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Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Troisième partie)

Cette troisième et dernière partie de notre petite série sur la littérature ornithologique sénégalaise concerne la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays. Les publications qui suivent décrivent donc les « premières » pour le pays, par ordre chronologique de publication.

Ces articles ont été publiés dans l’un ou l’autre des deux revues de prédilection pour ce type de notes, soit le Bulletin de l’African Bird Club et Malimbus de la Socété d’ornithologie de l’Ouest africain (à laquelle, en passant, chaque ornitho qui s’interésse à l’avifaune du Sénégal ou de manière plus large de l’Afrique de l’Ouest devrait adhérer!).

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Pour une liste complète des nouvelles espèces de ces douze dernières années, voir ce billet; voir aussi les parties I et II de notre revue bibliographique.

 

  • Première mention du Merle obscur pour le Sénégal: Benjumea & Pérez 2016. First record of Eyebrowed Thrush Turdus obscurus for Senegal and sub-Saharan Africa. Bull. ABC 23: 215-216.

Découverte fortuite incroyable, le 10/12/15 dans un jardin d’hôtel, par deux ornithos espagnols en marge d’une de leurs missions d’étude dans le PN de la Langue de Barbarie. Il s’agit de la deuxième mention de cette espèce sibérienne sur le continent africain, alors qu’elle hiverne normalement en Asie du sud-est, la première provenant de Merzouga au Maroc en décembre 2008. Comme quoi presque n’importe quel migrateur à longue distance d’origine paléarctique peut se retrouver égaré dans nos contrées… et comme quoi, ça sert de toujours avoir un appareil photo à portée de main!

 

  • Delannoy 2016. Les premières observations de l’Alouette à queue rousse Pinarocorys erythropygia au Sénégal. Malimbus 38: 80-82.

La première observation documentée de cette alouette peu connue a été faite dans le Boundou du 10 au 12 novembre 2015, suivant deux observations antérieures non encore publiées formellement, toutes deux du Niokolo-Koba: la première en février 1985, la deuxième en novembre 1992.

C’est donc une alouette à rechercher en hiver dans le sud-est du pays, mais son apparition est probablement très aléatoire, étant une espèce à caractère erratique qui se trouve ici tout à fait en limite de son aire “hivernale” régulière. Elle fréquente les savanes arborées ouvertes tout comme des zones cultivées, affectionnant particulièrement des zones récemment brûlées.

 

  • Première observation de la Bergeronnette à longue queue au Sénégal: Pacheco, Ruiz de Azua & Fernández-García 2017. First record of Mountain Wagtail Motacilla clara for Senegal. Bull. ABC 24: 88-89.

Cette mention de Dindéfélo en mars 2015 reste pour le moment la seule pour le pays, bien qu’il soit possible que cette bergeronnette soit un visiteur non-nicheur plus ou moins régulier dans l’extrême sud-est du pays, dans les contreforts du Fouta-Djallon. A rechercher aux abords du fleuve Gambie et des ruisseaux de vallons autour de Kédougou.

 

  • Observations remarquables du Sénégal, dont la première de l’Engoulevent pointillé: Blanc et al. 2018. Noteworthy records from Senegal, including the first Freckled Nightjar Caprimulgus tristigma. Bull. ABC 25: 58-61.

En plus de la description des observations de l’engoulevent, espèce maintenant considérée comme résidente à Dindéfélo et sans doute dans des milieux similaires dans les environs, les auteurs rapportent des données nouvelles concernant l’Engoulevent doré (dans le Khelkom), à Dindéfélo le Drongo occidental (encore le Drongo de Ludwig à l’époque, auparavant connu uniquement de la Casamance), le Traquet de Heuglin (nicheur sur le plateau de Dande) ainsi que le très discret Sénégali à ventre noir, et enfin le Bihoreau à dos blanc et le Martin-pêcheur azuré au bord du fleuve Gambie à Mako. Ces deux derniers sont depuis plusieurs années assez régulièrement observés dans cette région, notamment autour de Wassadou.

Avec l’espèce précédente, le Trogon narina et deux indicateurs différents, Dindefelo détient clairement la palme en tant que hotspot pour la découverte de nouvelles espèces pour le pays.

 

  • Première donnée du Fou à pieds rouges au Sénégal: Moran et al. First record of Red-footed Booby Sula sula for Senegal. Bull. ABC 25: 213-215.

Le 19/10/16, un Fou à pieds rouges immature a été photographié à environ 10 milles marins au nord de Dakar, lors d’une sortie en mer en marge du PAOC, observation que nous avions déjà rapportée ici. Depuis, pas moins de quatre mentions supplémentaires sont connues, toutes autour de la presqu’île du Cap-Vert: un oiseau en janvier 2018 au PNIM, puis trois fois à Ngor en 2018-2019 dont quelques oiseaux ayant stationné pendant plusieurs semaines ou même mois (deux ind. en mai-juin 2018, un en novembre 2018, et un vu régulièrement en juin-août 2019 dont encore ce 12/8 comme les quatres jours précédents!).

Avec l’augmentation des effectifs aux Iles du Cap Vert on peut s’attendre à d’autres observations dans le futur.

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Red-footed Booby / Fou à pieds rouges, au large de Dakar, Oct. 2016 (B. van Gemerden)

 

  • Première observation d’une Frégate superbe pour le Sénégal: Piot & Lecoq 2018. First record of Magnificent Frigatebird Fregata magnificens for Senegal. Bull. ABC 25: 216-218.

Notre observation de fin avril 2017 reste pour le moment la seule confirmée pour le pays. Bien qu’il puisse s’agir d’une des deux dernières femelles des Îles du Cap-Vert (où l’espèce ne niche plus depuis 1999), une origine néotropicale semble plus probable. Le site de reproduction le plus proche de l’Afrique de l’Ouest est l’île de Fernando de Noronha, situé au nord-est du Brésil à environ 2’650 km de Dakar. D’autres données de frégates dans la sous-région concernent des observations en Gambie (Frégates superbes en 1965 et 1980, puis une frégate sp. en 2005) et au Ghana (Frégate aigle-de-mer F. aquila en 2010, espèce aussi notée aux iles du Cap-Vert en 2017 et donc également d’apparition possible dans les eaux sénégalaises). A quand la prochaine mention dans le pays?

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Magnificent Frigatebird / Frégate superbe f., PNIM, April 2016 (BP)

 

  • Première donnée du Pipit farlouse au Sénégal: Piot 2018. First record of Meadow Pipit Anthus pratensis for Senegal. Malimbus 40: 67-69.

Le 1er janvier 2018, j’ai la chance de trouver un Pipit farlouse aux abords de la lagune de Yène sur la Petite Côte non loin de Dakar. Bien que l’identification ait été confirmée par les cris caractéristiques de l’espèce, plusieurs personnes semblent toujours douter de l’identité de cet oiseau, me disant qu’il s’agit plutôt d’un Pipit à gorge rousse… Le plumage assez contrasté de cet oiseau de permier hiver peut effectivement faire penser à cette espèce, mais d’autres critères et notamment l’absence de stries sur le croupion (visibles sur photo, comme celle-ci) permettent d’éliminer le Pipit à gorge rousse, tout comme le cri d’ailleurs qui est très différent. L’espèce étant connue du sud de la Mauritanie, l’apparition d’un Pipit farlouse égaré au Sénégal n’est pas bien étonnante.

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Meadow Pipit / Pipit farlouse, Yene, Jan. 2018 (BP)

 

En plus de ces sept publications, plusieurs autres sont sous presse ou sont sur le point d’être soumis et seront publiés dans les mois à venir : l’Indicateur de Wahlberg vu plusieurs fois en 2018 (Caucanas et al.), le Gonolek de Turati en 2018 (Bargain & Piot) et l’Anomalospize parasite en février 2019 (Bargain, Caucal & de Montaudouin) tous les deux découverts en Casamance, et enfin la Tourterelle turque en 2016 (BP).

Il y a aussi quelques premières obs encore non encore publiées formellement, notamment nos Martinets horus (rédaction prévue!) de l’an dernier et l’Indicateur de Willcocks de février dernier. Tout comme des mentions un peu moins récentes d’oiseaux qui pour le moment ont été observés une seule fois dans le pays (Epervier d’Europe, Milan royal, Grue cendréeBécasseau d’Alaska) mais dont je doute qu’une publication verra un jour le jour, bien malheureusement…

Quoiqu’il en soit, je vous tiens bien entendu au courant de la suite!

 

Je me permets de terminer en faisant un peu de pub pour une autre publication sur les oiseaux du Sénégal, dans un tout autre registre de celles qui précèdent mais toute aussi intéressante : un recit de voyage naturaliste sous forme de magazine auto-édité par mes amis Frédéric et Jérémy. Truffée de superbes photos, des textes riches en informations pertinentes et anecdotes diverses, c’est bien plus qu’un simple rapport de voyage, où chacun trouvera quelque chose à son goût. De Dakar au Djoudj en passant par les Trois-Marigots, le Gandiolais, et bien d’autres encore!

A decouvrir (et à commander) ici

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Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Deuxième partie)

Si les publications passées en revue dans la première partie étaient en grande partie issues d’études scientifiques menées par des chercheurs académiques, les articles présentés ici sont pour la plupart rédigés par des ornithologues de terrain et de passionnés d’oiseaux fréquentant régulièrement le pays ou qui, comme moi, ont la chance d’y résider et de pouvoir apporter des contributions, certes modestes, à nos connaissances de l’avifaune. Finalement il y aura encore une troisième partie, sinon cet article serait un peu trop long et risquerait de devenir un peu trop ennuyeux!

On s’intéresse ici donc essentiellement au statut et à la répartition des oiseaux du Sénégal, avec dans l’ordre taxonomique les publications suivantes, toujours pour la période 2016-2019:

  • Mortalité massive de Puffins majeurs le long de la côte de la Gambie en juin 2011, et observations récentes au Sénégal: Barlow, Piot & Fox 2018. Great Shearwater Ardenna gravis mass mortality in The Gambia in June 2011, recent observations from Senegal, and evidence for migration patterns. Malimbus 40: 10-20.

Au moins 103 Puffins majeurs sont trouvés rejetés sur 7 km de plages en Gambie en juin 2011, constituant les premières données de l’espèce pour ce pays. Les mesures biométriques à partir de 18 crânes sont présentées et nous résumons les observations publiées pour le Sénégal, la Mauritanie et les îles du Cap-Vert, tout en rapportant de nouvelles informations pour le Sénégal (issues de mes suivis de la migration devant Ngor!). Les mouvements de Puffins majeurs suivis par satellite depuis les sites de reproduction de l’Hémisphère Sud vers l’Atlantique Nord ainsi que leurs stratégies de nourrissage au cours de leur migration sont discutés. La faim est proposée comme cause probable de la mort des oiseaux échoués.

Nous avons également pu contribuer des données récentes obtenues à Ngor à deux autres articles récents traitant d’observations d’oiseaux de mer en Gambie, rédigés par nos collègues gambiens Clive Barlow et Geoff Dobbs :

  • Barlow 2017. First proof of Sooty Shearwater Puffinus griseus in The Gambia, May 2012. Malimbus 39: 56-58 [Première preuve pour le Puffin fuligineux en Gambie, en mai 2012]
  • Barlow & Dobbs 2019. New observations of five species of pelagic seabirds in The Gambia in early 2018, with information from previous years. Malimbus 41: 32-40 [Nouvelles observations de cinq espèces d’oiseaux de mer en janvier-février 2018 en Gambie].
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Great Shearwater / Puffin majeur, Ngor, Nov. 2017 (BP)

 

  • Le Grèbe castagneux, aujourd’hui une espèce reproductrice résidente en Gambie, avec une aire de reproduction au Sénégal étendue: Barlow, Piot & Bargain 2018. Little Grebe Tachybaptus ruficollis now a breeding resident in The Gambia, with an expanded breeding range in Senegal. Malimbus 40: 47-54.

Nous rapportons ici l’historique du Grèbe castagneux en Gambie et au Sénégal, en fournissant des données nouvelles sur la reproduction et de nouveaux sites de nidification depuis 2001. L’utilisation de plans d’eau artificiels en tant que sites de nidification contribue à l’extension de la saison de reproduction ainsi que de l’aire de répartition dans cette région.

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Sites de nidification du Grèbe castagneux au Sénégal et en Gambie

 

  • Taille de la population et phénologie de reproduction du Phaéton à bec rouge aux Iles de la Madeleine: Diop et al. 2019. Population Size and Breeding Phenology of Red-Billed Tropicbirds (Phaethon aethereus) on Iles de la Madeleine, Senegal. Waterbirds 42: 100-106.

La phénologie de reproduction et la répartition dans les sites de nidification des phaétons ont fait l’objet d’un suivi du 6 juin 2014 au 18 mai 2016 dans le PN des Îles de la Madeleine, avec des visites tous les 15 jours pour enregistrer les nids actifs et leur contenu. Ngoné et ses collegues trouvé jusqu’à 76 sites de nidification mais seulement 49 étaient actifs en 2014-2015 et 45 en 2015-2016. Les phaétons se reproduisent tout au long de l’année, mais le nombre de nids actifs a culminé d’octobre à janvier, ce qui peut être lié au caractère saisonnier de l’upwelling océanique. Les nids ont été regroupés dans quatre zones et leur répartition et leur occupation peuvent être liées à la direction du vent pendant le pic de reproduction saisonnier d’octobre à mai. Le succès de reproduction était généralement élevé (62,9% en 2014-2015 et 47,3% en 2015-2016) par rapport aux autres colonies se reproduisant dans des eaux moins productives. Étant donné la singularité et la petite taille de cette population, une surveillance, une gestion et une protection stricte sont nécessaires pour garantir sa viabilité.

  • Effectif exceptionnel de Vautours percnoptères observé au Sénégal en novembre 2017, avec historique et actualisation de son statut au Sénégal et en Gambie: Caucanas, Piot, Barlow & Phipps 2018. A major count of the Egyptian Vulture Neophron percnopterus in Senegal in November 2017, with notes on its history and current status in Senegal and The Gambia. Malimbus 40: 55-66.

Nous rapportons l’observation d’un groupe de 30 Percnoptères d’Egypte le 26/11/17 dans la RNC du Boundou, soit le groupe le plus important jamais documenté au Sénégal et en Gambie et l’un des plus importants pour le Sahel. En déclin rapide dans la plus grande partie de son aire de répartition, nous dressons un état des lieux des observations et données obtenues par suivi GPS depuis la première mention en 1913, et nous proposons qu’elle soit considérée comme migratrice peu fréquente ne nichant pas dans ces deux pays, étant régulière seulement dans l’extrême est du Sénégal.

  • Déclin d’une population urbaine de Vautours charognards sur 50 ans à Dakar: Mullié et al. 2017. The decline of an urban Hooded Vulture Necrosyrtes monachus population in Dakar, Senegal, over 50 years. Ostrich 88: 131-138.

A Dakar, comme dans de nombreux centres urbains de l’Afrique de l’Ouest, les Vautours charognards ont toujours été des charognards urbains caractéristiques. Le récent déclin dans d’autres parties de l’Afrique a motivé, en 2015, son inscription sur la Liste rouge de l’UICN comme espèce menacée « En danger critique d’extinction ». Comme nous l’avons déjà rapporté, nous avons mené une enquête sur son statut actuel à Dakar afin d’effectuer une comparaison avec les données disponibles depuis un demi-siècle. Une forte baisse (>85%) a été notée, la population estimée passant de 3’000 individus en 1969 à seulement 400 en 2016. Ce déclin correspond aux chutes constatées ailleurs en Afrique mais contraste avec les populations apparemment stables de la Gambie à la Guinée. Les causes probables sont 1) une urbanisation galopante entraînant une perte de sites d’alimentation et une réduction de la disponibilité de nourriture, 2) un empoisonnement accru de chiens sauvages due à une recrudescence de la rage et 3) une disparition accrue des arbres appropriés pour la nidification et le repos.

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Hooded Vulture / Vautour charognard, Technopole, June 2019 (BP)

 

  • Voies de migration de la population méditerranéenne de la Sterne voyageuse: Hamza et al. 2017. Migration flyway of the Mediterranean breeding Lesser Crested Tern Thalasseus bengalensis emigrates. Ostrich 88: 53-58.

Un programme de baguage a été mis en place de 2006 à 2012 dans les colonies de Libye, soit les seules sites en Méditerrannée. A partir d’un total de 1354 couvées baguées à l’aide de bagues métalliques et/ou couleurs, 64 ont été retrouvées le long de leur voie migratoire ou sur leur aire d’hivernage.

Cependant, les auteurs écrivent que « le Sénégal et la Gambie sont au cœur de l’aire d’hivernage, » affirmation erronée rectifiée par Dowsett & Isenmann 2018 (Wintering area of the Libyan breeding population of Lesser Crested Tern. Alauda 86: 65-68) qui démontrent que la principale zone d’hivernage se trouve en Guinée-Bissau et en Sierra Leone. Bien que quelques dizaines à quelques centaines d’oiseaux hivernent bel et bien en Sénégambie, l’essentiel des nicheurs libyens hiverne donc un peu plus au sud. Cela n’enleve cependant en rien la conclusion de Hamza et collègues, comme quoi « la conservation de cette population particulièrement localisée et menacée ne réclame pas seulement une protection des sites de reproduction mais également celle des escales migratoires et des sanctuaires d’hivernage»

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Lesser Crested Tern / Sterne voyageuse portant une bague posée en Libye, Ngor, May 2013 (P. Robinson)

 

  • Un afflux de Hiboux des marais en Afrique de l’Ouest pendant l’hiver 2017/18: Piot 2019. An influx of Short-eared Owls Asio flammeus in West Africa in winter 2017/18.  Bull. ABC 26: 206-212 [publication prévue dans le prochain numéro, en septembre].

Pendant l’automne 2017 et l’hiver 2017/18, un afflux sans précédent a eu lieu en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Sénégal ; des observations ont également été réalisées en Gambie, en Guinée-Bissau et en Mauritanie. Entre début novembre 2017 et mi-avril 2018, 22 observations concernant au moins 24 oiseaux ont été rapportées: ceux-ci ont peut-être hiverné plus au sud que d’habitude en raison des rudes conditions hivernales en Europe de l’Ouest. Les effectifs fluctuent probablement aussi en fonction des densités d’acridiens au Sahel, où une part importante du régime alimentaire peut être constituée d’insectes. L’espèce devrait y être considérée comme un migrateur régulier et un hivernant localement peu commun en petit nombre, avec des variations interannuelles importantes. La rareté des observations dans la région est probablement due aux habitudes crépusculaires et nocturnes de l’espèce, et aussi à une présence très limitée d’observateurs.

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Short-eared Owl / Hibou des marais, Technopole, Dec. 2017 (BP)

 

  • L’étude par géolocalisateurs révèle que le Martinet unicolore des Canaries hiverne en Afrique de l’Ouest équatoriale: Norton et al. Geolocator study reveals that Canarian Plain Swifts Apus unicolor winter in equatorial West Africa. Publié sur le site de l’African Bird Club (je suppose qu’un article formel suivra; cliquez le lien pour obtenir le PDF).

Même s’il ne s’agit pas d’une étude sénégalaise, elle a toute son importance pour nous: en effet, le suivi par géolocalisateurs a montré que le Martinet unicolore hiverne dans la zone forestière de l’Afrique de l’Ouest, et que l’espèce fait partie de l’avifaune du Sénégal. C’était sans doute l’une des grandes découvertes de ces dernières années – tout comme nos Martinets horus, dont un article portant sur notre étonnante trouvaille de janvier 2018 est en cours de préparation.

En juillet 2013, 16 Martinets unicolores, espèce endémique des Canaries qu’on pensait lagement sedentaire (ailleurs, vu seulement dans les régions cotières du nord-ouest de l’Afrique), ont été équipés de géolocalisateurs dans deux colonies de reproduction sur Tenerife. (Un géolocalisateur, minuscule appareil électronique pesant moins d’un gramme, mesure l’intensité du rayonnement solaire et l’heure, et enregistre ces données pendant une année; au retour de l’oiseau, celles-ci permettent de reconstituer son itinéraire). Parmi ces 16 individus, deux ont par la suite été retrouvés dans la colonie. Les deux oiseaux ont passé la majeure partie de l’hiver dans les forêts de l’est du Libéria. Ils ont quitté la colonie en octobre et novembre respectivement, et ont parcouru au moins 2’600 km pour hiverner, passant toute la période d’hivernage jusqu’en mars-avril 2014 dans les forêts de la Haute-Guinée au Libéria, en Guinée et en Côte d’Ivoire. La route migratoire prénuptiale comprenait le passage dans plusieurs pays où l’espèce n’avait là non plus jamais encore été signalée, dont le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone. L’étude souligne l’importance de l’écosystème forestier de la Haute-Guinée pour au moins certains Martinets unicolores, les oiseaux passant plus de la moitié de l’année dans ce hotspot de biodiversité. Elle montre également qu’il devrait donc être possible d’observer cette espèce in natura au Sénégal, notamment en automne et au printemps, même si l’identification sera forcément délicate.

  • La Fauvette de Moltoni au Sénégal et en Afrique de l’Ouest: Piot & Blanc 2017. Moltoni’s Warbler Sylvia subalpina in Senegal and West Africa. Malimbus 39: 37-43.

Récemment élevée au rang d’espèce après la révision taxonomique du complexe des Fauvettes passerinettes, l’aire d’hivernage de la Fauvette de Moltoni était en grande partie inconnue. A la suite d’observations récentes au Sénégal, où sa présence a été enregistrée annuellement depuis 2013, nous avons passé en revue les observations faites en Afrique de l’Ouest : celles-ci suggèrent que l’espèce est largement répartie dans le Sahel, du Sénégal au Nigéria. Il semble que l’espèce soit plus abondante à l’est de cette zone, cependant l’aire de répartition précise et son abondance nécessitent plus de recherches, tout comme ses stratégies de mue et de migration.

  • Rose et al. 2016. Observations ornithologiques au Sénégal. Malimbus 38: 15-22.

Cinq observations d’espèces rares ou peu communes sont décrites, toutes de janvier 2015, dont on peut cependant se poser la question si une publication était réellement nécessaire, car leur simple inclusion dans la rubrique des observations récentes de l’ABC aurait sans doute suffi. Quoiqu’il en soit, les auteurs relatent les observations d’un Onoré à huppe blanche dans le delta du Saloum (où l’espèce est maintenant assez régulièrement vue, à Toubacouta), d’un Hibou des marais aux Îles de la Madeleine, d’un Engoulevent du désert au Djoudj, d’un Martin-pêcheur azuré au Niokolo-Koba, et d’un Sirli du désert dans le Ndiael. La prédation d’un Héron garde-bœufs par un Aigle martial, ainsi que l’histoire de vie d’une Barge à queue noire baguée, sont également rapportées.

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Dutch and English colour-rigned Black-tailed Godwits / Barges à queue noire baguées aux Pays-Bas et en Angleterre, Technopole Jan. 2016 (BP)

 

Deux autres notes courtes sont également à mentionner ici, la première traitant de notre observation d’une pie-grièche hybride du lac Tanma en 2017 (Piot & Caucanas 2019. A hybrid shrike Lanius in Senegal; publication prévue dans le prochain bulletin de l’ABC), l’autre d’une observation de plusieurs Travailleurs à bec rouge à env. 100 km au large de la côte sénégalaise, soit la donnée la plus éloignée du continent jusqu’à présent (Quantrill, R. 2017. Red-billed Queleas Quelea quelea at sea off Senegal. Bull. ABC 24: 216).

Puis au moins deux articles supplémentaires traitant du statut et de la distribution d’oiseaux au Sénégal sont prévues pour publication ces prochains mois, dans la revue Alauda : le premier sur les quartiers d’hiver et les voies de migration du Pouillot ibérique (Isenmann & Piot), le second sur les résultats de nos suivis 2017 et 2018 de la migration des oiseaux de mer à Ngor (première partie prévue en décembre, 2e partie en début d’année prochaine).

La troisième et dernière partie de notre petite série sur la literature ornithologique sénégalaise concernera la documentation des divers ajouts à l’avifaune du pays.

 

 

Petite revue de la bibliographie ornithologique sénégalaise, 2016-2019 (Première partie)

Divers articles consacrés à l’avifaune sénégalaise ont été publiés ces dernières années, nous incitant à faire une petite synthèse de ces publications. Le Sénégal est depuis une cinquantaine d’années une terre fertile pour les études ornithologiques, et ces dernières années cela n’a pas changé. Peut-être bien au contraire, même s’il n’y a plus de vrais ornithologues tels que les Morel ou Baillon résidant au pays – peut-être qu’un jour on se risquera à une note sur les nombreux chercheurs et autres personnages ayant marqué l’histoire ornithologique du pays. Peut-être.

Pour le moment, on se limitera aux 3-4 dernières années (2016-2019), en commençant par les publications ayant trait à l’écologie des espèces, suivi par quelques traités taxonomiques pertinents. La deuxième partie couvrira principalement les articles traitant du statut, de la phénologie et de la répartition d’espèces. J’en oublie certainement, donc tout complément que vous pourrez apporter sera grandement apprécié! Une partie des articles qui suivent sont déjà accessibles en ligne, p.ex. sur le site ResearchGate. Quelques-uns se trouvent sur notre page Ressources. Si nécessaire, je peux aussi fournir la plupart sur demande.

Seul bémol, l’absence quasi totale d’auteurs sénégalais dans les publications qui suivent… espérons que la relève ornitho locale – elle existe bel et bien, timidement – pourra changer cet état des lieux dans un futur proche. Ce triste constat a même été démontré, chiffres à l’appui, dans un article récent paru dans la revue Ostrich: Cresswell W. 2018. The continuing lack of ornithological research capacity in almost all of West Africa. Ostrich 89: 123–129. [Le manque continu de capacité de recherche ornithologique dans presque toute l’Afrique de l’Ouest]

Ecologie

  • Comment les Busards cendrés font face au Paradoxe de Moreau pendant l’hiver sahélien: Schlaich et al. 2016. How individual Montagu’s Harriers cope with Moreau’s Paradox during the Sahelian winter. Journal of Animal Ecology (doi: 10.1111/1365-2656.12583).

Cette étude sur le Busard cendré, menée par une équipe franco-hollandaise, illustre de manière concrète comment un hivernant paléarctique répond au paradoxe de Moreau. Ce terme fait référence au phénomène des conditions écologiques se dégradant au fur et à mesure que la saison d’hivernage avance dans le Sahel alors que les migrateurs doivent se préparer pour leur migration prénuptiale bien que les conditions soient alors plus sévères. En suivant 36 busards hivernant au Sénégal, l’équipe a étudié leur utilisation de l’habitat et leur comportement tout en collectant des données sur l’abondance des criquets, leur principale source d’alimentation sur les quartiers d’hiver. Ils ont trouvé que la fin de la période d’hivernage pourrait constituer un goulot d’étranglement au cours du cycle annuel, avec des effets de report possibles sur la saison de reproduction. Les changements climatiques en cours avec moins de précipitations dans le Sahel, associés à une pression humaine accrue sur les habitats naturels et agricoles, entraînant dégradation et désertification, rendront probablement cette période plus exigeante, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur les populations d’oiseaux hivernant dans le Sahel.

Le Busard cendré est l’une des rares espèces à être bien étudiée au Sénégal, notamment par des chercheurs de l’Université de Groningen (dont Almut Schlaich et Ben Koks) et du CNRS en France (V. Bretagnolle et cie.). La Barge à queue noire et dans une moindre mesure peut-être le Balbuzard pêcheur, deux autres espèces prioritaires pour la conservation en Europe de l’Ouest, sont également relativement bien suivies dans leurs quartiers d’hiver au Sénégal et régions limitrophes.

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Montagu’s Harrier / Busard cendré, forme sombre, Simal, Dec. 2015 (BP)

 

  • Sélection de l’habitat, “home range” et taille de population de la Marouette de Baillon dans le delta du Sénégal: Seifert, Tegetmeyer & Schmitz-Ornés 2017. Habitat selection, home range and population size of Baillon’s Crake Zapornia pusilla in the Senegal Delta, north-west Senegal. Bird Conservation International (doi:10.1017/S0959270917000077).

Les trois chercheuses (équipe 100% féminine, fait assez rare pour le signaler !) se sont penchées sur une espèce très peu connue et difficile à étudier, en utilisant une approche multi-échelle pour évaluer les exigences en matière d’habitat de la Marouette de Baillon dans le delta du fleuve. Elles ont suivi par télémétrie 17 individus dans le PN des Oiseaux du Djoudj, puis ont modélisé à partir d’images satellitaires et des données de capture la probabilité de présence ainsi que la densité de la population. La taille du domaine vital de l’espèce mesure en moyenne 1,77 ± 0,86 ha, avec des différences significatives entre habitats. La Marouette de Baillon préfère au sein de ses habitats les structures de bord, comme les pistes battues, les bords des plans d’eau ouverts, ainsi que les limites d’une végétation spécifique. Basé sur les modèles de régression, 9’516 ha d’habitat favorable ont été identifiés dans la zone Djoudj, avec une taille de population potentielle de 10’714 ind. (3’146-17’408). Les zones humides du delta du fleuve ont donc une importance exceptionnelle pour les populations africaines et peut-être aussi européennes.

La même étude a également permis la publication, en 2015, d’un article sur le régime alimentaire de ce rallidé : Seiffert, Koschkar & Schmitz-Ornés 2015. Diet of Baillon‘s Crakes Zapornia pusilla: assessing differences in prey availability and consumption during the breeding season in the Senegal River Delta, West Africa. Acta Ornithologica 50: 69–84. [Régime alimentaire de la Marouette de Baillon : évaluation des différences en matière de disponibilité des proies et de consommation pendant la saison de reproduction dans le delta du fleuve Sénégal].

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Baillon’s Crake / Marouette de Baillon f., Saint-Louis, Dec. 2017 (BP)

 

  • Ecologie de l’alimentation de phaétons se reproduisant dans deux environnements marins contrastés de l’Atlantique tropical: Diop et al. 2018. Foraging ecology of tropicbirds breeding in two contrasting marine environments in the tropical Atlantic. Marine Ecology Progress Series 607: 221–236.

Menée par Ngone Diop, cette étude combine le suivi par GPS, des variables environnementales et des échantillons des régurgitations au cours de l’incubation et de la ponte pour comprendre l’écologie alimentaire du Phaéton à bec rouge, ainsi que les stratégies de recherche de nourriture susceptibles de changer entre deux environnements marins différents: les Iles de la Madeleine (situées dans la remontée du courant canarien) et l’île de Sainte-Hélène au centre de l’Atlantique sud. Des différences substantielles observées dans le comportement d’alimentation entre les deux colonies indiquent qu’il faut être prudent lorsqu’on extrapole les habitudes de recherche de nourriture des oiseaux de mer tropicaux se reproduisant dans des environnements océanographiques contrastés. La surexploitation de petits poissons et du thon peut réduire les possibilités d’alimentation et conduire à une concurrence avec les pêcheries. On incluera le résumé d’une autre publication par Ngoné, celle-ci sur la taille de la population et la phénologie de reproduction de nos chers phaétons du PNIM, dans la 2e partie.

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Red-billed Tropicbird / Phaéton à bec rouge, Iles de la Madeleine, June 2017 (BP)

 

  • Distribution spatiale et comportement de nidification de l’Echasse blanche dans la zone humide urbaine du Technopole: Diallo, Ndiaye & Ndiaye 2019. Spatial distribution and nesting behavior of the Black winged-stilt (Himantopus himantopus himantopus, Linnaeus 1758) in the urban wetland of Dakar Technopole (Senegal, West Africa) – J Biol Chem Sciences 13: 34-48.

Cette étude menée par Yvette Diallo de l’UCAD a été conduite en deux temps, d’abord en 2012 puis en 2017, permettant d’établir les effectifs et de décrire quelques éléments de la biologie de reproduction de l’Echasse blanche. Des dénombrements réguliers pendant la saison de reproduction (délimitée de manière un peu trop restreinte par les auteurs, qui n’ont couvert que la période de mai à août et non d’avril à septembre) ont permis d’établir un effectif maximum de 531 ind. en 2012 et 766 en 2017, les effectifs diminuant dès le début des pluies, lorsque les conditions deviennent moins favorables. En 2012, 25 nids sont identifiés, et pas moins de 79 en 2017. Les résultats sont présentés sous forme de plusieurs graphiques, mais leur interprétation est souvent difficile et on pourra regretter que les conclusions ne sont pas toujours très claires (et que cet article a été publié dans un journal plutôt inhabituel!). L’étude a toutefois le mérite d’améliorer nos connaissances de la biologie de cet élégant limicole en Afrique de l’Ouest, dont les données de reproduction dans la région se limitaient jusqu’à récemment à quelques cas au Sénégal et au Ghana.

Et justement, nous avons entamé la rédaction d’une note sur la reproduction de l’espèce au Sénégal et en Gambie, puisqu’une actualisation de nos connaissances est nécessaire en vue des nouvelles données dont nous disposons. Si tout va bien, rendez-vous en 2020 pour la publication.

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Black-winged Stilt / Echasse blanche pull., Technopole, July 2017 (BP)

 

  • Régime alimentaire et aire de nourrissage des Goélands railleurs nichant dans le delta du Saloum: Veen et al. 2019. Diet and foraging range of Slender-billed Gulls Chroicocephalus genei breeding in the Saloum Delta, Senegal. Ardea 107: 33–46.

Peu d’informations sur l’écologie de la population ouest-africaine de ce goéland sont disponibles pour appuyer les actions de conservation. Les auteurs, dont notre ami Wim Mullié – seul ornitho quasi local impliqué dans l’étude – ont analysé le régime alimentaire sur la base des otolithes de poisson dans les pelotes de rejection et les matières fécales collectées à proximité des nids en fin de période d’incubation, entre 2000 et 2015. Les goélands consommaient principalement des poissons des familles Cichlidae (25-93%), Clupeidae (0-54%) et Mugilidae (0-34%). En 2014, trois goélands ont été suivis par GPS en vue d’étudier les déplacements et les zones d’alimentation. Pendant la journée, ils ont passé 27% de leur temps à couver les œufs, 10% ailleurs dans la colonie et 63% à l’extérieur de la colonie lors de déplacements à la recherche de nourriture, qui pour deux oiseaux avait principalement eu lieu dans des lagons bordés de mangroves, des salins, des criques, des rivières et un complexe de rizières abandonnées. Le troisième a exploré presque exclusivement la côte atlantique près d’un village de pêcheurs en Gambie. Le domaine vital et la zone d’alimentation des trois oiseaux mesuraient 2’400 et 1’800 km², respectivement.

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Slender-billed Gull / Goéland railleur, Palmarin, Saloum April 2019 (BP)

 

On pourrait encore citer d’autres publications ayant trait à l’écologie et en particulier aux stratégies de migration et d’hivernage d’espèces hivernant dans le pays, mais qui ne concernent pas spécifiquement le Sénégal, comme p.ex. Kentie et al. 2017. Does wintering north or south of the Sahara correlate with timing and breeding performance in black-tailed godwits? Ecology and Evolution 7: 2812–2820. [L’hivernage au nord ou au sud du Sahara est-il en corrélation avec la période et la performance de nidification chez la Barge à queue noire ?], ou encore Grecian et al. 2016. Seabird diversity hotspot linked to ocean productivity in the Canary Current Large Marine Ecosystem. Biol. Lett. 12: 20160024. [Les points chauds à grande diversité d’oiseaux marins sont liés à la productivité océanique dans le Courant des Canaries].

Puis pour terminer cette section, mentionnons encore notre note brève relatant l’observation par mes amis genevois d’un Grébifoulque se nourrissant sur le dos d’un Hippopotame (Zapun et al. 2018. African Finfoot Podica senegalensis feeding on the back of a Hippopotamus. Malimbus 40: 70-71). On y décrit un comportement rarement observé d’un des Grébifoulques présents à Wassadou en février 2018. Nous avons retrouvé deux mentions d’observations similaires sur le fleuve Gambie, ainsi que des données d’Afrique australe et du Congo-Brazzaville (avec le Buffle et le Bongo), mais ce comportement n’avait à notre connaissance jamais encore été documenté sur photo.

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Finfoot / Grébifoulque & Hippopotamus, Wassadou, Feb. 2018 (Christian Huber)

 

Place maintenant à la taxonomie, domaine pointu de l’ornithologie moderne qui grâce aux techniques d’analyse génétique continue de chambouler nos connaissances du domaine – et qu’il importe de ne pas négliger car comme le montre la première étude en particulier, les implications en termes de conservation peuvent être importantes lorsqu’un taxon est élevé au rang d’espèce. A propos, Simon et moi avons résumé les principales changements taxonomiques récents affectant le Sénégal dans cet article publié en début d’année sur ce blog.

  • Quand la morphologie ne reflète pas la phylogénie moléculaire : le cas de trois sternes à bec orange: Collinson et al. 2017. When morphology is not reflected by molecular phylogeny: the case of three ‘orange-billed terns’ Thalasseus maximus, Thalasseus bergii and Thalasseus bengalensis (Charadriiformes: Laridae). Biological Journal of the Linnean Society XX: 1–7.

Rédigé par une équipe internationale, cet article établit notamment que la Sterne royale africaine devrait être considérée comme espèce à part entière, et qu’elle est génétiquement plus proche de la Sterne voyageuse que de la Sterne royale américaine. Ayant été élevée au rang d’espèce, il devrait maintenant être plus facile de mettre en place un statut de protection et des mesures de conservation de ce taxon endémique à l’Afrique de l’Ouest, dont les populations sont assez vulnérables puisque concentrées en quelques colonies seulement.

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Royal Tern / Sterne royale, île aux oiseaux, Saloum, mai 2012 (S. Cavaillès)

 

  • Révision taxonomique du complexe d’espèces du Drongo de Ludwig avec description d’une nouvelle espèce d’Afrique occidentale: Fuchs et al. Taxonomic revision of the Square-tailed Drongo species complex (Passeriformes: Dicruridae) with description of a new species from western Africa. Zootaxa 4438: 105-127.

Un billet avait déjà été consacré à cette découverte sur ce blog: en effet, les auteurs décrivent une nouvelle espèce de drongo au sein du complexe de Dicrurus ludwigii, en utilisant une combinaison de données biométriques et génétiques. La nouvelle espèce, le Drongo occidental (D. occidentalis) diffère des autres taxons du complexe par un bec significativement plus gros et par une divergence génétique importante (6,7%) du taxon « sœur » D. sharpei. La répartition de la nouvelle espèce couvre les forêts de galerie des côtes de Guinée (et de la Casamance !) jusqu’au fleuve Niger et le Bénoué au Nigéria.

Une autre étude génétique (par les mêmes auteurs pour la plupart) concerne le Drongo brillant: même si des recherches supplémentaires sont requises, ils recommandent la reconnaissance de plusieurs espèces au sein de ce complexe, les drongos brillants du Sahel et des savanes d’Afrique de l’Ouest devenant Dicrurus divaricatus. Fuchs et al. 2018. Habitat-driven diversification, hybridization and cryptic diversity in the Fork-tailed Drongo (Passeriformes: Dicruridae: Dicrurus adsimilis). Zoologica Scripta 2018: 1–19. [Diversification engendrée par l’habitat, hybridation, et diversité cryptique chez le Drongo brillant].

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Glossy-backed Drongo / Drongo brillant (D. divaricatus), Gamadji-Sare, Jan. 2018 (BP)

 

La suite sera pour dans quelques jours !

 

 

Trois-Marigots: Gallinule Galore

A recent early morning visit to the Trois-Marigots area, just outside Saint Louis in the lower Senegal delta, quickly turned into a proper gallinule fest, with dozens – hundreds probably! – of rallidaeMoorhens, African Swamphens, Black Crakes, and even a few of the much hoped for Allen’s Gallinule. No crakes this time round, but all in all a pretty spectacular sight in a great setting. Below are a few images taken during our visit, all but the last one taken from the Tylla digue which crosses the second of the the Trois-Marigots. Vieux and I mainly birded a stretch of just a few hundred meters for the first couple of hours, with new birds showing up all the time.

With habitat like this, what would you expect?

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Trois-Marigots at Tylla

 

Rails of course, but also African Pygmy-Goose, Purple Heron, Black HeronLittle Bittern, African Fish-Eagle, Marsh Harrier, various Acrocephalus warblers, Winding CisticolaZebra Waxbill, and so on.

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African Swamphen / Talève d’Afrique

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Black Crake / Râle à bec jaune

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Black Crake / Râle à bec jaune

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Black Crake / Râle à bec jaune juv.

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Common Moorhen / Gallinule poule-d’eau

 

Allen’s Gallinule is pretty local in Senegal, being most regularly reported from Djoudj and from Trois-Marigots, though it also occurs in Casamance and probably elsewhere (still waiting for it to show up one day at Technopole!). We saw at least two adults, including one with a bright blue frontal shield. The second bird, pictured below, was somewhat duller but the obvious red eye indicates that it is also in breeding plumage, making it likely that the species breeds here at Trois-Marigots.

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Allen’s Gallinule / Taleve d’Allen

 

And here’s that obligatory Pygmy-Goose picture, which I have to say I was quite pleased with:

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African Pygmy-Goose / Anserelle naine

 

This one a bit less so, but nevertheless, always great to get a reasonable picture of a nervous warbler that just would not sit still… While most wintering warblers are long gone by now, there were still quite a few of these Sedge Warblers around, plus several Eurasian Reed Warblers, two Willow Warblers, and just one Bonelli’s Warbler. For the most part these are probably birds from the northern part of their breeding range.

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Sedge Warbler / Phragmite des joncs

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Complete eBird checklist here, plus this one from the now bone-dry savanna between the first (also dry by now) and second marigots: Chestnut-bellied Sandgrouse, Temminck’s Courser, Cut-throat, Pygmy Sunbird, etc. For more on Trois-Marigots and its crakes – including the rarely seen Little Crake – see this post, and of course many other notes by Frederic Bacuez on Ornithondar.

A brief visit to the Lampsar near Makhana village, on the opposite side of the route nationale, paid off with quite a few additional species such as fly-over Glossy Ibises, Collared Pratincoles, several waders including two Little Ringed Plovers, and most notably a small colony of Black-winged Stilts, with at least four birds incubating. There were probably several more, given that some of the nests were relatively well concealed as can be seen on the picture below. Checklist here.

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Black-winged Stilt / Echasse blanche

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Staying on our swamp theme, here are a few more pictures from the Easter weekend which we spent at Zebrabar at the Langue de Barbarie national park. The Saint Louis STEP (sewage farm) was even more smelly than usual, but as always held some good birds such as this River Prinia and Greater Painted Snipe, two species that were also encountered at Trois-Marigots.

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River Prinia / Prinia aquatique

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Greater Painted Snipe & Wood Sandpiper / Rhynchée peinte & Chevalier sylvain

 

Finally, I should mention that Vieux recently found Senegal’s 6th or 7th Lesser Jacana, more precisely at the Lampsar lodge on March 16th. He’d found the previous one just last summer during a waterbird count near Ross Bethio on July 15th. The species is probably a fairly regular yet scarce visitor to Senegal, but its precise status is yet to be defined. Once again Vieux shows that he’s one of the most skilled – and most active – birders in the country!

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Lesser Jacana / Jacana nain, Lampsar, March 2019 (V. Ngom)

 

 

 

 

Iberian Chiffchaff in West Africa

We’re continuing our little series on the status of some lesser known passerines that spend the winter in Senegal. This time round we’re looking at Iberian Chiffchaff (Pouillot ibérique), yet another drab songbird that can be tricky to identify unless of course it’s singing. We won’t go much into its identification in this post; a lot has been written on the topic, though unfortunately the standard West Africa field guides lack sufficient detail and may oversimplify the matter somewhat. In addition, few if any of the local guides really know how to identify the species in the field, and not all visiting birders pay much attention to these LBJs.

There are a few subtle differences in plumage, but generally it’s not easy to identify these birds on plumage and “jizz” alone..  so maybe it’s useful after all to summarise key characteristics here. Lars Svensson, in what is still one of the main reference papers on Iberian Chiffchaff identification (2001), neatly listed the following field characters in comparison with Common Chiffchaff:

  1. As a rule, the entire upperparts of ibericus are purer moss green than on Common Chiffchaff, lacking the brown tinge on crown and mantle usually present in collybita in freshly moulted plumage in early autumn a very slight brownish tinge can be found on the greenish upperparts of some Iberian Chiffchaffs
  2. More tinged yellowish-green on sides of head and neck, and has no buff or brown hues at all, or only very little of it behind the eye and on ear-coverts. The breast is whitish with clear yellow streaking
  3. Typically, has vivid lemon yellow undertail-coverts, contrasting with a rather whitish centre to the belly
  4. Supercilium on average more pronounced and more vividly yellow, particularly in front of and above the eye
  5. On average, the legs are a trifle paler brown on Iberian than on Common Chiffchaff, though many are alike
  6. Bill is very slightly stronger [though I find this one of very little use in the field!]
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Iberian Chiffchaf / Pouillot ibérique, Gandiol, 31 March 2016 (BP). Note yellowish supercilium, undertail and flank streaks, dull greenish upperparts, pale brown legs, whitish belly, and apparently also pale bill base

 

Clearly these are mostly subtle differences and when identifying on plumage alone, a combination of characters should typically be used. Confusion with Willow Warbler is not unlikely, even by experienced birders, and I’m assuming that at least some Iberians are noted as Willow Warbler, especially in mid-winter in northern Senegal when Willow Warbler should in fact be rare, as it winters chiefly in the forest zone further south. The longer wings, pale underparts and paler legs can indeed result in striking similarities between Willow and Iberian. A good pointer to separate these two is that the latter typically dips its tail while feeding, whereas Willow, Warbler characteristically flicks its wings while moving its tail sideways.

The two pictures below were taken by Frédéric Bacuez near Saint-Louis, on 18.4.16 (top) and 20.1.13 (bottom), and while it’s probably impossible to be certain, I do tend to believe these are Iberian Chiffchaffs.

 

Bango, April 2016 (© F. Bacuez)

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Iberian Chiffchaff or Willow Warbler? I tend to think it’s an ibericus (© F. Bacuez)

 

The vocalisations on the other hand are far more reliable and are indeed always ideal in order to confirm an Iberian Chiffchaff, particulary the song. While there’s some variation and there may be some “mixed singers”, the difference with Common Chiffchaff is usually obvious (though maybe a bit less so on this one from Wassadou). It’s worthwhile pointing out though that besides the quite distinctive song, a good yet undervalued criterion is the call of the species – see this nice summary on the Turnstones blog (and also Collinson & Melling 2008, who state that the call “in sharp contrast to that of Common Chiffchaff, is downwardly inflected, from 5 to 3 kHz, transcribed as ‘piu’ or ‘peeoo’, perhaps reminiscent of the call of Siskin” – now compare with my recording from Technopole (same bird as in the song recording): I wouldn’t say this sounds like a Siskin – and even less like a Bullfinch! – and at 3.5-6 kHz the frequency is clearly a bit higher as can be seen on the sonogram below (click to enlarge).

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Status & Distribution in Senegal

Up to not so long ago, most authors considered Iberian Chiffchaff to be a resident or partial migrant, mostly due to lack of reliable identification criteria at the time. Svensson (again!) provided the most comprehensive overview of our knowledge of the wintering areas in his 2001 paper, concluding that it is “a long-distance migrant which winters primarily in tropical Africa“. This assumption was however based on very few specimens and even fewer reliable field observations. One of these is of a bird “singing like an Iberian Chiffchaff” by Yves Thonnerieux from northern Ghana, and the only two specimens from wintering grounds are from Mali in 1932 (Segou) and 1955 (Bamako); both were found by Svensson in the museum of natural history in Paris (MNHN). A third specimen was collected in January 1955 in Tunisia, suggesting that some birds may winter north of the Sahara; Svensson also showed that the species is present during spring migration in Morocco (at least late March – early April).

With increased “observer awareness” and better reporting systems, recent years have seen a clear increase in field observations from West Africa, described further below. Combined with the absence of any winter records from the Iberian peninsula, I think it’s quite well established now that indeed most if not all Iberian Chiffchaffs winter south of the Sahara.

To further refine its status in West Africa, we turn to our usual suspects: Morel & Morel  provide a single record, presumably obtained by themselves, of a singing bird at Richard Toll on 22-24.2.87 (this is probably the unpublished record “from tropical Africa” that Svensson refers to). This can safely be assumed to be the first published record for Senegal; identification was apparently largely based on song since they write that they compared the song with recordings by Claude Chappuis. It’s quite easy to miss out on this observation though, as ibericus (or brehmi as it used to be known) is only referred to in the annex of Les Oiseaux de Sénégambie (1990), as their sighting was obviously too recent to be included in the near-final manuscript of their book. Of course, the species was at the time still considered to be “just” a subspecies of Common Chiffchaff. Rather curiously, the Morels refer to a significant proportion of Scandinavian Common Chiffchaffs (ssp. abietinus) – up to half! – though we now know that these populations tend to winter in eastern Africa, heading in a south-easterly direction in autumn. Could it be that these were actually Iberian Chiffchaff rather than abietinus?

Moving on, Rodwell and colleagues (1996) refer to three records of calling (singing?) birds in the Djoudj NP in Jan 1990, Jan 1991 and Feb 1992. Sauvage & Rodwell (1998) do not provide any additional records: up to the mid-nineties, ibericus was obviously still considered a rare to scarce winter visitor to northern Senegal. More than a decade later, Borrow & Demey still consider the species’ distribution in Senegal as “inadequately known”, and their map only shows the lower Senegal valley.

As is the case with quite a few other little known taxa that were recently elevated to species rank – think Moltoni’s Warbler, Seebohm’s Wheatear, Atlas Flycatcher – these past few years our knowledge has greatly increased, and it is clear that Iberian Chiffchaff is indeed quite frequent in northern Senegal. Recent reports mainly come from the Djoudj NP – obviously a key wintering site, with decent densities – and from around Richard Toll and Saint-Louis (e.g. Bango, Trois-Marigots, Langue de Barbarie, and see picture above). There are however a number of recent records elsewhere that suggest that the species is more widespread: last winter I was lucky to find a singing bird at Technopole which is thought to be the first record from Dakar; there are also a few reports from the Somone lagoon, though not sure that these are reliable (I have suspected the species here before, but never been able to confirm based on call or song). Rather intriguingly, the species was also seen several times along the Gambia river at Wassadou these past two years: first in December 2017, then more than two months later at least one singing bird that we found on 24.2.18, and again this winter (7.1.19). Finally, another singing bird was reported near Kounkane, Velingara, on 28.1.18 (G. Monchaux) – to our knowledge the first record from Casamance. The observations in these southern locations suggest that the species is more widespread and that it can turn up anywhere in Senegal.

In Mauritania, it appears that up to recently the only records were obtained during extensive field work conducted by the Swiss Ornithological Station, with several birds captured both in spring and in autumn 2003 (Isenmann et al. 2010). There are several more recent reports from around Nouakchott mainly, presumably of birds passing through. In addition to the two aforementioned specimens from Mali, the only other record from that country that I’m aware of is of a singing bird that I recorded in a hotel garden in Bamako, where it was singing for at least a week in January 2016. Burkina Faso should also be part of the regular range, though there again there are just a couple of records, most recently a singing bird reported by van den Bergh from the Bängr-Weeogo park in Ouagadougou in December 2011.

The Xeno-canto range map, which is largely based on BirdLife data, is probably the most accurate when it comes to the winter range (though not for the breeding range, the species being absent from most of central and eastern Spain). It should also include all of northern Senegal, or at a minimum, the lower and middle river valley, particularly the Djoudj NP which is omitted from the map below. I’m not sure that the species has been reliably recorded from Gambia even though there are several unverified observations on eBird. Further north, there are several winter records from Western Sahara between early December and early February, mainly at coastal sites (Bergier et al. 2017), suggesting that not all Iberian Chiffchaffs cross the Sahara. Spring migration is noted from mid-February to mid- or end of April.

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Iberian Chiffchaff should be present in Senegal and generally throughout its winter quarters from about October to early or mid-April; the earliest observation I could find is one of a bird reported singing east of Richard Toll on 27.10.15. A Danish group reported two birds in Djoudj in early November 2017, but other than that almost all records are from December – February during the peak orni-tourist season.

Paulo Catry and colleagues (including our friends Miguel and Antonio!) showed marked differential distance migration of sexes in chiffchaffs, with females moving further south than males. Their study did not distinguish between Common and Iberian Chiffchaff, but because south of the Sahara (Djoudj mainly), sex-ratios were more male-biased than predicted by a simple latitude model, their findings suggest that among the chiffchaffs wintering in West Africa, a large proportion is composed of Iberian birds, providing further support that these birds are long distance migrants. The ringing data from Djoudj also showed that chiffchaffs display differential timing of spring migration, with males leaving the winter quarters considerably earlier than females [typically, male migrant songbirds arrive a little earlier on the breeding grounds than females, presumably so they can hold and defend a territory by the time the females arrive].

Finishing off with some essential ibericus reading…

 

 

 

 

Status & Distribution of Seebohm’s Wheatear in Senegal

This is the second part of a review of what we know about Seebohm’s Wheatear in Senegal, the first part covering its identification in autumn and winter. As already mentioned in that piece, this species has a pretty restricted range, breeding only in the Middle and High Atlas of Morocco and Algeria, generally above 1500 meters asl. Until fairly recently it was considered more of an altitudinal or short-range migrant, but it’s clear now that it’s actually a medium-range “total” migrant (i.e. all populations tend to migrate away from breeding grounds – not surprising given that much of it is covered in snow during winter!).

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm m. ad. on breeding grounds at Oukaimeden (Morocco), April 2018 (© F. Bacuez)

 

The non-breeding range of “Black-throated Wheatear” is given by the Handbook of the Birds of the World Alive as “West Africa (mainly SW Mauritania and Senegal to W Mali, occasionally in S Morocco)”. However, the HBW range map is rather incorrect: all regions of Senegal and Gambia and even Guinea-Bissau are included, although as far as I know the species has never been reported from the latter two countries. The same applies to Guinea and Burkina Faso which are also partly included in the range. Let’s hope that this will get corrected soon – the HBW species page of this newly recognised taxon (formerly considered a subspecies of Northern Wheatear) was only fairly recently published online, and is obviously work in progress.

The winter distribution in Shirhai & Svensson (2018) on the other hand seems more accurate, though perhaps a bit too conservative in that it includes only a very small part of western Mali. Judging by the data available on the Biodiversité Al-Maghrib portal, it’s clear that some birds winter may further to the north, much closer to the breeding grounds. Indeed, there are several observations from southern Morocco and from the Western Sahara from December-February, and it’s easy to imagine that it’s rather beneficial for these birds if they can avoid crossing the Sahara. There are also a few recent records from the Adrar region in Mauritania, e.g. this one and this one by Wim van Zwieten and friends seen at the end of December last year, suggesting that this area may also be part of the species’ winter range.

The Shirihai & Svensson map is most likely largely based on a paper on Seebohm’s Wheatear in West Africa by Förschler and colleagues (2008), which to date gives the most comprehensive overview of our knowledge of its wintering grounds in the Sahel, following field work they undertook in western Niger, Mali and Mauritania combined with a review of published data. They note that “although seebohmi was previously thought to be a resident or only a partial migrant by some authors, it is now considered a true migrant, with the majority of the population leaving Morocco and Algeria in winter. Browne (1982) found a major wintering area, roughly estimated to hold at least 50,000 individuals, in the eastern part of south-west Mauritania […].” They also refer to three more southern records from Djoudj NP (mentioned by Rodwell et al. 1996), and conclude that “the majority of this taxon’s population appears to winter immediately south of the Sahara, in the Sahel zone of southern Mauritania, northern Senegal and north-west Mali between 15–18°N and 09–16°W, although its wintering grounds may range even further east, including parts of central Mali.

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Seebhm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, Atar 30 Dec 2018 (W. van Zwieten)

 

Away from its regular range, there are a few scattered records of Seebohm’s Wheatear in the Mediterranean and one from the Netherlands (April 2017), plus a couple of possible sightings from the UK: Italy (one in April 2014 in Sardinia), Gibraltar, Malta, Tunisia, and several times in the Libyan desert and even once from western Egypt. It’s also on the list of the Canary Islands, and apparently also reported from Cameroon, as per Arnoud B. van den Berg on DutchAvifauna,nl). So it’s definitely a species to have on one’s radar when encountering an unusual wheatear in western and southern Europe; I can imagine that one day a fine male will show up in spring in the Camargue, the Spanish coast or on the Balearic islands – or pretty much anywhere north of its range for that matter.

 

Status & Distribution in Senegal

In Senegal, in addition to the aforementioned Djoudj records, the species has been reported from the Richard-Toll, Dagana, Podor and Ndioum areas, and at least once from the lower Senegal valley, on 2.3.09 by Frédéric Bacuez, Ornithondar. Of course, Frédéric had already provided a comprehensive overview of the distribution of Seebohm’s Wheatear in Senegal, more precisely in this blog piece from 2016. The Morels mention several spring records (13 March – 14 April) in the middle Senegal valley as far upstream as Salde, plus one from early January 1981 near Richard-Toll seen by Alan Tye. They also report the presence on two occasions some 60 km south-east of Richard-Toll. But that’s about it: not an awful lot of records to go by! It’s quite possible that it may also be found at least occasionally in the Ndiael reserve, around lac de Guiers and into the Ferlo (e.g. Six Forages). These sites are not very often visited by birders or ornithologists, and the recent records that I came across are typically from Richard-Toll and the Podor areas, with the exception of a first-winter male at Saot (ENE of Touba), seen by J-F Blanc in January 2010. No records are known from the Grande Côte, though it’s not impossible of course that the species shows up here at least from time to time.

As can be seen from the map below, northern Senegal is on the southern edge of the species’ winter range, which may explain why most birds seen here appear to be first-winter birds. Adults, and in particularly males, may well winter further north including on the other side of the Sahara as mentioned earlier. Though it’s certainly not rare, the species seems to be nowhere common across its range in Senegal. When we toured the middle valley in January last year, we saw the species in small numbers (1-2 ind. per site) at three different locations: Bokhol, in a sparsely wooded dune depression east of Ndiayene Pendao, and at Gamadji Sare. Some sites such as the Bokhol “fores” appear to be pretty reliable, and a dedicated search would probably reveal other sites where they may be regular and maybe even locally common; in 1973 Seebohm’s Wheatear  was said to be “the most common [wheatear] species in winter in the Podor region”, while Sauvage & Rodwell refer to a total of 18 ind. seen at three locations in February 1993 in the Podor atlas square. There may of course be annual variations, possibly depending on any cold spells in north-west Africa, but obviously more data are needed (as usual!).

The majority of sightings are made between December and early March, but this is when most birders visit the country and it’s likely that Seebohm’s is regularly present at least from (mid?) October and up to early April. In Nouakchott, it’s been seen as early as the end of September (see Rob Tovey’s eBird checklist with two pictures of a fresh autumn male), but when I last visited the Podor region in early October 2018 I did not see any birds on the sites that held several wintering individuals back in January, so it seemed that they had not arrived yet at that time.

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm 1st winter m. on wintering site in northern Senegal, Jan. 2018 (B. Piot)

 

In short, the main wintering area of Seebohm’s Wheatear lies in Mauritania, northern Senegal and NW Mali, on the edge of the Sahara and in the northern Sahel zone. It is a regular winter visitor to northern Senegal, being scarce locally fairly common along the middle Senegal Valley, from October/November to March or early April.

The main winter range in West Africa should look something like this, though it possibly extends a bit further south in Senegal and further east along the Mauritania-Mali border. And as mentioned already, some birds may winter in southern Morocco and in the adjacent Adrar region of Mauritania, as well as along the coast north of Nouakchott: the below map may well need to be adjusted as such – comment welcome, as usual.

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Approximate extent of main winter range of Seebohm’s Wheatear / Etendue approximative de l’aire d’hivernage du Traquet de Seebohm

 

Habitat

While its habitat in summer essentially corresponds to Alpine meadows with rocks and stone structures, usually devoid of any trees, in winter the species may inhabit light Sudano-Sahelian woodland, at least along the Senegal valley. Elsewhere, particularly further north in Mauritania, it probably occurs mostly in more open habitat. The Bokhol forest just east of Dagana seems to be a reliable place to find Seebohm’s Wheatear: it is comprised of a mix of Acacia, Balanites aegyptiaca and other trees growing on sandy soil with little or no undergrowth. Indeed, most of the winter range of the species is heavily overgrazed anyway, and away from the floodplains there is generally very little vegetation cover… the picture below gives an impression of the the sad state of what remains of northern Senegal’s “forests” – a very liberal concept here at these latitudes.

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Foret de Bokhol – typical lightly wooded habitat of Seebohm’s Wheatear in northern Senegal

 

We’ve also encountered the species on several occasions at Gamadji Sare, where part of the area is also made up of light woodland, not dissimilar to Bokhol, though less mature. Some birds here were seen in more open areas, including right by the bank of the Doué river where this picture was taken:

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm f. (prob. first winter), Gamadji Sare, Jan. 2018 (B. Piot)

 

In much of its range, the species is cohabiting with Northern (ssp. oenanthe and probably also libanotica), ‘Greenland’ (leucorhoa) and Isabelline Wheatear, probably locally also with Black-eared and Desert Wheatears though the latter two species are typically very scarce in Senegal it seems. Heuglin’s Wheatear is also possible in winter in northern Senegal, but it’s much rarer and was added to the national list only recently, following a record in the Djoudj NP in January 2007 (and was found breeding even more recently in the Kédougou region).

 

A brief etymology¹ of Seebohm’s Wheatear

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Noël Mayaud’s illustrations of Oenanthe oenanthe seebohmi (1951!)

The HBW Alive lists this taxon as Black-throated Wheatear, another rather boring and unimaginative English name. I’ll stick to Seebohm’s. Alternatively, Atlas Wheatear would be a pretty good one as it nicely highlights the restricted breeding range of the species; this name is already in use in Spanish and German, and no doubt in other languages.

But actually, why Seebohm’s Wheatear? Tim Birkhead – author of (at least) two great books, The Wisdom of Birds and Bird Sensewrote about Henry (or should it be Harry?) Seebohm, a 19th century British industrial and ornithologist, most famous for his fieldwork in Siberia. Which doesn’t really explain why our wheatear from the Atlas goes by his name… enter Charles Dixon, who formally described the taxon in 1882 based on a specimen from the Algerian Atlas. A contemporary of Seebohm, Dixon collaborated on Henry Seebohm’s British Birds opus, so I think it’s safe to assume that Dixon named his newly described chat in honour of his friend. 

The term “wheatear” apparently comes from “white” and “arse”, referring to the prominent white rump found in most species.

 

¹ Etymology is the study of the origin of words and the way in which their meanings have changed throughout history. Applied to vernacular and scientific bird names, this comes down to retrieving the origins of these names.

 

Thanks once again to Frédéric Bacuez and Wim van Zwieten, and now also to Jérémy Calvo for making available some of their pictures from Mauritania and Morocco

SeebohmsWheatear - Oukaimeden - April 2018 - © Photo par Jérémy Calvo, DSC_8452-2 - small

Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm m. ad. on breeding grounds at Oukaimeden (Morocco), April 2018 (© J. Calvo)

 

 

Identification of Seebohm’s Wheatear in Senegal

Last winter, I had the chance to have a closer look at a species that is relatively little-known, particularly on its wintering grounds: Seebohm’s Wheatear, a former subspecies of Northern Wheatear that was fairly recently (though long overdue it seems) recognised as a full species by many authors, though surprisingly not yet by IOC. These neat little birds have a pretty restricted breeding range, only occurring in the Atlas mountains of Morocco and Algeria. A couple of years ago I had the chance of seeing these birds for the first time, more precisely in May on their breeding grounds at Oukaimeden, birding  hotspot incontournable of the Moroccan High Atlas. As such it was particularly nice to meet up with them on their Sahelian wintering grounds a few months later, during our memorable trip up north in January 2018.

Wheatears can be tricky birds to identify, with several species often posing a bit of an ID challenge, and Seebohm’s is no exception. However, nothing much has been written about the identification of first-winters and adults in non-breeding plumage¹, and depictions in standard field guides may be misleading or even incorrect. In an effort to further our knowledge of the species, we thought it may be useful to summarise what we know based on our limited experience with Oenanthe seebohmi in the field here in Senegal, combined with a brief study of available pictures. Note though that by no means is what follows necessarily a comprehensive overview; additions and corrections are most welcome as usual.

A second blog post will focus on the status & distribution of the species.

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Identification in winter

While straightforward to recognise in spring, Seebohm’s Wheatear on its Sahelian wintering grounds can be difficult to identify, mainly because they may superficially resemble Desert or Black-eared Wheatear, while young birds and some females may look like Northern Wheatear. We’ll start by reviewing field characters as found in the most relevant literature: mainly the excellent Robins and Chats (Clement & Rose 2015), Nils van Duivendijk’s Advanced Bird ID Guide (2010), and the recently published seminal reference guide by Shirihai & Svensson (Handbook of Western Palearctic Birds: Passerines, 2018). Let’s see how these can be applied to some of the pictures of presumed Seebohm’s taken in winter.

  • Size & overall impression are very similar to Northern Wheatear, though it is slightly smaller than that species – something that’s not necessarily obvious in the field unless maybe in direct comparison to nominate Northern; it’s clear though that Seebohm’s definitely doesn’t look larger than Northern as is the case with ‘Greenland Wheatear’ (= ssp. leucorhoa) where the size difference is usually obvious in the field.
  • Structure is typical of wheatears and does not appear to be very different from Northern either; the wing is supposedly slightly shorter, though this is not really obvious in the field, several of the pictures presented here actually show rather slender long-winged birds with an important primary projection, rarely giving a more compact appearance. On most pictures presented here we can however verify that the primary projection is slightly less than the length of exposed tertials (Shirihai & Svensson).
  • The bill and tail are said to be “rather longer” than Northern, but these differences are again likely of little use in the field, and I’d imagine that there’s some overlap between species – more measurements on museum skins are likely needed to confirm this.
  • In all plumages, the black terminal tail band is narrower than in Northern Wheatear (on outer tail feather, ca. one third of the length of the feather is black), though yet again this is not a very useful field character unless good pictures of the tail are obtained.
  • Another key difference is that the underwing coverts are entirely black in males, while in females there are pale streaks on dark underwing coverts, unlike in Northern.
2018 02 12, 13h07. Traquet de Seebohm. Forêt de Bokhol. © Photo par Frédéric Bacuez, IMG_9431 (2)+ - small

Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, Bokhol, Feb. 2018 (F. Bacuez) showing blackish underwing coverts.

 

Adult and second-year males are generally straightforward to identify in autumn and winter, when they largely retain their distinctive head pattern, only to a limited degree obscured by pale fringes, combined with very pale underparts and “largely greyish or slighly sandy-grey” upperparts. As a result, adult males should be easy to pick out in autumn and winter, despite not showing the crisp black/grey/white plumage typical of spring males. Still, they remain very distinctive and are unlikely to be confused with any other species, such as this one from the end of March on wintering grounds in southern Mauritania, photographed by the late Robert Tovey (Birding for a lark blog):

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, m. ad. in spring, Aleg (Maurtiania), 31 March 2018 (© R. Tovey). Note pale buff undertail and lower vent, but otherwise white underparts

The two birds below were photographed in Nouakchott by Rob Tovey, at the end of September and mid-October, respectively. Both are clearly males, and while not very grey, I believe both are 1st year birds (note moult limit on first bird). However, ageing of these birds “requires close inspection of moult and feather wear and pattern in wing” (Shirihai & Svensson) and is often not straightforward – more on this below. This bird on Afbid from January near Richard-Toll, photographed by Nik Borrow, clearly shows an adult-type male, with a largely grey crown, mantle and scapulars.

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, m. ad. in autumn, Nouakchott (Maurtiania), 23 Sept. 2017 (© R. Tovey). Note cold colours, grey & pale brown back, slender appearance, very pale underparts and longish pointed bill

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, m. in autumn, Nouakchott (Maurtiania), 15 Oct. 2016 (© R. Tovey). Fairly similar bird to the previous one but browner and less marked on chin and throat.

 

There appears to be some confusion about the plumage of adult females in the literature, with some authors only mentioning that adult females have a “(dark) grey mottled throat” (van Duivendijk), whereas Svensson in the Collins Bird Guide writes that “females and imm. are often inseparable from [Northern] Wheatear unless showing hint of mottled grey throat (rare though)”. Clement & Rose provide illustrations of an adult male and a dark-throated adult female, but don’t bother illustrating typical females, nor do they show any birds in autumn and winter. They do note that females are variable, ranging from closely resembling typical females of Northern Wheatear, to showing brown ear-coverts and having black or blackish-brown lores to chin and throat tipped with buff, grey or sandy colour – thus more resembling the males in head pattern. Not very clear!

Luckily, Shirihai & Svensson are more precise, stating that adult females are “almost identical to ad. f. (and young m.) libanotica Northern Wheatear, and contrary to previous descriptions nearly always lacks dark bib.” Black- or grey-throated females are thus considered rare. They go on to describe the upperparts as “largely pale grey (with limited sandy-brown suffusion) including on crown. Usually has duskier or almost blackish lores and ear-coverts; whitish supercilium often narrow and short, hardly extending to forehead […].”

Here’s a typical female in spring on the breeding grounds at Oukaimeden, and this picture on Afbid is from May at Ifrane. Adult females in autumn are said to be much as in spring but warmer.

2018 04 24, 18h07. Oukaimeden. © Photo par Frédéric Bacuez, IMG_5214+

Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm f. at the end of April, Oukaimeden (© F. Bacuez). This bird may appear darker than usual because of the drab conditions and poor light (yes that’s snow falling there!)

 

The ageing criteria for first-winter birds, according to van Duivendijk, are as in Pied Wheatear [everyone knows these criteria by heart, right?!]: primary coverts with slightly frayed broad white fringes (ad autumn: often narrower and sharply bordered); primaries brown to brown-black often with pointed and worn tips; pale fringes to secondaries complete and cream-coloured; sometimes moult limit visible in greater coverts. There you go, just in case you’d forgotten. Ageing is thus largely based on moult limits, with first winter birds retaining juvenile primaries, primary-coverts and outer greater coverts, whereas in adults these are evenly fresh.

Back to Shirihai & Svensson, who state that first-winter males are “more female-like and rather feature-less, but still approaches fresh ad. m., having greyer upperparts and darker face with exposed black mottling especially on sides and lower throat; warmer below (Variation poorly known and requires more study)”, and that first-winter females have the “least contrasting plumage, with paler face pattern, and browner/duller ear-coverts.”

Let’s put the above to the test on some of our pictures from Senegal!

The following four photographs show three different birds from January; all are presumed to be first-winter males with varying levels of black extent on the face and throat. I initially assumed these to be adult males, but judging by the description of non-breeding males (by Shirihai & Svensson mainly) and compared to some of the pictures presented earlier on and those in Förschler et al., I now tend to label them as first-winter birds – mainly because of the overall sandy-coloured upperparts, mostly lacking grey tones. Again, keep in mind that ageing of these birds can be tricky and is not always possible! In the first bird, note the largely black throat and face appearing rather “smudged”, a fairly large white front merging into a clear whitish eyebrow extending well beyond the eye, and largely pale sand-coloured mantle and scapulars, the latter with a hint of light grey. The wings in the bird below appear relatively contrasted black and white, with extensive white fringes to the secondaries.

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, first-winter (?) male, Gamadji Sare Jan. 2018 (B. Piot)

In this picture of the same bird, the greyish scapulars and some grey mottling on the back are more apparent:

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, Gamadji Sare, Jan. 2018 (B. Piot)

This one taken earlier that same day in a different location shows a bird with less white on the chin and gives a very “cold” impression, though this is certainly exaggerated by the subdued early morning light. See also this picture of the same bird, as well as the second picture in this post (the one with spread out wings) which may well show the same bird, five weeks later in the same spot. Not sure about sex here – probably a male, but we probably can’t exclude a dark-throated female.

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, Bokhol, Jan. 2018 (B. Piot). Besides the black “smudge” on the face, note the cold colours and pure white underparts. Tentatively identified as a first-winter male.

The same goes for this one from last December, taken by Wim van Zwieten near Podor. This bird also has fairly little black on the face but extensive pale fringes to greater and primary coverts as well as to secondaries, suggesting a first-winter male, though again not sure it can safely be sexed. These birds may be mistaken for Desert or Black-eared Wheatear (the black-throated form of which sometimes occurs in Senegal, though it’s probably rare), even by experienced birders.

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Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm, near Podor, Dec. 2018 (© Wim van Zwieten)

The next bird gives a very pale impression, with uniform light sandy upperparts and a white lower breast, flanks, belly and vent. The upper breast are warmer tinged with a buffish wash extending down from the ear coverts, and so are the undertail coverts. The black or dark brown loral stripe is reminiscent of Isabelline Wheatear, but it has a narrow yet distinct supercilium both in front and behind the eye and has a different ‘jizz” and wing pattern than Isabelline. I’ve concluded that it’s a first-winter female, but as always would stand happy to be corrected. Either way, the very white underparts and pale upperparts stand out and should immediately point to Seebohm’s.

Seebohm's Wheatear / Traquet de Seebohm

Seebohm’s Wheatear / Traquet de Seebohm presumably 1st winter female, Gamadji Sare, Jan. 2018 (B. Piot).

 

Of course, identifying a female or 1st winter bird in a vagrant context is something else. While not necessarily impossible, it will require a combination of characters as well as proper photographic documentation of underwing and tail pattern in particular. There have been at least two suspected birds in autumn in the UK but which could not be confirmed as definite Seebohm’s (read up more on these tricky birds here on Birding Frontiers). The first confirmed sighting for NW Europe was of a male in May 2017 in the Netherlands, a typical case of “overshooting” by North African or Mediterranean species during spring migration. Elsewhere in Europe, the species has been reported as a vagrant from Gibraltar, Italy, Malta, the Canary Islands.

Stay tuned for part II!

 

– Bram, with thanks to Frédéric, Simon, and to Wim for the use of his picture. And most importantly, a posthumous tribute to Robert Tovey who in a short few years made valuable contributions to our knowledge of birds in Mauritania, before unexpectedly passing away in September last year. 

 

¹ Note (19.2.19): The only exception is actually a remarkable paper written by Mayaud in… 1951, in the French journal Alauda (19:88-96): Le plumage prénuptial d’Oenanthe oenanthe seebohmi (Dixon), in which the author provides a detailed description of birds in non-breeding plumage.