Le “seawatch” à Dakar en septembre

Dakar est bien connue, depuis une vingtaine d’années, pour sa position stratégique pour l’observation de la migration des oiseaux de mer. Sa situation unique, au bout de la presqu’île du Cap-Vert à l’extrémité occidentale du continent africain, en fait sans doute l’un des meilleurs spots de « seawatch » au monde.

Fraîchement arrivé à Dakar en début d’année, j’étais donc impatient de voir par moi-même ce spectacle de la migration des oiseaux marins tel que décrit notamment sur le site très instructif de Seawatching in Senegal. Le passage d’octobre et début novembre est bien documenté, mais il y a eu peu d’efforts de suivi plus tôt dans la saison (août/septembre) et au printemps. Quelques séances d’observation entre notre arrivée en février et la mi-avril m’avaient déjà mis l’eau à la bouche, bien que la migration postnuptiale soit réputée bien plus spectaculaire que celle du printemps. J’avais notamment fait quelques heures d’observation depuis la Pointe des Almadies et depuis la terrasse de l’hôtel Le Calao à Ngor, ainsi qu’une sortie en mer bien mémorable. Les photos ci-dessous ont été faites depuis le bateau au large de Ngor et des Almadies à l’occasion de cette sortie le 18 avril: Mouette de Sabine, Fous de Bassan, et Puffin fuligineux (tout en bas de l’article).

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Au cours du weekend dernier, les vents avaient enfin tourné vers le Nord / Nord-Ouest, après un mois d’août très humide et avec des vents dominants du sud et donc peu propices à l’observation des oiseaux de mer depuis la terre ferme. Une brève séance le samedi matin depuis la Pointe des Almadies n’avait produit que quelques labbes, la plupart lointains, et un peu de sternes et guifettes,  mais dimanche matin je suis donc parti plein d’anticipation en direction du Calao. Arrivé sur place à 7h30, une forte averse éclate et j’attends donc la fin des pluies diluviennes. J’hésite même à rentrer bredouille mais au bout de 40 minutes la pluie s’arrête enfin, et à peine sorti de la voiture je vois rapidement les premiers labbes passer à bonne vitesse, pour la plupart bien loin.

Je m’installe donc sur la fameuse terrasse puis je commence le suivi. Au bout d’une heure, après bientôt 200 labbes, un océanite sp., un Puffin des Anglais, un autre de type cendré, une Mouette de Sabine, plusieurs petits groupes de Guifettes noires et autres sternes, je décide de me déplacer sur l’île de Ngor car les oiseaux passent bien plus près de l’île que de la terre ferme. Vu l’intensité du passage, le déplacement vers l’île devrait valoir le coup. En quittant le site, je suis très surpris de voir débarquer deux toubabs avec des jumelles au cou, télescope et trépied à la main ! Il s’avère que ce sont deux hollandais de passage pour leur travail avec Wetlands International, arrivés la veille depuis les Pays-Bas. Je les convaincs (très facilement !) de partir sur Ngor ensemble. La plage où l’on prend le bateau pour l’île est à 5 minutes de là, mais toute la procédure – paiement de la taxe de 500 CFA, enfilement du gilet de sauvetage plus ou moins obligatoire, chargement du premier bateau assurant la navette avec l’île, débarquement sur la plage – prend un peu de temps. On s’installe sur la côte nord de l’île, à l’abri du soleil, et on commence le suivi à trois.

Le passage des labbes est un peu moins intense qu’avant, mais beaucoup passent près de nous, permettant d’en identifier une bonne partie. Ce sont donc essentiellement des Labbes parasites qu’on identifie, mais sur la petite centaine de labbes qu’on dénombre en à peine deux heures de suivi se trouvent aussi quelques Labbes à longue queue et pomarins. Comme on pouvait s’y attendre, les parasites sont visiblement bien plus nombreux à cette date que les pomarins dont la migration postnuptiale commence plus tard et qui dès octobre constitue généralement l’espèce de labbe dominante ici. A ajouter au tableau, deux “grands” labbes, loin et rapides… sachant qu’il est tout aussi possible de voir le Grand Labbe que le Labbe de McCormick on préfère donc les noter comme grand labbe sp…. Entre deux labbes, on répère à tour de rôle un océanite, un puffin, des petits groupes de Mouettes de Sabine, plusieurs Sternes de Dougall parmi les pierregarins, caugeks et royales, ou encore un vol de limicoles – Bécasseaux sanderlings, mais aussi un ou deux groupes de Phalaropes à bec large répérés par Ward. Les océanites sont trop loins pour pouvoir les identifier même si on soupçonne surtout des Wilson, alors que plusieurs puffins se laissent identifier tant bien que mal: facile pour les fuligineux même au loin, encore un Puffin des Anglais filant rapidement vers le Sud, plus délicat pour un puffin de type cendré, et carrément difficile pour un petit puffin qui est probablement un Puffin de Macaronésie (baroli). Je dois rentrer au bout de deux heures de suivi bien excitantes et en agréable compagnie mais je serai sans doute de retour très prochainement, sachant que ce n’est que le début de la saison!

Voilà pour ce premier « post » (on dit billet je crois) sur ce blog que j’ai le privilège de reprendre suite au départ de Paul qui, avec quelques collègues, avait fait vivre ce blog pendant son séjour au Sénégal. Je m’introduirai correctement la prochaine fois et j’espère pouvoir partager des nouvelles illustrées, voire sonorisées, de manière régulière ici.

SootyShearwater_Ngor_18042015

Puffin fuligineux / Sooty Shearwater, Ngor, 18 avril 2015

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  1. September Seabirds | Senegal Wildlife - October 3, 2016

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