Archive | Satus & Distribution RSS for this section

Technopôle numéro 221…

…un Phalarope à bec étroit!

Je m’attendais bien à voir un Phalaropus un jour au Technopole, mais je pensais logiquement que ce serait celui à bec large, dont la présence au Sénégal et particulièrement à Dakar n’aurait rien de vraiment exceptionnel puisqu’il est régulier en tout cas lors du passage d’automne. De temps en temps, le Phalarope à bec large se montre dans les lagunes et marais salants un peu à l’interieur des terres, comme p.ex. en novembre dernier à Palmarin. Son cousin à bec étroit par contre est une vraie rareté en Afrique de l’Ouest… inutile de dire donc que j’étais bien content quand je me suis retrouvé devant un des ces oiseaux, de surcroît en plumage nuptial. La derniere fois que j’ai vu un phalarope nuptial c’était en… mai 1995 lorsqu’une femelle avait fait escale dans mes terres natales, près d’Anvers.

RedneckedPhalarope_Technopole_20170423_IMG_1657

Red-necked Phalarope / Phalarope à bec étroit

La photo ci-dessus est prise à bonne distance (80-100m?), avec le zoom digital poussé au maximum… mais on reconnait bien l’oseau: plumage gris/blanc à l’exception de la bande marron partant de derrière l’oeil et descendant par les côtés du cou vers les flancs, contrastant avec la gorge blanche; même à cette distance on distingue le bec fin et assez long. Lors de ses quelques nerveux deplacements en vol, j’ai pu voir la barre alaire étroite mais assez nette. Il s’agissait probablement d’un mâle car la coloration ne me paraissait pas très vive (les phalaropes font partie des rares espèces d’oiseaux dont la femelle a un plumage plus coloré que les mâles). Mais apparemment il est aussi possible que ce soit une femelle de 2e année, car certains individus acquièrent déjà leur plumage nuptial lors de leur 1er été – difficile donc d’en dire plus à cette distance.

Curieux d’en savoir plus sur son statut dans le pays, j’ai fouillé les sources habituelles… mais n’ai trouvé que quelques mentions d’apparitions du Phalarope à bec étroit au Sénégal:

  • Morel & Morel ne mentionnent qu’une seule donnée, de “8 sujets à l’embouchure de la Somone, 9 déc. 1983 (A. Dupuy)”. La localité, la date, et surtout le fait qu’il y avait huit individus ensemble, plaident bien plus en faveur du Phalarope à bec large. En l’absence de documentation mieux vaut donc ne pas prendre en compte cette observation ancienne.
  • Sauvage & Rodwell incluent deux observations bien plus plausibles dans leur mise à jour de 1998: des isolés le 30/10/91 à la Pointe des Almadies, et un le 13/4/92 au Lac Retba (=Lac Rose).
  • Un individu est signalé par un observateur de passage lors du PAOC, pendant une séance de seawatch à Ngor le 18/10/17: “1st-winter bird came in and landed just past breaking waves […]. Smaller; more dainty than Red [=Grey Phalarope] with finer bill, darker underwing in flight, less contrasting wing stripe. Appeared darker overall, even when distant and coming in” – cette obs semble donc plutôt crédible.
  • J’attends des infos pour 10 individus signalés eux aussi sur eBird par deux ornithos espagnols, il y aurait des photos… mais me semble peu probable vu l’effectif.

Et ailleurs?

En Mauritanie, il y a trois observations d’oiseaux isolés (Cap Blanc 21/10/66, Nouadhibou 7/4/80, f. nuptiale le 17/6/88 au Banc d’Arguin; Isenmann et al. 2010). Il y a une seule observation en Gambie (Banjul, octobre 1993). Ailleurs en Afrique de l’Ouest je n’ai trouvé que quelques observations: une du Niger (21/10/89), une du Tchad (22/9/14), quatre obs récentes du Ghana (janvier, juillet, deux fois en décembre). Soit moins de 15 données en tout et pour tout, c’est pas beaucoup! Plus au sud, en Namibie et en Afrique du Sud, ce phalarope est également rare, mais il y est tout de même vu assez régulièrement, peut-etre surtout grâce à une meilleure pression d’observation comparé à l’Afrique de l’Ouest et centrale.

On peut se demander si cet oiseau, et de manière générale les quelques individus observés en Afrique de l’Ouest, ne seraient pas plutôt d’origine néarctique qu’européenne, car les populations nichant en Europe passent l’hiver dans l’Océan indien, et les néarctiques se retrouvent dans le Pacifique. Notre phalarope en escale à Dakar aurait ainsi passé l’hiver de ce côté de l’Atlantique, de la même manière que les Pluviers bronzés ou Bécasseaux roussets par exemple. Et il serait donc en route de ses quartiers d’hiver en Afrique australe vers le Haut-Arctique canadien ou le Groenland (tout ça n’est que speculation bien sur – don’t quote me on this one).

RedneckedPhalarope_Technopole_20170423_IMG_1658

En tout, il y avait le weekend dernier pas moins de 21 espèces de limicoles au Technopole… le phalarope étant d’ailleurs la 37e espèce de limi vue sur le site. Les effectifs étaient assez impressionnants, surtout samedi en fin de journée: il devait y avoir au moins 600 à 700 limicoles de toutes sortes!

Parmi les plus intéressants, signalons un Bécasseau variable (Dunlin) tout seul parmi les minutes, cocorlis et sanderlings, deux Gravelots pâtres (Kittlitz’s Plover) parmi les nombreux Grands Gravelots (Common Ringed Plover), un Courlis corlieu (Whimbrel) passant en vol, cinq Combattants (Ruff) et autant de Barges à queue noire (Black-tailed Godwit; rare donnée d’avril).

Sanderling_Technopole_20170423_IMG_1651

Et surtout, les trois Pluviers bronzés (American Golden Plover) trouvés le lundi 17/4 qui étaient toujours présents samedi 22; le lendemain matin par contre je n’ai retrouvé qu’un des deux juvéniles, l’individu le plus sombre:

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170423_IMG_1643

American Golden Plover & Little Stint / Pluvier bronzé & Bécasseau minute

L’adulte continue de muer vers son plumage nuptial, ayant acquis encore un peu plus de plumes noires sur le ventre et les flancs. Difficile par contre de prendre des photos l’après-midi… les visites matinales sont bien plus propices à l’observation et la photographie des limis du Technopole: pas de contre-jour, et moins de vagues de chaleur.

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170422_IMG_1612

American Golden Plover / Pluvier bronzé

En plus de ce beau cortège de limicoles il y a toujours une bonne diversité chez les laridés en ce moment, avec sept espèces vues lors des deux visites: il reste encore quelques Goélands bruns (Lesser Black-backed Gull) immatures et encore 2 Audouins (Audouin’s Gull), ca. 250 Goélands railleurs, +50 Mouettes à tête grise et autant de rieuses (Slender-billed, Grey-headed & Black-headed Gulls), et encore une Mouette mélanocéphale  (Mediterranean Gull) le 23/4 et aussi toujours le jeune Goéland cendré (Common Gull) trouvé en février, vu le 22/4.

Egalement beaucoup de sternes et guifettes: quelques Sternes caspiennes, 30-50 hansels, plusieurs dizaines de caugeks, une dizaine de royales, une Sterne naine posée les deux jours et dix en migration active le 22/4, puis une Sterne arctique de 2e année le matin du 23/4… et de nouveau les trois espèces de Guifettes (deux Moustacs en migration active le 22/4, et au moins deux Leucoptères évoluant avec les Guifettes noires). (Caspian, Gull-billed, Sandwich, Royal, Little, Arctic, Whiskered, White-winged, and Black Terns)

Les passereaux paléarctiques semblent tous avoir quitté le site; juste encore quelques Hirondelles de rivage (Sand Martin), 1-2 Bergeronnettes printanières (Yellow Wagtail). Hier aussi au moins quatre Martinets noirs (Common Swift).

Curieux de savoir quelle sera la 222e espece!?

SpurwingedLapwing_Technopole_20170422_IMG_1621

Spur-winged Lapwing / Vanneau éperonné

More Americans in Dakar

Yesterday Wim, Theo and I visited our favourite urban hotspot once again. I hadn’t been to Technopole since April 2nd and was keen to find out what new birds were around with spring migration still in full swing.

Our Easter Monday visit proved to be pretty rewarding, mainly thanks to the presence of no less than three (!) American Golden Plovers, with a supporting cast of hundreds of other waders and of course various terns and gulls. Conditions are now really good for most waders. Besides the Black-winged Stilts (which seem to have started breeding again) and Spur-winged Lapwings, there were lots of Little Stints (100-200?), a few Curlew Sandpipers, a flock of ca. 40-50 Sanderlings that arrived from the south and settled on an islet), still quite a few Greenshanks but less Wood Sandpipers than a few weeks ago, a few Common Redshanks, singles of Common Sandpiper and Ruff, still two Avocets, only two Grey Plovers, several dozen Common Ringed and two Kittlitz’s Plovers.

As we were scanning through these waders, this bird popped in view:

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1402

GOLDEN PLOVER!

But which one?

European, American and Asian Golden Plover are all possible here, but all three are rare to extremely rare vagrants to Senegal. European was quickly eliminated based on structure alone: long legs, elongated rear due to long wings, generally slender appearance. It then flew off a short distance and landed out of sight, but luckily we saw the bird several times at fairly close range in the following two hours.

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1507

American Golden Plover / Pluvier bronzé (= P. dominicain)

While we were watching this bird, I spotted another intriguing plover in the background, though this one was a young bird (2nd calendar year) that lacked any black on its face or underparts: another golden plover!

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1460

American Golden Plover / Pluvier bronzé

And then a little while later this one: similar to the previous bird, but overall appearance was more uniform brown. This bird hadn’t started moulting its mantle or coverts yet, unlike the individual above.

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1497

American Golden Plover / Pluvier bronzé

Identification

Young birds especially can be tricky to separate from Grey Plovers, so we made sure to get good views of the underwing pattern even if structure alone – identical to the adult bird – made it clear that we were watching a total of three different Golden Plovers. Both youngsters lacked the distinctive black “armpit” patch of Grey Plover but rather showed pale grey axillaries as can be seen below.

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1525.jpg

American Golden Plover / Pluvier bronzé

We also paid attention to silhouette and structure in flight, and found that the adult bird had toes that were marginally (but clearly!) extending beyond the tail tip – a feature that’s typically associated with Pacific Golden Plover, but which appears to be variable and as such may not be highly useful. We heard at least one bird calling, a high-pitched kleeuu. No recording unfortunately… I should just have left the recorder on while we were watching these birds! At least we managed to get a few decent pictures (I took well over a hundred pics…).

In the end, after examining our pictures back home, we concluded that all three were American Golden Plovers: wings projecting substantially beyond the tail tip, tertials ending well before the tail tip, leaving at least 3-4 (5?) primary tips visible; relatively short and fine bill; the call which more closely resembled recordings of Pluvialis dominica. Supporting characteristics in favour of American are, for the young birds, the very limited amount of golden “spangling” on the mantle and scapulars; the broad whitish supercilium; the larger, more diffuse “ear spot” and prominent “loral smudge”. The very coarse mottling of the moulting adult is said to fit American better than Asian Golden Plover, and the blotches on the rear flank and on undertail coverts also point towards the Yankee origin.

AmericanGoldenPlover_Technopole_20170417_IMG_1479

American Golden Plover / Pluvier bronzé

Occurrence in Senegal

This record appears to be the 9th for Senegal, with previous eight records listed as follows:

  • 28/05/1979, one caught on the northern shores of Lac de Guiers (Saint-Louis) by Bernard Treca (Morel & Morel)
  • 10-16/10/2005, a juvenile at Technopole (Holmström et al., two pictures here)
  • 16-17/10/2006, one photographed at Ziguinchor (ABC Bulletin Recent Reports)
  • 22/11/2012, two at Lac Tanma (Thies), by Paul Robinson (detailed account and pictures here)
  • 11/02/2013, one at Diembering (Basse-Casamance), by Simon Cavaillès and Jean-François Blanc (picture here)
  • 07/03/2013, one at Lac Mbeubeusse (Dakar), Paul Robinson (details and pictures here)
  • 26/04-09/05/2015, one at Technopole, Bram Piot (ABC Bulletin Recent Reports)
  • 18/12/2016, one at Technopole, Bram Piot (see here)

The increase in number of records in recent years is interesting of course, but most likely reflects a much better observer coverage of suitable stop-over sites for waders, particularly in the Dakar area since the start of the decade. All records are from between mid-October and the end of May, and one can assume that the species is now a regular though very scarce visitor to Senegal. With records from several other countries in the subregion, American Golden Plover appears to be the most regular Nearctic vagrant to West Africa. In neighbouring Gambia, there are at least five records (1984, 1997, 2005, 2013, 2016), while the first (and so far only?) for Mauritania was in the Diawling NP, just across the border with Senegal, in February 2004 (two birds).

The only record of Pacific Golden Plover for Senegal was from mid-May in the Saloum delta, more precisely from the Ile aux Oiseaux where Wim, Simon and others saw a neat adult on 10/5/12 (see their short note in Malimbus 35, 2013, and picture below).

pluvier fauve

Pacific Golden Plover / Pluvier fauve, Delta du Saloum, May 2012 (S. Cavailles)

Back to yesterday’s sightings: in addition to the various waders already mentioned, other good birds included a Mediterranean Gull among the Slender-billed, Grey-headed and Black-headed Gulls (the latter now in low numbers only), as well as all three species of marsh tern: +10 Black, 3-4 White-winged, at least one Whiskered Tern – almost all still in winter plumage or moulting into 1st summer plumage. Also a single European Spoonbill, ca. 10 Sand Martins, but otherwise few other northern migrants.

BlackTern_Technopole_20170417_IMG_1539

Black Tern / Guifette noire

WhitewingedTern_Technopole_20170417_IMG_1543

White-winged Tern / Guifette leucoptère

WhitewingedTern_Technopole_20170417_IMG_1563

White-winged Tern / Guifette leucoptère

Never a dull moment birding in Dakar… let’s see what our next visit brings!

Combien de Vautours charognards à Dakar?

Le Vautour charognard connaît l’un des déclins les plus drastiques de tous les oiseaux africains, accusant des chutes d’effectifs impressionnants. Au point de disparaître quasiment entièrement de certaines régions! C’est le cas par exemple du Niger ou du Mali, et de manière plus globale en Afrique de l’Est et australe hors des parcs nationaux et autres espaces protégés suffisamment vastes. La généralisation de ce déclin à travers la majeure partie de son aire a récemment justifié l’inclusion de ce vautour, tout comme plusieurs autres, sur la liste rouge d’espèces menacées d’extinction dans la catégorie « CR » (en danger critique d’extinction) par BirdLife International.

Ce vautour au nom peu imaginatif (car appartenant à un groupe d’oiseaux dont quasiment tous les membres sont charognards!), aussi connu sous le nom tout aussi peu évocateur de “Percnoptère brun”, est encore relativement commun à Dakar. On les voit effectivement un peu partout survolant la ville, y compris chez moi aux Almadies, près du bureau à Sacré-Cœur, sur les lampadaires de l’autoroute ou encore le long de la Corniche entre les Mamelles et le Plateau… Il suffit généralement de scruter le ciel pendant 10-15 minutes pour en voir au moins un ou deux en train de tourner à la recherche de nourriture ou en route vers un dortoir nocturne.

HoodedVulture_HannPecheurs_20160832_IMG_5025_edited

Hooded Vulture / Vautour chargnard, baie de Hann, août 2016

Au premier abord on pourrait donc se dire que tout va bien. Et ben non… il se trouve que l’espèce a fortement régressé ici comme ailleurs sur le continent. Mais dans quelles proportions au juste ?

Depuis début 2016, Wim Mullié, Theo Peters et votre serviteur se sont intéressés de plus près au sujet, au point d’entamer des dénombrements aussi systématiques que possible et de rassembler toute information connue à propos de ce sympathique vautour. Wim en particulier a été instrumental dans la mise en œuvre de cette petite étude, qui a résulté en une presentation orale lors du congrès pan-africain d’ornithologie qui s’est tenu à Ngor en octobre dernier. Et surtout, un article sera publié prochainement dans la revue d’ornithologie africaine Ostrich. Nous avons pu estimer la population actuelle et il nous a été possible d’effectuer certaines comparaisons avec des données historiques, notamment celles obtenues par Jean-Marc Thiollay à la fin des années 60. De plus, nous avons cherché à identifier les causes probables du déclin accusé par le Vautour charognard à Dakar.

Hooded Vulture / Vautour charognard

Hooded Vulture / Vautour charognard adulte, photographié depuis mon balcon

Donc justement, qu’en est-il de la situation actuelle ? Sur la base de multiples comptages aux dortoirs répartis à travers la ville effectués avant, pendant et vers la fin de la saison des pluies, nous estimons que l’effectif total se situe actuellement autour des 400 individus. En 1969, l’estimation faite par Jean-Marc – certes assez grossière, mais selon nous reflétant la bien la situation de l’époque – était de pas moins de 3000 individus ! C’est dire que le déclin est drastique.

La diminution progressive, peut-être même exponentielle, a sans doute commencé il y a plusieurs décennies, car déjà au milieu des années 90 Jean-Marc a noté des disparitions locales et des déclins importants dans plusieurs régions de l’Afrique de l’Ouest. Une étude menée par Jean-Pierre Couzi (lui aussi l’un des sept co-auteurs de notre publication) sur les oiseaux charognards et « détritivores » de Dakar avait abouti à environ 500 oiseaux, bien qu’il soit probable que l’effectif réel était plus élevé que cela.

HoodedVulture_HannPecheurs_20160827_IMG_5025_edited

Hooded Vulture / Vautour charognard sur bassin petrolier, Hann, août 2016

Les raisons de ce déclin drastique (plus de 85% !) sont sans doute multiples, mais trois d’entre elles ressortent comme étant probablement les plus importantes :

  • La disparition des sites de nidification et de nourrissage en raison de l’urbanisation galopante et incontrôlée mais aussi de meilleures pratiques d’hygiène (en particulier dans les abattoirs – pour le reste j’en conviens c’est un concept tout relatif lorsqu’on voit les tas de déchets en ville comme à la campagne),
  • L’empoisonnement – intentionnel ou non – surtout à travers des poisons destinés aux chiens errants, dont une campagne à grande échelle a été initiée par les autorités en 2010 pour combattre la rage : entre 2011 et 2016, plus de 21 000 chiens ont ainsi été éradiqués au moyen d’appâts empoisonnés par la strychnine.
  • La capture de vautours pour les besoins de la médecine traditionnelle et pour utilisation comme fétiches (rien que sur la Petite Côte, ceux-ci seraient utilisés contre la lèpre, les maux d’estomac et des reins, les parasites, pour se rendre invulnérable, pour réussir un examen et/ou se faire promouvoir, ou encore pour voir le futur… et ce autant chez les Sérère que les Wolof et les Bambara).

Cela dit, ce sont pour l’essentiel des hypothèses, et beaucoup de questions restent sans réponse: les raisons évoquées méritent d’être confirmées par des études plus poussées. Il reste beaucoup à apprendre sur cette espèce, aussi bien dans les zones où elle est en diminution que dans celles où il en reste encore beaucoup. Heureusement que ces zones existent encore, même pas trop loin d’ici : en Gambie, en Casamance, en Guinée-Bissau et à Conakry il reste énormément de Vautours charognards. Henriques-Baldé a estimé l’effectif bissau-guinéen à pas moins de 76 000 individus, et personnellement j’ai pu voir à quel point il y a des dizaines voire des centaines d’oiseaux à Ziguinchor, le Cap Skirring ou encore à Conakry. Plus de 3000 subsistent dans la région de Banjul. A l’autre opposé du spectre, j’ai pu constater l’absence ou la quasi-absence des Vautours charognards à Bamako, Ouagadougou ou encore Niamey.

Tout n’est donc pas perdu à Dakar et il est peut-être possible de ralentir la disparition de l’espèce dans nos cieux… mais il faudra y mettre les moyens et faire vite: préserver les sites de repos et de nidification, arrêter l’empoissonnement, stopper le commerce des parts de vautours (et surtout la demande de la part des consommateurs !), assurer la disponibilité de nourriture et ce particulièrement à travers une collaboration avec les abattoirs. Autant dire que le futur est loin d’être rose pour cet oiseau si caracteristique des villes sénégalaises

Je me trompe peut-être, mais je n’ai pas encore vu beaucoup d’actions de la part des quelques rares acteurs capables de les mettre en œuvre au niveau national voire régional – BirdLife surtout, mais aussi NCD et les diverses autorités compétentes. Des symposiums, dépliants, ateliers et autres déclarations politiques ne suffiront pas : ‘faudrait qu’ils se réveillent rapidement car bientôt ce sera trop tard…

Hooded Vulture / Vautour charognard

Hooded Vulture / Vautour charognard adulte au Technopole, avril 2016

Pour en savoir plus…

Buij R, et al. (2016): Trade of threatened vultures and other raptors for fetish and bushmeat in West and Central Africa. Oryx 50: 606-616.

Jallow et al. (2016): High population density of the Critically Endangered Hooded Vulture Necrosyrtes monachus in Western Region, The Gambia, confirmed by road surveys in 2013 and 2015. Malimbus 38: 23-28.

Ogada et al. (2015): Another Continental Vulture Crisis: Africa’s Vultures Collapsing toward Extinction. Conservation Letters 9: 89-97.

More records from Diembering, Casamance

Early March we went back to Diembering (or Djembering, Diembereng, Djembereng…), six months after our first visit back in October. We once again stayed at the excellent Akine Dyioni Lodge nested in the dunes between the village and the ocean, just a stone’s throw from the beach.

Among the ca. 140 species that were seen during our stay, some of the highlights included Buff-spotted Woodpecker at the Ecoparc, Yellow-throated Longclaw in the fields to the NE of the village, Oriole Warbler in the lodge gardens though far more discrete than back in October when they were regularly seen and heard, and last but not least the unusual Capuchin Babbler in the Ecoparc (links will take you to my recordings on xeno-canto, all from Diembering). Our visit to the Ecoparc was much appreciated by the entire family, expertly guided by Jean-Michel. If you ever make it to the Cap Skirring area, make sure to visit the forest, and why not try their delicious thiebou diene or even stay the night there to fully take advantage of the forest life! Find out how one visionary community member achieved this rare conservation success story here.

YellowthroatedLongclaw_Diembering_20170307_IMG_0034

Yellow-throated Longclaw / Sentille à gorge jaune

YellowthroatedLongclaw_Diembering_20170307_IMG_0053

Yellow-throated Longclaw / Sentille à gorge jaune

Two species that I’d suspected last time but heard only too briefly were now confirmed: Green Crombec, Yellow-breasted Apalis – plus other forest “specials” already seen or heard last time, such as Ahanta FrancolinPied Hornbill, Little Greenbul, Grey-headed Bristlebill, Green Hylia and Red-bellied Paradise Flycatcher.

During a very pleasant bike tour in the Cap Skirring and Kabrousse area, two raptor species that are apparently scarce in Casamance were seen: a male Pallid Harrier seemingly migrating north along the coast, and a small group of Lesser Kestrels feeding high up in the sky, possibly also on the move. Other raptors of interest include Palm-nut Vulture, Beaudouin’s Snake-Eagle (carrying a small snake, barely visible on the picture below), Lizard Buzzard, and Red-necked Falcon.

BeaudouinsSnakeEagle_Diembering_20170307_IMG0064

Beaudouin’s Snake-Eagle / Circaète de Beaudouin

Most birds were far less conspicuous, and singing less frequently, compared to our previous visit which was towards the end of the breeding season for many species. Short-winged Cisticola is one of these, which was only heard once this time, just like Yellow-throated Leaflove.

This female or young Northern Puffback was one of several seen in the area.

NorthernPuffback_Diembering_20170307_IMG_0139

Northern Puffback / Cubla de Gambie

Palearctic migrants included Red-throated and Tawny Pipit and of course Yellow Wagtails (iberiae mostly), Common Redstart, Common Whitethroats and several other warbler species: a single Subalpine, a couple of Bonelli’s, lots of Willow, a few Western Olivaceous and at least one Eurasian Reed Warbler. European Bee-eaters were seen daily in small numbers.

EuropeanBeeeater_Diembering_20170307_IMG_0106

European Bee-eater / Guêpier d’Europe

All four local roller species were around, and unlike in October there were now lots of White-throated Bee-eaters; also a pair of Giant Kingfishers near the lodge.

WhitethroatedBeeeater_Diembering_20170307_IMG_0113

White-throated Bee-eater / Gueêpier à gorge blanche

BluebelliedRoller_Diembering_20170306_IMG_9144

Blue-bellied Roller / Rollier à ventre bleu

 

Lavender Waxbill was a long-awaited addition to my Senegal list. Also lots of Black-rumped Waxbills (one flock was made up of more than a hundred birds!) and perhaps more surprisingly Quailfinch (up to about a dozen in the dry rice paddies) and a few Cut-throats.

Finally, it’s worth mentioning here that a pretty interesting – and ambitious – atlas project is under way for Casamance, by the French association Apalis: find out more on the Oiseaux-Casamance website. Below are a couple of screenshots of the the maps that are now available online, which should soon incorporate my records from Diembering and elsewhere in the region. The first map shows overall coverage with number of species per atlas square, whereas the second is an example of a species’ distribution and breeding status, in this case Palm-nut Vulture. If you have any data from Casamance, please make sure to contribute! There are still lots of gaps and even in fairly well covered areas such as Cap Skirring (red square on the coast, near the Guinea-Bissau border) there’s a good chance that you will have seen additional species.
CasamanceAtlas_Squares_Capture

CasamanceAtlas_VautourPalmiste_Capture

 

Maybe one day we’ll have an online atlas for all of Senegal… I’ll keep you posted 🙂

 

HoodedVulture_Diembering_20170307_IMG_0085

Hooded Vulture / Vautour charognard

Technopole – lingering vagrants & more rings

It’s been a while since my last update from Technopole, which I was fortunate to visit quite regularly these past few weeks, taking advantage of not travelling much at the moment (something that will end soon, having trips to DRC, Cote d’Ivoire, Cameroon, and Morocco lined up for the next two months).

Technopole_Panorama_March2017

So, what’s about at Technopole? Water levels continue to drop, rendering the main lake more and more attractive for a range of species. The panorama above attempts to give a bit of a feel of the area for our readers (click image to enlarge). Lots of gulls and a good range of waders are the key features at the moment, the following being some of the highlights:

  • Garganey: a single male on 25/2. Besides a few White-faced Whistling Ducks, there are hardly any ducks around these days.
  • African Swamphen: this is a fairly common resident here, but a very discrete one… so seeing an adult carry plant material for its nest, on 3/3, was a good breeding record.
  • Avocet: one on 25/2 and 3/3. Fairly scarce visitor to Technopole.
  • Kittlitz’s Plover: two birds on 12/3 were new for the season: my previous record here dates back to early August 2016, before the rains. It seems that this is mostly a dry season visitor to Technopole, possibly an irregular breeder when conditions are right (including last year, when a very young bird was seen in June though no adults were observed in previous months).
  • Yellow-legged Gull: an adult on 3/3 and at least two (adult and 3rd winter) on 12/3. Last winter only one bird was seen here.
YellowleggedGull_Technopole_IMG_0480

Yellow-legged Gull / Goéland leucophée

  • Common Gull: the same bird as on 12 February – Senegal’s fifth – was seen again on 3/3, when I showed visiting birder Bruce Mast around. The very worn plumage makes it straightforward to identify this as the same individual, which may hang out around the harbour or the Hann bay when not at Technopole (addendum 5/4:/17 Jean-François Blanc saw what was most likely the same bird on 24/3, meaning it will have been around for at least six weeks).
CommonGull_Technopole_20170303_IMG_8966_edited

Common Gull / Goéland cendré

  • Mediterranean Gull: two on 25/2 (1st and 2nd winter), and Miguel Lecoq reported two first winters on 4/3 meaning that so far at least three birds are around.
  • Little Tern: an adult on 3/3, shortly resting with the other terns and gulls (and at one point sitting next to a Caspian Tern, nicely illustrating the huge size difference between the two species). The (near-) absence of black on the tip of the bill indicates that this is the local guineae subspecies. Not a frequent visitor to Technopole – my only other record was last year I only saw two on 28 August. They seem to be more regular at Ngor in September, though still far from common.
LittleTern_Technopole_20170303_IMG_8954

Little Tern / Sterne naine ssp. guineae

  • Whiskered Tern: an adult in breeding plumage was present on 3/3, bringing the total number of tern species seen that day to six.
GreyPlover_Technopole_20170303_IMG_8956

Whiskered Tern / Guifette moustac (and seven other species!)

  • Barn Swallow: one passing through on 12/3
  • Copper Sunbird: a pair on 12/3 was my first record in a long time here. They were on the edge of the gardens in the NE corner. So far I’d only seen a single male on 17 and 24/4, presumably the same bird – more frequent visits to the vegetable garden areas would likely result in more observations as this must be a resident in the area.
  • Zebra Waxbill: surprisingly, what is probably the same group as on 28/1 was seen again on 3/3 in exactly the same spot, near the small baobab past the golf club house. This time we counted at least 16 birds and I even managed to get a few decent record shots.
ZebraWaxbill_Technopole_20170303_IMG_8994

Zebra Waxbill / Bengali zebré males

ZebraWaxbill_Technopole_20170303_IMG_8990

Zebra Waxbill / Bengali zebré female type

On the ring-reading front, new birds were added to the list on each visit, with 11 birds “read” on 12/3 alone: one French Spoonbill (+ another, probably Dutch, that flew off before I could make out the ring combination), two new Norwegian Lesser Black-backed Gulls, three Audouin’s Gulls, four Slender-billed Gulls, and the now usual Gull-billed Tern “U83” all from Spain. Except for the Spoonbill, all rings were read in the flock of gulls and terns that’s visible on the panorama shown at the top of this post. My recent post on ring recoveries from Technopole was updated with this new information.

AudouinsGull_Technopole_20170312_IMG_0486

Two of the ringed birds of the day: Audouin’s Gull “BYPB” and Slender-billed Gull “R78”. Note the subadult Yellow-legged Gull on the left (scratching; head not visible)

More to follow shortly I hope – am going back to Technopole tomorrow morning. For today I have some more seawatching to do, with spring migration slowly picking up it seems, and good numbers of skuas (mostly Pomarines but also several Arctic Skuas and even an a-seasonal Long-tailed Skua last week), Northern Gannets and Cape Verde Shearwaters feeding off Ngor.

D’où viennent les oiseaux du Technopole? Analyse de deux ans de lectures de bagues.

Cette petite analyse des lectures de bagues effectuées ces deux dernières années au Technopole sur le site repose sur un total de 130 lectures, dont 35 faites par d’autres observateurs. Les détails complets ont été obtenus pour 104 données, plus deux dont je connais pour le moment le lieu de baguage mais pas la date ; pour six autres lectures je connais juste le pays d’origine (les autres n’ont pas été trouvées ou sont encore en attente de réponse).

La plupart des lectures ont été faites en 2016 (n=83) et début 2017 (n=34), plus six en 2015, une en 2013, deux en 2012, trois en 2007 et une en 2005. Les reprises plus anciennes concernent tous des d’oiseaux contrôlés en 2015-2017 mais déjà vus au Technopole auparavant par d’autres observateurs. J’espère bien sur pouvoir intégrer des données supplémentaires, anciennes et futures, obtenues par d’autres observateurs !

La Barge à queue noire et la Spatule blanche sont de loin les deux espèces les plus souvent « lues » au Technopole, suivies par les Goélands railleur et d’Audouin. Pour les autres espèces je dispose de une à quatre données.

Graphique_lectures_bagues

La majorité des oiseaux bagués proviennent des sites de reproduction ou d’escale aux Pays-Bas et en Espagne, et dans une moindre mesure de la France et du Sénégal (sternes et goélands nicheurs du delta du Saloum). Trois reprises d’Allemagne, deux de Norvège, deux oiseaux britanniques, un portugais et un danois complètent le tableau.

Ringing_sites_20170308

Carte des sites de baguage (hors Sénégal), contenant également des reprises d’oiseaux vus à Palmarin, Joal et Guembeul.

Le lieu de baguage le plus éloigné de Dakar est celle d’un Goéland brun norvégien, tout comme pour un Chevalier gambette probablement bagué dans ce même pays (mais malheureusement lecture incomplète donc pas de détails sur le lieu ni la date).

L’oiseau le plus âgé que j’ai pu contrôler était une Spatule blanche de 2006, mais ce sont visiblement les Goélands d’Audouin qui tiennent la palme de longévité : à Palmarin, j’ai eu des oiseaux de 2005, 2004, 2003 et même 1999 !

Ce qui suit ne repose que sur un petit échantillon (j’espère un jour pouvoir faire une synthèse plus complète), donc les quelques résultats présentés ici sont plus anecdotiques que scientifiques… Pour beaucoup d’espèces on connait bien les sites d’hivernage et d’escale ainsi que les stratégies et voies de migration, notamment celles dont une bonne proportion de la population est équipée de bagues couleurs : Spatule blanche, Balbuzard pêcheur, Barge à queue noire, Goéland d’Audouin notamment. Pour d’autres ce n’est pas le cas (Goélands railleurs, sternes ou encore les limicoles comme le Chevalier gambette et le Combattant varié) et beaucoup reste à apprendre sur leurs migrations et mouvements locaux. Chaque lecture a donc le potentiel d’apporter des connaissances nouvelles.

  • Spatule blanche / Eurasian Spoonbill

Sur 17 individus dont la bague a été lue, huit étaient hollandais (iles des Wadden, IJsselmeer, Markiezaat, Haringvliet), quatre français (Lac de Grand-Lieu et Brière), autant d’espagnols (parc national du Coto Doñana et Marismas del Odiel à Huelva), et un danois.

ringing_sites_spoonbill_20170303

Présente surtout en janvier-mars avec en plus une reprise en avril et une en mai d’immatures (donc restés en Afrique lors de leur premier été). Pour la plupart il doit s’agir d’oiseaux en escale ayant hiverné plus au sud car il est rare de voir plusieurs fois le même oiseau, et la Spatule est peu fréquente avant décembre au Technopole. Un individu hollandais LYf/BRB a été vu une première fois le 25/5/12 (par Paul Robinson) puis était de retour le 26/2/17, alors que l’espagnole N7T était présente en janvier 2015, janvier 2016, et février 2017 et semble donc bien fidèle au Technopole lors de ses escales annuelles. Pour la plupart des individus ces lectures étaient les premières en période d’hivernage.

La plupart des oiseaux vus au Technopole ont été bagués entre 2009 et 2013, à l’exception d’un oiseau bagué B[SY]/W[SY] en 2006 à Schiermonnikoog et vu ici à Dakar en janvier 2016, donc lorsqu’il avait presque 10 ans… et neuf ans après sa première apparition au Technopole, en mars-avril 2007 ! Le plus jeune est un oiseau (NfYP/aGR) vu dimanche dernier et ayant été bagué en juin 2015 en tant que poussin au nid dans la colonie du Markiezaat ; il est donc certainement en route pour rejoindre ses terres natales européennes pour la première fois.

EurasianSpoonbill_Technopole_20170226_IMG_8583.jpg

Eurasian Spoonbill / Spatule blanche « YfLY/BaY» des Pays-Bas

eurasianspoonbill_technopole_20170212_img_8120

Eurasian Spoonbill / Spatule blanche « V020 » du Danemark

  • Flamant rose / Greater Flamingo

Cette espèce n’est présente régulièrement que pendant quelques mois au Technopole, surtout en « été » lorsque le niveau d’eau est bas et les conditions de nourrissage sont bonnes. Il n’y a donc que quelques lectures, d’abord d’un oiseau espagnol le 7/6/15, puis de 3 flamants français dans un groupe de +100 Flamants le 6/8/16. Ces derniers provenaient tous de Camargue bien sûr, mais étaient issues de générations différentes : un de 2013 (étang du Fangassier), un de 2014 (Aigues-Mortes) et un de 2015 (Fangassier) ! Seul KDNB né en juillet 2014 avait déjà été contrôlé après la saison de nidification, en octobre de la même année à Malaga (Laguna de Fuente de Piedra, qui est aussi le lieu d’origine de l’oiseau espagnol vu en 2015).

En Afrique de l’Ouest il semble y avoir très peu de reprises provenant de Camargue ; celles d’Espagne sont apparemment plus courantes, et il y a quelques données d’oiseaux venant d’ailleurs sur le pourtour méditerranéen.

Greater Flamingo / Flamant rose

Au moins un des flamants français se trouve dans ce groupe (6/8/16)

  • Balbuzard pêcheur / Osprey

Un oiseau allemand le 13/11/16 avait été bagué en tant que poussin au nid en juin de la même année dans le Brandenbourg, à deux pas de la frontière polonaise. Un individu portant une bague avec inscription HH4 vu le 12/10/16 par Enrico Leonardi est écossais, ayant été bagué lui aussi comme poussin dans un nid de trois jeunes en juillet 2016, près d’Inverness.

Sur la base des lectures de bagues faites ailleurs au Sénégal (notamment Somone, Langue de Barbarie, Grande Côte), les Balbus hivernant ici proviennent essentiellement de France, Allemagne, Ecosse, Suède et même Finlande – et certainement Norvège et Pologne également ?

osprey_technopole_20161113_img_6043

Osprey / Balbuzard pécheur « BA40 » vu le 13/11/16

  • Barge à queue noire / Black-tailed Godwit

Cinquante-cinq observations de 20 individus différents, avec des lectures tous les mois de l’année sauf en septembre. La plupart sont de novembre, décembre, janvier et février, avec quelques-unes en mars et juin-juillet-août, une en avril, une fin mai et une fin octobre.

La grande majorité proviennent des sites de nidification hollandais : 15 individus en tout ! Pour le reste, dans le tas se trouvent des nicheurs d’Allemagne (RNR-YRM, Schleswig-Holstein 2014) et d’Angleterre (YR/RL ‘E’, Nene Washes 2015), et au moins trois oiseaux bagués sur les sites d’escale français (Moëze près de Rochefort) et espagnols (Hernán Cortés, Extremadura). Quelques oiseaux n’ont pu être identifies, généralement en raison de pertes de bagues (ceci arrive assez régulièrement il semble ; c’était aussi le cas par exemple pour une Barge rousse vue en janvier 2016 à Palmarin).

ringing_sites_btg_20170303

Lieux de baguage des Barges à queue noire (sites de nidification uniquement)

La présence sur plusieurs semaines, et plusieurs hivers de suite, de quelques individus bagués démontre, s’il le fallait encore, l’importance du Technopole en tant que site d’hivernage pour cette espèce menacée. L’oiseau 1GT25G par exemple a été vu en janvier 2015, en juillet 2016, puis à 4 reprises entre le 11/11 et 30/12/16.

Ces lectures permettent également de déceler des mouvements locaux lors du séjour des barges au Sénégal : par exemple, l’oiseau G3PGWW que j’avais vu le 20/8 à Palmarin était au Technopole du 20/11 au 30/12 au moins ; ou encore R6RBLY vu le 3/1/16 au Technopole, le 30/11/16 à Palmarin, puis de nouveau au Technopole le 30/12. Ces mouvements sont sans doute en partie dictés par la situation hydrologique et donc par l’accès à la nourriture : en septembre-octobre, le Technopole est généralement trop plein en eau et n’offre donc pas de bonnes conditions de nourrissage, alors qu’après la fin des pluies ces conditions s’améliorent nettement. A Palmarin, la situation semble optimale d’août à novembre, mais moins par la suite – en tout cas en 2016, car la pluviométrie est bien variable d’une année à une autre. Le Technopole est aussi utilisé par des oiseaux hivernant en Casamance lors de leurs escales en route vers le nord, en janvier : par exemple Y6BBRR vu en août 2015 près de Dianki est contrôlé au Technopole les 17 et 21/1/16. En parlant de mouvements : l’oiseau B4YRYL vu le 26/6/16 avait encore été vu sur les sites de nidification du Friesland quinze jours plus tôt (le 10/6), illustrant à quel point ces oiseaux migrent rapidement vers l’Afrique de l’Ouest après leur nidification.

La plupart ont été baguées entre 2012 et 2016, avec trois oiseaux plus âgés : 2007, 2009 et 2010. L’oiseau de 2007, R6LRBB, est aussi l’une des barges baguées les plus fidèles au Technopole, ayant été vue au moins sept fois : du 4 au 21/1/16 et entre le 20/11 et le 30/12. (A noter qu’un individu plus âgé encore, car bagué en tant qu’adulte en mai 2004 à Workum, était à Palmarin en août 2016).

Pour plus d’infos sur le programmes de baguage hollandais, voir ici (in English) et aussi cette carte interactive avec le déplacement des barges équipées d’émetteurs. (also in English is this summary on Technopole birds from early January 2016)

Black-tailed Godwit / Barge a queue noire  Black-tailed Godwits / Barges a queue noire

  • Bécasseau sanderling / Sanderling

Un oiseau hollandais a été vu le 3/3/17. S’agissant probablement de « Y3BRGR », cet individu a été capturé lors d’une escale sur l’ilot de Griend dans la Mer des Wadden, le 6/8/16. C’est sans doute un oiseau originaire du NE du Groenland, voir le site du Wader Study Group. La recherche porte essentiellement sur les taux de survie des Sanderlings selon leurs stratégies de migration, la phénologie, l’écologie hivernale et le comportement. Depuis 2002, plus de 6000 oiseaux ont été bagués en couleurs ! L’un d’eux avait d’ailleurs été trouvé sur la plage à la pointe de Djiffer par mes amis Jérôme et Boris en janvier 2016.

sanderling_technopole_20170303_img_8925

  • Combattant varié / Ruff

Un oiseau présent le 15/8/16 portait une bague qui malheureusement n’a pu être lue… La combinaison d’un drapeau orange ou jaune avec inscription et une bague rouge correspondrait plutôt à un oiseau anglais (écossais ?) selon le registre du Wader Study Group, mais divers contacts avec des bagueurs potentiels (jusqu’en Biélorussie !) n’ont rien apporté.

ruff_technopole_20160815_img_4608

Combattant mystère avec drapeau jaune ou orange et bague rouge

  • Chevalier gambette / Common Redshank

Comme l’espèce précédente, une lecture incomplète (bague drapeau orange souillée donc impossible de lire le code) et pas eu de réponse concluante jusqu’ici, mais il s’agit probablement d’un oiseau issu d’un programme de baguage en Norvège. Observation le 26/6/16.

  • Goéland d’Audouin / Audouin’s Gull

Onze individus dont au moins huit provenant d’Espagne et un du Portugal (plus deux dont l’origine est inconnue pour le moment, probablement lectures incorrectes). Les colonies d’origine se trouvent au delta de l’Ebre, près de Cartagena, aux salins d’Alicante, aux Baléares (Mallorca et Menorca), et près de Faro à la pointe sud du Portugal ; les sites sont indiqués en rouge sur la première carte.

Tous les individus dont j’ai pu relever les bagues étaient des immatures (H1 ou H2), toujours dominants par rapport aux adultes au Technopole – et ce contrairement aux goélands de Palmarin, où les adultes sont bien plus nombreux que les jeunes. En témoigne l’oiseau AWNV, qui après avoir été bagué en tant que poussin au nid à Mallorca le 25/6/10 est vu pour la première fois au Technopole par Ngone Diop en juillet 2012, donc lors de son 2e été, puis à l’âge adulte il prend ses habitudes à Palmarin où il est vu en octobre-décembre 2015 et de nouveau en août 2016.

AudouinsGull_Palmarin_20160820_IMG_4793_edited.jpg

Audouin’s Gull / Goéland d’Audouin adulte « AWNV », Palmarin, 20/8/16

  • Goéland brun / Lesser Black-backed Gull

Un adulte J73C la semaine dernière était originaire de la pointe méridionale de la Norvège, tout comme deux nouveaux individus vus le 12/3/17. Un oiseau avec inscription HEAT5 vu le 10/12/16 venait du nord de l’Allemagne. Dans les quatre cas il s’agissait du premier contrôle pour ces oiseaux, ce qui est plutôt surprenant pour J73C car cet individu est né en 2007 (les trois autres ont entre 1 et 3 ans). Le programme de baguage du Schleswig-holstein a jusqu’ici eu plusieurs contrôles mauritanies et trois gambiens, mais notre oiseau de décembre dernier serait le premier pour le Sénégal. Le programme norvégien n’a que 17 lectures sénégalaises dans leur base, comparé à près de 250 provenant de Gambie et 142 de Mauritanie.

Ces oiseaux appartiennent logiquement à la sous-espèce intermedius.

(le 19/3, observation d’un adulte avec une bague danoise V.125 – en attente de détails)

LesserBlackbackedGull_Technopole_20170226_IMG_8579.jpg

Lesser Black-backed Gull / Goéland brun « J73C » le 26/2/17

  • Mouette rieuse / Black-headed Gull

Un oiseau originaire des Pays-Bas est vu les 30/1 et 20/2/16, bagué ENY5 le 26/7/15 en tant que mâle adulte à Arnhem. C’est la reprise la plus méridionale pour le programme de baguage de Frank Majoor, qui a pu baguer des milliers de Mouettes rieuses à Arnhem. Jusqu’ici le « record » était pour un oiseau repris à Gran Canaria. Sauf erreur c’est aussi la première reprise d’une Mouette rieuse au Technopole, où quelques centaines d’individus sont régulièrement présents en janvier-mars (le 3/3/17, un adulte avec une bague blanche était présent, mais la bague n’a pu être lue…. peut-être ENY5 ?).

  • Goéland railleur / Slender-billed Gull

Quatre “locaux” du delta du Saloum (nés en 2014 et 2015) et 11 individus espagnols. Six oiseaux de 1er hiver contrôlés en mars (trois par Gabriel Caucal le 3/3/17, et quatre dont trois nouveaux le 12/3)  étaient originaires de la même colonie près du parc national de Donana. Peut-être plus étonnant, deux adultes 88L et 88M bagués le même jour pres d’Almeria en juin 2007 (!) étaient au Technopole le 28/1/17, suggérant des liens solides entre les oiseaux issus de la même colonie. A part TF9, aucun oiseau n’a été vu plusieurs fois pour le moment.

Cette espèce peut être vue toute l’année au Technopole, mais la plupart des individus sont présents en janvier-mars lorsque les conditions sont optimales pour les laridés et que les effectifs locaux sont renforcés par les oiseaux espagnols. La seule lecture en dehors de cette période (juin 2016) était d’un oiseau né un an auparavant dans le delta du Saloum.

La présence parfois simultanée d’oiseaux espagnols et sénégalais au Technopole illustre bien comment des populations distinctes peuvent se retrouver en contact les unes avec les autres. Si les mouvements et la phénologie des premiers sont assez bien connus, il n’en est pas des nicheurs ouest-africains sur lesquels beaucoup reste à apprendre.

  • Sterne caspienne / Caspian Tern

Un oiseau vu en janvier 2016 par Wim Mullié était un oiseau bagué par ses soins en 2015 au delta du Saloum.

  • Sterne caugek / Sandwich Tern

A64, vu le 9/3/16, avait été bagué en tant que poussin le 23/6/15 sur l’ile d’Ameland aux Pays Bas. C’était la première reprise sénégalaise pour ce programme, mais deux autres Caugeks baguées le même jour dans cette colonie avaient déjà été contrôlées au Kartong Bird Observatory en Gambie les 28-29/1/16. Et un mois plus tôt, un individu de 2014 a été vu à Walvis Bay, Namibie !

En mars 2016, le taux de premières reprises sur les 164 Caugeks baguées en couleur en 2014 et 2015 était de 34% (soit 56 individus), sur un total de 87 lectures (53%) – pas mal pour une espèce dont il est souvent difficile de lire les bagues !

  • Sterne hansel / Gull-billed Tern

L’adulte “U83” vu les 12 et 26/2 puis de nouveau le 12/3/17 provient de Las Mesas près de Cádiz en Espagne, où il a été bagué en juin 2009… sans avoir été revu pendant plus de sept ans !

Comme pour le Goéland railleur, les deux populations très distinctes (sénégalaise et espagnole) se retrouvent ici donc en contact lors de la saison internuptiale.

gullbilledtern_technopole_20170226_img_8576

Gull-billed Tern / Sterne hansel « U83 » le 26/2/17

Il y a bien sûr d’autres espèces susceptibles de porter des bagues couleur, et les visites futures permettront sans doute encore de belles trouvailles. On peut citer l’Aigrette garzette (preuve en est la lecture récente d’un oiseau hongrois par Simon), divers limicoles dont Bécasseau minute, Grand Gravelot et l’Avocette, ou encore les quelques sternes « manquantes » comme la royale et la pierregarin. Et pourquoi pas un jour une Mouette mélanocephale, vu qu’elle est souvent porteuse de bagues et qu’elle est devenu assez fréquente, bien qu’en effectifs faibles, au Technopole.

Quelques remerciements sont dus ici car sans le travail des coordonnateurs des divers programmes de baguages, qui souvent on apporte des réponses très rapidement, il ne serait pas possible de faire une compilation comme celle qui précède… Ngone Diop, José Abad Gómez-Pantoja “Pipe”, Jos Hooijmeijer, Harry Horn, Hugh Insley, Vincent Lelong, Nils Helge Lorentzen, Carlos M., Frank Majoor, Loic Marion, Sönke Martens, Wim Mullié, Otto Overdijk, Jeroen Reneerkens, Volker Salewski, Daniel Schmidt, Jen Smart, Jan Veen, Rolf Wahl… Et enfin, une mention spéciale pour Dirk Raes qui maintient la plateforme European colour-ring Birding qui est très souvent mon premier point de chute pour rechercher l’origine des oiseaux bagués en couleurs.

(article mis à jour le 12/3/17)

Where does Moltoni’s Warbler overwinter?

A recent observation of a Moltoni’s Warbler Sylvia subalpina near Gandiol (Saint-Louis) made me have a closer look at the occurrence of the species in Senegal and more generally in the species’ wintering areas.

This Sylvia warbler was recently recognised as a distinct species by several authors (Brambilla et al. 2008, Svensson 2013, and see also Shirihai 2001) and is now generally accepted as such by the various taxonomic authorities. Previously, it was regarded as a subspecies of Subalpine Warbler S. inornata (= new name for S. cantillans after the taxonomic reshuffle), but differences in plumage and especially vocalisations justify its elevation to species rank.

moltoniswarbler_mallorca_april2015-p-walser

Male Moltoni’s Warbler / Fauvette de Moltoni, Mallorca, April 2015 (P. Walser)

To summarize the current taxonomic status, which can be rather confusing owing to different scientific names being used in recent years, what used to be Subalpine Warbler S. cantillans is now widely considered as three separate species, following Svensson’s 2013 papers:

  • Western Subalpine Warbler S .inornata, with subspecies iberiae (Iberian Penninsula, S France) and inornata (Maghreb)
  • Moltoni’s Warbler S. subalpina (monotypic)
  • Eastern Subalpine Warbler S. albistriata with ssp. cantillans (S Italy) and albistriata (SE Europe)

“Subalpine Warbler” (in the old sense!) is a common non-breeding visitor in many parts of the Sahel, and is often the most abundant Palearctic passerine, including in northern and coastal Senegal and parts of Mali. At least here in Senegal, the majority are clearly Western Subalpines, but what about Moltoni’s? Its breeding grounds are quite well known: western Mediterranean islands (Sardinia, Corsica, Balearic Islands) and part of central and northern Italy, where locally sympatric with Western Subalpine. However, it quickly became clear that very little is known about the species’ distribution in winter and during migration in Africa.

Borrow & Demey show only a handful records on the distribution map in their field guide (2nd ed. 2014), in Nigeria, nothern Cameroon, and SE Mauritania. The Handbook of the Birds of the World and BirdLife, in typical fashion, haven’t adopted this fairly obvious split so far, though HBW does state that Moltoni’s Warbler is a non-breeding visitor to the “W Sahel”. Neither Morel & Morel nor Sauvage & Rodwell mention the species in their publications, though this is hardly surprising given that at the time Moltoni’s was “just” a little-known subspecies of Subalpine Warbler (that said, the Morels did recognise the inornata subspecies from NW Africa, which is likely a regular visitor to Senegal). Unfortunately, Ottosson et al. (2001) do not make any mention of subspecies involved even though they captured no less than 3,394 Subalpine Warblers in the Djoudj between 1987-1996 (out of 5,607 Sylvia warblers).

The only published records that I found of Moltoni’s Warbler for Sub-Saharan Africa all come from the African Bird Club‘s “Recent Reports”:

  • The earliest and so far most detailed reference comes from Nigeria: “among the Subalpine Warblers Sylvia cantillans mist-netted in Dagona Bird Sanctuary, northern Nigeria, in February 2007, the great majority proved to be of the subspecies moltoni […], with the rest being of the nominate race. Whereas the latter were very fat and not in moult, the former lacked any fat and were moulting their wing feathers. Adult S. c. cantillans and S. c. albistriata undergo a complete moult in their breeding quarters and the juveniles a partial one, whereas the moult of moltoni is very complex, with adults undergoing a complete moult either in their breeding or winter quarters, and the juveniles a complete moult in Africa. Previously, nothing was known concerning the wintering range of moltoni“.
  • In Benin, the first record was obtained just recently “in the far north-east at Kandi, Kargui and Karimama (Bello Tounga) on 18–21 November 2015, with singing individuals producing the characteristic rattle call.”

For Mauritania, I received this information from V. Salevski, who participated in several ringing campaigns run by the Swiss Ornithological Institute in the early 2000s both in Mauritania and Senegal: “I do not recall that I ever identified Moltoni’s Warbler in the field, but I recall that at least one was mistnetted in Tichitt, Mauritania, in autumn 2003. I myself assigned the respective bird(s) to Moltoni’s Warbler due to its moult pattern.” The location seems to corresponds with the record shown in Birds of Western Africa.

There are no known records from The Gambia, nor from Guinea-Bissau, nothing from Mali either and I didn’t find any info on Burkina Faso, Niger or Chad (comm. pers. C. Barlow, M. Lecoq, M. Crickmore, J. Brouwer). The West African Bird Database (WABDaB) does contain a handful of “Subalpine/Moltoni’s Warbler” records from Chad mainly, but none of these are sufficiently documented to ascertain the presence of Moltoni’s there.

Now what about Senegal? So far, I managed to uncover only 4 records, all from the north:

  • 1 near Richard-Toll early December 2013 (Birdquest; source: tour report by C. Kehoe)
  • two records of what were maybe two different males, 22 March 2014, Djoudj NP (J.-F. Blanc)
  • 1 male south of Djoudj, 7 April 2015 (J.-F. Blanc)
  • at least one near Gandiol, 11 September 2016 (pers. obs.)

Getting back to the original question of where Moltoni’s spends the winter: we still don’t really know, but it’s likely that its non-breeding range largely overlaps with Western Subalpine throughout the Western Sahel. It’s quite possible that the species is a regular migrant to Senegal even if the country may be just on the edge of its winter range, as one can imagine that there are greater densities further east, in Mali, Burkina Faso, Niger, northern Nigeria and Cameroon, and (western?) Chad. It’s quite possible that Moltoni’s also creeps into Ghana, Togo and Benin – as mentioned earlier, at least in the latter country it was recently confirmed to occur, but it’s not clear yet how regular the species is there. Unfortunately much of this region is off-limits to birders and researchers due to the prevailing security situation, so it will likely take some time before we find out more from this part of the Sahel. It’s clear though that at least in Senegambia the species is largely outnumbered by Western Subalpine Warbler, whereas this would seem to be the opposite in Nigeria.

The scant records listed here suggest that in Senegal it occurs throughout the non-breeding season, at least from early September to mid-April, and that it is not just a migrant transiting through in autumn and winter.  Further north, in Morocco (which unlike West Africa is fairly well covered by skilled observers), the taxon is considered an accidental visitor by the Moroccan Rare Birds Committee, and so far has been detected during spring migration only. The first record dates back to March 2008 from Merzouga while the second bird was trapped on 18 March 2013; there’s at least one additional observation, also from March (in Larache, 2016). These records suggest that some of the Moltoni’s – likely part of those that spend the winter in Senegal and probably southern Mauritania – migrate along the coast, while those that winter further east cross the Sahara through Algeria and Tunisia where they are “common” during migration (Svensson 2013), and possibly western Libya.

The species is said to arrive approx. 3 weeks later than Western Subalpine on its Mediterranean breeding grounds (Barriocanal & Robson 2011), but I didn’t find any info on differences in autumn departure dates. Moult strategy certainly seems to be different, but more research is needed. The Nigeria record seems to confirm that Moltoni’s depart later from West Africa than Western Subalpine, which in February had already completely moulted and were “very fat” as opposed to the Moltoni’s on the same site.

Ron Demey commented that if up to now there are so few definite records then this has everything to do with the fact that the taxon was just recently split from S. cantillans. Probably few birders are aware of the criteria, and it wouldn’t be surprising if Moltoni’s were widespread in the Sahel.

Ron is certainly quite right… but the question remains as to how widespread, and how abundant Moltoni’s Warbler is in its winter quarters. Does the range overlap completely with Western Subalpine, or may they have specific requirements in terms of habitat?  Are migration routes, timing and strategies different from Western Subalpine? I hope that more existing records will surface, and that birders visiting the region will pay more attention to the various Fauvettes passerinnettes in future, further helping to gain a better understanding of this little-known bird in West Africa. Pretty much the same applies to a number of other species pairs or recently split taxa, e.g. Atlas / Pied Flycatcher, Common / Iberian Chiffchaff, Western / Eastern Olivaceous Warbler to name but the most relevant that spring to mind.

And actually I don’t mind really – still lots to learn and lots of exciting discoveries in prospect!

moltoniswarbler_helgoland_oct2009-j-bisschop

A vagrant Moltoni’s Warbler in autumn, Helgoland, Oct. 2009 (J. Bisschop)

__________

Some references on Moltoni’s Warbler…

Of note is that Moltoni’s Warbler was initially designated as Sylvia moltonii by Italian ornithologist Orlando back in 1937, only later emerging that Sylvia subalpina took precedence (Baccetti et al 2007). Professor Dr. Edgardo Moltoni (1896-1980) was an eminent Italian ornithologist and director of the Museo Civico di Storia Naturale di Milano (Natural History Museum, Milan). Among other feats, he described Zavattariornis stresemanni (Moltoni 1938), the unique Stresemann’s Bushcrow endemic to southern Ethiopia.

Finally, thanks to all correspondents who provided information for this note, and to Jan and Paul for providing pictures!