Les oiseaux de Palmarin, Delta du Saloum

Palmarin_paysage

Après avoir visité à deux reprises l’écolodge de Simal, situé au bord d’une des rivières du Nord Saloum près de Dioffior, il était temps d’explorer un autre coin du vaste delta. Nous avons donc passé 2 nuits à Palmarin, dans l’excellent écolodge des Collines de Niassam. Cet établissement est certes un peu cher, mais il est idéalement situé pour découvrir les richesses naturelles de cette partie du delta (d’autres options d’hébergement existent, comme par exemple l’écolodge de Palmarin). On est ici dans la réserve communautaire de Palmarin, espace protégé depuis 2001 qui s’étend sur plus de 10 000 hectares (pour plus d’informations sur la réserve, se rendre sur le site du RAMAO. Sur place, la Maison de l’éco-tourisme permet d’obtenir des renseignements et d’organiser des visites).

Les environs du lodge sont suffisamment intéressants pour passer du temps à les explorer à pied. C’est donc principalement dans la brousse et autour des champs que j’ai cherché à apprécier l’avifaunce locale. Quelques excursions aux alentours nous ont permis de voir des quantités impressionnantes de laridés et de limicoles et de pleinement apprécier la diversité d’oiseaux fréquentant la réserve: en 2 jours à peine, ce sont quelque 130 espèces d’oiseau qui ont été observés.

Les cultures d’arachides, en cours de récolte, et la savane arborée environnante, composée aussi bien de baobabs, palmiers à huile et acacias, se sont avérées plutôt productives, abritant Gymnogène, Busards cendrésCircaète Jean-le-Blanc (dont un visiblement en migration active, tout comme quelques Milans noirs), Faucons ardoisés, des groupes de Colombars waalia au chant étonnant, Irisor moqueur, Rolliers d’Abyssinie, Rolliers variés, Barbicans de Vieillot, Astrilds cendrés, Astrild-caille à face noire, etc. C’est dans cette zone que se trouvaient également bon nombre de passereaux paléarctiques : Bergeronnette printanière, Fauvettes passerinette (nombreuses) et grisette (une seule), Pouillots véloce, fitis et de Bonelli, Hypolaïs polyglotte et obscure, quelques Rousserolles effarvattes, un ou deux Rossignols philomèles, plusieurs Rougequeues à front blanc. Quel plaisir d’ailleurs d’entendre les Polyglottes et le Rossignol chanter !

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Rollier d’Abyssinie / Abyssinian Roller

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Coucou didric  / Diederik Cuckoo

A peine la nuit tombée, les Engoulevents à longue queue s’activent et n’hésitent pas à chasser entre les cases du lodge. Leur chant, très similaire à celui de l’Engoulevent d’Europe, est surtout émis au crépuscule et avant l’aube. Depuis notre chambre (construite dans un baobab!), j’ai pu entendre le Petit-duc à face blanche chanter au milieu de la nuit, mais ce sont surtout les appels mélancoliques des Hyènes qui nous ont marqué (il est possible, avec un peu de chance, de partir les observer le soir, avec un guide du lodge ou de la réserve).

Les puits d’extraction de sel, véritables micro-salins qui continuent d’être exploités de manière artisanale, sont pour la plupart assez vides d’oiseaux, mais on y retrouve tout de même bon nombre de Barges à queue noire, Œdicnèmes du Sénégal et quelques autres limicoles. Ces centaines de dépressions circulaires forment une mosaïque étonnante, très bien visible sur les images aériennes (le lodge se trouve au bout de la piste, en haut à droite de l’image).

Palmarin

Ce sont surtout les lagunes et bras du fleuve Saloum qui sont intéressants pour les oiseaux d’eau, et notamment ceux situés au nord du village de Ngalou. C’est là que se rassemblent les Goélands bruns et d’Audouin en nombres impressionnants : plus de 1300 pour les premiers, et facilement une centaine pour les derniers. Parmi eux se trouvent bon nombre de Sternes caspiennes, quelques Caugeks et Hansels, et le long de la piste de Samba Dia ce sont les Sternes naines qui sont occupés à pêcher, pendant que des centaines de Grands Gravelots (et quelques Gravelots à collier) et Bécasseaux (minute, sanderling et cocorli essentiellement) se nourrissent sur les vasières. Les Goélands railleurs et dans une moindre mesure les Mouettes à tête grise sont fréquents ici.

Palmarin_CommonSandpiper

Chevalier guignette / Common Sandpiper

Un peu plus loin le long de la piste, encore tout juste au sein de la réserve, se trouve un petit marais d’eau douce qui grouillait litéralement d’oiseaux et on aurait facilement pu passer quelques heures ici: Dendrocygnes veufs, Canards à bosse, Sarcelles d’été et d’hiver, Canards souchets et pilets, Spatules d’Afrique, Ibis sacrés et falcinelles, des dizaines de Combattants et Barges à queue noire, etc. Une Rhynchée peinte mâle s’est laissé observer à loisir alors qu’elle avançait doucement au bord d’une flaque. Dans la même zone, près d’une dizaine de Pipits à gorge rousse, répérables à leur cri étiré si typique, s’affairaient dans la végétation palustre. Enfin, une Cigogne noire survole le site alors que nous nous apprêtions à repartir pour Dakar.

Palmarin_PaintedSnipe

Rhynchée peinte / Greater Painted-Snipe

Palmarin_SacredIbis

Ibis sacré / Sacred Ibis

Enfin, en quittant le site par la piste menant à Samba Dia, c’est un Loup africain (précédemment considéré comme étant des Chacals dorés) qui s’est bien laissé observer alors qu’il trottait au bord d’une lagune, tranquillement l’air de rien…

Palmarin_Jackal2

Palmarin_Jackal1

Loup africain / African Wolf

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