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#223 @Technopole

Quatre semaines déjà depuis ma dernière visite au Technopole: il était grand temps de rattraper ça! Retour sur le site donc ce matin, pour deux heures bien remplies sur place en agréable compagnie de Miguel. Un peu rapide comme visite mais on voulait encore passer au Calao voir ce qui se passe en mer aujourd’hui.

Grands Gravelots, Bécasseaux minutes, variables et sanderlings, quelques sternes et goélands, un Balbu qui se pose dans l’eau pendant quelques instants, un petit groupe de Flamants roses en train de se nourrir, puis tiens!… un Phalarope à bec large répéré par Miguel, d’abord au bord d’un tout petit îlot, pas trop loin de nous, puis il s’envole pour se poser hors de vue. Peu après, on le voit réapparaître lorsqu’il rejoint une bande de Guifettes noires: étonnante similarité en termes de plumage! Les nuances de gris/noir, le dessous blanc, même la “virgule” grise sur le haut des flancs, l’épaule noire… presque tout y est, comme s’ils avaient enfoui la même livrée. Notre oiseau était sans doute un adulte, d’après les quelques plumes rousses restant sur l’arrière des flancs. Il se tenait dans le secteur de la cabane à pecheurs.

Voici l’une de mes photos floues en guise de documentation de cette première observation technopolienne (vous l’aurez compris, c’est donc la 223e espèce vue sur le site).

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Grey (Red) Phalarope / Phalarope à bec large

Cette observation, plus attendue que celles de son cousin à bec étroit au printemps dernier, intervient en plein dans la période de migration postnutiale de l’espèce. Nicheur de la toundra arctique (les plus proches se trouvent dans le NE du Canada et en Islande), cet oiseau hiverne au large dans l’Atlantique et le Pacifique. Il est apparemment présent par milliers devant les côtes ouest-africaines. D’ailleurs j’en ai observé un l’autre jour depuis la terasse du Calao, filant plein SO, plus certainement au moins un groupe de quelques dizaines d’individus il y a quelques jours, mais trop loin pour certifier l’espèce à coup sûr.

Pour le reste, une jeune Spatule blanche, deux voire trois Faucons chicqueras, un Tournepierre, deux Chevaliers stagnatiles, deux Mouettes rieuses parmi les Goélands railleurs, un seul Goéland brun, quelques Sternes naines et… une Sterne de Dougall de 1er été. Ce plumage n’est pas illustré dans les guides de terrain classiques, mais au moins dans Olsen & Larsson (Les Sternes d’Europe et d’Amérique du Nord, 1994; en Néerlandais) on a une description assez complète qui semble confirmer notre identification. La structure de l’oiseau, ressemblant globalement à la Sterne pierregarin mais avec un bec bien plus long, plus droit et plus fin, et une queue relativement longue (non visible sur la photo), semble caractéristique, tout comme l’allure en vol. Le plumage plus blanc, notamment sur le manteau et les ailes, le bec tout sombre (juste la base est d’un rouge écarlate très foncé), et les pattes rouges sombres correspondent également. Les oiseaux de 1er été sont censés etre “pratiquement comme des adultes”, mais certains individus, comme le nôtre, ont encore les petites couvertures sombres.  Curieusement cet individu a une petite pointe pâle (jaune?) au bout du bec, rappelant ainsi la Sterne caugek.

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Roseate Tern / Sterne de Dougall

 

Autre sterne, autre gabarit, mais plumage assez similaire: un adulte (à gauche) et un jeune (de dos) de Sterne naine, ici au repos parmis les Bécasseaux variables:

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Little Tern / Sterne naine

 

Pour une fois, la Talève d’Afrique se montre à découvert:

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African Swamphen / Talève d’Afrique

 

Les premières Mouettes rieuses sont maintenant de retour, ici l’un des deux oiseaux en compagnie de deux Sternes hansels:

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Black-headed Gull & Gull-billed Tern / Mouette rieuse et Sterne hansel

 

Et donc ce Balbu de 2e année qui est venu se poser un moment dans l’eau, juste derrière la Club House.

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Osprey / Balbuzard

 

Au Calao, près d’une heure et demie de suivi permet de comptabiliser quelques Puffins fuligineuxLabbes arctiques et pomarins (27 au total), sept espèces de sternes (en majorité des arctiques: +500), un Fou brun, un jeune Goéland d’Audouin, et deux espèces bien moins attendues: d’abord un Héron pourpré seul qui atterrit derrière l’îlot, puis un 2e individu venant du nord (donc depuis le large!) avec trois Hérons cendrés; peu après c’est une Huppe fasciée qui prend exactement le même chemin que celle vue en début de semaine: arrivée du large, elle passe entre l’îlot et l’île de Ngor, puis est perdue de vue (s’est-elle posée sur l’île?). Comme quoi y a pas que les oiseaux marins qui passent devant Ngor!

Et pas que les oiseaux d’ailleurs: hier un petit groupe de dauphins, et ce matin pour la 4e fois depuis fin août il y avait deux baleines, cette fois bien plus au large que les fois précédentes. Difficile de se prononcer sur l’espèce… peut-être le Rorqual de Brydes, ou encore Sei, ou Fin, voire la Baleine de Minke (Petit Rorqual)… Si je m’y connais un peu en oiseaux, c’en est autrement pour le mammifères marins sur lesquels j’ai tout à apprendre! Le peu que je peux en dire c’est que lorsque les baleines viennent à la surface, toujours très rapidement, on ne voit qu’une petite partie du dos, montrant une nageoire dorsale bien distince et nettement courbée vers l’arrière. Une seule fois un individu a sorti la queue avant de plonger. Le souffle est peu volumineux et de forme plutot triangulaire; en général ils se montrent à plusieurs reprises en l’espace de quelques minutes, puis disparaissent pendant 15-20 minutes avant de refaire surface un peu plus loin.

 

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A Mystery Shrike

Yesterday, Gabriel and I paid a visit to Lac Tanma – our first of the season and of what will hopefully be a series of regular visits there.

We’d barely arrived near the lake, after a couple of failed attempts to find a driveable track towards the lake (too muddy!), when we noticed a shrike sitting on top of a thorny bush. The overall appearance was that of a fairly large, greyish shrike, but quite a few things were just wrong for a Southern Grey Shrike (which given the time of the year would have been surprising to see here, as it typically shows up between December and February/March).

Suspecting a hybrid, we took a number of pictures before the bird flew off, which allowed us to compare with photographs and descriptions of known hybrids. I vaguely remembered that a few years back (it turns out this was in 2010) a similar hybrid had been reported from the French Jura, and that there was a drawing of another French bird in the excellent Shrikes – A Guide to the Shrikes of the World (Lefranc & Worfolk 1997).

This is what our bird looked like:

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In typical shrike fashion, this bird had a distinctive black “Zorro mask” with an otherwise grey head and largely grey back (faintly mottled brown); white scapulars; black wings with a fairly large, elongated off-white patch at the base of the primaries; entirely pale salmon-pink underparts (from the throat all the way to the vent); and a white rump contrasting with its long black tail. In the field we noted some narrow pale borders to tertiaries, but these are not well visible in the pictures.

While a lot of hybrids between two bird species typically resemble both parents in one way or another, showing intermediate characteristics, this is not the case here. Our bird superficially looks like a Southern Grey Shrike, but clearly isn’t one: the buffish underparts especially, but also the seemingly all-dark tail (no white outer rectrices) and the lack of distinct white markings on the tertials and secondaries. Moreover, the structure and size – even though our bird seemed quite large – were not right for Southern Grey which is larger and more powerful (cf. a couple of pictures taken last winter in Palmarin). The same pretty much applies to Lesser Grey Shrike, which in addition has a black mask that extends to the forehead and lacks the white scapulars.

So who are the parents? Based on comparisons with pictures of hybrid shrikes and with the drawing and description in Lefranc & Worfolk, these types of birds are considered to be hybrid Woodchat x Red-backed Shrikes. The former is the most common Palearctic shrike species in Senegal, while the latter doesn’t usually occur in West Africa. The black mask, grey head, and “pinkish-white” underparts are typical of Red-backed, while the white scapulars, rump and wing patch are indicative of Woodchat. The grey back is a bit odd but has also been observed on other presumed hybrids with these two species as parents, and the faint brownish mottling hints at a hybrid origin. Another option would be a hybrid Woodchat x Lesser Grey Shrike, though there’s apparently only one such suspected bird that has been observed, in Hungary in 1979 (Handbook of Avian Hybrids of the World, McCarthy 2006). Much less likely, and one would expect at the minimum a black front on such hybrids¹.

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

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Woodchat x Red-backed Shrike / Pie-grièche à tête rousse x écorcheur

 

Now compare our bird with the painting of a hybrid noted in France in 1995, fig. 26g:

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Source: Lefranc & Worfolk (1997)

Comments on the identification of this bird are more than welcome of course!

As far as I know, this is the first record of such a hybrid in (West) Africa; all other published data are from birds on migration or on breeding grounds in Europe. In recent years there’s been one such bird in Switzerland (April 2014), one in the French Lot department (May 2014), while hybrid males have bred (successfully!) with female Red-backed Shrikes in  2005 in South-East Belgium (short note available in PDF here), and in 2010 and 2011 in France. Pictures of the 2010 Jura bird can be found e.g. here and here. At least 12 mixed pairs have been found in France, but it seems that nothing is known on the whereabouts of these birds outside the breeding season: do they migrate to East Africa just like Red-backed Shrikes, or can they be found anywhere in Woodchat Shrike’s wintering grounds? Lefranc & Worfolk describe the latter as “a vast belt running across the African continent just south of the Sahara and largely north of the huge forest areas”. Our observation would suggest that they can show up anywhere in that area.

Other than our peculiar shrike, we had a pretty good morning out birding, with close to 100 species seen. Lac Tanma didn’t hold an awful lot of waders (a few hundred only, mostly Black-winged Stilts) but we did confirm breeding once again of Kittlitz’s Plover, while a female Knob-billed Duck also showed signs of breeding as it was seen flying around several times (and sometimes calling, which is associated with courtship behaviour). There were about 250 Greater Flamingos (and ca. 220 more at lac Mbaouane), several Gull-billed, Caspian, and White-winged Terns, but very few herons. A surprise find was that of three Spotted Thick-knees on the edge of the lake’s floodplain, quite close to the main road. Several Diederik, African and Jacobin Cuckoos were seen or heard, as were a few Broad-billed Rollers (another wet season visitor) and a single Purple (=Rufous-crowned) Roller. As usual, Mosque Swallows were hawking insects above the lake shore and the baobab forest; the latter also had a singing Hoopoe and several Woodland and Grey-headed Kingfishers. Besides the shrike, the only European songbirds that we spotted were two Melodious Warblers.

A Purple Heron at a small marsh near the village of Beer was my first of the season; we also found African Swamp-hen, Red-eyed Dove, and African Thrush here. Lac Mbaouane was visited only briefly and we just scanned the NW side of the lake, which had a few dozen Common Ringed Plovers and some Little Stints, while a few Blue-cheeked Bee-eaters were flying over and a Red-necked Falcon dashed over the lake as it was hunting.

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Lac Mbaouane

 

(Regular readers will wonder what’s happening at Technopole. Well, I paid my first visit in three (!) weeks this morning, together with Theo. Water levels are rising with every shower, so conditions are getting less ideal for waders. Still a few hundred Ruffs, some Curlew Sandpipers, ca. 50 Sanderling and a few Little Stints, a handful of Black-tailed and a single Bar-tailed Godwit, Marsh, Green, Wood & Common Sandpipers, Greenshank, Redshank, a few migrating Whimbrels, etc. Also Shikra, a Hoopoe, and again a Broad-billed Roller to name but the most interesting records. The most unusual record this past week was actually one from Almadies: a Hadada Ibis flying over our house one morning! More on that one later, if I get the chance to write something up.)

 

¹ N. Lefranc mentioned that a mixed pair senator x minor was found in France last year. And that so far, no hybrid or mixed pairs senator x meridionalis have been recorded.

A New Shade of Pink (Technopole #222)

Yesterday’s weekly Technopole visit once again turned up a new species for the site. I’d been scanning and counting the numerous waders on the SW end of the main lake for over an hour, when I turned my attention the flock of Greater Flamingos that were feeding nearby. Two ringed birds proved to be tricky to read, one ring being very faded and the other one, also on an adult bird, was largely covered in mud – more on this further down in this post. I then started to count the flock, and after reaching the 200 mark (there were a total of 289 birds, so nearly 120 more than last week), I noticed a much hoped-for different shade of pink, darker and more intense: an adult Lesser Flamingo!

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Lesser Flamingo / Flamant nain

 

The noticeably smaller size, bright orange eye, and largely uniform dark crimson bill (or is it vermilion?) bill quickly confirmed the ID.

As far as I know, this is the first record of the species at Technopole, though of course that doesn’t mean that it hasn’t already occurred here: it may well have gone unnoticed or else unreported (which given the lack of any sort of bird observation recording system or central database would not be surprising! More on that in another post…)

It’s definitely not an unexpected addition (as predicted a few months ago), given that the species must regularly migrate along Senegal’s coast between the  Senegal and Saloum deltas. However, neither Morel & Morel nor Sauvage & Rodwell mention the species from the Dakar atlas square. This bird obviously got mixed in with a group of Greater Flamingos, possibly on their way down to the Saloum or moving between post-breeding dispersal areas in the region (Lac Rose, and soon maybe Lac Tanma when it will start filling up).

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Lesser Flamingo / Flamant nain

Lesser Flamingo is listed as a Near-Threatened species on the IUCN Red List of Threatened Species. In short, the “NT” category typically includes declining or otherwise vulnerable species that in the medium to longer term are faced with the risk of extinction; as such they are likely to qualify for a threatened category in the near future. Despite having a vast range in the Old World, covering large parts of sub-Saharan Africa and the Indian subcontinent, Phoenicopterus (or Phoeniconaias) minor breeds only in a handful of sites in the world, with just six main colonies located in Mauritania, South Africa, Namibia, Botswana, the Tanzanian Rift Valley, and NW India. Other sites may be used irregularly, e.g. in Kenya and Pakistan.

Its global population is still pretty substantial with some 2-3 million individuals, mostly in East Africa, but it is extremely vulnerable to changes in conditions of those very few sites, whether induced by climate change or by a range of human disruptions to the environment. For instance, the IUCN species’ fact sheet tells us that “the proposed large-scale soda ash extraction at Lake Natron, the most important breeding colony, although currently on hold, would be disastrous for this species and, were this to happen, the species may qualify for uplisting to a higher threat category.” Read up a little bit more about this conservation issue and the actions that BirdLife and partners have taken here. Excessive predation by Jackals, African Wolves and even Warthogs and Honey Badgers may result in poor or even complete failure of breeding success. And at least in Mauritania poaching is also a problem.

The West-African population is thought to number about 15,000-25,000 birds (compared to over a million for East Africa), concentrated in the lower Senegal valley with the most regular breeding site being the lagoons of Aftout es Sâheli in the Diawling NP in southern Mauritania. Up to 46,500 birds have been counted in the Senegal delta (Feb. 1990), but breeding is not annual: according to Isenmann et al. it occurred only in 1965, 1988 (though all attempts failed that year), 2000, 2005, and 2010; it was suspected but not confirmed in 1998, 1999 and 2007. More recently, the species has bred at least in 2014 (a bit more info is available on the Diawling NP’s website, and see this video from the parc).

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Lesser Flamingo / Flamant nain

Its movements, and generally speaking its overall ecology, are largely dictated by feeding conditions as it is a highly specialised species; as a result, birds tend to respond rapidly to changing water levels and food availability (spirulina and other blue-green algae, small invertebrates). Fun fact: the Lesser Flamingo’s bill contains up to 10,000 microscopic lamellae!

At least one of the ringed Greater Flamingos was Spanish: I don’t have full details as I’m yet to submit the sighting, but judging by the code (white ring with black inscription “2|CZR”) it’s a bird that was ringed in 2013 at the Laguna de Fuente de Piedra in Malaga, which is also the origin of one born in 2014 and seen in June 2015 at Technopole. Coincidentally, the three ringed birds from the Camargue that I found last year were seen on the same date as yesterday’s birds: 6 August.

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Greater Flamingo / Flamant rose

Other than that, there was an interesting gull that will require a bit more work, and probably better pictures, in order to establish its ID. I’m suspecting Kelp Gull because of the massive bill and the large, stocky appearance, but am by no means a gull expert and will want to consult a few others first (contributions welcome!). I’ll get back to this one in due time – if it is indeed a Kelp rather than Lesser Black-backed Gull, one of which was present nearby, then it would mean yet another potential addition to the site list.

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Kelp Gull? / Goéland dominicain?

 

As I mentioned, I’d been counting waders for the first hour or so, which I continued doing on the opposite end of the pool close to the golf club house, where more birds were feeding. This resulted in some pretty good numbers especially for Ruff with a minimum of 598 (!) birds, at least one of which was colour-ringed with a yellow flag in combination with other rings – unfortunately it flew off shortly after I’d found it, never to be seen again… probably a Dutch bird. Some of the males were still largely in breeding plumage, such as this one:

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Ruff / Combattant varié

 

Another wader highlight was the very decent diversity of calidris sandpipers: two summer-plumaged adult Dunlins, no less than seven Knots (my highest count here), with a supporting cast of several Curlew Sandpipers (9), Sanderlings (11) and Little Stints (12). There were now only 22 Black-tailed Godwits and just one Marsh Sandpiper, while the four Avocets seem to have finally moved on. Two Common Sandpipers on the other hand were most likely newly arrived birds.

 

[Note (13/8/17): it turns out that the Lesser Flamingo had already been photographed on August 3rd by J-M Dupart, but apparently was not identified at such at the time; I triple-checked my pictures of the flock that was present on 29/7 but it definitely wasn’t present at the time.]

Le Technopole en juillet

Ça y est, la première grosse pluie de la saison vient de tomber! Gros coup de vent avant-hier soir, puis averse soutenue pendant au moins deux heures. Le début de la saison humide (et chaude! 29°C samedi matin à 7h…) amène de nouveaux oiseaux et coïncide aussi avec l’arrivée de bon nombre de migrateurs européens.

Mon dernier post sur notre hotspot dakarois favori remonte à début juin déjà, donc il était grand temps de rattraper ce retard. Ce n’est pas faute d’observations mais plutôt faute de temps que je n’ai pas eu l’occasion de vous tenir au courant des dernières nouvelles. Bien sûr il y a eu une toute petite trêve estivale courant juillet, et j’ai dû effectuer quelques déplacements professionnels dans la sous-région, mais j’ai tout de même pu passer quatre fois au Technopole entre fin juin (le 24/6) et fin juillet (les 2, 23 et 29/7).

Rien de bien exceptionnel à vous signaler cette fois, mais le Technopole étant ce qu’il est, il y a toujours quelque chose de nouveau à voir. Juin et juillet sont généralement les mois les plus calmes ou du moins les moins suivis ici, mais les observations récentes (Phalarope à bec étroit! Bec-en-ciseaux!) montrent bien que ça vaut la peine de continuer à visiter le site régulièrement.  Il y a bien sûr les limicoles qui se font de plus en plus nombreux (les premiers retours se font déjà dans la première quinzaine de juin), mais aussi quelques migrateurs afro-tropicaux, et des espèces locales qui se reproduisent à cette période de l’année.

Commençons justement par quelques données de nidification:

  • Echasse blanche (Black-winged Stilt): comme nous l’avions pressenti, la saison 2017 rentrera dans les annales comme un très bon cru, avec de nombreuses nichées réussies. Il y a actuellement des jeunes de tous âges – ceux qui ont réussi à ne pas se faire bouffer par les milans! – et hier il y avait toujours au moins trois adultes qui étaient visiblement encore en train de couver.
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Black-winged Stilt / Echasse blanche juv.

  • Vanneau éperonné (Spur-winged Lapwing): étonnamment, cette espèce omniprésente au Sénégal, et présente en bon nombre au Technopole (souvent quelques centaines), ne fournit que quelques rares données de nidification. Lors de mes deux dernières sorties j’ai pu trouver quatre familles, tous avec des poussins âges de quelques jours seulement. La période coïncide avec l’observation d’une famille début août 2015 au Lac Rose et avec celle faite par Paul au Technopole en juillet 2012.
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Spur-winged Lapwing / Vanneau éperonné pull.

  • Perruche à collier (Rose-ringed Parakeet): un adulte accompagné d’au moins un jeune, visiblement récemment sorti du nid, est vu le 24/6: le jeune se reconnaît aisément à sa queue encore très courte, le bec entièrement rose pale, et l’absence d’un collier marqué comme chez l’adulte.
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Rose-ringed Parakeet / Perruche à collier

  • Martin-chasseur à tête grise (Grey-headed Kingfisher): pas de donnée certaine mais je soupçonne la présence d’au moins un jeune. En tout cas, il y a peut-être bien trois couples répartis sur le site cette année.
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Grey-headed Kingfisher / Martin-chasseur à tête grise

  • Blongios nain (Little Bittern): là non plus, pas d’indice concluant, mais la présence d’au moins un oiseau en juin et juillet laisse supposer une reproduction locale – ce qui ne serait somme toute pas très étonnant ici, mais connaissant l’espèce un peu il faut soit un gros coup de bol, soit beaucoup de patience et de nombreuses heures d’affût pour pouvoir certifier sa nidification.

 

Les migrateurs “afro-tropicaux” ou intra-africains

Même si une origine méditerranéenne n’est pas exclue pour certains, on peut supposer que la plupart des Flamants roses (Greater Flamingo) présents actuellement au Technopole sont africains. Comme prévu, le groupe initial arrivé vers la mi-mai s’est lentement mais sûrement agrandi au fil des semaines, atteignant 173 individus hier matin (alors que j’étais en train d’observer les limis dans la zone sud du site, tout le groupe est arrivé en vol, me permettant de faire un décompte précis sur photo).

Un Rolle violet (Broad-billed Roller) vu hier matin près des jardins du côté de l’entrée du site était une petite coche locale pour moi, et du coup aussi ma première observation à Dakar. Il en va de même pour un couple de Tourterelles masquées (Namaqua Dove), elles aussi déjà inscrites sur la liste d’espèces du Technopole mais constituant une première pour moi ici.

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Broad-billed Roller / Rolle violet

Les Moineaux dorés du Soudan (Sudan Golden Sparrow), qui contrairement aux rolliers, coucous et marins-pêcheurs sont plutôt des visiteurs de saison sèche, ne devraient pas tarder à quitter le site.

 

Le retour des limis

Les limicoles les plus nombreux actuellement sont la Barge à queue noire (Black-tailed Godwit) et le Combattant (Ruff), chacun avec plus d’une centaine d’oiseaux. L’effectif de Chevaliers sylvains doit se situer autour de la cinquantaine, alors que seuls quelques culblancs et guignettes sont là actuellement (Wood, Green, Common Sandpiper).

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Avant-hier matin j’ai pu compter au moins neuf Chevaliers stagnatiles (Marsh Sandpiper), confirmant ainsi que l’été (juillet/août) est de loin la meilleure période pour observer ce limicole peu fréquent au Technopole.

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Marsh Sandpiper / Chevalier stagnatile

Trois Avocettes sont présentes depuis le début du mois; elles se tiennent la plupart du temps dans la partie méridionale du site à côté d’un groupe de sternes (caugek, voyageuse, royale, pierregarin et hansel) et de laridés (une poignée de Mouettes rieuses estivantes et quelques Goélands railleurs). Et à propos de sternes, mentionnons encore la présence continue de Guifettes noires, avec un max. d’env. 700 individus le 24/6. (Sandwich, Lesser Crested, Royal, Common & Gull-billed Terns; Black-headed and Slender-billed Gulls; Black Tern)

Pas moins de quatre espèces de bécasseaux sont observés lors de mes deux dernières sorties: Cocorli (max. 12 le 23/7), Minute (2 le 29/7), Sanderling (1 le 23/7) et enfin un Maubèche le 23/7, soit à une date plutôt inattendue pour cette espèce peu fréquente ici. Il y a un seul Grand Gravelot pour le moment; l’unique Pluvier argenté du site est probablement un estivant, alors qu’un Courlis corlieu venait probablement tout juste d’arriver. Les conditions sont assez idéales pour les limis en ce moment, notamment la partie la plus méridionale (proche de la route, accessible depuis les jardins de maraîchage avant même le bâtiment de la Sonatel) et le coin nord-est du plan d’eau principal, soit juste après le virage à 90° de la piste centrale.

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Ruff & Little Stints / Combattant & Bécasseaux minutes

 

 

Technopole Express (4/6/17)

Petit post rapide pour partager quelques images des deux stars d’aujourd’hui, vu lors de mon passage dominical classique au Technopole:

D’abord ce Bec-en-ciseaux adulte, une espèce convoitée vue rarement au Technopole. Paul l’a vue en juillet/août 2012 et 2013, puis si je me souviens bien, Bass Diallo a pu en voir un en fin de saison sèche 2015 (à vérifier!).

Posé au milieu des Goélands railleurs, Sternes caugeks et autres laridés, le Bec-en-ciseaux s’envole parfois sur de petites distances avant de se reposer.  Lors d’un envol général de tout le groupe, il est parti plus haut, seulement pour retourner se poser de l’autre côté du plan d’eau. Apparemment un adulte car les parties supérieures sont tout à fait noires et le bec n’a pas l’extrêmité foncée des oiseaux immatures.

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African Skimmer / Bec-en-ciseaux africain

Belle coche locale en tout cas, d’un oiseau que je n’avais vu qu’une seule fois avant dans la sous-région, un seul individu dans le port de Conakry il y a plus d’une dizaine d’années… puis une trentaine d’oiseaux en un lieu plus classique, l’embouchure de la Rusizi au Burundi en 2011. Pour plus d’infos sur cette espèce au Sénégal, voir l’article de Paul de juillet 2012.

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African Skimmer / Bec-en-ciseaux africain

En observant ce beau spécimen de Rynchops flavirostris, tout d’un coup un Phalarope à bec étroit apparaît dans le champ de vue de mon téléscope: il est toujours là! Au moins 15 jours de présence (première obs. ici le 21/5)… pas pressé le Phalarope.

Cette fois j’ai pu me rapprocher un peu plus, donc photos pas trop floues (même si je ne gagnerai pas de concours photo avec, c’est bien mieux que les précédentes!). Voir ce post pour plus de détails sur cette espèce rarement vue en Afrique de l’Ouest.

 

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Red-necked Phalarope / Phalarope à bec étroit

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Red-necked Phalarope / Phalarope à bec étroit

 

Voilà pour l’essentiel. La plupart des limis sont partis maintenant et il ne restait plus qu’un seul Grand Gravelot, quelques Aboyeurs, quatre Barges à queue noire (estivantes? également deux Barges rousses dimanche dernier), 5-6 Pluviers argentés, et un Chevalier stagnatile avec une patte cassée, présent depuis deux semaines maintenant. Le plumage de cet oiseau (de 2e a.c.?) est inhabituel et un peu déconcertant au premier abord, étant bien plus brun uni que ses congénères.

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Marsh Sandpiper / Chevalier stagnatile

 

Les Guifettes noires etaient plus nombreuses que ces dernières semaines, avec une bonne centaine d’individus, essentiellement des oiseaux de 2e année mais tout de même quelques adultes. Et une jeune Guifette leucoptère dans le tas!

Les deux jeunes Tantales ibis sont toujours là, et le nombre de Flamants roses continue d’augmenter lentement mais sûrement (37 inds. maintenant), alors que celui des Pelicans gris et surtout blancs a carrément explosé: plus de 400 individus. La semaine passée il y avait encore trois Hirondelles de fenêtre et une de rivage, mais ce matin plus aucun passereau migrateur.

Côté nicheurs, rien de bien nouveau: toujours quelques poussins d’Echasse blanche mais j’ai l’impression qu’il y a une forte prédation, notamment par les Milans qui semblent particulièrement intéressés par les jeunes limicoles. Comme la semaine passée, il y a six Gravelots pâtres en ce moment: vont-ils tenter de nicher? Plus anecdotique, l’observation de cette Cisticole des joncs en train de construire un nid très bien dissimulé dans les herbes denses au pied d’un petit palétuvier.

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Zitting Cisticola / Cisticole des joncs

 

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Le nid de la Cisticole se situe au pied de ce buisson, au milieu de l’image

 

 

Technopole mid-May – more surprises!

It really just doesn’t stop at the moment. Each visit to Technopole brings new birds, including several pretty good ones.

An adult Franklin’s Gull seen on 14/5 was one of these. This American gull used to be a regular Technopole visitor in 2011-2013, with up to five different birds roaming the peninsula. There was at least one record in 2014 (6-16/3/14, P. Robinson; J.-F. Blanc), then again an adult seen three times between 15/3 and 3/5/15 (J.-F. Blanc; BP). Finally, the most recent record was in June 2016 when an adult was photographed by visiting Dutch birders (details on observado). All these records may well refer to a single bird that’s still hanging around in West Africa, maybe even the same as the one seen on the beach in Nouakchott last month by resident birder Rob Tovey.

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Franklin’s Gull / Mouette de Franklin

American Golden Plover has been present for more than a month now, with two immatures still present on 14/5 and one on 21/5 (but none this morning 25/5). This time I only managed a distant record shot…

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American Golden Plover / Pluvier bronzé

Remember that fine Red-necked Phalarope that was present on 22-23/4? Well, a month later (21/5), we found another one! It was still present this morning. Same type of bird (a male or female moulting into breeding plumage), but obviously not the same individual since pictures show that this new one has more of a white eye-brow than the first one and appears less dark overall, suggesting a later moult stage. Here again, only a blurry picture as the bird was seen relatively far out and was mostly feeding in a shallow pool behind one of the gull flocks. When feeding, it rapidly spinned around on itself in typical phalarope fashion, a well-known behaviour that I’d never had the privilege of watching. Check!

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Red-necked Phalarope / Phalarope à bec étroit

Besides the Franklin’s Gull, three new birds for the season were noted, all migrants that seem to be scarce yet regular visitors to Technopole at this time of the year: first of all a Yellow-billed Stork feeding in a group of egrets and herons that also included an African Spoonbill. Both species were still there this morning. The stork flew off soon after we’d found it, only to land in the reed-fringed pool just on the other side of the track (Pikine side). We went over to have a look and soon noticed a second bird, also a young individual. The two pictures below each show a different bird.

As we were watching the nearby gulls and waders, Miguel noticed that a flock of 18 Greater Flamingos were present on the far south end of the main lake, right next to the road. These are the first I see here since last year’s raining season. Feeding conditions are now pretty good it seems, with low water levels, so let’s see how many others will join them in coming weeks (and why not with a Lesser Flamingo mixed in the flock!).

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Yellow-billed Stork / Tantale ibis

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Yellow-billed Stork / Tantale ibis

The number of waders is less impressive now than a month ago, but still: with several dozens Common Ringed Plovers, Sanderlings and Greenshanks along with a few hundred Black-winged Stilts (including the first chicks of the year, only a few days old!), a few Black-tailed and even three Bar-tailed Godwits and Ruffs, one doesn’t get bored here. Especially when the now regular Peregrine swoops in from time to time and causes birds to move around a lot…

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Black-winged Stilts chicks / Echasses blanches poussins

At one point, a mixed flock landed on a mudflat right in front of us: mostly Sanderlings and Ringed Plovers, but also a few Curlew Sandpipers, a lone Little Stint, and at one point eight Kittlitz’s Plovers settled down. The pictures below highlight the great variation in plumage types among these little waders, ranging from drab winter-plumaged or immature birds to full-blown summer adults. The Sanderlings in particular are really exquisite at the moment. One bird was colour-ringed but just wouldn’t show its left leg, making it impossible to get a proper reading (bird in the center in the first picture below).

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Sanderling & Little Stint / Bécasseaux sanderling & minute

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Common Ringed Plover & Little Stint / Grand Gravelot et Bécasseau minute

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Curlew Sandpiper / Bécasseau cocorli

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Curlew Sandpiper & Common Ringed Plover / Bécasseau cocorli & Grand Gravelot

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Kittlitz’s & Common Ringed Plovers / Gravelot pâtre & Grand Gravelot

There were also a few colour-ringed Sandwich Terns (blue and yellow rings) and Slender-billed Gulls but only a couple of the latter were close enough to be read. On these last few visits there have been up to 10 tern species, including a splendid adult White-winged Tern and one species that was new to my Technopole list: Roseate Tern! First a first-summer bird on 14/5, then this morning when I noticed four fine adults as they flew off from within one of the tern roosts, only to disappear high up towards Yoff… great sighting though of a species that I usually see migrating past Ngor.

Talking of which – this morning I scanned the ocean for about an hour at the Calao in Ngor. Things are really quiet now – not even a single Skua – but then when you least expect them to show up, two Great Shearwaters passed by and flew around a bit. Quite distant, but close enough to recognize the sharply demarcated dark hood. While there are a few records from June, as far as we know this would be the first May record for Senegal.

Technopôle numéro 221…

…un Phalarope à bec étroit!

Je m’attendais bien à voir un Phalaropus un jour au Technopole, mais je pensais logiquement que ce serait celui à bec large, dont la présence au Sénégal et particulièrement à Dakar n’aurait rien de vraiment exceptionnel puisqu’il est régulier en tout cas lors du passage d’automne. De temps en temps, le Phalarope à bec large se montre dans les lagunes et marais salants un peu à l’interieur des terres, comme p.ex. en novembre dernier à Palmarin. Son cousin à bec étroit par contre est une vraie rareté en Afrique de l’Ouest… inutile de dire donc que j’étais bien content quand je me suis retrouvé devant un des ces oiseaux, de surcroît en plumage nuptial. La derniere fois que j’ai vu un phalarope nuptial c’était en… mai 1995 lorsqu’une femelle avait fait escale dans mes terres natales, près d’Anvers.

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Red-necked Phalarope / Phalarope à bec étroit

La photo ci-dessus est prise à bonne distance (80-100m?), avec le zoom digital poussé au maximum… mais on reconnait bien l’oiseau: plumage gris/blanc à l’exception de la bande marron partant de derrière l’oeil et descendant par les côtés du cou vers les flancs, contrastant avec la gorge blanche; même à cette distance on distingue le bec fin et assez long. Lors de ses quelques nerveux deplacements en vol, j’ai pu voir la barre alaire étroite mais assez nette. Il s’agissait probablement d’un mâle car la coloration ne me paraissait pas très vive (les phalaropes font partie des rares espèces d’oiseaux dont la femelle a un plumage plus coloré que les mâles). Mais apparemment il est aussi possible que ce soit une femelle de 2e année, car certains individus acquièrent déjà leur plumage nuptial lors de leur 1er été – difficile donc d’en dire plus à cette distance.

Curieux d’en savoir plus sur son statut dans le pays, j’ai fouillé les sources habituelles… mais n’ai trouvé que quelques mentions d’apparitions du Phalarope à bec étroit au Sénégal:

  • Morel & Morel ne mentionnent qu’une seule donnée, de “8 sujets à l’embouchure de la Somone, 9 déc. 1983 (A. Dupuy)”. La localité, la date, et surtout le fait qu’il y avait huit individus ensemble, plaident bien plus en faveur du Phalarope à bec large. En l’absence de documentation mieux vaut donc ne pas prendre en compte cette observation ancienne.
  • Sauvage & Rodwell incluent deux observations bien plus plausibles dans leur mise à jour de 1998: des isolés le 30/10/91 à la Pointe des Almadies, et un le 13/4/92 au Lac Retba (=Lac Rose).
  • Un individu est signalé par un observateur de passage lors du PAOC, pendant une séance de seawatch à Ngor le 18/10/17: “1st-winter bird came in and landed just past breaking waves […]. Smaller; more dainty than Red [=Grey Phalarope] with finer bill, darker underwing in flight, less contrasting wing stripe. Appeared darker overall, even when distant and coming in” – cette obs semble donc plutôt crédible.
  • J’attends des infos pour 10 individus signalés eux aussi sur eBird par deux ornithos espagnols, il y aurait des photos… mais me semble peu probable vu l’effectif.

Et ailleurs?

En Mauritanie, il y a trois observations d’oiseaux isolés (Cap Blanc 21/10/66, Nouadhibou 7/4/80, f. nuptiale le 17/6/88 au Banc d’Arguin; Isenmann et al. 2010). Il y a une seule observation en Gambie (Banjul, octobre 1993). Ailleurs en Afrique de l’Ouest je n’ai trouvé que quelques observations: une du Niger (21/10/89), une du Tchad (22/9/14), quatre obs récentes du Ghana (janvier, juillet, deux fois en décembre). Soit moins de 15 données en tout et pour tout, c’est pas beaucoup! Plus au sud, en Namibie et en Afrique du Sud, ce phalarope est également rare, mais il y est tout de même vu assez régulièrement, peut-etre surtout grâce à une meilleure pression d’observation comparé à l’Afrique de l’Ouest et centrale.

On peut se demander si cet oiseau, et de manière générale les quelques individus observés en Afrique de l’Ouest, ne seraient pas plutôt d’origine néarctique qu’européenne, car les populations nichant en Europe passent l’hiver dans l’Océan indien, et les néarctiques se retrouvent dans le Pacifique. Notre phalarope en escale à Dakar aurait ainsi passé l’hiver de ce côté de l’Atlantique, de la même manière que les Pluviers bronzés ou Bécasseaux roussets par exemple. Et il serait donc en route de ses quartiers d’hiver en Afrique australe vers le Haut-Arctique canadien ou le Groenland (tout ça n’est que speculation bien sur – don’t quote me on this one).

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En tout, il y avait le weekend dernier pas moins de 21 espèces de limicoles au Technopole… le phalarope étant d’ailleurs la 37e espèce de limi vue sur le site. Les effectifs étaient assez impressionnants, surtout samedi en fin de journée: il devait y avoir au moins 600 à 700 limicoles de toutes sortes!

Parmi les plus intéressants, signalons un Bécasseau variable (Dunlin) tout seul parmi les minutes, cocorlis et sanderlings, deux Gravelots pâtres (Kittlitz’s Plover) parmi les nombreux Grands Gravelots (Common Ringed Plover), un Courlis corlieu (Whimbrel) passant en vol, cinq Combattants (Ruff) et autant de Barges à queue noire (Black-tailed Godwit; rare donnée d’avril).

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Et surtout, les trois Pluviers bronzés (American Golden Plover) trouvés le lundi 17/4 qui étaient toujours présents samedi 22; le lendemain matin par contre je n’ai retrouvé qu’un des deux juvéniles, l’individu le plus sombre:

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American Golden Plover & Little Stint / Pluvier bronzé & Bécasseau minute

L’adulte continue de muer vers son plumage nuptial, ayant acquis encore un peu plus de plumes noires sur le ventre et les flancs. Difficile par contre de prendre des photos l’après-midi… les visites matinales sont bien plus propices à l’observation et la photographie des limis du Technopole: pas de contre-jour, et moins de vagues de chaleur.

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American Golden Plover / Pluvier bronzé

En plus de ce beau cortège de limicoles il y a toujours une bonne diversité chez les laridés en ce moment, avec sept espèces vues lors des deux visites: il reste encore quelques Goélands bruns (Lesser Black-backed Gull) immatures et encore 2 Audouins (Audouin’s Gull), ca. 250 Goélands railleurs, +50 Mouettes à tête grise et autant de rieuses (Slender-billed, Grey-headed & Black-headed Gulls), et encore une Mouette mélanocéphale  (Mediterranean Gull) le 23/4 et aussi toujours le jeune Goéland cendré (Common Gull) trouvé en février, vu le 22/4.

Egalement beaucoup de sternes et guifettes: quelques Sternes caspiennes, 30-50 hansels, plusieurs dizaines de caugeks, une dizaine de royales, une Sterne naine posée les deux jours et dix en migration active le 22/4, puis une Sterne arctique de 2e année le matin du 23/4… et de nouveau les trois espèces de Guifettes (deux Moustacs en migration active le 22/4, et au moins deux Leucoptères évoluant avec les Guifettes noires). (Caspian, Gull-billed, Sandwich, Royal, Little, Arctic, Whiskered, White-winged, and Black Terns)

Les passereaux paléarctiques semblent tous avoir quitté le site; juste encore quelques Hirondelles de rivage (Sand Martin), 1-2 Bergeronnettes printanières (Yellow Wagtail). Hier aussi au moins quatre Martinets noirs (Common Swift).

Curieux de savoir quelle sera la 222e espece!?

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Spur-winged Lapwing / Vanneau éperonné