Un python… urbain!

Voir un python a l’état sauvage a toujours été un de mes (nombreux) vieux rêves de naturaliste, mais jusqu’ici ce serpent m’avait toujours échappé – même au PN du Djoudj où ils sont généralement faciles à trouver… J’étais donc plus qu’agréablement surpris lorsque j’ai enfin pu en trouver un, tout à fait par hasard, lors d’un passage au parc forestier de Hann dimanche dernier. Comme souvent avec les serpents, ce sont les oiseaux qui m’ont permis de le repérer, et plus particulièrement les Choucadors à longue queue, Bulbuls des jardins et autres Calaos à bec rouge, tous émettant des cris d’alerte incessants et suivant de plus ou moins près notre python.

Intrigué par le vacarme et suspectant la présence d’un serpent, je le trouve facilement alors qu’il se déplace lentement mais sûrement sur le substrat de feuilles et branches sèches, dans le bois non loin du petit lac au coeur de ce parc urbain. A peine dix mètres plus loin, un groupe d’étudiants sont installés mais n’ont pas l’air de noter le vacarme des oiseaux, ni le serpent. Je le suis donc tranquillement et j’arrive à prendre quelques photos même si la lumière n’est pas terrible ici.

La seule espèce de python présente en Afrique de l’Ouest est le Python de Seba (African Rock Python), considéré comme vulnerable et inclus dans l’Annex II de CITES. Il s’agit visiblement d’un jeune individu, mesurant environ 1m20, 1m50 maximum. Sachant que les plus gros adultes peuvent atteindre 5 voire 6 mètres de long, j’étais là devant un exemplaire encore très modeste.

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African Rock Python / Python de Seba

Arrivé sur un tas de branches, il s’arrête de progresser, mettant bien en évidence le dessin délicat sur toute sa longueur, comme s’il avait été peint. Quel bel animal. Et quel plaisir de le voir enfin dans la nature, et non en cage ou dans un enclos comme dans le temple des pythons de Ouidah au Benin, haut-lieu du culte vaudou, que j’avais visité en octobre 2015. Le python y est vénéré, considéré sacré même… malheureusement cela n’empêche pas que la douzaine de pythons qui habitent dans ce fameux “temple” vivent dans des conditions assez exécrables. Une fois par année, on les laisse se promener dans la ville pendant un festival. Ici au Sénégal, je suis sûr que le python a tout intérêt à ne pas trop se montrer car les gens auront vite fait de le décapiter sur le champ. Comme ailleurs dans la région on ne se pose pas la question de savoir si c’est un serpent dangereux… serpent c’est serpent!

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African Rock Python / Python de Seba

Je n’ai aucune idée si sa présence en ville est courante ni s’il s’agit d’un individu réellement sauvage ou bien au contraire échappé de captivité – le reptilarium est juste à côté mais j’espère que leurs reptiles y sont bien gardés car il y a plusieurs serpents hautement venimeux dans leur collection…S’il est présent ici alors pourquoi pas aussi au Technopole, étant donné sa prédilection pour les zones humides.

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African Rock Python / Python seiba

Quoiqu’il en soit, c’est sûr qu’il y a de quoi manger pour des serpents de ce calibre, même en pleine ville: comme pour le Varan (West African Monitor) qui est également présent au parc de Hann et au Technopole, j’imagine qu’il mange ici surtout des rats et autres rongeurs, peut-être aussi de jeunes oiseaux. Les pythons adultes s’en prennent à des proies plus grandes: peut-être chats voire chiens et chèvres en milieu urbain?

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West African Monitor / Varan ouest-africain au parc de Hann, mai 2016

 

Et les oiseaux, justement ? J’allais presque les oublier… rien de bien particulier à signaler au parc de Hann pour cette visite : les habituels Souimangas splendides (Splendid Sunbird), Crombecs sitelles (Northern Crombec), quelques Moineaux dorés (Sudan Golden Sparrow), et une probable Tourterelle turque (Eurasian Collared Dove) seulement vue en vol.

Au Technopole où j’avais commencé la matinée, il y avait entre autres une Spatule blanche (Eurasian Spoonbill) baguée d’Allemagne (ile de Mellum en Mer des Wadden) et un Goéland brun (Lesser Black-backed Gull) danois (en attente de réponse), trois Guifettes noires (Black Tern) et autant d’Avocettes, et peut-être surtout : mon premier Bihoreau gris (Black-crowned Night Heron) ici, enfin ! Cette dernière espèce y est certainement régulière mais simplement très discrète, du moins pendant la journée. L’an dernier je l’ai vu une fois au parc de Hann, mais étonnamment la majorité de mes observations proviennent de chez moi aux Almadies, où j’en entends régulièrement un ou deux passer en vol au crépuscule ces dernières semaines. C’était pareil en 2016, avec des observations exactement à la même période en février-mars : d’où viennent-ils, et où vont-ils se nourrir ?? A chaque fois ils semblent venir du côté de la Corniche / Mamelles et se diriger vers Ngor… mais j’ai vraiment de la peine à imaginer où ils se reposent en journée et quels seraient leurs lieux de gagnage nocturnes.

Toujours aux Almadies, 15 Hérons mélanocéphales (Black-headed Heron) se dirigeant bas vers le nord ou nord-est tout près de la Pointe des Almadies, le soir du 20/3, étaient visiblement en migration active.

Voila pour le moment… prochain post: la côte sud de la Casamance.

 

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