Quoi de neuf au Technopôle?

Mon dernier post sur le Technopôle remontant déjà à plusieurs semaines, voici en quelques lignes – et images – les dernières nouvelles du site.

Rien d’exceptionnel à signaler, mais le Technopôle étant ce qu’il est on ne s’y ennuie jamais. Les migrateurs intra-africains, précurseurs des pluies à venir (encore 3 mois!), commencent à remplacer les migrateurs européens. Si ces derniers mois le regard était essentiellement tourné vers les limicoles, laridés et passereaux du Nord, aujourd’hui les vedettes étaient plutôt tropicales, avec l’arrivée d’une adulte et une jeune Tentales ibis, un mâle discret de Rhynchée peinte et 2-3 Martins-chasseurs à tête grise. Il doit s’agir de la 3e ou 4e observation – au moins – de la Tentale sur le site, et on peut s’imaginer que ces deux individus aient voyagé avec des Pélicans blancs venus du Djoudj.

Les martins-chasseurs, j’avais pu en observer déjà le 26/4/15, donc à quelques jours près exactement il y une année, une observation restée sans suite… nicherait-il dans les environs? La présence d’un individu le 12/8 dans un quartier résidentiel de Dakar et surtout l’observation d’un couple nourrissant deux jeunes Grands Indicateurs au Lac Rose les 8-9/8/15 suggèrent que ce martin-chasseur “partiellement migrateur” pourrait bien se reproduire en périphérie du Technopôle. En tout cas dans les années ’70, il était nicheur à Dakar (Morel & Morel). On pourrait se poser la même question concernant la Rhynchée, dont la reproduction sur la Presqu’île du Cap-Vert reste apparemment encore à prouver. Des observations plus ou moins régulières au Technopôle ces dernières années laissent en tout cas penser qu’un ou deux couples y résident et pourraient donc bien s’y reproduire.  Ajoutons encore l’observation d’un Souimanga cuivré les 17 et 24/4, à chaque fois d’un mâle au même endroit, et d’une famille de Râles à bec jaune le 30/4.

Le nombre de Pélicans blancs continue d’augmenter (au moins 250 hier 30/4) et les ardéidés sont toujours aussi nombreux, même si le nombre de Crabiers chevelus – dont certains en superbe plumage nuptial – a sensiblement diminué, tout comme les Hérons ardoisés d’ailleurs dont plus que quelques individus fréquentent encore le site. Environ 10% des Grandes Aigrettes arborent actuellement leur livrée nuptiale: où nichent-elles? En tout cas 4 Blongios nains, dont au moins un de la ssp. locale payesii, sont vus le 17/4.

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Squacco Heron / Crabier chevelu

Les Echasses blanches deviennent de plus en plus territoriales, mais je doute qu’elles n’arrivent à nicher cette année vu que le niveau d’eau est bien plus élevé que l’annee dernière lorsque le plan d’eau “ouest” était en grande partie à sec.

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Black-winged Stilt / Echasse blanche

 

Il ne reste plus que quelques Chevaliers sylvains, aboyeurs et guignettes, mais toujours bon nombre de Bécasseaux minutes et sanderlings, tout comme les Grands Gravelots. Deux Barges à queue noire vues les 17 & 24/4 sont peut-être des oiseaux immatures qui passeront leur premier été dans la région, alors qu’une Barge rousse pourrait bien être une retardataire en route pour ses terres de nidification lapones. Globalement, les effectifs et la diversité d’espèces sont toutefois moins importants que l’an dernier à la même époque, lorsque Pluviers argentés, Tournepierres, des Bécasseaux maubèches et de Temminck (les deux espèces à l’unité) et même un Pluvier dominicain (bronzé) étaient présents fin avril/début mai. En parlant d’américains… cela fait bientôt un an que la Mouette de Franklin n’a plus été revue ici: seraient-elles enfin reparties sous des cieux plus familiers pour cette espèce? En 2011-2014 il y a eu en tout cas 5 individus différents, avec des observations régulières à toute saison (max. de 4 ensemble le 1/7/13) – j’avais eu la chance d’en voir 2 avec Paul Robinson lors d’une visite en juillet 2012, puis de nouveau l’an dernier lorsqu’un adulte était présent les 15/3 et 3/5/15.

Toujours dans la catégorie des migrateurs, des Martinets noirs – espèce étonnamment peu vue à Dakar – et Hirondelles rustiques sont vus à l’unité les 17 et 24/4, respectivement, à chaque fois en vol vers le Nord-Est donc certainement en migration active.

L’évènement le plus marquant fut sans doute la découverte d’un nid actif de Faucons chicqueras il y a 2 semaines, nid contenant au moins 2 jeunes déjà de taille adulte et sans doute proches de l’envol. Leurs cris de quémande incessants et les va-et-vient réguliers des parents font que la famille passe difficilement inaperçu – quel contraste avec la discretion qui a regné les semaines précédentes, quand personne (ou presque*)n’a remarqué ce nid pourtant situe à quelques dizaines de mètres seulement du nid de Vautour charognard dont je vous parlerai dans un post à venir.

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Red-necked Falcon / Faucon chicquera juv. (le 17/4)

Red-necked Falcon / Faucon chiquera

Red-necked Falcon / Faucon chicquera juv. (le 24/4)

J’avais bien des soupçons comme quoi ce petit faucon pourrait nicher dans le coin, ayant régulièrement vu des oiseaux isolés et une fois un couple présumé, mais leur comportement discret a été tout à fait efficace… jusqu’au moment où les jeunes sont devenus bien trop bruyants pour passer inaperçu! Si on suppose un envol imminent, on peut déduire une ponte autour de la mi-février (le fameux Handbook of the Birds of the World, Vol. 2, fait état d’une durée d’incubation de 32-35 jours et d’une émancipation des jeunes à l’âge de 35-40 jours). Le nid, probablement un ancien nid de Corbeau pie, se trouve dans un des cocotiers – emplacement tout à fait typique pour cette espèce – à deux pas du Club House.

Red-necked Falcon / Faucon chicquera

Red-necked Falcon / Faucon chicquera ad. (m.?)

Le Faucon chicquera est assez courant à Dakar; j’en vois de temps à autre dans le quartier des Almadies mais aussi le long de la Corniche Ouest, notamment à Ouakam. C’est un oiseau typiquement inféodé aux savanes parsemés de palmiers à huile ou de cocotiers, mais aujourd’hui il semble s’être bien adapté aux environnements urbains. Au point où on les voit parfois se poser (et nicher?) sur les palmiers artificiels faisant office d’antennes-relais du réseau de téléphonie mobile. Apparemment, ce n’était pas toujours le cas car à l’époque de Morel & Morel, soit dans les années ’60-’80, l’espèce n’était pas du tout connue de la région dakaraoise. L’implantation de ce petit faucon dans la capitale serait donc assez récente. Leur présence en pleine ville ne se limite d’ailleurs pas à Dakar: dans la sous-région, j’en ai vu notamment à Bamako (station de Sotuba) et à Ouagadougou (Forêt urbaine de Bängr-Weogo).

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Striated Heron / Heron strié

 

* update du 3/5/16: entre-temps j’ai pu trouver cette photo faite par Etienne Henry le 6 mars dernier. On y voit l’un des adultes avec ce qui semble être des poussins fraichement eclos, ce qui impliquerait une ponte dans les premiers jours de février.

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