan (MsAP), qui “inclut toutes les espèces de vautours africains [et qui] sera, on l’espère, ratifié par tous les Etats signataires lors de la prochaine Conférence des Parties cet automne, et qui deviendra alors un outil important pour remédier aux incidents d’empoisonnements massifs en vue d’infléchir le déclin continu des vautours africains.” C’est très nécessaire bien sûr, mais à la fin du compte ce ne sont que des actions concrètes qui pourront aider nos vautours – ce qui revient en grande partie à la sensibilisation et à l’éducation des communautes locales, et à l’application effective des mesures légales pour mettre fin au commerce des parts de vautours.

Et c’est reparti…

…pour une nouvelle saison de seawatch!

Comme l’an dernier, j’espère bien pouvoir assurer un suivi modeste mais régulier de la migration devant la péninsule du Cap-Vert, et ce depuis la fameuse terrasse du Club Calao à Ngor. En fait, le suivi se fait plus ou moins en continu tout au long de l’année, car à toute saison il est possible de voir des mouvements devant ce site privilégié pour l’observation des oiseaux de mer. On l’a déjà présenté à plusieurs reprises dans ces pages, et d’autres ont fait un bon travail de compilation des connaissances sur la migration des oiseaux de mer à Dakar – voir notamment le site “Seawatching in Senegal“, qui n’est malheureusement plus tenu à jour depuis plusieurs années. Je ne résiste toutefois pas à l’envie d’inclure cette photo de la terrasse, prise hier matin entre deux averses.

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La terrasse du Calao, entre deux averses…

Avant de passer au passage postnuptial (= la migration ayant lieu après le période de reproduction), faisons rapidement le point sur le cru 2017 pour ce qui est du passage prénuptial, soit grosso modo couvrant la période fin février-début juin. Le suivi n’a pas été très assidu sauf peut-être dans la 2e quinzaine d’avril, et comme toujours je n’ai généralement qu’une heure de libre avant d’aller au boulot… mais on a tout de même pu faire quelques belles obs depuis notre Calao favori:

  • Jusqu’à 5500 Puffins du Cap-Vert (Cape Verde Shearwater) sont vus le 24/4, la plupart se nourrissant ou se reposant pas trop loin de la côte (rien que ça! cet effectif représente une part non négligeable de la population mondiale). La présence de l’espèce a été notée en tout cas entre le 13/3 et le 1/5, bien que des puffins non identifiés mais de type Cap-Vert aient été vus entre le 10/2 et le 3/6.
  • Deux Puffins majeurs (Great Shearwater) sont vus le 25/5, rare donnée de mai pour cette espèce dont on ne saisit pas encore très bien les mouvements devant les côtes ouest-africaines. Un seul Puffin fuligineux (Sooty Shearwater) par contre, le 24/4.
  • Présence d’Océanites de Wilson (Wilson’s Storm-Petrel) début et fin mai avec quelques individus se nourrissant au large.
  • Des Phaétons à bec rouge (Red-billed Tropicbird) isolés sont vus devant Ngor les 26/4 et 3/6.
  • Fou de Bassan (Northern Gannet): vu régulièrement jusqu’au 1er mai (11 individus), suite à quoi des isolés sont vus (toujours le même?) à quatre reprises entre le 14/5 et le 22/6.
  • Un Fou brun (Brown Booby) passe devant le Calao le 2/6, peut-être un des individus fréquentant les Iles de la Madeleine.
  • Trois espèces de labbes dont quelques Labbes à longue queue (les 10/3, 21 et 24/4 depuis la terre ferme, et le 15/4 depuis notre mini-pélagique, photo ci-dessous) (Long-tailed Skua)
  • Passage de Mouettes de Sabine (Sabine’s Gull) les 24 et 28 avril, lorsqu’un total respectable d’au moins 48 individus passent vers le NE (le 30/4, un adulte est vu en migration lors de la traversée vers l’île de Gorée, donc dans la baie de Hann).
  • Une Sterne de Dougall (Roseate Tern) adulte est détectée le 21/4, filant vers le NE.

 

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Long-tailed Skua / Labbe a longue queue 2nd c.y. / 2e a.c. (avril 2017)

 

Le passage “d’automne” a déjà bien commencé pour bon nombre d’espèces, notamment pour plusieurs limicoles comme en témoignent les beaux effectifs présents au Technopole, mais aussi pour les sternes et guifettes. Si l’essentiel est encore à venir, voici déjà quelques moments forts, d’après mes observations étalées entre le 22 juillet et le 12 août (huit séances, la plupart d’une heure environ):

  • Puffin sp.: deux puffins le 22/7 et quatre le 5/8 étaient trop loin au large pour pouvoir les identifier; les premiers étaient “des petits” genre Puffin des Anglais, alors que les seconds étaient des oiseaux de type cendré (Scopoli / cendré / Cap-Vert)
  • Océanite de Wilson: le matin du 22 juillet, par fort vent d’ouest, au moins 50 individus se nourrissent pas trop loin du rivage; deux jours plus tard, par mer calme, il n’y avait plus que trois océanites appartenant très probablement à cette espèce.
  • Passage important de Courlis corlieux (Whimbrel) le 9/8, avec en tout au moins 292 individus de passage en trois heures de temps… le suivi était intermittent, donc certainement que j’ai loupé des groupes. Plusieurs groupes de 50, 60, 80 courlis: impressionnant! Certainement que la pluie intense en fin de nuit devait y être pour quelque chose, car c’est la première fois que j’en vois autant en une matinée (le 5/8, deux vols totalisant 65 individus, en deux heures de suivi).
  • Un Huîtrier pie (Oystercatcher), assez rarement vu à Ngor semble-t-il, au milieu d’un vol de courlis le 5/8.
  • Quatre Labbes à longue queue le 11/8, dont deux adultes clairs, un probable adulte sombre, et un subadulte. Le petit groupe est passé assez près, avant de s’éloigner au large plein ouest – très belle obs comme on en veut encore! Sinon deux obs de labbes sp. loin au large ces derniers jours.
  • Une première Mouette de Sabine adulte le 5/8; comme toujours avec cette espèce elle passe bien au large, mais heureusement elle reste assez facilement identifiable grâce à sont pattern noir/blanc/gris “flashant” si caractéristique.
  • Un possible Goeland dominicain (Kelp Gull) immature est vu le 11/8 – le même que celui (encore non confirmé) du Technopole la semaine dernière?
  • Sterne arctique (Arctic Tern): min. 448 en 3h15 hier matin (mais à noter que la moitié du temps il pleuvait assez fort, stoppant largement le passage en mer). Plusieurs groupes de 50, 60 individus dont plusieurs haut dans le ciel et au moins un groupe qui m’est passé derrière, donc sur la terre ferme: j’ai dû en louper pas mal! Bien entendu difficile d’identifier chaque individu et il y avait certainement quelques Pierregarins (Common Tern) dans le tas, mais pour l’essentiel il s’agissait d’Arctiques adultes. Situation similaire la veille lorsque je dénombre au moins 106 individus en une heure.
  • Les Sternes caugeks et dans une moindre mesure les voyageuses ont commencé à passer ces derniers jours, avec en plus une Sterne naine bien seule au milieu d’un groupe d’Arctiques le 12/8 (+ trois le 28/7). Une Caspienne passe le 11/8, alors que pour les Royales il est toujours difficile de distinguer entre les migrateurs et les oiseaux locaux en vadrouille, même si hier matin l’essentiel des 67 individus filaient bien vers le SO  (Sandwich, Lesser Crested, Little, Caspian, Royal Terns)
  • Guifette noire: au max., une centaine le 11/8 en une heure de suivi.
  • Un Martinet noir (Common Swift) survole l’océan le 5/8 et deux au-dessus du Calao, entre deux averses, le 12 (en Gambie, Clive Barlow rapporte les premiers retours dès le 30/7).

 

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Sabine’s Gull / Mouette de Sabine (avril 2015)

 

L’an dernier je n’avais fait qu’une poignee de pointages courant septembre et j’ai pu faire vingt-huit séances entre début octobre et fin novembre, totalisant près de 28 heures de suivi… mais je n’ai jamais trouvé le temps d’en faire une petite synthèse. On garde tout ça au chaud et j’espère bien pouvoir compiler ces résultats un jour.

Mais d’abord faut que je retourne suivre le passage 2017… retour à Dakar le 21 pour la suite!

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L’îlot devant le Calao, avec au fond l’ile de Ngor

 

 

A New Shade of Pink (Technopole #223)

Yesterday’s weekly Technopole visit once again turned up a new species for the site. I’d been scanning and counting the numerous waders on the SW end of the main lake for over an hour, when I turned my attention the flock of Greater Flamingos that were feeding nearby. Two ringed birds proved to be tricky to read, one ring being very faded and the other one, also on an adult bird, was largely covered in mud – more on this further down in this post. I then started to count the flock, and after reaching the 200 mark (there were a total of 289 birds, so nearly 120 more than last week), I noticed a much hoped-for different shade of pink, darker and more intense: an adult Lesser Flamingo!

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Lesser Flamingo / Flamant nain

 

The noticeably smaller size, bright orange eye, and largely uniform dark crimson bill (or is it vermilion?) bill quickly confirmed the ID.

As far as I know, this is the first record of the species at Technopole, though of course that doesn’t mean that it hasn’t already occurred here: it may well have gone unnoticed or else unreported (which given the lack of any sort of bird observation recording system or central database would not be surprising! More on that in another post…)

It’s definitely not an unexpected addition (as predicted a few months ago), given that the species must regularly migrate along Senegal’s coast between the  Senegal and Saloum deltas. However, neither Morel & Morel nor Sauvage & Rodwell mention the species from the Dakar atlas square. This bird obviously got mixed in with a group of Greater Flamingos, possibly on their way down to the Saloum or moving between post-breeding dispersal areas in the region (Lac Rose, and soon maybe Lac Tanma when it will start filling up).

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Lesser Flamingo / Flamant nain

Lesser Flamingo is listed as a Near-Threatened species on the IUCN Red List of Threatened Species. In short, the “NT” category typically includes declining or otherwise vulnerable species that in the medium to longer term are faced with the risk of extinction; as such they are likely to qualify for a threatened category in the near future. Despite having a vast range in the Old World, covering large parts of sub-Saharan Africa and the Indian subcontinent, Phoenicopterus (or Phoeniconaias) minor breeds only in a handful of sites in the world, with just six main colonies located in Mauritania, South Africa, Namibia, Botswana, the Tanzanian Rift Valley, and NW India. Other sites may be used irregularly, e.g. in Kenya and Pakistan.

Its global population is still pretty substantial with some 2-3 million individuals, mostly in East Africa, but it is extremely vulnerable to changes in conditions of those very few sites, whether induced by climate change or by a range of human disruptions to the environment. For instance, the IUCN species’ fact sheet tells us that “the proposed large-scale soda ash extraction at Lake Natron, the most important breeding colony, although currently on hold, would be disastrous for this species and, were this to happen, the species may qualify for uplisting to a higher threat category.” Read up a little bit more about this conservation issue and the actions that BirdLife and partners have taken here. Excessive predation by Jackals, African Wolves and even Warthogs and Honey Badgers may result in poor or even complete failure of breeding success. And at least in Mauritania poaching is also a problem.

The West-African population is thought to number about 15,000-25,000 birds (compared to over a million for East Africa), concentrated in the lower Senegal valley with the most regular breeding site being the lagoons of Aftout es Sâheli in the Diawling NP in southern Mauritania. Up to 46,500 birds have been counted in the Senegal delta (Feb. 1990), but breeding is not annual: according to Isenmann et al. it occurred only in 1965, 1988 (though all attempts failed that year), 2000, 2005, and 2010; it was suspected but not confirmed in 1998, 1999 and 2007. More recently, the species has bred at least in 2014 (a bit more info is available on the Diawling NP’s website, and see this video from the parc).

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Lesser Flamingo / Flamant nain

Its movements, and generally speaking its overall ecology, are largely dictated by feeding conditions as it is a highly specialised species; as a result, birds tend to respond rapidly to changing water levels and food availability (spirulina and other blue-green algae, small invertebrates). Fun fact: the Lesser Flamingo’s bill contains up to 10,000 microscopic lamellae!

At least one of the ringed Greater Flamingos was Spanish: I don’t have full details as I’m yet to submit the sighting, but judging by the code (white ring with black inscription “2|CZR”) it’s a bird that was ringed in 2013 at the Laguna de Fuente de Piedra in Malaga, which is also the origin of one born in 2014 and seen in June 2015 at Technopole. Coincidentally, the three ringed birds from the Camargue that I found last year were seen on the same date as yesterday’s birds: 6 August.

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Greater Flamingo / Flamant rose

Other than that, there was an interesting gull that will require a bit more work, and probably better pictures, in order to establish its ID. I’m suspecting Kelp Gull because of the massive bill and the large, stocky appearance, but am by no means a gull expert and will want to consult a few others first (contributions welcome!). I’ll get back to this one in due time – if it is indeed a Kelp rather than Lesser Black-backed Gull, one of which was present nearby, then it would mean yet another potential addition to the site list.

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Kelp Gull? / Goéland dominicain?

 

As I mentioned, I’d been counting waders for the first hour or so, which I continued doing on the opposite end of the pool close to the golf club house, where more birds were feeding. This resulted in some pretty good numbers especially for Ruff with a minimum of 598 (!) birds, at least one of which was colour-ringed with a yellow flag in combination with other rings – unfortunately it flew off shortly after I’d found it, never to be seen again… probably a Dutch bird. Some of the males were still largely in breeding plumage, such as this one:

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Ruff / Combattant varié

 

Another wader highlight was the very decent diversity of calidris sandpipers: two summer-plumaged adult Dunlins, no less than seven Knots (my highest count here), with a supporting cast of several Curlew Sandpipers (9), Sanderlings (11) and Little Stints (12). There were now only 22 Black-tailed Godwits and just one Marsh Sandpiper, while the four Avocets seem to have finally moved on. Two Common Sandpipers on the other hand were most likely newly arrived birds.

 

[Note (13/8/17): it turns out that the Lesser Flamingo had already been photographed on August 3rd by J-M Dupart, but apparently was not identified at such at the time; I triple-checked my pictures of the flock that was present on 29/7 but it definitely wasn’t present at the time.]

La RNC du Boundou: observations d’oiseaux en saison sèche 2016/2017

Bien loin des portes de Dakar ou de Saint-Louis, il y a un petit coin du Sénégal qui résiste à l’indifférence environnementale généralisée: la réserve naturelle communautaire du Boundou.

Nous en avions déjà parlé l’an dernier lorsque Jean Delannoy avait établi la liste commentée des oiseaux de la réserve, agrémentée d’une petite présentation et de quelques beaux clichés d’espèces phares du site: (re-)lisez l’article ici.

Four-banded Sandgrouse / Ganga quadribande

Four-banded Sandgrouse / Ganga quadribande (J. Delannoy)

Cette fois, c’est Gabriel Caucanas, volontaire de Solidarité Internationale au Conservatoire de la RNC du Boundou, qui nous présente un rapport ornithologique de la saison sèche 2016/2017.

Si la lecture d’un tel rapport, qui se limite souvent à une longue liste d’espèces pleine de dates, d’effectifs maximaux et autres données de nidification, vous parait rébarbative, détrompez-vous! Ce rapport est vraiment très accessible et est très agréable à lire. Et de plus il est richement illustré, présentant bon nombre des espèces vues au cours de la période. Merci donc au Chargé d’appui à l’éducation, à l’environnement, au développement local et aux suivis écologiques!

De plus, une telle liste présente bien sur un intéret ornithologique certain. Pas moins de 28 nouvelles espèces ont été ajoutées à la liste des oiseaux de la RNCB cette saison. Au total, 195 espèces ont été observées du mois d’octobre 2016 au mois de mai 2017. La liste des oiseaux de la réserve compte ainsi 234 espèces au 1er juin 2017.

L’observation la plus marquante est peut-être bien celle d’un piaf plutot inattendu: le Moineau domestique! Au moins un couple a été observé et photographié dans le village de Sansanding du 12 décembre au 23 avril, ce qui semble constituer une nouvelle extension de son aire de répartition connue. Espèce commune à Dakar et dans bon nombre de localités côtières, il n’en est pas autant à l’intérieur des terres où le moineau ne semble pas encore bien implanté. Parmi les  autres “premières” pour le site se trouvent bon nombre de migrateurs paléarctiques, mais aussi quelques africains, migrateurs (Blongios de Sturm, Least Bittern), erratiques (Courvite à ailes bronzées, Bronze-winged Courser) et résidents (Gladiateur de Blanchot, Grey-headed Bush-shrikeBruant à ventre jaune, Brown-rumped Bunting).

Vous pouvez consulter le rapport complet (en format PDF) directement sur le site de la RNCB.

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African Harrier-Hawk / Gymnogene (G. Caucanas)

 

Remarquablement bien suivi, ornithologiquement parlant, Boundou, c’est bien plus que les oiseaux: on avait déjà mentionné la présence de la Gazelle à front roux, du Lion, duLéopard, de l’Hippopotame ou encore du Ratel. Mais ça ne s’arrête pas là… preuve en est ce superbe Serval que Gabriel a eu la chance de voir en juin dernier. Que je suis jaloux! Faudra vraiment que je réussisse à me rendre sur place un de ces jours…

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Serval (G. Caucanas)