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La Tabaski à Palmarin

Le weekend dernier, c’était la grande fête de la Tabaski ici. Les villes du pays se vident, tout le monde rentre au village, et un demi million de moutons sont sacrifiés. Nous en avons donc profité pour s’éclipser pendant quelques jours dans le delta du Saloum, plus précisement à Palmarin où nous avons passé trois nuits dans l’agréable écolodge à Diakhanor. Petit récit en images.

D’abord les limicoles, avec ce couple de Rhynchées peintes vues dans une flaque d’eau douce dans le secteur des lagunes. De l’eau, il y en a cette année! Bien plus que l’an dernier à la même époque, au point où les quelques villages de la commune sont en grande partie inondés… L’oiseau très coloré de gauche est la femelle: le dimorphisme sexuel est inversé chez cette espèce si particulière, le mâle se chargeant de l’incubation pendant que Madame va voir ailleurs.

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Greater Painted-Snipe / Rhynchée peinte

Comme toujours, les limis sont nombreux: quelques centaines de Bécasseaux cocorlis, dizaines de variables, quelques Sanderlings, les Chevaliers gambettes, guignettes, aboyeurs, sylvains et stagnatiles, Grands Gravelots, Barges rousses et à queue noire (dont deux hollandaises avec bagues couleurs), quelques Tournepierres, un Huîtrier pie, 2-3 Courlis cendrés et beaucoup de corlieux.

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Whimbrel / Courlis corlieu

 

Chez les laridés, c’est bien sûr le Goéland brun qui domine, suivi de près par les Audouins dont une estimation grossière résulte en un total respectable d’au moins 400 oiseaux dont pas moins de 32 (!) individus bagués. La plupart sont espagnols, mais cette fois je trouve aussi trois italiens et cinq portugais. Je reviendrai sur l’évolution de la distribution de cette espèce au Sénégal dans un autre article, disposant maintenant d’une bonne centaine de données de lectures de bagues.

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Audouin’s Gull / Goéland d’Audouin & co.

 

Suite à la saison de nidification, il y a à cette époque de l’année enormement de Sternes caspiennes à Palmarin, avec par exemple environ 3’100 individus dans la lagune de Diakhanor le matin du 2/9 – et c’est sans compter les centaines voire milliers d’oiseaux dans les lagunes juste au nord de Ngallou au petit matin du 4/9, dont une partie est visible sur la photo d’en-tête.

Assez peu de rapaces sont vus: 2-3 Faucons chicqueras, un Elanion blanc, onze Vautours de Ruppell au dortoir à Ngallou, un Gymnogène le long de la route Joal – Samba Dia (où l’on voit également une Ombrette, exactement au même endroit que l’an dernier en novembre).

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Ruppell’s Vulture / Vautour de Ruppell

 

Ensuite quelques passeraux, à commencer par cette Veuve dominicaine en plumage nuptial, tout comme les autres viduidés (veuves) et les plocéidés (tisserins, euplectes). Les rectrices de cet individu sont encore en train de pousser et peuvent facilement atteindre le double de la longueur de l’oiseau.

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Pin-tailed Whydah / Veuve dominicaine

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Black-headed Weaver / Tisserin mélanocéphale

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Little Weaver / Tisserin minule

 

Deux Gobemouches noirs seront les seuls passereaux migrateurs nordiques que j’observe, dont un individu qui m’a paru assez inhabituel car présentant un plumage encore très “jeune”, étant nettement tacheté, et avec pas mal de blanc au bout des moyennes couvertures: Gobemouche noir classique, ibérique, de l’Atlas? Difficile à dire à ce stade, mais je vais essayer de creuser la matière un peu plus lorsque j’en trouverai le temps. (J’écris ces quelques lignes depuis Bamako, où il y a visiblement pas mal de Gobemouches noires en escale en ce moment!)

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European (?) Pied Flycatcher / Gobemouche noir (?) juv.

 

Pour terminer deux reptiles fort sympathiques: une femelle d’Agame des colons (ou “Margouillat“), et ce qui semble être une Couleuvre sifflante, trouvée dans un arbre de l’écolodge grâce au vacarme des Bulbuls des jardins, Souimangas à poitrine rouge et autres Barbions à front jaune.

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Agama agama

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Psammophis sibilans

Et pour une fois, on finit par un poisson… sauf erreur une espèce de la famille des Tetraodontidae, qu’on trouve assez régulièrement échoué sur les plages sénégalaises.

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Toubacouta avant les pluies

Toubacouta, enfin !

Si mon article précédent avait comme sujet les sites hors sentiers battus, celui-ci vous présente un des spots assez classiques des circuits ornithologiques, et que je n’avais jusqu’à présent pas eu l’occasion de découvrir: les environs de Toubacouta. On se trouve ici tout juste sous la latitude 14° N, soit en pleine zone de transition entre la savane sèche et les forêts guinéennes qu’on trouve au sud du fleuve Gambie. Du coup, plusieurs espèces se trouvent ici en limite septentrionale de leur aire de repartition, comme le Touraco vert (Guinea Turaco) ou encore le Loriot doré (African Golden-Oriole). Certaines remontent depuis la Casamance ou de la Gambie en saison des pluies, comme l’Hirondelle fanti (Fanti Sawwing) dont plusieurs individus seront vus lors du séjour. On est ici d’ailleurs tout proche du petit pays voisin, aberration de l’histoire coloniale: à peine 25 km jusqu’à la frontière. J’ai donc passé deux nuits à Toubacouta (ou Toubakouta), site touristique plutôt agréable surtout en cette basse saison, situé en bordure de mangrove du vaste parc national du delta du Saloum.

Arrivée le samedi après-midi après 4h de route depuis Dakar en passant par Kaolack, séance d’observation dans la brousse au sud du village en fin de journée, puis ornitho intensive quasi toute la journée du dimanche : d’abord la « palmeraie » de Sandicoly, ensuite la brousse entre Sandicoly et Sokone, sieste en début d’après-midi, incursion dans champs et vergers autour de Keur Mama Lamine, pour finir la journée dans la forêt de Sangako. Le lendemain, sortie matinale dans un autre secteur de la forêt avant de reprendre le chemin du retour, avec escales rapides du côté de Keur Wally Ndiaye et un crochet à la station de l’IRD de Mbour pour y examiner la dizaine de Fauvettes passerinnettes de la collection du centre.

Résultat des courses, quelques 145 espèces observées, dont plusieurs que je n’avais pas encore eu le plaisir de voir au Sénégal. Entre autres, cinq espèces de coucou, quatre rolliers, sept (!) martins-pêcheurs, Guêpier à queue d’aronde (Swallow-tailed Bee-eater), Grand Indicateur (Greater Honeyguide), Irrisor noir (au nid ! Black Scimitar-bill), Petit-duc africain et plusieurs Chevêchettes perlées (African Scops Owl, Pearl-spotted Owlet), un couple de Courvites de Temminck (Temminck’s Courser), Echenilleur à épaulettes rouges, Bulbul à gorge claireSpréo améthyste, Zosterops jaune, Tisserin masqué, etc. etc. (Red-shouldered Cuckoo-shrike, Yellow-throated LeafloveViolet-backed Starling, Yellow White-eye, Heuglin’s Masked Weaver)

La première sortie de terrain, en compagnie de Carlos, guide ornitho polyglotte très compétent basé à Toubacouta, nous a permis d’observer plusieurs espèces typiques du coin. Parmi celles-ci, cet Autour unibande qui s’est posé un moment dans un arbre alors que nous étions en train de suivre le manège de deux Coucous de Klaas mâles en train de s’affronter.

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Lizard Buzzard / Autour unibande

Ci-dessous: Coucou de Levaillant, Martins-chasseurs à poitrine bleue et à tête grise, Martin-pêcheur pygmée (cliquez sur les photos pour agrandir ; Levaillant’s Cuckoo, Blue-breasted, Grey-headed, African Pygmy Kingfishers) :

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Rollier à ventre bleu (Blue-bellied Roller) à l’ombre d’un palmier:

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L’étonnant Bagadais casqué (White-crested Helmetshrike) :

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Choucador pourpré (Purple Starling) :

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Pic à taches noires (Fine-spotted Woodpecker), qui semble plutot commun ici:FinespottedWoodpecker_Toubacouta_20170619_IMG_2693

Comme d’hab’ j’ai cherché à enregistrer les piafs du coin autant que possible – voir (et surtout écouter) les prises de son sur xeno-canto (lien direct ici). J’étais particulièrement content de mon enregistrement de ces deux Noircaps loriots (Oriole Warbler) chantant en duo.

Côté mammifères, j’ai eu la surprise de voir mes premiers Babouins sénégalais dans la mangrove de Sandicoly. Plus classiques, quelques Singes “rouges” (patas) et une famille de Phacochères sont vus dans la forêt de Sangako.

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Egalement plusieurs obs des deux écureuils les plus répandus au Sénégal: Ecureuil terrestre (= E. fouisseur, Striped Ground Squirrel) et – arboricole celui-ci – de Gambie (Gambian Sun Squirrel).

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La prochaine fois, on ira faire un tour dans la mangrove à la recherche du rare Onoré à huppe blanche (White-crested Tiger-Heron), Souimanga brun (Mangrove Sunbird) et autres spécialités de cette partie du delta. Rendez-vous pris pour fin novembre!

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Enfin, si vous passez à Toubacouta je vous conseille vivement de prendre contact avec Carlos, guide unique en son genre avec une très bonne connaissance de la faune locale, qui vous fera un plaisir de vous faire découvrir cette partie du pays – voire au-delà, ayant parcouru une bonne partie des sites ornithos sénégalais. Me contacter si vous souhaitez avoir ses coordonnées.

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Observations faites du 17 au 19 juin

 

Palmarin 18-19/2

Another family trip to Palmarin, another report with a few interesting observations and some pictures to share. To start, a pleasant surprise was a pair of Four-banded Sandgrouse that were flushed from an uncultivated field, then landed just a few meters away and allowed for close-up views (but alas no picture). Could they be breeding here? This is the first time, in five visits (August, twice in November, January, and now February), that I’ve seen the species in the Palmarin area or anywhere in Senegal for that matter.

The same goes for a first-winter Southern Grey Shrike which is another addition to my Palmarin list, and which is more likely a scarce or irregular winter visitor here. Typically seen in the north – Djoudj, Ndiael, Richard-Toll etc. – it is apparently scarce this far south. Even around Dakar there seem to be only a handful of records, including one at Technopole a few years ago that was found by Paul Robinson. However, Simon Cavaillès and friends regularly see the species in the Ndiafatte / Kousmar region and it’s been reported as far south as Tambacounda, but there are only a couple of records from The Gambia.

We’ll try to get back to the topic of subspecies identification in this taxon as it’s not a straightforward matter. According to what can be seen on the pictures below (on which the bird appears somewhat darker than in the field) my bird from Palmarin would fit ssp. elegans which breeds across the Sahara: pale plumage, lots of white in wing, grey rump, large size.

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Southern Grey Shrike / Pie-grièche méridionale

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Southern Grey Shrike / Pie-grièche méridionale

My second Eastern Olivaceous Warbler in Senegal was seen early Sunday morning while feeding in a tree, tail flicking and nicely showing its narrow bill and overall pale appearance. See this post for a discussion of the my first record (in French)

Numerous Common Whitethroats, a few Barn Swallows which are obviously on the move and should have started heading back to Europe. A male Whinchat was near Joal: are they already on the move, or would they winter in this area? Most of the Yellow Wagtails that were seen appeared to belong to the Iberian subspecies, such as this male:

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“Spanish” Yellow Wagtail / Bergeronnette printanière ssp. iberiae

A few OspreysMontagu’s and Marsh Harriers were around and a Short-toed Eagle was near Samba Dia, but in general not many raptors were seen. Single Grey and Common Kestrels, and also what appeared to be a family of Black-winged Kite with at least one young.

Waders were as usual well represented, though many were in distant flocks which I didn’t have the time to check thoroughly: Grey Plover, Common Ringed Plover, numerous Bar-tailed Godwits and Avocets, a single Oystercatcher, a few Turnstones and Whimbrels plus the usual Greenshanks, Redshanks, Wood Sandpipers, Common Sandpipers, hundreds of Little Stints and Curlew Sandpipers, etc.

On the local front, Bruce’s Green Pigeons, Purple Rollers, Yellow-fronted Tinkerbird and Yellow-billed Oxpeckers were around, while a few Sudan Golden Sparrows at Diakhanor were also a first for me in Palmarin. Red-billed Queleas were particularly numerous, just like in Dakar at the moment, with low thousands moving south at Diakhanor on 19/2 and several smaller flocks scattered throughout the area (though considering that this is supposedly the most abundant bird species on the planet and that they can gather in huge flocks, these numbers are still on the low side!).

Below is a small sample of some of the local birds seen during the weekend.

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Abyssinian Roller / Rollier d’Abyssinie

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Yellow-crowned Gonolek / Gonolek de Barbarie

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Greater Blue-eared Glossy Starling  / Choucador à oreillons bleus

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Red-billed Quelea / Travailleur à bec rouge

 

(Header picture by Jane Piot!)

Palmarin again

Trying to catch up with recent trips, this post will focus on our short stay in Palmarin, from Nov. 24-26, when I joined visiting friends from Geneva at the tail end of their 2-week trip. Of course I wish I could have joined them for the entire length of the trip (they saw no less than 320-ish species!) but I was already fortunate enough to spend a couple of days up North in the Djoudj and Saint-Louis, then to join them a week later in the Saloum delta.

In addition to the unexpected observation of a Buff-breasted Sandpiper, we saw a good number of other interesting species here, confirming once again the importance of the area for a vast range of both Afrotropical and Palearctic species. Among the highlights were the adult Saddle-billed Stork that I already mentioned in the previous post; a small colony of African Spoonbills with several chicks in the nest, high up in a lone baobab; the thousands of waders – an impressive 28 species including several Knot, a Grey Phalarope, and a handful of White-fronted Plovers; even more gulls (Audouin’s and Lesser Black-backed of course, but also a Kelp Gull and a Yellow-legged Gull both picked up by Bastien); Northern White-faced Owl; the usual Quailfinches; and this time round also some great sightings of the local Spotted Hyenas:

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Spotted Hyena / Hyene tachetee

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African Spoonbill / Spatule d’Afrique ad. on nest

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White-fronted Plover / Gravelot a front blanc ad. m.

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White-fronted Plover / Gravelot a front blanc, juv.?

Quailfinch was one of the species the group was particularly keen on seeing, which wasn’t all too difficult given how frequent these tiny birds are here, as long as one is in suitable habitat. Seeing them properly, and not just flying over in typical hurried fashion, was more of a challenge but we did ultimately succeed. In the process, we found two extremely well camouflaged nests, each containing several eggs.

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Quailfinch / Astrild-caille (A. Barbalat)

Quite a few vultures were encountered in the Palmarin / Samba Dia / Joal area, mostly Hooded, White-backed and Ruppell’s Vultures, but also a couple of immature Eurasian Griffons, including the one below, and a single Palm-nut Vulture.

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Eurasian Griffon / Vautour fauve imm.

In addition to the vultures, lots of other raptors were spotted: Osprey and Yellow-billed Kites of course, and Montagu’s and Marsh Harriers, Black-shouldered KiteBeaudouin’s Snake-Eagle, Short-toed Eagle, African Harrier-Hawk, ShikraGabar and Dark-chanting Goshawks, Peregrine, Barbary Falcon, Grey Kestrel, and finally Red-necked Kestrel.

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Red-necked Falcon with prey (a weaver sp.) / Faucon chicquera (A. Barbalat)

Several European passerines that spend the winter over here were found to be actively moulting (though admittedly this was seen only after studying the pictures!). In the examples below, note the fresh tail feathers and primaries that are still growing on this young Woodchat Shrike, and the regenerating primaries in the Melodious Warbler underneath.

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Woodchat Shrike / Pie-grieche a tete rousse 1st c.y.

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Melodious Warbler / Hypolais polyglotte

Just like in November 2015, several Red-throated Pipits were found, in exactly the same spot as last year. I suspect that this is a fairly localised and scarce species in Senegal, as I haven’t see them anywhere else yet. This area also held a surprise pair of Greater Short-toed Larks, a species that doesn’t usually comes this far down south (they’re regular in the north, e.g. at Ndiael fauna reserve). Along the same lines, the observation of a Tufted Duck near Diofior on 24/11 was a good record this far south in Senegal.

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Red-throated Pipit / Pipit à gorge rousse (A. Barbalat)

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Greater Short-toed Lark / Alouette calandrelle

A much more common migrant is Yellow Wagtail, mainly flavissima from the British Isles but flava and iberiae also seem to be present in Palmarin. This individual, a moulting male, had  an unusually contrasting plumage.

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Yellow Wagtail / Bergeronnette printaniere ssp. flavissima

On the local front, here’s a juvenile White-billed Buffalo-Weaver, lacking its distinctive white bill as  it’s still a very young bird, followed by a Yellow-billed Oxpecker (always a pleasure!).

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White-billed Buffalo-Weaver / Alecto a bec blanc juv.

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Yellow-billed Oxpecker / Piqueboeufs à bec jaune

This female Long-tailed Nightjar was flushed in the gardens of the Djidjack lodge (a place I’d highly recommend: friendly owners, great food, good accommodation, and a lush garden full of birds).

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Long-tailed Nightjar / Engoulevent a longue queue f.

Also there were at least two Northern White-faced Owls, a Pin-tailed Whydah (surprisingly perhaps, only my first in Senegal), the usual migrant passerines (Common RedstartWestern Olivaceous and Subalpine Warblers, but also Blackcap), Gambian Epauletted Fruit-bats, and much more.

We’ll be back!

(and finally, I can’t resist the urge to include another picture of the star bird)

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Buff-breasted Sandpiper / Bécasseau rousset (A. Barbalat)

Un bécasseau surprise

En route pour rejoindre la bande de copains suisses à Palmarin où ils concluent une tournée de 15 jours d’ornitho mémorables, je reçois un coup de fil de Cyril me disant qu’ils sont devant un Jabiru d’Afrique, posé dans une lagune. Cool, une espèce que je n’ai pas encore vue au Sénégal.

A peine quinze minutes plus tard, alors que je m’approche déjà de Joal, nouvel appel: comme si la cigogne ne suffisait pas, ils viennent de trouver un Bécasseau rousset!!

Needless to say, j’accélère un poil afin de rejoindre l’équipe sur place, et grâce à la nouvelle route goudronnée – et oui c’est ça aussi le progrès! – j’admire ce superbe limicole moins d’une demie heure plus tard…. quelle coche! C’est une espèce que j’ai toujours rêvée de voir un jour, mais je ne pensais pas que ce serait ici.

J’en oublie presque le Jabiru et le cortège d’autres echassiers présents en nombre: Flamants roses (et 4 nains) mais surtout toute une serie de limicoles – Avocettes, Becasseaux cocorlis, sanderling et minutes, Pluviers argentésGrands Gravelots, Gravelots pâtres, Gravelots à collier interrompu, Gravelots à front blanc, Barges à queue noire et rousses, …

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Buff-breasted Sandpiper / Becasseau rousset

 

Toujours présente le lendemain matin, la bête se laissera observer à faible distance, toujours occupée à se nourrir frénétiquement – un peu logique vu le long voyage depuis la toundra canadienne qu’elle a dû parcourir – en compagnie des divers gravelots et Sanderlings. Si le groupe de limis dans lequel le rousset se trouve est plutôt nerveux, après chaque envol ils reviennent dans la même zone près de la route pour se laisser admirer par sept observateurs heureux. Le soir, c’est un autre limicole arctique qu’on trouve non loin de là: un Phalarope à bec large.

Au final, le Becasseau rousset sera présent pendant au moins trois jours, soit du 24 au 26 novembre; à voir s’il aura été revu par l’équipe senegalo-hollandaise actuellement sur place à Palmarin pour le suivi des Barges à queue noire.

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Il s’agit de la deuxième¹ observation de l’espèce au Senegal, la première datant d’il y a plus de 30 ans… plus précisement du 22 avril 1985 lorsqu’un oiseau est vu au Lac Rose “sur une pelouse halophile […] en compagnie d’autres limicoles dispersés” par J. J. Guillou (Morel & Morel).

Si l’espèce est d’observation annuelle en Europe de l’Ouest, il n’en est pas de même sur le continent africain: Borrow & Demey font état d’à peine huit observations en Afrique de l’Ouest et Centrale jusqu’en 2014, dont seulement quelques données récentes: Gambie, Sierra Léone, Ghana, Benin, Gabon. Plusieurs observations supplementaires proviennent des îles de l’Atlantique Ouest au large des côtes africaines (Madère, Açores, Canaries et Cap Vert), bien plus propices à la découverte d’espèces néarctiques.

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Mes quelques photos médiocres – de bien meilleures devraient suivre dans un compte-rendu de voyage à venir – montrent tout de même assez bien les principaux critères d’identification de ce sympathique becasseau atypique: taille légèrement supérieure aux Sanderlings et gravelots (cf. photo ci-dessous), petite tête ronde peu marquée, bec noir presque droit et plutôt court (et qu’on compare parfois à un petit cigare!), pattes jaunes de longeur moyenne, corps élongé avec parties supérieures rappelant le Combattant varié.

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Ce que je ne savais pas, c’est que cette espèce etait naguère abondante en Amerique du Nord, alors qu’elle est maintenant considérée comme très peu commune, au point où elle a actuellement le statut de “quasi menacée” (NT). La raison serait la chasse importante au tournant des 19e et 20e siècles ainsi que la dégradation de son habitat sur les sites d’escale et même sur ses lieux d’hivernage, soit la pampa en Argentine. A espérer que l’oiseau de Palmarin retrouvera, d’une manière ou d’une autre, ses congénères d’ici le printemps prochain…

 

¹ Des recherches supplémentaires ont fait état de deux autres observations à Palmarin en décembre 1994, passées inaperçues jusqu’a maintenant. Notre observation constitue donc la 4e donnée pour le pays. Voir cet article sur notre blog pour les détails.

 

Delta du Saloum: Palmarin, 19-21 août

Nouvelle escapade familiale à Palmarin le weekend dernier, ma troisième visite ici en l’espace d’un an, et comme lors des passages précédents le séjour a été fantastique.

Les points forts du weekend? Surtout cette femelle d’Hyène tachetée avec ses petits vus de (très) près lors d’une sortie crépusculaire dans la réserve communautaire, ou plutôt au retour de notre excursion (en calèche!) du site d’observation habituel dont nous pensions rentrer bredouille une fois de plus… Alors qu’il fait déjà bien nuit, on aperçoit d’abord la femelle alors qu’elle se trouvait dans une flaque (pour s’abreuver?), puis au moins deux jeunes âgés peut-être de quelques semaines seulement.

Aussi quelques volatiles bien sûr: pas moins de vingt-trois espèces de limicoles, Sternes caspiennes en pagaille, quelques centaines de Goélands d’Audouin et Barges à queue noire (dont comme toujours plusieurs individus bagués), des Flamants roses et nains, au moins 5 Canards à bosse, un couple de Gymnogènes en pleine parade, deux Pipits à dos uni, etc. etc. Si les passereaux paléarctiques ne sont pas encore arrivés à cette latitude, les espèces locales sont en pleine activité, en particulier les 4 espèces de tisserins présentes ici (gendarme, tête noire, vitellin, minule) mais aussi les Euplectes vorabés et franciscains arborant leur flashant plumage nuptial. Pour le reste, les désormais classiques Colombars waalia, Barbicans de Vieillot et aussi cette fois deux Barbicans barbus (quel beau pléonasme!), Irrisor moqueur, Martinets d’Ussher, et ainsi de suite.

Je vous présente ici quelques images (cliquer sur les photos pour agrandir), et comme d’habitude mes enregistrements sont déjà sur xeno-canto. Pour plus d’infos sur la zone, voir nos précédents articles sur ce blog (novembre 2015 et janvier 2016)

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Double-spurred Francolin / Francolin à doubles éperons

A commencer par ce délicat Francolin à doubles éperons, qui pour une fois n’était pas trop craintif et a bien voulu se laisser photographier. Ce francolin est très courant dans la zone, surtout semble-t-il à cette période lorsque des petits groupes traînent un peu partout dans les zones herbacées: peut-être des familles? Et très bruyant aussi… n’hésitant pas à émettre son chant rauque et urgent à tout moment de la journée.

 

Toujours sympa de voir les deux espèces de flamants côte à côte même si les deux groupes ne se mélangent visiblement pas: au centre de la photo les Flamants nains bien roses, à droite en arrière-plan les Flamants roses plus blanches (pas très logique tout ça je l’avoue!). Le devant de la scène est occupé par quelques Sternes caspiennes, une infime fraction du nombre total de caspiennes présentes dans la zone: au moins 1850 estimées le 21/8 dans les lagunes au nord de Ngalou! Et c’est sans compter les lagunes de Diakhanor et les environs de Djiffer un peu plus au sud sur la commune de Palmarin…

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Lesser & Greater Flamingo, Caspian Terns / Flamants nains et roses, Sternes caspiennes

 

Un couple de Rhynchées peintes dans une mare au bord de la piste de Samba Dia. Photo pas très nette car prise d’assez loin et avec une lumière pas terrible, mais on y voit bien le dimorphisme sexuel marqué et inversé par rapport à la plupart d’autres espèces d’oiseaux: la femelle très colorée à gauche, le mâle plus terne à droite. C’est ce dernier qui s’occupe de la progéniture, comme c’est le cas également chez les phalaropes par exemple. Il y avait ici deux couples, avec un 5e oiseau vu près du lodge en bordure des micro-salins.

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Greater Painted-Snipe / Rhynchee peinte

 

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Black-tailed Godwit / Barge a queue noire

Ci-contre, l’une des trois Barges à queue noire dont j’ai pu relever la combinaison de bagues couleur et pour laquelle Jos Hooijmeijer m’a comme toujours très rapidement fait parvenir l’historique de vie. Il s’agit de l’oiseau “Y4RRYB”, bagué en tant qu’adulte en mai 2009 à Waast, Friesland (Pays-Bas) où il a été vu pour la dernière fois le 29 juin dernier. Si cet oiseau a souvent été vu en Espagne et quelques fois au Portugal, c’est sa première “reprise” en Afrique de l’Ouest. La deuxième barge a au moins 15 ans puisqu’elle a été baguée en tant qu’adulte dans la même région, en 2004. Vue presque chaque année aux Pays-Bas, Khady Gueye l’avait déjà repérée à Palmarin en octobre 2014. La troisième est nouvelle: elle a été équipée de ses belles bagues couleurs en avril dernier par les chercheurs hollandais dans le Noord-Holland – donc pour une fois en dehors de son bastion de la Frise – et n’avait été contrôlée qu’une fois depuis, sur le lieu de capture le 5 juin. En tout, il devait y avoir au moins 450 à 500 barges dans la zone, mais comme pour la Sterne caspienne le chiffre réel devrait se situer bien plus haut que ça! Palmarin est d’ailleurs bien connu pour être un site d’escale d’importance majeure, surtout en automne. D’ici, la plupart des oiseaux continueront jusqu’en Casamance et en Guinée-Bissau pour y passer l’hiver.

Toujours dans le même registre, j’ai pu lire les bagues de plusieurs Goélands d’Audouin espagnols. Ici les bagues portent une combinaison de chiffres et/ou de lettres, donc moins faciles à relever que les bagues couleurs comme sur les barges et d’autres limicoles, surtout lorsque les oiseaux sont un peu loin ou qu’il y a du vent. L’appareil photo peut aider, permettant souvent de confirmer (ou de corriger!) ce qu’on pense lire sur le terrain, voire de déchiffrer après-coup à l’écran. Ci-dessous quelques exemplaires, dont deux portant des bagues (66P et BDCT). Comme toujours, il s’agit d’oiseaux espagnols.

 

Si vous vous demandez encore à quoi peuvent bien servir tous ces efforts de marquage d’oiseaux, je vous conseille de lire l’article Bar-tailed Godwits: migration & survival publié tout récemment sur l’excellent blog Wadertales. C’est un bel exemple de la manière dont les reprises de bagues peuvent aider à mieux comprendre le cycle de vie, le taux de survie, les stratégies migratoires et de façon plus générale l’écologie d’espèces en déclin, en prenant le cas concret de la Barge rousse, autre espèce fréquentant la zone de Palmarin.  Ce blog très informatif a d’ailleurs déjà fait état de nos chères Barges à queue noire, plus particulièrement l’oiseau anglais qui avait séjourné début janvier au Technopôle, puis vu 4 semaines plus tard sur une rizière portugaise. Chaque lecture de bague contribue donc potentiellement un petit peu à notre connaissance des oiseaux!

Ensuite, voici un oiseau bien plus discret mais pas pour autant moins intéressant: deux Pipits à dos uni vus le long de la piste de la déviation temporaire à Joal, photographiés lors de notre retour de Palmarin. Ce n’est que ma deuxième observation au Sénégal après celle d’un juvénile vu en novembre 2013 lors d’une sortie au Lac Tanma avec Paul Robinson, et ce dans une zone où l’espèce ne doit pas être très courante puisqu’elle ne figure pas sur ce carré d’atlas de notre petit Morel & Morel (Oiseaux de Sénégambie, 1990). La différence de coloration entre les deux individus, que j’ai pris pour des adultes (plumage un peu usé et non frais comme chez un juv., qui aurait le dos légèrement tacheté), était frappante: un oiseau très clair avec les parties inférieures et le sourcil presque blancs, l’autre plus sombre avec un fond de plumage tirant sur le beige.

A propos du sourcil, même si ce n’est pas un critère d’identification utile, le nom scientifique de ce pipit est Anthus leucophrys, du Grecque leucos (blanc) et ophrys (sourcil). Comme l’indique son nom français (et anglais: Plain-backed Pipit), c’est surtout le manteau et le dos uniformes, sans stries ou taches, qui permet d’exclure d’autres espèces ouest-africaines. Le dos est généralement couvert par les ailes, mais le manteau est toujours bien visible!

 

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West African Monitor / Varan ouest-africain (jeune)

Pour finir, ce tout jeune Varan ouest-africain qui a joué à cache-cache autour de notre bungalow. Ouest-africain? Eh oui, encore un “split” récent suite à une analyse génétique poussée qui a démontré que les varans de l’Afrique de l’Ouest sont suffisamment distincts de ceux du reste du continent, le Varan du Nil, pour en faire une espèce à part entière. Comme pour l’histoire de nos chacals qui sont en fait des loups africains, il s’agit là d’un cas de diversification cryptique décrit dans le détail dans cet article de Dowell et al. (2016) qui recommandent la reconnaissance des Varans d’Afrique de l’Ouest sous le nom de Varanus stellatus (Varan étoilé?). A l’opposé, le Varan orné V. ornatus est considéré comme synonyme du Varan du Nil et serait “seulement” un morphe phénotypique (disons une variante), dominante dans la zone forestière du continent.

 

 

Palmarin, 29-30 janvier

Nouvelle escapade à Palmarin, cette fois pour y rejoindre les copains ornithos suisses venus visiter le Sénégal et faire un bout de route ensemble. Je retrouve Boris et Jérôme donc le jeudi soir à l’écolodge de Palmarin situé entre les villages de Diakhanor et Djiffer. Ils ont bien sûr plein de choses à me raconter et des observations mémorables à partager après un périple de deux semaines à la poursuite d’hivernants venus d’Europe. Après leur bref passage à Dakar, ils viennent de passer une dizaine de jours en brousse, d’abord du côté de Sindiara pour le dortoir impressionnant de Tourterelles des bois (quelques dizaines milliers d’oiseaux!), ensuite du côté de Khelcom pour les dortoirs à Busards cendrés, avant de partir sur l’île de Kousmar (dortoir énorme de Crécerellettes et Élanions nauclers). Comme ça fait envie ! Au moins j’ai donc la chance de pouvoir les rejoindre ici à Palmarin pour explorer cette partie du delta du Saloum ensemble.

Le lendemain matin on est debout avant l’aube pour attaquer une journée d’ornitho bien chargée : un tour à pied dans les alentours du lodge, une balade en pirogue dans la mangrove, une tournée dans les lagunes au nord de Ngalou, et enfin une virée en charrette dans la réserve communautaire de Palmarin en fin de journée. Une bonne douzaine d’heures d’observation plus ou moins non-stop, dans des supers coins que j’avais bien envie d’explorer encore suite à notre premier passage il y a deux mois : quel régal !

Où commencer ? Peut-être par l’impressionant Héron goliath dont on aperçoit deux individus dans la mangrove, les quantités impressionnantes de laridés et de sternes dans les lagunes, ou encore le spectacle des bécasseaux dans les lagunes. De ces derniers, il y en a  probablement plus de 2000 individus, essentiellement des sanderlings mais également pas mal de minutes, des cocorlis et quelques variables. Pendant qu’on les observe, un Faucon pèlerin (un calidus?) tente sa chance… et pour cette fois rate sa piquée mais l’envol des limicoles est spectaculaire. Les rapaces sont d’ailleurs bien représentés dans le coin : si les Busards cendrés et des roseaux parcourent méthodiquement les plaines, un Circaète Jean-le-Blanc ne fait que passer brièvement ; on croise deux fois le Gymnogène, un Vautour africain tourne au loin, les Balbuzards sont bien sûr au rendez-vous, et des Faucons crécerellettes sont vus çà et là.

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Bécasseau minute / Little Stint

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Bécasseau cocorli / Curlew Sandpiper

Motivé par nos lectures de bagues sur les Barges à queue noire au Technopole et sachant que la région de Palmarin constitue un site d’escale important pour cette espèce, j’espérais retrouver encore des individus bagués. Ce n’est pas le cas : aucune queue noire à l’horizon ! Sans doute passent-elles plus de temps dans la région en automne avant de continuer dans les sites d’hivernage de la Casamance et de Guinée-Bissau, et à cette date de nombreux individus ont déjà entamé leur migration prénuptiale, réputée bien plus rapide et avec moins d’escales que celle d’automne. Par contre, la Barge rousse est en ce moment assez commune dans les lagunes autour de Diakhanor, avec plusieurs dizaines d’oiseaux vus répartis en quelques groupes. Surprise : un individu est bagué en couleurs, visiblement issu d’un programme de baguage hollandais. Mais d’où vient-elle ? Du Grand Nord en tout cas, au-delà du Cercle polaire en Scandinavie voire en Russie. J’espère en avoir la réponse bientôt [malheureusement cet individu a perdu une bague, donc impossible de connaître son origine]. Les Goélands bruns, Goélands railleursMouettes à tête grise et Sternes caspiennes sont pour la plupart soit trop loin, soit posés dans l’eau, donc peu d’opportunités pour rechercher encore des individus bagués (la seule lecture faite est celle d’un railleur très probablement local).

En plus des nombreux limicoles, sternes et autres laridés venus du Nord, le coin est bien riche en migrateurs paléarctiques: Coucou-geai, Huppe fasciée (dont une senegalensis), Bergeronnettes printanières (essentiellement des flavissima et iberiae sembe-t-il) et grises, Hypolaïs polyglotte et obscure, Pouillot de Bonelli, Rougequeue à front blanc, Rossignol philomèle, Fauvettes passerinette et grisette, Pie-grièche à tête rousse. Notamment cette dernière espèce est particulièrement nombreuse. Pour compléter ce tableau, mentionnons encore les Martinets pâles vus en migration active dans la matinée, déjà en route pour leurs sites de nidification.

Chez les locaux, on note entre autres le Martin-chasseur strié, deux fois deux Martinets d’Ussher, les Astrild-cailles, les Piquebœufs à bec jaune, le Rollier varié et autres Gravelots pâtres.

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Gravelot pâtre / Kittlitz’s Plover

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Astrild-caille à face noire juv. / African (Black-faced) Quailfinch

 

Le moment le plus mémorable de ce séjour est sans aucun doute la visite crépusculaire de la réserve de Palmarin. Rejoints par Pierre Baumgart, une autre vieille connaissance en visite depuis la Suisse, on part en charrette jusqu’au point d’observation des hyènes, où l’on se pose pour attendre la sortie de cet animal énigmatique. C’est là que commence un défilé d’oiseaux de toutes sortes pendant plus d’une heure, un mélange bien sympa d’hivernants et de résidents : Élanion blanc, Bergeronnette printanière, Hypolaïs polyglotte, Rollier d’Abyssinie, Calaos à bec rouge et à bec noir, Guêpier de Perse, Hirondelles de fenêtre, de Guinée et rustique, Martinets des palmiers, Coucal du Sénégal, Tchagra à tête noire, et ainsi de suite. Les Perroquets youyou se font de plus en plus bruyants et ont visiblement un dortoir dans le coin, car on dénombrera plus de 30 individus. Mais surtout, quel plaisir de voir nos deux artistes à l’œuvre, le carnet de dessin dans une main, le crayon dans l’autre, le regard attentif sur les oiseaux qui se posent devant nous.

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Pierre, Boris et Jérôme à l’oeuvre

 

Le retour de ce coin bien sympathique se fait de nuit, et avant de déposer Pierre aux Collines de Niassam on a la chance de voir une Mangouste à queue blanche. Belle observation aux phares de la voiture d’une bête qui nous était inconnue et dont la taille est vraiment impressionnante pour une mangouste. Et les hyènes ? Pas vues, mais ce n’est pas grave, ce sera pour une prochaine fois… peut-être. Par contre les Chacals dorés – ou plutôt devrais-je dire les Loups d’Afrique comme il a été récemment démontré par analyse génétique – sont au rendez-vous : on les entend à la tombée de la nuit, et on en voit un de jour passant tranquillement au bord d’une des lagunes.

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Piqueboeuf à bec jaune / Yellow-billed Oxpecker

 

On en remet une couche le samedi matin lorsqu’on part explorer une autre partie de la réserve, mais bientôt il est déjà temps de repartir sur Dakar… En partant on fait quelques arrêts-minute au gré des oiseaux aperçus en bord de route, ce qui nous permet d’ajouter quelques espèces à la liste, notamment autour d’une mare juste au sud-ouest du village de Samba Dia : Jacana d’Afrique, 3 ou 4 Ombrettes et quelques Vanneaux du Sénégal.

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La mare près de Samba Dia

 

Une dernière escale au Technopole permet à Jérôme de boucler la boucle entamée ensemble deux semaines plus tôt, avant de repartir en Gruyère le soir même. Boris, je le retrouverai dans 10 jours lors de son retour du Niokolo-Koba et de Kédougou !