Delta du Saloum: Palmarin, 19-21 août

Nouvelle escapade familiale à Palmarin le weekend dernier, ma troisième visite ici en l’espace d’un an, et comme lors des passages précédents le séjour a été fantastique.

Les points forts du weekend? Surtout cette femelle d’Hyène tachetée avec ses petits vus de (très) près lors d’une sortie crépusculaire dans la réserve communautaire, ou plutôt au retour de notre excursion (en calèche!) au site d’observation classique dont nous pensions rentrer bredouille une fois de plus… Alors qu’il fait déjà bien nuit, on aperçoit d’abord la femelle alors qu’elle se trouvait dans une flaque (pour s’abreuver?), puis au moins deux jeunes âgés peut-être de quelques semaines seulement.

Aussi quelques volatiles bien sûr: pas moins de vingt-trois espèces de limicoles, Sternes caspiennes en pagaille, quelques centaines de Goélands d’Audouin et Barges à queue noire (dont comme toujours plusieurs individus bagués), des Flamants roses et nains, au moins 5 Canards à bosse, un couple de Gymnogènes en pleine parade, deux Pipits à dos uni, etc. etc. Si les passereaux paléarctiques ne sont pas encore arrivés à cette latitude, les espèces locales sont en pleine activité, en particulier les 4 espèces de tisserins présentes ici (gendarme, tête noire, vitellin, minule) mais aussi les Euplectes vorabés et franciscains arborant leur flashant plumage nuptial. Pour le reste, les désormais classiques Colombars waalia, Barbicans de Vieillot et aussi cette fois deux Barbicans barbus (quel beau pléonasme!), Irrisor moqueur, Martinets d’Ussher, et ainsi de suite.

Je vous présente ici quelques images (cliquer sur les photos pour agrandir), et comme d’habitude mes enregistrements sont déjà sur xeno-canto. Pour plus d’infos sur la zone, voir nos précédents articles sur ce blog (novembre 2015 et janvier 2016)

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Double-spurred Francolin / Francolin à doubles éperons

A commencer par ce délicat Francolin à doubles éperons, qui pour une fois n’était pas trop craintif et a bien voulu se laisser photographier. Ce francolin est très courant dans la zone, surtout semble-t-il à cette période lorsque des petits groupes traînent un peu partout dans les zones herbacées: peut-être des familles? Et très bruyant aussi… n’hésitant pas à émettre son chant rauque et urgent à tout moment de la journée.

 

Toujours sympa de voir les deux espèces de flamants côte à côte même si les deux groupes ne se mélangent visiblement pas: au centre de la photo les Flamants nains bien roses, à droite en arrière-plan les Flamants roses plus blanches (pas très logique tout ça je l’avoue!). Le devant de la scène est occupé par quelques Sternes caspiennes, une infime fraction du nombre total de caspiennes présentes dans la zone: au moins 1850 estimées le 21/8 dans les lagunes au nord de Ngalou! Et c’est sans compter les lagunes de Diakhanor et les environs de Djiffer un peu plus au sud sur la commune de Palmarin…

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Lesser & Greater Flamingo, Caspian Terns / Flamants nains et roses, Sternes caspiennes

 

Un couple de Rhynchées peintes dans une mare au bord de la piste de Samba Dia. Photo pas très nette car prise d’assez loin et avec une lumière pas terrible, mais on y voit bien le dimorphisme sexuel marqué et inversé par rapport à la plupart d’autres espèces d’oiseaux: la femelle très colorée à gauche, le male plus terne à droite. C’est ce dernier qui s’occupe de la progéniture, comme c’est le cas également chez les phalaropes par exemple. Il y avait ici deux couples, avec un 5e oiseau vu près du lodge en bordure des micro-salins.

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Greater Painted-Snipe / Rhynchee peinte

 

 

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Black-tailed Godwit / Barge a queue noire

Ci-contre, l’une des trois Barges à queue noire dont j’ai pu relever la combinaison de bagues couleur et pour laquelle Jos Hooijmeijer m’a comme toujours très rapidement fait parvenir l’historique de vie. Il s’agit de l’oiseau “Y4RRYB”, bagué en tant qu’adulte en mai 2009 à Waast, Friesland (Pays-Bas) ou il a été vu pour la dernière fois le 29 juin dernier. Si cet oiseau a souvent été vu en Espagne et quelques fois au Portugal, c’est sa première “reprise” en Afrique de l’Ouest. La deuxième barge a au moins 15 ans puisqu’elle a été baguée en tant qu’adulte dans la même région, en 2004. Vue presque chaque année aux Pays-Bas, Khady Gueye l’avait déjà repérée à Palmarin en octobre 2014. La troisième est nouvelle: elle a été équipée de ses belles bagues couleurs en avril dernier par les chercheurs hollandais dans le Noord-Holland – donc pour une fois en dehors de son bastion de la Frise – et n’avait été contrôlée qu’une fois depuis, sur le lieu de capture le 5 juin. En tout, il devait y avoir au moins 450 à 500 barges dans la zone, mais comme pour la Sterne caspienne le chiffre réel devrait se situer bien plus haut que ça! Palmarin est d’ailleurs bien connu pour être un site d’escale d’importance majeure, surtout en automne. D’ici, la plupart des oiseaux continueront jusqu’en Casamance et en Guinée-Bissau pour y passer l’hiver.

Toujours dans le même registre, j’ai pu lire les bagues de plusieurs Goélands d’Audouin espagnols. Ici les bagues portent une combinaison de chiffres et/ou de lettres, donc moins faciles à relever que les bagues couleurs comme sur les barges et d’autres limicoles, surtout lorsque les oiseaux sont un peu loin ou qu’il y a du vent. L’appareil photo peut aider, permettant souvent de confirmer (ou de corriger!) ce qu’on pense lire sur le terrain, voire de déchiffrer après-coup à l’écran. Ci-dessous quelques exemplaires, dont deux portant des bagues (66R? et BDCI). Certainement qu’il faudra plusieurs mois à nos amis espagnols de la Oficina de anillamiento avant de me répondre…

 

Si vous vous demandez encore à quoi peuvent bien servir tous ces efforts de marquage d’oiseaux, je vous conseille de lire l’article Bar-tailed Godwits: migration & survival publié tout récemment sur l’excellent blog Wadertales. C’est un bel exemple de la manière dont les reprises de bagues peuvent aider à mieux comprendre le cycle de vie, le taux de survie, les stratégies migratoires et de façon plus générale l’écologie d’espèces en déclin, en prenant le cas concret de la Barge rousse, autre espèce fréquentant la zone de Palmarin.  Ce blog très informatif a d’ailleurs déjà fait état de nos chères Barges à queue noire, plus particulièrement l’oiseau anglais qui avait séjourné début janvier au Technopôle, puis vu 4 semaines plus tard sur une rizière portugaise. Chaque lecture de bague contribue donc potentiellement un petit peu à notre connaissance des oiseaux!

Ensuite, voici un oiseau bien plus discret mais pas pour autant moins intéressant: deux Pipits à dos uni vus le long de la piste de la déviation temporaire à Joal, photographiés lors de notre retour de Palmarin. Ce n’est que ma deuxième observation au Sénégal après celle d’un juvénile vu en novembre 2013 lors d’une sortie au Lac Tanma avec Paul Robinson, et ce dans une zone ou l’espèce ne doit pas être très courante puisqu’elle ne figure pas sur ce carré d’atlas de notre petit Morel & Morel (Oiseaux de Sénégambie, 1990). La différence de coloration entre les deux individus, que j’ai pris pour des adultes (plumage un peu usé et non frais comme chez un juv., qui aurait le dos légèrement tacheté), était frappante: un oiseau très clair avec les parties inférieures et le sourcil presque blancs, l’autre plus sombre avec un fond de plumage tirant sur le beige.

A propos du sourcil, même si ce n’est pas un critère d’identification utile, le nom scientifique de ce pipit est Anthus leucophrys, du Grecque leucos (blanc) et ophrys (sourcil). Comme l’indique son nom français (et anglais: Plain-backed Pipit), c’est surtout le manteau et le dos uniformes, sans stries ou taches, qui permet d’exclure d’autres espèces ouest-africaines. Le dos est généralement couvert par les ailes, mais le manteau est toujours bien visible!

 

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West African Monitor / Varan ouest-africain (jeune)

Pour finir, voici un tout jeune Varan ouest-africain qui a joué à cache-cache autour de notre bungalow. Ouest-africain? Eh oui, encore un “split” récent suite à une analyse génétique poussée qui a démontré que les varans de l’Afrique de l’Ouest sont suffisamment distincts de ceux du reste du continent, le Varan du Nil, pour en faire une espèce à part entière. Comme pour l’histoire de nos chacals qui sont en fait des loups africains, il s’agit là d’un cas de diversification cryptique décrit dans le détail dans cet article de Dowell et al. (2016) qui recommandent la reconnaissance des Varans d’Afrique de l’Ouest sous le nom de Varanus stellatus (Varan étoilé?). A l’opposé, le Varan orné V. ornatus est considéré comme synonyme du Varan du Nil et serait “seulement” un morphe phénotypique (disons une variante), dominante dans la zone forestière du continent.

 

 

Les limis du Technopôle, 15 août

Le Technopôle encore et encore… et encore plus de limicoles qu’il y a une semaine! Pas moins de 18 espèces (19 si l’on inclut le Jacana) cette fois, dont une bonne diversité de bécasseaux. A part l’Echasse blanche, toujours aussi nombreuse, l’espèce dominante reste le Combattant varié, suivi par le Chevalier sylvain. Détails pour chaque espèce plus bas dans l’article.

Pour le reste, les Flamants roses sont toujours là et leur nombre a même plus que doublé en 8 jours, atteignant 355 individus. Dans le tas se trouvaient plusieurs jeunes de l’année fraîchement arrivés sur place, certains encore de taille bien inférieure aux adultes. Difficile d’imaginer un déplacement de plusieurs milliers de kilomètres depuis la Méditerranée, donc sans doute qu’ils proviennent de l’une des colonies mauritaniennes. Je n’ai pas d’infos sur la reproduction 2016, mais en 2013 p.ex. il y avait pas moins de 16’700 couples au Banc d’Arguin, et l’espèce se reproduit (de manière régulière?) également dans l’Aftout es Saheli, entre Nouakchott et le Diawling. Pas encore de nouvelles des 3 oiseaux bagués observes lors de ma précédente visite…

Toujours quelques dizaines de Guifettes noires (+ Sternes caugeks et hansel), 2 Goélands bruns et maintenant aussi les premiers Goélands d’Audouin de la saison, deux subadultes.

Trois migrateurs “intra-africains” étaient nouveaux également: Rollier d’Abyssinie,  Martin-chasseur du Sénégal, et Coucou didric. Un Héron pourpré en vol était le premier depuis la mi-mars alors qu’un des des deux Blongios nains vus pendant cette visite était un jeune probablement local. Rien de nouveau côté passereaux; à signaler tout de même le Capucin bec-d’argent en pleine construction du nid et les Cisticoles des joncs qui en ce moment s’en donnent à cœur joie, émettant leur tsip répétitif à tue-tête.

Mais j’en reviens aux limis, les vraies stars du moment. Voici donc une liste commentée et illustrée des espèces vues pendant cette visite:

  • Oedicneme du Sénégal (Senegal Thick-knee): seulement une quinzaine d’oiseaux vus
  • Echasse blanche (Black-winged Stilt): omniprésentes et très bruyantes, avec un effectif de plusieurs centaines (500?) dont plusieurs jeunes locaux.
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Black-winged Stilt / Echasse blanche juv.

 

  • Vanneau éperonné (Spur-winged Lapwing): omniprésents, et comme d’habitude non comptés!
  • Grand Gravelot (Common Ringed Plover): 25 à 30 individus
  • Barge à queue noire (Black-tailed Godwit): peu nombreuse cette fois, il devait y avoir seulement une vingtaine d’oiseaux sur place, dont les premiers jeunes de l’année. A l’heure actuelle, la plupart de Barges à queue noire ont déjà du regagner leurs sites d’hivernage.
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Black-tailed Godwit, Ruff & Wood Sandpiper / Barge à queue noire, Combattant varié & Chevalier sylvain

 

  • Chevalier culblanc (Green Sandpiper): un seul oiseau entendu, mais probablement plus nombreux dans les petites mares, non explorées lors de mon passage.
  • Ch. sylvain (Wood Sandpiper): peut-être bien une centaine, difficiles à estimer car éparpillés à travers le site et souvent partiellement cachés dans la végétation.
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Wood Sandpiper / Chevalier sylvain

  • Ch. gambette (Common Redshank): au moins une vingtaine
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Common Redshank / Chevalier gambette juv.

  • Ch. stagnatile (Marsh Sandpiper): au moins 7 inds. cette fois, dont cet adulte qui se tenait suffisamment près pour la photo: à noter notamment le plumage très clair, le bec droit et fin, et les longues pattes jaunâtres.
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Marsh Sandpiper / Chevalier stagnatile ad.

  • Ch. aboyeur (Greenshank): quelques individus isolés, donc probablement moins nombreux que l’espèce précédente alors qu’elle est bien plus abondante en hivernage et au printemps, lorsque les “stagnas” sont quasiment absents ici, préférant une voie migratoire plus orientale.
  • Ch. guignette (Common Sandpiper): au moins deux oiseaux

 

  • Tournepierre a collier (Turnstone): 2 adultes encore très colorés, sans doute lors d’une escale brève car le Technopole n’a pas beaucoup de pierres à retourner… on les retrouve bien plus sur les côtes rocheuses de la Péninsule du Cap-Vert.

 

  • Becasseau maubèche (Red Knot): un individu de cette espèce très peu fréquente ici – ce n’est que ma deuxième observation au Technopôle, et la première lors de la migration post-nuptiale. Le Maubèche vient de loin: Sibérie centrale! Réputé pour parcourir d’énormes distances en vol non-stop entre des sites d’escale bien précis (dont le Banc d’Arguin mais aussi l’Archipel du Bijagós en Guinée-Bissau), il n’est pas étonnant que ce bécasseau ne s’arrête qu’occasionnellement à Dakar.
  • B. sanderling (Sanderling): environ 45, pour la plupart encore en plumage nuptial.
  • B. minute (Little Stint): 25 à 30 individus
  • B. cocorli (Curlew Sandpiper): une quinzaine
  • B. variable (Dunlin): 2 adultes encore bien colorés, et un juvénile
  • Combattant varié (Ruff): comme il y a une semaine, probablement entre 300 et 400 individus, dont un individu bagué couleurs (bague rouge à droite, drapeau jaune à gauche avec une inscription à 2 chiffres difficilement lisible en raison de la distance… peut-être un oiseau de Biélorussie, d’après la liste de référence de l’International Wader Study Group). Les reprises de bagues ont déjà montré qu’au moins une partie des nicheurs de l’Ouest sibérien hivernent en Afrique de l’Ouest, donc une origine (biélo)russe ne serait pas trop étonnante.
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Ruff / Combattant varié

 

Maintenant que les pluies ont bien commencé à Dakar (60 mm hier en moins d’une heure!) il faut s’attendre à ce que les conditions d’escale se détériorent dans les semaines à venir, le Technopôle faisant office “d’éponge” de la ville. On va donc essayer d’en profiter le plus possible, avant de tourner le regard vers l’océan pour le suivi de la migration des oiseaux de mer. Mais d’abord, on part à Palmarin pour le weekend: compte-rendu d’ici quelques jours!

 

 

Technopole early August

Back in Dakar after several weeks abroad, yesterday morning I paid a quick visit to our favourite local patch to see whether any interesting waders were around, and as usual Technopole didn’t disappoint.

Hundreds of waders of all sorts were frantically feeding on the main lake, which now has ideal conditions for most species. There were of course still loads of noisy Black-winged Stilts (including several locally fledged young) and the usual Spur-winged Lapwings and Senegal Thick-knees, but by now the number of migrant species has considerably increased compared to my previous visit at the end of June: literally hundreds of Ruff of a variety of colours and sizes (a rough yet conservative estimate suggests at least 400 birds), at least 50 Wood Sandpipers, about half as many Common Redshanks,  34 Black-tailed Godwits, about a dozen each of Common Ringed Plover, Curlew Sandpiper and Little Stint, 3 Sanderlings, 4-5 Whimbrels, 10 Marsh Sandpipers (a good count for the site), just a few Common Sandpipers and Greenshanks, and singles of Avocet and Kittlitz’s Plover. All in all, there must be at least 800 waders on site at the moment which makes for some exciting birding! No Bar-tailed Godwits, Grey Plovers or Dunlins yet but surely these will pass through in the coming days or weeks… and with a bit of luck a rarer species will turn up this autumn (last year’s Lesser Yellowlegs was found on Aug. 11th). Whether the conditions will remain suitable for waders in coming weeks will depend on the intensity of the rains, which are slowly starting here. So far, Dakar has experienced only a couple of showers, but that may change between now and the end of the month.

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A flock of about 140 to 150 Greater Flamingos – a good count here – contained no less than 3 ringed adults, all with a white ring with a four-letter code starting with K: these must be French birds from 2013-2015, as per the information on the key to Flamingo rings on www.flamingoatlas.org. Details will be added once I receive them from the Tour du Valat station, which hopefully won’t take too long.

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Part of the flock of Greater Flamingos / Flamants roses

 

The majority of terns were Sandwich (ca. 50) and Black Terns (25-30), with a few Common, two Royal and one Lesser Crested Tern among them. Nice to see the latter two species side by side as they can be tricky to id when it’s difficult to judge their size. The picture below was taken from quite a distance, but one can still just about make out all 5 species: a young Royal Tern on the left (note the yellow legs), the Lesser Crested Tern in the centre, a few Sandwich and an adult Royal (black legs). A 2nd summer Common Tern is mostly hidden by the 2nd and 3rd Sandwich Terns. The Black Terns were mostly sitting on the mud mounts in the background. Even fewer gulls were present, with just a handful of Slender-billeds and two Lesser Black-backed Gulls seen.

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Royal, Lesser Crested, Sandwich & Black Terns / Sternes royales, voyageuse, caugeks et Guifettes noires

 

As I already mentioned, this was a brief visit, so I didn’t have time to explore the golf area or the wetlands and fields on the northern fringes of the main lake, and I didn’t get to see many species other than the aforementioned waterbirds. There were the usual Red-billed Queleas with many bright-coloured males, also Red-billed Firefinch, White-rumped Seedeater and a single male Sudan Golden-Sparrow, and of course the resident Greater Swamp Warblers and several more common passerines including Pied Crows, a pair of which decided to build a nest in a very exposed spot, right on top of this old lamp post:

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Pied Crow nest / Nid de Corbeau pie

 

Finally, as I was standing on the edge of the water watching the waders (and sweating profusely – it’s bloody hot in Dakar at the moment, already 30 degrees at 9am and a few rain drops while I was at Technopole), I got a glimpse of a fairly large lizard with bright orange flanks that I had never seen before as it was moving through dense grass right next to me. It turns out that it was, well, the aptly named Orange-flanked Skink (Mabuya perrotetii), which in the Common Reptiles of The Gambia (Barnett & Emms 2005; click title for PDF) is described as follows:

“This species is the largest skink in The Gambia and indeed, in the whole of Africa, growing to about 30cm in length. Females are a drabcoloured pale brown, whereas males in the wet season have a bright, almost fluorescent, orange stripe along each flank. This species appears to be active only during the wet season, perhaps spending the dry season months tucked away out of sight in termite or animal burrows. When the males emerge they can be very conspicuous with their bright flanks and are often seen scuttling quickly across roads. The Orange-flanked Skink appears to be common and widespread in The Gambia in a variety of habitats”

Fred and Etienne also saw the species recently, about a month ago near St. Louis – check out their story and see a superb picture of the skink here (in French).

Interesting, and definitely a nice change from the ever-present “Rainbow Lizards” (Agama agama)! Below a picture of our very own resident agame in one of his dull moments.

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La Réserve Naturelle Communautaire du Boundou

Une fois n’est pas coutume, voici un article sur un espace naturel remarquable à l’autre bout du pays: la réserve de Boundou. A l’occasion de la rédaction de la liste commentée des oiseaux de la réserve, Jean Delannoy, ancien “éco-volontaire” de Boundou, nous fait l’honneur de nous présenter le site et ses richesses naturelles.

Bonne lecture!

Bram

 

Gazelle à front roux

Red-fronted Gazelle / Gazelle à front roux (J. Delannoy)

 

La Réserve Naturelle Communautaire du Boundou s’étend dans l’Est du Sénégal sur plus de 120 000 ha. A cheval sur les départements de Goudiry et Bakel, elle vise à préserver les enjeux écologiques tout en favorisant le développement des populations locales. Elle est incluse dans le Schéma Départemental des Espaces Naturels Sensibles du Département de l’Isère (France) grâce à qui elle a vu le jour en 2008. Elle est aujourd’hui gérée par les représentants des collectivités territoriales locales, épaulés par les services compétents (Eaux, Forêts et Chasse, Parc National du Niokolo-Koba, Services vétérinaires…) et renforcés par un Volontaire de Solidarité International missionné par l’Isère. Celui-ci est en particulier chargé de l’accompagnement et de la réalisation des inventaires naturalistes, et de l’éducation à l’environnement auprès des différents publics : scolaires, élus, villageois, écogardes…

 

 

 

La connaissance des enjeux écologiques pour une meilleure prise en compte de ceux-ci fait partie des principales actions du plan de gestion de la réserve. Ainsi, ce ne sont pas moins de 210 espèces d’oiseaux et 27 espèces de grands mammifères ont été détectées en 2015-2016. La liste complète accompagnée d’une évaluation de l’abondance et du statut des espèces sur le site est disponible en cliquant ici.

Pour les espèces les plus emblématiques, on retiendra une forte présence du Bucorve d’Abyssinie Bucorvus abyssinicus, du Bateleur des savanes Terathopius ecaudatus et du Ganga quadribande Pterocles quadricinctus, ainsi que de nombreuses espèces de grands rapaces : Aigles fascié Aquila spilogaster, de Wahlberg Hieraatus wahlbergi, martial Polemaetus bellicosus, Circaètes brun Circuaetus cinereus et de Baudouin C. beaudouini

Aigle fascié (2)

African Hawk-Eagle / Aigle fascié (J. Delannoy)

 

L’espèce phare de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou est néanmoins un mammifère, la Gazelle à front roux Gazella rufifrons, classée Vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN et peu présente au Sénégal. De nombreuses autres espèces, d’une abondance variable, ont également été notées, parmi lesquelles on peut retenir le Lion Panthera leo, le Léopard Panthera pardus, l’Hippopotame Hippopotamus amphibius ou encore le Ratel Mellivora capensis.

La présentation complète de la réserve est à retrouver sur le site de la réserve.

 

Ganga quadribande (2)

Four-banded Sandgrouse / Ganga quadribande (J. Delannoy)

 

Faucon chicquera (1)

Red-necked Falcon / Faucon chicquera (J. Delannoy)

Our noisy neighbours

A few weeks ago as I returned from a work trip abroad, I was told by my spouse that she’d heard some strange snoring-like sounds next door. The source of this noise turned out to be a family of Barn Owls which must have bred in a nearby building, with at least 3 noisy young constantly begging for food every night, as soon as dusk settles in.

While I often hear Barn Owls flying around the house, and occasionally see them sitting on the roof, I didn’t think they were breeding this close, so it was a real treat to hear – and see – these birds here.

Along with a few other raptors – Osprey and Peregrine Falcon – Barn Owls are one of the most widespread birds species on the planet. They live on all continents¹ (except, for obvious reasons, Antarctica) and have extremely well adapted to human settlements which they ended up depending on in many regions.

Very much an urban species in Africa, at least based on occasional sightings during my travels across the continent, the Barn Owl appears to be relatively common in many of the continent’s capitals. In Dakar and probably in other cities in the region, the abundance of prey (rats and mice, probably also birds and bats) and availability of suitable breeding sites in unfinished or abandoned buildings are likely factors that explain its presence, even in the more upscale neighbourhoods such as Les Almadies. This is in sharp contrast with many regions in Europe (and North America) where the species has suffered important declines, something which was particularly apparent in the Pays de Gex in Eastern France where I used to live prior to moving to Dakar: despite several attempts at locating remaining Barn Owls, no breeding records were obtained in recent years. Barn Owls are still present in reasonable numbers in nearby Geneva, where it is one of the priority species that are monitored by my friends of the GOBG under a conservation programme which also includes the provision of nest boxes and advocacy with farmers and owners of buildings used by breeding owls.

“Our” Barn Owl family has been around since early June and was still around at the end of the month when we left for Europe for a few weeks, so I’m not sure whether they are still there or are now fully independent. There must have been 3 or even 4 young, which can be heard begging here (during the evening’s call to prayer), while a recording from last year of an adult calling while flying around the house is to be heard here.

(no pictures for this post, maybe next time I’ll get to take some pics of the Barn Owl family)

 

¹ IOC taxonomy now treats the Australian (and New-Guinean) population as a separate species, Eastern Barn Owl Tyto delicatula, though I guess this may be one of the more controversial splits. Indeed, some authors consider the New World Barn Owls and other taxa to be sufficiently distinct to raise these to species level, while most others treat all Barn Owls as a single species. A good summary can be found on Wikipedia.

Return of the Waders

As I’m still getting used to the often subtle seasonal changes in the region’s bird life, I was rather surprised to find that several species of waders have already started returning from their European breeding grounds.

On my previous Technopole visit on 18 June, I only noted about a dozen or so Common Ringed Plovers, several Black-tailed Godwits (31 to be precise), a single Curlew Sandpiper, two Common Redshanks and one Wood Sandpiper.

Barely a week later, on 26 June, godwit numbers had almost doubled, while new arrivals were two Avocets, a male Ruff and a lone Green Sandpiper.

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Among the 55 Black-tailed Godwits, no less than four were colour-ringed, for which I now have the life history of three birds thanks to a quick response by Jos Hooijmeijer (Conservation Ecology Group, University of Groningen). While it’s been established thanks to satellite-tracking research projects that the species can take as little as 48 hours to cover the distance separating its Dutch breeding grounds from the West-African winter quarters, it’s still surprising to see that at least some birds barely make use of stop-over sites in SW Europe or Morocco.

All three birds were ringed as adults in the Dutch province of Friesland between 2012 and 2015, and all three were sighted in Friesland this spring. “B3YYBB” was last seen on its breeding grounds as early as May 2nd, “Y5RRLB” on May 24th, and “B4YRYL” on June 10th. Only the latter had been spotted in Senegal before, last November in the Djoudj.

As I was reading these rings (which required a lot of patience, as birds were mostly resting on one leg) I noticed that one of them (Y5) had a long antenna protruding off its back, while another (B3) had an unusual blue ring with a small extension: this turned out to be a geolocator. As already mentioned in my previous post on CR godwits, the King of the Meadows website provides up-to-date data on movements of several Black-tailed Godwits. One can see for example that the first birds to arrive on their wintering grounds reached Guinea-Bissau and Casamance on 20 and 29 June, respectively. According to Jos, this year’s breeding season has been particularly dire in the Netherlands, which may explain these early arrivals.

Continuing on the same theme, one of the Redshanks was also ringed, but because the red flag ring was entirely covered in mud, it was impossible to read any letter/number combination if there was one  In any case, it seems that this is a bird ringed in 2014 under a Scottish ringing scheme (as per www.cr-birding.org) – full details will be added later if I receive them. This would appear to be a first ring recovery at Technopole for this species.

As usual, our favourite Dakar hotspot held a great deal of other birds, resulting in a nice mix of local and migratory species. In addition to the aforementioned migrant waders, Black-winged Stilts were particularly numerous (+700!) with now a minimum of three occupied nests, at least 40 Senegal Thick-knees, Spur-winged Lapwings present everywhere as always, while a female Greater Painted-Snipe was, for once, well visible on an islet of the main lake. The latter also held a juvenile Kittlitz’s Plover, confirming local breeding as it was probably unable to fly – in any case, it didn’t take off as I approached within a few meters, but rather ran away along the shore, and overall impression was of a very young bird.

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Kittlitz’s Plover / Gravelot pâtre juv.

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Kittlitz’s Plover / Gravelot pâtre juv.

After Paul found a dead chick at Technopole in early July 2012, this appears to be only the second breeding record for the country away from the Senegal river delta, though as Paul pointed out it’s most likely that other records went undocumented or simply that other breeding attempts went unnoticed. I’d imagine that the species is a regular breeder at e.g. Lake Tanma and in the Saloum Delta.

Gulls and terns are of course less numerous than in winter, yet there was still a good mix of species with Royal, Gull-billed, Caspian, Sandwich, Common, and Black Terns, in addition to several dozen Grey-headed Gulls and probably around a 100 Slender-billed Gulls (one of which with a yellow ring with black inscription: still awaiting further details, but it seems to be a bird from the Saloum delta).

 

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Pink-backed Pelican / Pélican gris

 

Other usual suspects included a high count of Little Grebes with a minimum of 400 birds on the main lake, several Red-chested Swallows, a couple of Greater Blue-eared Glossy Starlings, breeding Red-billed Queleas, and (on 18/6) Grey-headed Kingfisher and several Little Bitterns, including a singing bird.

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Long-tailed Cormorant / Cormoran africain

 

Finally, at Parc de Hann I counted at least 6 Eurasian Collared-Doves, with added bonus species of Blue-breasted KingfisherSplendid Sunbird and Sudan Golden Sparrow, while at least 42 Hooded Vultures was a good count for this species. A pair of Squacco Herons on its nest in the heronry was an additional breeding species for the parc.

 

Quelques obs récentes d’oiseaux de mer à Dakar

Ces dernières semaines j’ai pu faire plusieurs petites séances de seawatch, principalement depuis la fameuse terrasse du Calao à Ngor mais aussi deux visites en fin de journée vers la Pointe des Almadies. A chaque fois pendant seulement une heure environ, donc de loin pas assez pour prétendre à vous fournir une liste exhaustive, mais ces quelques pointages devraient tout de même donner une bonne idée de ce qui passe en ce moment.

La migration prénuptiale en mer est certes moins impressionnante et moins diversifiée que celle d’automne, mais elle n’est reste pas pour autant moins interessante, chaque séance – ou presque – apportant son lot de surprises.

  • Océanite de Wilson: le matin du 20.5, par mer calme et un leger vent du NO, quelques 20 à 30 individus se nourrissent activement et font des va-et-vient permanents devant le Calao, donc à hauteur de Ngor/Virage. Les premiers océanites que je vois cette année et pour une fois pas trop loin, sous une bonne lumière… d’habitude ces oiseaux se tiennent plus loin des côtes et ne sont observables sous de bonnes conditions seulement lors de sorties en bateau. Pas impossible qu’il y ait quelques Océanites tempête voire de Castro dans le tas. Le 10.6, il y en a au moins 3-4 mais cette fois bien trop au large pour tenter une identification sure, bien qu’on puisse supposer qu’il s’agissait probablement d’Océanites de Wilson là aussi.
  • Puffins du Cap Vert et de Scopoli: seulement 4-5 individus les 17 et 20.5, mais bien plus, en majorité des Cap Vert semble-t-il, les 29.4 (ca. 125) et 10.6 (90 à 120 ind.). Souvent un peu trop loin pour les identifier à coup sûr, mais quasiment tous les oiseaux vus correctement correspondaient au Cap Vert à l’exception de deux probables scopoli le 18.4… c’est aussi ca le seawatch! A defaut de clichés récents, voici une photo d’un groupe de Puffins du Cap Vert (+ 3 fuligineux) prise en avril 2015 au large de Ngor, depuis un bateau.
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Cape Verde Shearwater / Puffin du Cap Vert, Ngor, avril 2015

 

  • Fou de Bassan: encore 3 le 29.4 et un dernier immature le 5.5
  • Fou brun: un immature pêche longuement à faible distance droit devant l’îlot du Calao, le 17.5
  • Labbe parasite: au moins 1 le 18.4 et 1 le 29.4
  • Labbe pomarin: 1 le 18.4 (+3-4 pomarins/parasites), 2 le 29.4, puis 3 le 5.5 (+5 non déterminés). Contrairement au printemps 2015, aucun Labbe à longue queue n’est vu. L’autre espèce manquant à l’appel ce printemps est la Mouette de Sabine, alors qu’elle devrait pourtant être régulière au printemps devant la Presqu’île du Cap-Vert.
  • Goéland brun: plus qu’un seul le 18.4, c’est tout! Encore quelques individus au Technopole en mai et un seul adulte hier 18.6 (le 7.5, également un Goéland leucophée de 3e année)
  • Mouette à tête grise: la seule mouette observée, un seul individu en vol NE le 29.4
  • Sterne royale: encore présente en petit nombre, quelques dizaines au plus (mais une seule le 10.6)
  • Sterne caspienne: 3 individus en vol SO le 10.6
  • Sterne caugek: si cette espèce est encore presente en bon nombre début avril, les effectifs diminuent rapidement jusqu’à la fin de ce mois et courant mai (p. ex. aucune le 20.5, et un seul individu passe devant le Calao le 10.6)
  • Sterne arctique: faible passage perceptible surtout les 29.4 et 5.5, lorsque des petits groupes filent vers le NE (min. 50 en une heure le 29.4)
  • Sterne pierregarin: au moins un individu de 2e année le 16.5 devant la Pointe des Almadies
  • Sterne de Dougall: des isolées les 5 et 17.5, à chaque fois un bel adulte nuptial vers le NE
  • Sterne bridée: passage surprise (et éclair!) de 3 adultes en direction du SO, le 10.6 depuis la terrasse du Calao, heureusement pas trop loin et vu suffisamment bien pour écarter l’autre sterne “noire et blanche” possible ici mais certainement plus rare que la bridée, la Sterne fuligineuse. On peut supposer qu’il s’agit d’oiseaux nicheurs des Iles de la Madeleine au retour d’une virée de pêche matinale (l’an dernier à la fin du mois de juin, il y avait 3-4 couples sur cet unique site de nidification régulier du pays).
  • Guifette noire: tout au plus une 20aine en migration active le 5.5 devant la Pointe des Almadies (un seul le 29.4). Encore un individu (de 2e été) les 11 et 18.6 au Technopole, en même temps qu’une Guifette moustac en plumage nuptial le 11.6.

Quelques limicoles traînent encore sur les côtes rocheuses à la mi-mai, notamment des Tournepierres, Grand Gravelots (dont l’individu leucique déjà vu en février au même endroit; dernier le 16.5), Courlis corlieu et Chevalier guignette. Ces derniers jours au Technopole il ne reste plus que quelques Aboyeurs, Gambettes, un seul Sylvain (hier 18.6), Grands Gravelots, un Bécasseau cocorli, et une 30aine de Barges à queue noire.

Sinon, les Faucons pèlerins de Ngor sont définitivement partis tout comme la plupart des Balbuzards pêcheurs: dernières obs le 18.4 pour ces deux espèces. Un Balbu est toutefois encore vu le 11.6 au Technopole, peut-être un immature estivant dans le coin (dans le même registre, une jeune Spatule blanche était présente le même jour).